Livre I - La Magie de la Fleur d'Or
Chapitre 1 : Les enfants de la prophétie
Au cours des mois suivants, les professeurs de Poudlard ne laissèrent rien paraître à leurs élèves, personne en dehors du cercle enseignant ne fut informé. Mais, en parallèle de leurs cours, ils recherchèrent des enfants répondant aux critères annoncés par la prophétie. Ils cherchèrent encore et encore, dans le monde entier, mais ils ne trouvèrent rien.
Les quatre esprits, quant à eux, surveillaient les six lieux indiqués par la Lune dans l'espoir de voir apparaître ces élus de la prophétie.
C'est ainsi qu'au premier équinoxe d'automne de cette année-là, la prophétie se mit en marche.
Le 21 septembre 1995 naquit une petite fille dans l'une des cinq plus anciennes lignées de sang-pur d'Écosse, et certainement la plus prestigieuse, les DunBroch. Elle se nommait Mérida, rousse, comme toute sa famille, avec des yeux bleus comme l'azur.
Les quatre esprits, persuadés d'avoir trouvé l'un des enfants de la prophétie, continuèrent de veiller sur cette petite fille. Le temps leur en donna raison car le caractère de Mérida se révéla semblable à celui indiqué dans la prophétie. Impétueuse, intrépide, impulsive, indépendante, infatigable et curieuse, adorant la nature et les grands espaces, cette jeune tornade rousse en fit voir de toutes les couleurs aux domestiques de sa famille.
D'un autre côté, son enfance fut bercée tout d'abord par des soirées avec sa mère, Élinor, protectrice, sage et cultivée, ainsi que par les récits des aventures incroyables et des combats que son père, Fergus, avait menés pendant sa jeunesse ce dernier lui apprenant également les rudiments de l'archerie et de l'équitation. Ses parents étaient aimants, ses domestiques attentionnés, sa mère avait donné naissance à des triplés, elle avait tout pour être heureuse. Mais le tempérament flamboyant de l'héritière des Highlands finit par lui causer du tort.
Celle-ci avait un jour échappé à la surveillance de sa famille et s'était glissée à l'extérieur du manoir DunBroch. Elle chercha à explorer la forêt bordant le domaine par ses propres moyens, armée de son petit arc. La jeune et insouciante Mérida, alors âgée d'à peine huit ans et fascinée par les chasses à l'ours de son père, décida d'en traquer un elle-même. Elle suivit donc des traces de griffes sur les arbres et des empreintes dans la terre meuble, mais malheureusement pour elle, l'animal dont elle avait suivi la piste n'était autre qu'un ours légendaire et démoniaque vivant au plus profond des Highlands, Mor'du.
Alors que ses parents, paniqués, retournaient leur manoir pour la retrouver, Mérida, suivant sa naïveté et son audace, banda son arc et attaqua l'ours géant. Sa flèche, bien qu'ayant touché sa cible, ne blessa pas l'ours, mais ne fit qu'éveiller sa fureur. Il se jeta alors vers la jeune fille, qui s'enfuit de terreur face à cette immense bête.
Les quatre esprits, qui veillaient toujours sur Mérida, firent apparaître des feux follets, des flammes du destin, devant ses parents qui les suivirent. Ces feux follets guidèrent Fergus et Élinor jusqu'à leur fille, qui s'était faite rattraper par Mor'du. S'engagea alors un combat titanesque entre l'ours et Fergus DunBroch dans lequel celui-ci perdit sa jambe gauche mais réussit à mettre en fuite la bête.
A partir de cet incident, les relations de Mérida avec ses parents changèrent. La jeune fille avait failli perdre la vie et sa mère réagit en conséquence : elle tenta de la protéger en l'empêchant au maximum de se retrouver encore dans une telle situation. Elle devint alors exigeante, froide et intransigeante, et prétexta qu'en tant qu'héritière d'une famille de ce rang, Mérida devait être éduquée en conséquence, ainsi que formée à la haute société et à l'étiquette. Sauf que ce n'était absolument pas du goût de celle-ci, qui était impulsive et qui préférait être libre comme le vent, cela conduisit alors à des relations mère-fille tendues.
D'un autre côté, son père décida de la former aux armes pour qu'elle puisse se défendre mais chercha également à la raisonner et à calmer son intrépidité. Mérida, dans les dernières années de son enfance devint alors une archère confirmée, ainsi qu'une excellente cavalière. Et bien qu'elle soit désormais capable de réfléchir avant d'agir, son caractère demeura tout autant fougueux et explosif.
Son idéal restait cependant le même : être libre de ses choix, pouvoir diriger sa vie et choisir son destin.
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Aux derniers jours de l'année ayant vu la naissance de Mérida et l'annonce de la prophétie, cette dernière se poursuivit lors du solstice d'hiver, avec la naissance d'un petit garçon dans un village du nord de la Finlande. Il fut de ce fait facilement repéré par les quatre esprits.
Ce petit garçon brun aux yeux chocolat, nommé Jackson, était né dans une famille très pauvre, habitant dans une minuscule bourgade, très rurale et reculée, inconnue de presque tous. Ils vivaient ainsi dans des conditions très dures à cause du froid, du manque de moyens et de nourriture. Bien que le père de ce garçon était un moldu, sa mère, elle, était une sorcière, mais l'extrême isolement du village et le fait qu'elle était une enfant de moldus ont fait qu'elle n'a pas pu étudier la magie dans une école, elle ne maîtrise donc pas ses pouvoirs.
Les esprits, outre leur rôle protecteur auprès des enfants du monde, sentaient un grand pouvoir magique latent chez ce petit Jackson. Ils firent alors de leur mieux pour tenter d'apaiser la vie de cette famille. Ils calmèrent les conditions climatiques, modifiaient subtilement la nature de la magie du sol pour leur permettre d'avoir de meilleures récoltes, intensifiaient leurs émotions positives et réduisaient les négatives.
Cependant, leur trop intense implication dans la vie d'êtres vivants ne pouvait que rompre un équilibre déjà précaire entre les mondes magiques et moldus et ne causer que malheur et tristesse. Les flux de magie terrestre fluctuèrent, ce qui causa des catastrophes naturelles : des troupeaux entiers d'animaux fuyant les lieux, des tremblements de terre entraînant des avalanches et de puissants geysers. Les quatre esprits n'intervinrent alors plus directement et restèrent à distance comme ils l'avaient pourtant toujours fait.
C'est ainsi, qu'à peine âgé de 4 ans, Jackson vit son père mourir, le laissant seul avec sa mère enceinte d'un deuxième enfant.
Ce garçon, dont le cœur était habité par la malice et la joie, et qui gardait le sourire même dans la situation compliquée et ardue de sa famille, fut contraint de grandir et de mûrir bien trop vite.
Après la mort de son père, sa famille reprit le nom de sa mère, Overland, et Jackson Overland dut alors, à l'âge de 5 ans, prendre soin de sa mère et de sa petite sœur nouvellement née, Emma. Ce jeune garçon apprit à se débrouiller seul et aida sa mère dans les tâches manuelles, domestiques ou pour s'occuper de sa sœur.
Les premiers mots que celle-ci prononça, d'ailleurs avec un regard émerveillé, furent « Jack », cela fut comme une révélation pour ce dernier, qui, dorénavant, préféra qu'on l'appela de cette manière. Il se jura qu'il épargnerait à sa sœur toute la souffrance et le désespoir qu'il avait pu endurer après le tragique accident de son père.
Il redevint le garçon joyeux qu'il était auparavant, bien déterminé à être celui qui apporterait la joie aux autres, afin de chasser toute cette morne et grise tristesse.
Au début, il se força à faire des farces, à jouer dans la neige, à faire le pitre. Puis après un certain temps, cela devint plus simple, plus naturel. Il amusait et distrayait, non seulement sa sœur, mais aussi les autres enfants du village, et leurs rires et leurs mines heureuses étaient les plus beaux cadeaux que Jack pouvait recevoir.
Cependant, il n'y avait personne pour Jack lui-même. Et bien que le bonheur de sa sœur contribuât au sien, sa volonté et sa détermination s'amenuisaient petit à petit. C'est alors que les esprits surent que c'était de nouveau à eux d'agir.
Ils mirent sur le chemin du village des Overland un sorcier voyageur qui les rencontra la veille de Noël. Celui-ci, touché par leur histoire, leur offrit quelques objets magiques qu'il possédait comme un vieux balai volant, ainsi que quelques livres de contes, de légendes et de récits de grands aventuriers. Jack, d'un naturel très curieux, se plongea dans leur lecture.
Il en fut fasciné et en sorti transformé : ces livres étaient pour lui un symbole d'espoir, quelque chose de tangible à quoi se raccrocher pour continuer à avancer. Il retrouva toute son envie et sa joie de vivre et les transmit encore plus aux autres enfants.
Dans les livres contant d'incroyables aventures et légendes, il tira une formidable source d'inspiration et raconta ces histoires aux enfants constituant son public. Il les conta encore et encore, les transformant parfois à sa guise ou en inventant certaines, les agrémentant au fur et à mesure, de gestes, de mimiques, d'intonations de voix et d'effets de scène. Jack excella alors dans l'art de conter des histoires.
D'un autre côté, la lecture de ces livres fut une découverte sans précédent pour le jeune garçon. Celui-ci ne connaissait l'existence de la magie qu'à travers les paroles de sa mère et ses propres expériences, souvent génératrices de neige ou de glace, grâce à ses pouvoirs, qu'il utilisait plus ou moins instinctivement.
Jack découvrit une petite part de la culture du monde de la magie et s'entraîna tout seul sur le vieux balai offert par le voyageur. Les moments où il volait dans le ciel étaient ses préférés, avant même les rires de joie des enfants. En osmose avec le vent et l'air, glissant sur le souffle glacial du nord, c'est pendant ces moments là qu'il se sentait libre et heureux.
Jack sut alors qu'il voulait profiter de la chance d'être en vie, s'amuser et pouvoir apporter la joie aux autres, et avant tout à sa famille.
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La naissance de Jackson Overland au solstice d'hiver a montré non seulement le bon déroulement de la prophétie, mais a aussi introduit l'hiver le plus rigoureux vu par mémoire d'homme. C'est ainsi qu'au cœur de cet hiver, lors du jour le plus froid, le 28 janvier 1996, que vint au monde une petite fille.
Fruit de l'union entre les deux plus puissantes et anciennes familles de sang-pur de Norvège, elle avait des cheveux naturellement d'une couleur blond platine totalement pure, sans aucune imperfection ou nuance sombre ce qui dénotait grandement par rapport aux deux côtés de sa famille et de limpides yeux bleus glace.
Bien qu'elle n'était encore qu'un nourrisson, Elsa Winters Arandelle possédait une puissance magique affiliée à l'élément glace si puissante qu'elle fut immédiatement localisée par les professeurs de Poudlard et les quatre esprits.
Ces derniers, ayant senti la nature de son pouvoir magique, veillèrent néanmoins sur elle d'une façon différente de ce qu'ils avaient prévu pour les autres. Son type de magie, non maîtrisé, aurait pu en effet causer des catastrophes s'il avait côtoyé celui des esprits. Quant aux professeurs de Poudlard, ils s'assurèrent de son existence et furent revigorés dans leur recherche des autres enfants, ayant la preuve qu'un d'entre eux était né.
Dès son plus jeune âge, Elsa montrait des capacités hors normes sur tous les plans : une intelligence remarquable ainsi que des talents magiques phénoménaux. Ses pouvoirs se manifestèrent étonnamment tôt, elle n'était alors même pas âgée de deux ans lorsqu'elle fit pour la première fois usage de la magie, bien que ce n'était qu'une projection d'énergie, simple et involontaire.
En grandissant, les pouvoirs d'Elsa crûrent d'une manière très importante et ses parents ne mirent pas beaucoup de temps à se rendre compte de la nature de sa magie : leur fille était une Élémentaliste, affiliée à l'élément glace. Ils la firent alors examiner, en toute discrétion, par de grands médicomages et experts de ce domaine, qui confirmèrent le diagnostic.
Elsa avait une sœur de deux ans sa cadette, ces deux là étaient très complices et intimes. N'ayant pas beaucoup de différence d'âge, elles grandirent en faisant tout ensemble et elles avaient une relation fraternelle très fusionnelle. Leurs parents étaient très proches et aimants, ils faisaient de leur mieux pour s'occuper de leurs filles malgré leurs occupations et responsabilités. Les deux sœurs avaient alors beaucoup de temps libre ensemble, elles jouaient donc à de nombreux jeux dans l'immense château leur servant de maison, faisaient de petites farces à leurs domestiques et partageaient des cookies et du chocolat qu'elles dérobaient en cuisine.
Malgré tous leurs amusements, leur éducation restait fondamentale dans cette famille très prestigieuse. Ainsi les deux filles suivaient plusieurs cours auprès de leurs parents, Adgar et Idun, et lorsqu'ils n'étaient pas disponibles, des précepteurs se chargeaient de leurs leçons. Et si la cadette Anna ne brillait pas particulièrement dans les matières scolaires, Elsa, elle, y montrait tout son génie et son talent.
Dans les matières basiques telles que l'écriture, les mathématiques, ou les connaissances générales, Elsa possédait de grands acquis pour son jeune âge. Ensuite elle maîtrisait, plusieurs années avant d'entrer dans une école de sorcellerie, la théorie et des sorts basiques, cela était favorisé par le fait qu'Elsa était habitée par une véritable soif de connaissances et qu'elle adorait lire des livres de toutes sortes. De plus, elle apprit à contrôler sa magie élémentale par elle-même, également aidée de ses parents.
C'est ainsi qu'elle usa souvent de cette magie avec sa sœur pour s'amuser : elles construisaient des bonhommes de neiges, jouaient parmi les flocons à l'intérieur de leur château et pratiquaient toutes sortes de jeu que leur permettaient leur imagination et le potentiel créatif du pouvoir d'Elsa.
À cette période, celle-ci voyait son pouvoir comme un véritable don, un cadeau, qui lui permettait de s'amuser avec sa sœur, qui rendait fier ses parents et qu'elle aimait beaucoup, se sentant proche des éléments qu'elle contrôlait. Elle avait alors, comme Mérida, tout pour être heureuse : des parents aimants, un personnel attentionné, une sœur qui était sa confidente et sa complice, une intelligence remarquable et une magie puissante et magnifique.
Mais c'est justement ses pouvoirs qui bouleversèrent sa vie heureuse et tranquille.
Alors qu'elle s'amusait avec Anna à faire sauter celle-ci de tas de neige en tas de neige grâce à sa magie élémentale, un terrible accident survint. Elsa, qui n'avait que neuf ans, avait du mal à canaliser correctement son énergie et n'arrivait pas à suivre la cadence de sa sœur. C'est alors que dans la précipitation, Elsa glissa et son jet de magie frappa directement Anna, celle-ci s'effondra au sol, inconsciente.
La magie d'Elsa commença à se répandre dans le corps de sa sœur et à la geler de l'intérieur, la mèche de ses cheveux frappée par le jet avait déjà tourné au blanc neige. Elsa fut profondément paniquée et apeurée par la situation de sa sœur, qu'elle pensait être entièrement sa faute.
Leurs parents les emmenèrent le plus vite possible chez un sorcier spécialisé de ce genre de cas, qui avait, par ailleurs, déjà examiné Elsa lorsqu'elle n'était qu'un bébé, Pabbie. Celui-ci put soigner et sauver Anna mais il dut effacer de ses souvenirs les pouvoirs spéciaux d'Elsa afin que la magie ne s'en serve pas pour envahir à nouveau le corps d'Anna.
Il mit alors en garde l'Élémentaliste vis-à-vis de ses pouvoirs, sur le fait qu'elle devait apprendre à les contrôler et à ne pas en avoir peur, car les émotions et sentiments étaient la clé de la maîtrise de sa magie.
Après cet incident, les relations entre les deux sœurs se dégradèrent brusquement. Adgar et Idun avaient conseillé à leur fille aînée de s'éloigner de sa sœur, le temps d'apprendre à maîtriser complètement ses puissants pouvoirs. Elsa changea de chambre et essaya d'éviter sa sœur un maximum, par peur d'à nouveau la blesser, mais Anna ignorait à présent les capacités de sa sœur, et donc les raisons qui poussaient celle-ci à se détourner d'elle. Elsa s'enferma dans sa nouvelle chambre, se referma sur elle-même et se plongea dans la lecture et le travail pour oublier sa triste situation.
Bien qu'elle souffrait beaucoup, ressentait d'importants remords et une énorme culpabilité, et surtout, était effrayée, les esprits n'intervinrent pas auprès d'elle pour l'aider à cause de la nature de sa magie et du cuisant échec de leur tentative d'améliorer la vie de Jack, ils ne souhaitaient réitérer la même tragédie.
Elsa se retrouva alors vraiment isolée, de sa sœur et meilleure amie, de la relation qu'elle eue auparavant avec ses parents et du monde en général. C'est alors qu'elle commença à haïr ses pouvoirs spéciaux, la manifestation de sa magie, autrefois délicate, douce et élégante, était devenue dure, tranchante et terrorisante.
Son souhait était alors de ne pas blesser les autres à cause de ses pouvoirs et de, peut-être un jour, pouvoir être réunie avec ceux qu'elle aime.
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L'hiver glacial pendant lequel naquirent Jack et Elsa fut le plus rude depuis des générations dans toute l'Europe, mais il ne le fut nulle part plus que sur l'île de Beurk.
La majorité du temps, la neige et la grêle tombaient et le blizzard rugissait dans les cieux de cette île, mais ses habitants, de fiers et robustes Vikings, étaient habitués à de telles conditions climatiques.
Cependant cet hiver fut le plus difficile de toute l'histoire de Beurk et les Vikings subirent une longue période de privation et de souffrance hélas, Valka, la femme du chef de l'île, Stoïck la Brute, membre d'une ancienne et puissante lignée de sang-pur, attendait un enfant. Cet hiver polaire fut délétère et affecta tous les Vikings, Valka plus que les autres.
Ce fut le premier jour du dégel, lors de l'équinoxe de printemps, qu'elle accoucha prématurément d'un petit garçon, frêle et chétif.
Il fut nommé par ses parents Harold Horrendus Haddock IIIe du nom, d'après certains de leurs illustres ancêtres, dans l'espoir que leur fils survive et grandisse pour devenir un homme fort et en bonne santé.
Harold fut le seul enfant à naître dans cette région le jour de l'équinoxe de printemps, les quatre esprits n'eurent pas de mal à le trouver. Néanmoins ce nouveau-né était en danger : bien que le temps se soit adouci le jour de sa naissance, il demeurait si faible et fragile. Les bienveillants esprits veillèrent alors sur ce petit, encore plus que sur les autres enfants de la prophétie ils le soutinrent grâce à leurs pouvoirs et lui assurèrent sa survie.
Harold grandit ainsi dans le petit archipel de Beurk, composé d'une grande île et de quelques îlots à proximité. Ce territoire est un lieu exclusivement peuplé par des sorciers et n'apparaît pas sur les cartes moldues mais se situe dans la mer du Nord, entre l'Écosse et la Norvège.
C'est un lieu particulier dans le monde magique car c'est là où la concentration de dragons est la plus forte au monde. Il y a de nombreux nids de dragons près de Beurk, que ce soit sur des îlots rocheux en mer ou sur les côtes norvégiennes, on y trouve même des espèces très rares, voire uniques. Ceux-ci sont vus comme de féroces et agressives bêtes par les Vikings, le combat contre les dragons est donc le quotidien du peuple de Beurk, la force est par conséquent un aspect primordial de la société renfermée de l'archipel.
Cependant, Harold avait conservé une déficience physique, due aux conditions de sa naissance. À cause de cela, il était souvent brimé par les autres enfants. Il souffrait ainsi d'un énorme manque de confiance en lui, couplé à une très forte empathie, mais il resta fidèle à ses convictions, particulièrement celle que les dragons ne sont pas mauvais, il était aussi déterminé et travailleur, mais également très, très sarcastique.
Son manque de force faisait qu'il ne maniait pas les armes et il préférait la paix et le calme au combat continu contre les dragons. Il étudia beaucoup, que ce soit la magie, la nature et surtout les dragons qu'il ne trouvait pas si malveillants que cela, et c'était également un très bon inventeur et ingénieur, qui inventa nombre de machines, le plus souvent bizarres et inutiles du fait de la magie, mais Harold espérait en tirer de l'expérience et lorsqu'il saura bien se servir de la magie, il pourra créer des inventions utiles à tous.
Cette capacité d'ouverture et cette empathie lui ont été transmises par sa mère, Valka, celle-ci étant très aventureuse mais aussi très tolérante. Elle a toujours essayé de prêcher la paix et qu'il fallait essayer de comprendre les dragons et d'essayer de cohabiter avec eux. Les parents d'Harold ont, depuis sa naissance difficile, toujours été très protecteurs, sa fragilité physique appuyant bien leur choix.
Contrairement à ses parents et plus particulièrement son père, Harold n'était pas un guerrier, mais un érudit, bien qu'il adorât le travail manuel. Son caractère, ses points de vue et prises de positions contrastaient grandement avec l'environnement dans lequel il avait grandi, il avait d'autres ambitions et rêves que les autres enfants de Beurk.
Cependant lorsque Harold eut 8 ans, sa mère disparut. Alors qu'elle revenait d'une patrouille sur son balai, elle fut attaquée par une horde de dragons, d'espèces qu'on ne trouvait normalement pas en Europe, même à Beurk. Ceux-ci se lancèrent à sa poursuite et se jetèrent sur elle. Elle était à ce moment à proximité des habitations de Beurk, mais l'attaque ne dura que quelques instants.
Les habitants, dont son époux, Stoïck, ne purent qu'assister à la scène, horrifiés. Ils se précipitèrent vers leurs balais pour lui porter secours, mais l'assaut était déjà terminé. Les Vikings ne purent récupérer que des bouts du balai de Valka, déchiqueté, mais absolument aucune trace d'elle.
A partir de cet événement, Stoïck devint extrêmement protecteur envers Harold, ne souhaitant pas perdre son fils, et dans le même temps, tenta de l'entraîner pour qu'il devienne fort et puisse à terme se défendre seul. La haine de Stoïck envers les dragons avait à présent complètement dépassé la simple tradition de Beurk, malgré cela, Harold continua à croire ce que sa mère lui avait raconté : que les dragons n'étaient pas foncièrement mauvais et qu'il y avait une explication derrière l'attaque de sa mère.
Après la disparition de sa mère, Harold se retrouva confiné sur l'île pour qu'il ne lui arrive rien. En plus de sa faible condition physique, cet isolement l'éloigna encore plus des autres et Harold n'avait pas vraiment d'amis à Beurk parmi les quelques enfants de son âge.
Il se consacra alors d'autant plus à ses études et à ses inventions, espérant changer son destin et montrer au monde qu'on pouvait cohabiter avec les dragons.
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Le temps s'était réchauffé depuis la naissance d'Harold, l'hiver était bel et bien terminé et c'était la douce brise du renouveau et le chaud vent de l'aventure qui soufflait à présent sur la Grande-Bretagne. C'est alors que le 7 avril 1996, jour de Pâques, naquit à Cardiff le cinquième enfant de la prophétie.
Il se nommait Eugène Fitzherbert et vint au monde dans l'orphelinat où sa mère travaillait. Malheureusement, celle-ci et son mari souffraient d'une grave maladie, développée lors de cet hiver, et moururent peu après la naissance de leur fils. Il fut alors recueilli et élevé par le personnel restant de l'orphelinat.
Néanmoins, celui-ci n'était ni très attentif, ni très aimant envers les différents enfants. Eugène grandit alors presque sans affection et presque aucun intérêt ne lui était porté. Si les quatre esprits, dans leur rôle de protecteurs des enfants, ne l'avaient pas vite retrouvé et pris soin de lui, Eugène aurait été élevé dans le dénuement et la solitude la plus totale.
Ses parents étaient tous les deux des moldus, ainsi que l'intégralité du personnel de l'orphelinat et les autres enfants. Ainsi lorsqu'il commença à se passer des choses étranges autour d'Eugène, la méfiance s'installa, il se retrouva d'autant plus isolé et les brimades à son égard se multiplièrent. En effet, les autres enfants plus âgés résidant à l'orphelinat n'étaient ni tendres entre eux, ni avec les plus jeunes. Eugène, à cause de son nom, était une cible privilégiée de ces brutes.
Pour échapper à ces persécutions, il développa de nombreux stratagèmes et ruses, ainsi qu'une grande capacité de beau parleur. Malgré tout, il conservait une certaine gentillesse qui transparaissait lorsqu'il aidait les orphelins plus jeunes que lui lorsque ceux-ci avaient besoin d'aide.
Eugène eut ainsi une enfance très difficile, marquée par le besoin et la misère, il n'avait pas de chaussures et à peine de quoi se vêtir avant ses dix ans. Sa seule réelle possession était un livre de contes que les esprits réussirent à lui transmettre.
Celui-ci avait pour titre « Les aventures de Flynnegan Rider », il racontait les histoires d'un très riche aventurier, fin bretteur, charmeur, noble, qui voyageait de par le monde. Ils avaient choisi ce livre d'après ce qu'annonçait la prophétie sur cet enfant, sachant d'ailleurs qu'en agissant de cette manière, ils permettraient sans doute de la réaliser.
Eugène cachait précieusement ce livre pour qu'il ne se le fasse ni confisquer par le personnel ni volé par les autres enfants. Il reçut ce présent le jour de Pâques de ses huit ans, et bien qu'il ne sache pas d'où il provenait, c'était pour lui son trésor tout en étant son seul bien. Ce livre symbolisait pour lui tout l'espoir et le renouveau que la fête de Pâques était sensée apporter au monde.
Eugène n'avait cependant presque pas de liberté d'action, pour faire quoi que ce soit, jouer ou autre, confiné dans un petit orphelinat miteux des anciens quartiers de Cardiff. On contait de nombreuses histoires sur ces lieux, comme quoi ils seraient la demeure de fantômes, que de nombreux événements surnaturels s'y seraient produits, impliquant souvent une étrange boîte bleue et des voyageurs venant de lieux proches et lointains à la fois.
Eugène était fasciné par ces histoires, que ce soient les contes mystérieux imprégnant la cité de Cardiff ou les aventures palpitantes de Flynnegan Rider. Il rêvait de pouvoir changer son destin, d'avoir une chance de démarrer une nouvelle vie, dans laquelle il ne serait plus le pauvre orphelin Eugène Fitzherbert, mais un homme libre d'aller où il le veut et de faire ce qui lui plaît.
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La douceur du printemps avait chassé la terrible morsure de l'hiver, mais cette période entraîna de sévères répercussions, que ce soit dans le monde des moldus, avec les parents d'Eugène, ou dans le monde des sorciers. C'est ainsi qu'en Allemagne, une sorcière fut atteinte d'une maladie virulente, d'un genre encore jamais vu.
Issue d'une des plus prestigieuses lignées de sorciers, les Arandelle, et mariée au leader des Corona, une autre de ces puissantes familles, la malade vit passer à son chevet les plus talentueux médicomages du monde, mais pourtant rien n'y faisait : aucun remède ou sort ne fonctionnaient. Par ailleurs cette sorcière, Primrose Corona, était enceinte, et personne n'arrivait à la guérir, la situation devenait désespérée. Et c'est dans ces moments-là que l'on commence à chercher des miracles.
Il est dit dans les légendes qu'il existe une fleur d'or, capable de guérir tous les maux, mais qui ne pousse que sur les lieux de naissance de phénix d'or. Tous les membres de la famille et les amis de la future mère se mirent à la recherche de cette fleur mythique et ils finirent par la trouver, cachée dans un col presque inaccessible des Alpes. Une potion fut préparée à base de cet ingrédient et grâce à cela, Primrose fut guérie.
Elle donna alors naissance, le jour du solstice d'été, à une petite fille aux cheveux dorés et aux grands yeux verts, Raiponce.
Les esprits surent immédiatement que c'était la dernière enfant annoncée par l'oracle et se réjouirent d'avoir localisé les six enfants de la prophétie. Plusieurs mois passèrent, Raiponce, sa mère Primrose et son père Thomas étaient parfaitement heureux. Mais cela prit soudainement fin en une nuit.
Bien que les fleurs d'or soient légendaires, quelqu'un connaissait l'emplacement de celle utilisée pour soigner la mère de Raiponce et l'utilisait pour rester jeune. En effet, cette fleur, en outre de pouvoir guérir toutes les maladies et les blessures, était capable de rajeunir l'individu qui se servait de la magie de celle-ci.
Une très vieille sorcière, Gothel Black, avait découvert le moyen d'utiliser la magie de la fleur d'or sans la déterrer et l'utiliser en potion. Il lui suffisait pour cela de chanter la bonne chanson. En effet, les fleurs d'or sont liées aux phénix, elles poussent uniquement dans leurs nids et ont le même pouvoir de guérison que les larmes de ces oiseaux. Alors puisque le chant du phénix a lui aussi des propriétés magiques, une chanson permet de libérer la magie de la fleur et de la faire s'écouler naturellement autour de celle-ci.
Gothel a ainsi utilisé cette incroyable fontaine de jouvence pour elle seule pendant plusieurs siècles. Mais maintenant que "sa" fleur a été prise, elle sait que ses jours sont comptés. Poussée par sa soif d'immortalité et surtout de jeunesse éternelle, elle décida d'enlever l'enfant des Corona, ses cheveux d'or étant un signe distinctif de la magie de la fleur.
L'enlèvement était pour elle la seule option, car Gothel savait que couper une mèche de ses cheveux ne fonctionnerait pas, ayant déjà fait le test avec l'un des pétales de la fleur originelle. Pendant les premiers mois, la vieille sorcière se construisit une cachette loin de l'Allemagne, afin d'échapper aux recherches et de pouvoir y garder l'enfant.
Et une nuit, Gothel s'infiltra dans le château des Corona, entra dans la chambre de Raiponce, et kidnappa l'enfant. Elle réussit à échapper aux gardes et aux sorciers peuplant le domaine pour atteindre le portoloin qu'elle avait installé en bordure de la forêt entourant la propriété.
Elle disparut ainsi avec la petite fille, et malgré l'acharnement de Primrose et de Thomas dans les recherches de leur enfant, Gothel et Raiponce demeurèrent introuvables. Les esprits, qui, comme tout le monde, ne s'attendaient absolument pas à un kidnapping, ne purent rien faire.
Gothel éleva alors Raiponce comme sa propre enfant, cachée dans une tour, au cœur d'une forêt d'Angleterre. Celle-ci était située dans une clairière entre deux montagnes, uniquement accessible depuis un passage dans une grotte, elle était incartable, il était également impossible d'y transplaner aux alentours.
De plus de nombreux enchantements Repousse-Moldus y étaient à l'œuvre ainsi que de nombreux sorts de protection et de dissimulation. Gothel avait fait son maximum pour que l'on ne les retrouve jamais, elle et sa précieuse fleur.
Raiponce grandit alors à moitié seule, dans une tour isolée de tout. Sa fausse mère était souvent absente et il était formellement interdit à la petite fille de quitter la tour et elle ne pouvait descendre dans la clairière qu'en présence de Gothel.
Puisqu'elle n'avait connu que cela, du moins elle ne s'en rappelait, Raiponce ne se plaignait pas et obéissait aux ordres de la marâtre. Elle n'avait ainsi jamais rencontré personne d'autre que sa "mère" et n'avait que pour seule compagnie son caméléon apprivoisé, Pascal.
Raiponce était au courant de l'existence de la magie, Gothel l'utilisant pour que leur foyer soit autonome du point de vue des taches ménagères, et les pouvoirs de ses cheveux nécessitaient une explication, ainsi que le fait qu'ils ne doivent être coupés.
De plus ses cheveux poussaient particulièrement vite ce qui donna à Raiponce une chevelure de plusieurs mètres de long alors qu'elle n'était qu'une enfant Néanmoins, l'existence du monde magique, de ses écoles et des autres sorciers fut caché à la petite fille. Il lui fut inculqué que le monde extérieur était un endroit dangereux, froid et cruel, où tout le monde chercherait à profiter du pouvoir de sa chevelure.
La magie de la fleur était utilisée par Gothel, grâce à la chanson qu'elle a apprise à Raiponce, au minimum une fois par semaine. Sans que la vieille sorcière ne s'en aperçoive, la trace de cette magie s'était imprégnée dans les environs de la tour, elle marquait complètement les lieux.
Ainsi, malgré toutes les protections installées par Gothel, sa cachette finit par émettre des rayonnements magiques que perçurent les esprits. Ceux-ci purent alors retrouver la dernière enfant de la prophétie et veiller sur elle, lui apporter des distractions pour la sortir de l'ennui.
Car en effet, les occupations possibles pour une enfant dans un espace si clos et réduit semblaient peu importantes, mais elle réussit tout de même à s'épanouir et à pratiquer de nombreuses activités. Enfermée dans sa tour, Raiponce lut énormément, s'exerça à l'art et s'y révéla très douée. Elle apprit à chanter, à danser et à jouer de la guitare en autodidacte.
Elle recouvrit presque la totalité des murs de peintures et d'œuvres de toutes les couleurs et de toutes les formes. L'imagination était, pour elle, la seule échappatoire aux sortilèges et aux murs qui la retenaient dans la tour pour son bien, répétait Gothel.
Bien que la jeune enfant aux cheveux d'or restât docile et obéissante, elle était très curieuse, rêveuse et nourrissait un rêve lui paraissant insensé : son plus cher désir était de quitter sa tour, de découvrir ce monde du dehors, si mystérieux et attrayant, et de rencontrer des gens, se faire des amis, découvrir de nouvelles choses.
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Au fil des années, les professeurs de Poudlard avaient donc réussi à retrouver les six enfants de la prophétie. Contrairement aux Gardiens, ils ne connaissaient pas leurs lieux de naissance, mais après de longues recherches, l'utilisation de sortilèges complexes et de branches occultes de la magie pour les localiser, et même la mobilisation de certaines parties de la communauté magique sous de faux prétextes, les enseignants de Poudlard finirent par tous les détecter.
Ils eurent néanmoins plus ou moins de difficultés suivant les lieux et les conditions de naissance des enfants. Ainsi pour Elsa, Harold et Mérida, qui sont des héritiers de grandes lignées de sorciers, cela ne fut guère compliqué de les retrouver. Mais pour Eugène et Jack, d'ascendance moldue, vivant respectivement dans une très grande ville et dans un minuscule village, les recherches furent très longues.
Cependant, il restait un enfant à trouver aux professeurs de Poudlard : Raiponce. Celle-ci demeurait introuvable à cause des sortilèges de Gothel, cependant c'est, là aussi, sa trop grande utilisation des cheveux de sa "fille" qui a permis de la retrouver. Grâce à l'action conjointe du ministère et de Poudlard, l'énergie magique émise par la chevelure de Raiponce put être tracée et la tour localisée peu avant que Raiponce ne fête ses onze ans.
Les six enfants de la prophétie avaient ainsi été retrouvés et les professeurs de Poudlard s'apprêtaient à les réunir dans leur école de sorcellerie. Chacun d'entre eux avait eu une enfance difficile, ils rêvaient tous de changer leur avenir et d'être maître de leur vie.
Ils ne se doutaient pas que cette chance allait leur être offerte aussi tôt.
Ils ne se connaissaient pas encore, mais leur vie était déjà liée à celle des autres, leurs éternelles destinées étaient entremêlées, à l'aube de leurs futures légendaires aventures à Poudlard.
