Titre : Réveil

Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartiens.

Note : Peut être considéré comme une préquelle à Averse (Chapitre précédent),

Je réponds à toutes les rewiews même les anonymes, pour ces dernières je vous donne rendez-vous sur mon live journal ( le lien est dans mon profil).

Écrit pour le défi regrets de la communauté meli-melo de live journal.


Se réveiller dans une chambre inconnue n'était pas dans ses habitudes, le premier moment de confusion passé, les souvenirs commencèrent à se frayer un chemin dans son esprit, le vin, la musique, le flirt, les baisers…Mon dieu, il réalisa qu'il avait quasiment violé son coéquipier. Ce dernier avait été plus que consentant si ses souvenirs étaient bons, mais c'était lui qui avait initié la chose. Qu'est ce qui lui avait pris, l'alcool et lui ne faisaient pas bon ménage, il le savait pourtant, quelques verres de vin, ses inhibitions sautaient et il se faisait son collègue. Complètement crispé dans le lit, il sentait le poids du corps de McGee à côté du sien, il se colla aussi prêt du bord que possible préparant sa fuite silencieuse, il avait peur de bouger ou de faire du bruit qui pourrait le réveiller, et engendrer une discussion gênante à laquelle il n'avait absolument pas envie de se soumettre. Il n'arrivait pas à expliquer son élan, Il n'avait pas été avec un homme depuis l'université, et cela ne lui avait pas vraiment manqué jusqu'à hier soir. Il regrettait d'avoir été aussi entreprenant la veille, mais pourquoi avait-il fait toutes ces allusions, pourquoi avait-il insisté lorsque McGee visiblement confus lui avait demandé d'arrêter de jouer, pourquoi le flirt avait-il laissé place aux gestes ?…

La respiration de son partenaire était régulière, il devait se dépêcher, s'il voulait être parti avant son réveil, délicatement il se leva, attrapa ses habits éparpillés un peu partout dans la chambre, et disparut sans faire de bruit.

ooOoo

Il ne pouvait pas reculer, s'il se portait malade deux jours d'affilés Gibbs allait venir le chercher chez lui. Nécessairement c'est aujourd'hui qu'il allait avoir une explication avec McGee, et cela le rendait franchement nerveux. Lorsque l'ascenseur s'ouvrit, il se trouva nez à nez avec l'homme qui occupait toutes ses pensées depuis la veille. La stupeur pouvait se lire sur les traits du jeune auteur, il ne s'attendait certainement pas à le voir, un instant plus tard il avait repris contenance. Il ne lui dit pas un mot, passa tout près de lui le frôlant presque. Assurément le bleu avait l'air aussi gêné que lui, à moins qu'il lui en veuille, pour l'avoir séduit puis abandonné.

Au cours du déjeuner, Ziva qui était d'humeur taquine, avait choisi ce jour là McGee comme souffre-douleur.

— Au fait tu sais que McGee s'est fait planté au saut du lit, hier.

L'Italien manqua s'étouffer, avec son sandwich. Il jeta un regard en coin vers son amant d'un soir, celui-ci avait les yeux rivés sur son écran, comme s'il n'avait pas entendu, comme si tout cela ne le touchait pas.

— Dis-m'en plus, ordonna-t-il.

— Cette fille, l'a dragué toute la soirée, au début il pensait qu'elle se moquait de lui, elle était plutôt du genre sublime, mais elle a tellement insisté qu'il fini par céder, il l'a invitée dans son lit, et le matin elle avait disparu.

La jeune femme avait parlé tout bas. Tony sentit une bouffée de soulagement l'envahir, il avait bien cru que McGee s'était vraiment confié à Ziva, ce qui l'aurait mis dans une position des plus embarrassantes.

— Ça ne m'arrive jamais à moi ce genre de truc. Estima-t-il bon de dire sur le ton de la plaisanterie, il n'était pas fier, conscient du caractère blessant de ses paroles, mais n'était-ce pas le meilleur moyen de se couvrir ?

— Non Tony, tout le monde sait que c'est toi qui pars en douce, souffla entre ses dents McGee, et toi Ziva je ne te confierai plus jamais rien, je t'avais demandé de ne rien dire à personne.

— Mais c'est Tony ! protesta la jeune femme, elle s'attendait pas à une telle colère du jeune homme, heureusement elle ne pouvait se douter de la raison de sa mauvaise humeur.

L'informaticien quitta les bureaux d'un pas vif.

— Où vas-tu ? s'écria l'Israélienne.

— Je rentre chez moi, lança-t-il au-dessus de son épaule.

— Tu as vu ça ! s'étonna Ziva, il n'est pas aussi susceptible d'habitude, si tu veux mon avis il en pince pour elle.

— Tu…Tony se racla la gorge, tu crois ?

— Si tu l'avais vu hier, il était bouleversé.

La première chose qui lui vint à l'esprit fut « pourvu qu'avec mes bêtises je n'ai pas encore fait tout foirer ». Le voilà maintenant qui se sentait mal, si on lui avait demandé, il y a quelques jours ses sentiments envers son coéquipier, il aurait parlé de confiance, de complicité, et d'amitié, comme l'on parle d'un bon copain, et maintenant en toute honnêteté il dirait qu'il tenait beaucoup à lui, beaucoup plus qu'il avait bien voulu se l'avouer. Savoir qu'il avait pu le décevoir, le rendait nauséeux, avoir laissé McGee choir n'était évidement pas la meilleure idée qu'il avait eu, même si sur le moment cela lui avait semblé la meilleure chose à faire, quitter avant d'être quitter. Cependant il avait passé un formidable moment dans ses bras, en y repensant même il avait très envie de recommencer.

— Et merde !

— Tu pars toi aussi ? questionna Ziva en le voyant ramasser précipitamment ses affaires.

— Dis à Gibbs que j'ai encore de la fièvre.

Il se pencha pour embrasser Ziva sur la joue lui murmurant un simple merci, la laissant plus surprise encore par son départ que par celui de McGee.

ooOoo

Il conduisit directement jusqu'à l'appartement de McGee. Lorsqu'il se gara devant chez le jeune agent, il dut respirer un grand coup pour calmer les battements affolés de son cœur, en vain, il avait l'impression d'avoir retrouvé ses seize ans, quand il avait demandé à Casey McDonald de l'accompagner au bal de fin d'année. Seulement cette fois, il ne supporterait pas un refus.

Contre toute attente, McGee lui ouvrit la porte, Tony ne pu s'empêcher de remarquer que le col de la chemise de son ami était entrouvert, cela lui donna immédiatement des idées, qu'il n'était pas encore temps de concrétiser, du moins jusqu'à ce qu'il se soit fait pardonner son comportement.

— Je ne m'excuserais pas

— Je sais.

Le plus jeune s'effaça afin de le laisser entrer.

— Tu as oublié ta cravate l'autre jour.

Tim lui désigna un morceau de tissu découpé au ciseau sur le porte manteau. Sa cravate en soie ! Son sang ne fit qu'un tour, puis il se souvint que c'était lui le fautif en définitive.

— Je le mérite.

— Je sais.

McGee vaquait à ses occupations, l'ignorant presque, répondant sans prendre la peine de le regarder.

— Ecoute, j'ai fait une énorme erreur.

— Ce qui est fait et fait nous n'allons pas y revenir dessus, je préférerais oublier.

Tony se sentit soulagé cela avait été plus facile qu'il l'avait imaginé.

— Moi aussi, répondit-il

— Maintenant tu peux partir, le jeune homme lui désignait la sortie.

— Tu me mets à la porte ? le ton de Tony traduisait son incrédulité.

— Oui que veux tu de plus ? On oublie tout, on fait comme si rien ne s'était passé, ce n'est pas la raison de ta visite ? J'ai vu ton soulagement quand Ziva a parlé de la fille, lui dit-il sur un ton de reproche.

— Non ! s'indigna Tony. Tu veux faire comme si de rien n'était toi ? paniqua l'Italien.

— Oui, souffla le jeune homme, la tête basse.

— Moi je ne pourrais jamais, ce que j'ai vécu avec toi était unique, je n'avais jamais ressenti ça avant, confia DiNozzo.

— Pourquoi est tu parti en douce alors ?

— ...

— Est-ce que tu t'es demandé une seule seconde ce que j'avais pu ressentir en découvrant à mon réveil, un lit vide, que tu m'avais planté, après tout ce que tu m'avais promis.

— Il faut que tu me donne une autre chance, je te jure que je ne te laisserai plus seul le matin.

— Parce que tu t'imagines que je vais te laisser l'occasion de recommencer.

— Je l'espère, murmura Tony en glissant ses doigts dans l'encolure de son amant, il sentit le jeune homme réagir sous ses doigts.

De son autre main Tony saisit celle de Tim, il la posa sur son cœur,

— Tu sens l'effet que tu me fais ?

Son partenaire en convint les yeux rivés vers un point fixe qui se trouvait sur la droite, malgré leur nuit d'amour McGee avait toujours cette timidité qui le faisait craquer. L'agent DiNozzo remonta la main qu'il avait dans son cou pour le prendre par le menton.

— Regarde-moi.

Tim soutint son regard, sans un mot. Ce qui encouragea Tony à continuer de parler.

— L'autre matin je n'avais pas réalisé, à quel point cette nuit avait compté pour moi, j'ai été lâche en te fuyant, j'avais peur que tu me repousses, j'avais peur que tu me reproches de t'avoir forcé la main.

— J'étais consentant, puis il ajouta, ce qui s'est passé entre nous est important pour moi aussi.

Un éclatant sourire s'étendit sur le visage de Tony.

— C'est vrai ?

McGee acquiesça les yeux brillants. Leur réconciliation fut scellée par un langoureux baiser.

ooOoo

Le lendemain Tony se réveilla dans une chambre pas si inconnue, cette fois il regarda le visage serein de son amant, il le trouvait encore plus adorable dans son sommeil, il passa un bras autour de lui. Même si McGee présageait des problèmes avec leurs supérieurs, cela n'avait aucune importance pour Tony, pour l'heure il n'avait qu'un seul désir en tête, il réveilla à force de baisers, la seule personne qui pouvait aider à le concrétiser.