Merci pour vos reviews !

Voici la suite. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop mais bon, faut ce qu'il faut, hein…

Et j'espère aussi que vous suivez ce que je raconte ^^

Bonne lecture !

Chapitre 2

- Allez-y, Van Pelt.

- J'ai parlé à Christopher Kane, un membre de la troupe de théâtre d'O'Neil. C'est sa femme, Maria, qui nous a appelés en disant qu'elle avait reconnu le metteur en scène à la télévision. Les deux étaient sensés être à la répétition mais ils se sont faits excusés car ils fêtaient leur anniversaire de rencontre. Wayne a parlé à la femme, qui a confirmé les dires de son mari. Ils nous ont ensuite donné l'adresse et les numéros de téléphone de tous les autres membres de la troupe car le mari était plus ou moins le bras droit d'O'Neil il avait donc toutes les informations à sa portée.

- Vous avez une preuve qu'ils étaient tous les deux chez eux ?

- Aucune, c'est bien ça le problème, répondit Van Pelt. Pour les autres, Cho nous a aidés à tous les appeler et ils étaient tous réunis à la répétition.

- Conclusion, déclara Lisbon en s'appuyant sur un des bureaux, on a déjà trois suspects. Christopher et Maria Kane, et Judith Meril.

Elle observa Jane qui souriait dans son coin, assis sur son canapé.

- On vous écoute, Jane, dit-elle d'un ton autoritaire.

Celui-ci releva la tête d'un air surpris.

- Oh, je n'ai rien à dire…

Elle soupira et se rapprocha de lui, faisant un signe de tête pour l'inciter à parler.

- Le fait que l'on ait déjà une super liste de suspects et qu'on ne sache même pas si c'est un meurtre m'amuse.

Lisbon eut un mouvement de recul et elle fronça les sourcils en se retournant vers son équipe.

- Des nouvelles du légiste ? demanda-t-elle en se sentant légèrement stupide.

Cherchant une feuille posée sur son bureau, Cho prit la parole.

- C'est un meurtre. O'Neil a été poussé violemment contre la croix métallique.

Lisbon se retourna vers Jane avec un sourire triomphant.

- C'est un meurtre.

- Regardez-moi ça… Elle est ravie que ce soit un meurtre…

- Je suis ravie d'avoir raison, nuance.

- Le légiste a aussi précisé que la dentition de la victime correspondait bien à la dentition d'O'Neil. L'identité est donc confirmée.

Le téléphone de Van Pelt sonna au moment où Hightower entrait dans la pièce. L'agent s'éclipsa près de son bureau pour répondre et Cho tendit la feuille qu'il tenait dans les mains à Hightower.

- L'identité de la victime est confirmée, c'est bien Evan O'Neil.

Celle-ci s'empara de la feuille et sembla prendre son temps pour parcourir les quelques notes de Cho, puis elle releva enfin la tête et regarda Lisbon.

- Autre chose ?

- C'est un meurtre, la victime a été poussée violemment et elle s'est cognée la tête sur la croix métallique derrière l'église où on l'a trouvée. Nous avons trois suspects n'ayant pas des alibis particulièrement solides et on continue de fouiller dans la vie de ce O'Neil. D'après les membres de la troupe de théâtre qu'il dirigeait, il n'avait aucune famille.

- Très bien, poursuivez vos recherches, déclara-t-elle avant de tourner les talons.

Lisbon haussa les sourcils d'un air surpris. D'habitude, sa supérieure avait tendance à trouver un défaut quelque part et à leur donner des conseils qu'ils connaissaient déjà. Elle devait avoir un souci personnel pour réagir ainsi mais ça ne la regardait pas.

- Patron, appela Van Pelt après avoir raccroché son téléphone. Vous avez bien dit qu'O'Neil était riche ?

- Ce n'est pas moi qui ai dit ça, c'est Jane. Simplement parce que son appartement venait d'être remit à neuf.

- Jane avait raison.

- Quelle surprise, marmonna Rigsby.

De son côté, Jane arborait un sourire radieux.

- Je viens d'avoir son notaire et apparemment, il possédait un château en Ecosse. Le château O'Neil.

Jane se leva de son canapé, les yeux brillant d'excitation.

- On va devoir aller en Ecosse ?

- Non, calmez-vous, personne ne va en Ecosse, déclara Lisbon en levant les mains devant elle en signe d'apaisement. Son notaire, vous dites ?

- Il nous attend dans son bureau.

Jane regarda Van Pelt et Lisbon se préparer à partir et il s'approcha de Cho.

- Pourquoi as-tu dit à Hightower que l'identité de la victime avait été confirmée avant même qu'elle ne pose une question ?

- Parce qu'elle est venue me voir un peu plus tôt et qu'elle avait été contrariée de savoir qu'on avait plus ou moins conclut que la victime était O'Neil alors qu'on n'avait pas encore toutes les preuves.

- Elle était contrariée, tu dis ?

Cho haussa les épaules.

- Quelque chose comme ça, oui.

- Et est-ce qu'elle aurait pu être 'préoccupée' par exemple ?

- 'Préoccupée' ? Oui, j'imagine…

Il dévisagea Jane et lui montra d'un signe de tête que les deux femmes partaient sans lui.

- Oh, j'y vais. Merci, Cho !

- De rien…

-ooo-ooo-ooo-

- Entrez et asseyez-vous, je vous en prie.

Le notaire désigna du doigt son bureau pour inciter Lisbon, Jane et Van Pelt à entrer dans son monde. Des fauteuils rembourrés en velours rouge foncé étaient là pour accueillir les riches clients et une odeur de cigare de marque flottait dans l'air. Jane fut le premier à s'enfoncer dans un des fauteuils en souriant de toutes ses dents.

- Wow, c'est confortable.

- Je suis l'agent Lisbon et voici l'agent Van Pelt, que vous avez eue au téléphone.

- Patrick Jane, déclara Jane en levant la main.

- Enchanté, déclara le notaire en remontant ses lunettes toutes rondes sur son nez.

Il semblait avoir dépassé la soixantaine et n'avait plus que des cheveux blancs sur les côtés du crâne. Il était un peu maigrichon mais ses joues rougies lui donnaient un air bienveillant.

- Comme je vous le disais dans le combiné, les O'Neil sont mes plus fidèles clients. Evan était le plus jeune mais maintenant, il ne reste plus que sa mère.

- Vous connaissez sa famille ? demanda Lisbon.

- Sa famille ne contenait plus que deux personnes. Lui et sa mère, Kessy O'Neil. Evan a hérité du château de son père quand celui-ci est mort.

- Pourquoi le château n'est pas revenu à sa femme, madame O'Neil ? l'interrogea Van Pelt.

- Parce que monsieur O'Neil s'était séparé de sa femme juste avant sa mort et il a préféré donner son château à son fils. Les trois O'Neil habitaient dans une ville du Sud-ouest de l'Ecosse : Maybole. Ils sont tous nés là-bas et Kessy O'Neil en a énormément voulu à Evan lorsqu'il a décidé de monter sa troupe de théâtre en Californie. C'est un peu ça qui a séparé les deux parents O'Neil.

- Leur divergence d'opinion à propos du choix de leur fils, précisa Jane.

- Oui. Il faut dire que Kessy a toujours été dure avec son fils. Lorsqu'il était plus jeune, je crois qu'elle le frappait. Mais ce n'est plus d'actualité.

Lisbon sentit le mécontentement se répandre en elle mais elle le cacha parfaitement.

- Pourquoi exactement vouliez-vous nous voir, monsieur ?

- Parce qu'il faut que vous retrouviez la personne à qui Evan a légué son château, déclara alors le notaire d'une voix mystérieuse. Il ne m'a donné que son nom et son prénom et je n'ai aucune idée du pays où elle se trouve ni qui elle est, il n'a jamais voulu me le dire. J'ai besoin de l'aide de la police pour cela.

Il ouvrit le premier tiroir de son bureau et en sortit une vieille pochette cuivrée attachée par un élastique sous les yeux intrigués de l'équipe. Il en sortit une photo et la tendit à Van Pelt, qui ouvrit de grands yeux étonnés.

- Whoua… J'aimerai bien être à la place de la personne à qui il a légué ce château, il est somptueux.

Elle passa la photo à Lisbon, qui confirma les paroles de Van Pelt par un hochement de tête.

- Moi, je n'aimerais pas être à sa place, dit Jane en regardant la photo avec un sourire.

Les deux femmes l'observèrent d'un air intrigué.

- Oui, on va forcément soupçonner cette personne, non ?

- Ah oui, répondit Van Pelt en grimaçant.

- On pourrait avoir son nom, s'il vous plait ? demanda Lisbon au notaire.

L'homme sortit un autre petit papier bleu.

- Elle s'appelle Madeleine Hightower. Tenez.

Il tendit le papier vers Lisbon qui regarda la feuille comme si elle n'avait jamais vu de papier bleu de toute sa vie. Jane s'était brutalement redressé dans son fauteuil et il se leva pour arracher le papier des mains du notaire, lisant le nom plusieurs fois pour être sûr. Van Pelt avait le regard dans le vide et ouvrait et fermait la bouche comme un poisson hors de l'eau.

- J'espère que vous la retrouverez facilement, déclara le notaire.

- Ne vous en faites pas, lui répondit Jane. Ça va être facile.

-ooo-ooo-ooo-

Assis tous les cinq dans le bureau de Lisbon, l'équipe se faisait passer le petit papier bleu pour la quatrième fois.

- T'avais raison, Jane, déclara soudain Cho. Elle était préoccupée, pas contrariée.

Lisbon regarda Jane d'un air soupçonneux.

- Comment ça, préoccupée ?

- Ne faites pas cette tête-là, vous l'aviez remarqué aussi, Lisbon.

- Oui, mais j'aurais aimé avoir votre avis.

Contre toute attente, la jeune femme aperçu Hightower se diriger vers son bureau. Elle se leva avec un air grave sur le visage et laissa sa supérieure ouvrir la porte et la refermer derrière elle. Elle devait lui dire ce qu'ils avaient trouvé.

- Madame, commença-t-elle.

Mais elle fut interrompue par le doigt levé d'Hightower.

- J'imagine que si vous êtes tous rassemblés ici, c'est parce que vous avez trouvé un lien entre moi et O'Neil ?

La question décontenança Lisbon, qui se rassit sur son siège. Au contraire, Jane se leva d'un air tendu.

- Vous auriez du le dire à votre équipe, Madeleine.

- J'ai fait au plus vite pour trouver quelqu'un qui puisse me remplacer et vous superviser sur cette affaire car je n'en ai pas le droit. C'est ça qui m'a prit tout ce temps et je voulais que vous poursuiviez l'enquête sans prendre en compte le fait que j'étais impliquée.

Cho regarda sa supérieure d'un air anxieux et Van Pelt fronça les sourcils en observant ses chaussures. Personne dans l'équipe ne semblait savoir comment réagir, excepté Jane.

- Vous entrez dans la liste des suspects, lui dit-il d'un ton évident.

Hightower le dévisagea et son visage se tendit.

- Oui mais je n'ai aucun motif.

- Je vois… Vous faites semblant de ne rien savoir pour rouler Lisbon dans la farine mais en ce qui me concerne, je doute que vous ne soyez pas au courant.

Voyant que son consultant semblait se comporter de façon plutôt agressive, Lisbon reprit ses esprits et l'arrêta.

- Jane, ça suffit.

- Elle a très bien pu commettre le meurtre.

- Jane !

- Mais…

- J'ai dit stop ! Si vous n'êtes pas capable de vous tenir correctement, sortez.

Un peu blessé dans son ego et contrarié d'avoir été arrêté dans son élan, le consultant sortit du bureau sans un regard pour ses collègues.

- Madame, asseyez-vous, je dois vous annoncer quelque chose.

Hightower ne se le fit pas dire deux fois. Elle prit la place de Jane et s'installa sur le canapé, les yeux remplis de questions.

- Vous êtes la seule héritière d'Evan O'Neil.

Elle sourit aux paroles de Lisbon.

- Et j'hérite de quoi ? Un kilt ?

Le rapport avec les origines écossaises de la victime fit sourire Rigsby. Van Pelt tendit la photo du château à sa chef et elle lui laissa quelques secondes pour comprendre ce que cela signifiait. A la surprise de tous, Hightower porta la main à son visage et détourna les yeux de la photo en regardant par la fenêtre. Lisbon plissa les yeux et s'aperçut que sa supérieure semblait sur le point de fondre en larmes. Elle fit donc signe à ses agents de sortir et lorsqu'ils furent tous dehors, elle referma soigneusement la porte et les stores avant de se tourner vers Hightower.

- Et me voilà suspecte numéro un, déclara celle-ci dans un souffle.

- Madame, nous allons mener l'enquête comme il se doit et vous écarter de la liste des suspects, c'est juste une question de temps, tenta de la rassurer Lisbon.

Elle détourna les yeux lorsqu'Hightower s'essuya les siens.

- Je vais vous raconter l'histoire en entier, ça vous évitera de me poser les questions.

Lisbon acquiesça et s'assit derrière son bureau, un stylo à la main.

- J'ai rencontré Evan O'Neil lorsque j'avais à peu près vingt ans. Il en avait plus de trente et j'avais décidé de poursuivre mes études en Ecosse. Il était tout bêtement mon voisin de palier.

Lisbon griffonna quelques notes sur sa feuille.

- Nous sommes restés ensemble deux ans, et le fait que sa mère me détestait et réciproquement, nous a séparés. Je suis venue en Californie et je ne l'ai jamais revu.

- D'accord, dit Lisbon en posant son stylo. Vous ne pouvez rien nous dire de plus ? Sur ses amis ou sa famille ?

Hightower reprit son souffle et se redressa pour reprendre contenance, puis d'une voix plus assurée, elle poursuivit.

- Je ne sais rien sur sa famille à part le fait qu'il semblait apprécier plus son père que sa mère. Quand à ses amis, il n'en avait pas de vrais, c'était des gens de passage. Lisbon, je n'ai pas d'alibi pour le soir du meurtre. Je suis venue vous avertir qu'un corps avait été retrouvé mais juste avant, j'étais partie faire le plein d'essence, ce qui fait que les caméras de surveillance des bureaux m'ont filmée en train de sortir à l'heure du meurtre. Et non, je n'ai pas gardé le ticket de la station service…

Lisbon ne comprit pas pour quelles raisons Hightower lui disait cela. Etait-ce parce qu'elle avait peur ou parce qu'elle voulait lui demander une faveur, comme témoigner de sa présence dans les bureaux du CBI ?

- Le seul moyen de m'innocenter est de trouver le coupable.

- Ce que nous allons faire très vite.

- Je n'en doute pas, vous êtes une excellente chef d'équipe et je suis bien contente que l'enquête soit entre vos mains.

Lisbon esquissa un sourire timide.

- Il m'a laissé son château.

- C'est un beau cadeau.

- Oui. Je n'imaginais pas qu'il…

Hightower prit de nouveau une inspiration pour ne pas se laisser submerger par l'émotion.

- J'ai trouvé quelqu'un pour vous superviser mais… en toute honnêteté, il ne vous sera d'aucune aide, avoua-t-elle en se levant, immédiatement imitée par Lisbon. Il s'appelle Hector Malomey et sera en retraite dans deux mois. Il se moque de ce qui se passe autour de lui. Mais l'effectif des chefs d'équipe se réduit et je n'ai eu personne d'autre.

- On fera avec, dit Lisbon dans un sourire sensé détendre l'atmosphère.

Hightower ouvrit la porte du bureau et se retourna une dernière fois vers la jeune femme.

- Merci, Lisbon. D'avoir freiné Patrick, je veux dire.

Celle-ci rougit légèrement et acquiesça. Cette situation ne lui plaisait pas du tout, et un Jane fâché n'allait pas lui faciliter la tâche. Elle regarda sa supérieure sortir et poussa un long soupir avant de se laisser tomber sur sa chaise de bureau.

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Lisbon venait de faire le résumé de l'histoire à son équipe et ses trois agents semblaient dépourvus d'idée. Jane, quand à lui, avait disparut de la circulation. Elle en profita pour aller se présenter à Hector Malomey, mais comme l'avait prévenue Hightower, il se moquait bien de tout ce que Lisbon et son équipe pouvait faire, du moment qu'elles le laissaient fumer son cigare tranquille. Lorsqu'elle retourna dans son bureau pour passer le coup de téléphone qu'elle repoussait depuis le début de la matinée, elle fut surprise de découvrir Jane en pleine réflexion, assis sur son canapé.

- Où étiez-vous partit ? lui demanda-t-elle en s'asseyant non pas sur sa chaise mais sur celle qui se trouvait à côté du canapé.

- Vous auriez du me laisser faire avec Hightower, j'étais en train de tester sa culpabilité et vous avez tout gâché.

- Vous 'testiez sa culpabilité' ? répéta Lisbon d'un air dégoûté.

- Exactement. Vous m'avez viré comme un malpropre.

- Vous vous êtes montré méprisant avec elle et si je ne vous avais pas arrêté, vous auriez fait pire ! s'indigna la jeune femme.

- Mais on aurait su si elle était coupable ou non !

- Mais elle ne l'est pas ! S'énerva-t-elle. Il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond chez vous.

- Ah oui ? demanda alors Jane dont la colère perçait dans la voix. Quelle sont vos preuves ?

Lisbon secoua la tête de gauche à droite pour montrer qu'elle trouvait sa question totalement ridicule.

- Rien ne l'élimine de la liste des suspects, Lisbon.

- Je lui fais confiance, déclara alors Lisbon en se levant. Et si ça vous pose un problème, allez vous faire voir.

- Vous lui faites confiance ? demanda alors Jane en se levant à son tour. Vous ne la connaissez pas. Pas plus que moi ou qui que ce soit dans l'équipe. On ne la connait pas. Elle peut très bien cacher son jeu et vous, vous foncez dans son piège les yeux fermés.

Lisbon pinça les lèvres et regarda le sol et secouant la tête d'un air las.

- Vous ne faites confiance à personne, n'est-ce pas ? dit-elle soudain d'une voix qui avait perdu toute vigueur.

Jane glissa les mains dans ses poches en soupirant.

- Je choisis avec soin les personnes en qui j'ai confiance. Et Hightower n'en fait pas partie.

- Vous ne méritez la confiance de personne, Jane. Et pourtant, vous l'avez. Vous devriez ouvrir un peu les yeux et être plus tolérant envers les gens car eux le sont avec vous.

Il plongea son regard dans celui de Lisbon, cherchant une faille dans ses paroles, une preuve qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait. Il ne trouva rien que deux iris verts émeraude, chargés de colère et de déception.

- J'ai confiance en deux personnes dans ce monde, Lisbon.

- Laissez-moi deviner, j'en fais partie ? Eh bien, ça ne m'intéresse pas, déclara la jeune femme sans même attendre la réponse de Jane. Disons plutôt que ça ne m'intéresse plus. Sortez de mon bureau.

Jane la regarda d'un air interloqué mais il ne fit pas un seul geste qui montrait qu'il allait sortir.

- Jane, vous n'avez même pas confiance en l'équipe. Je ne peux pas travailler avec quelqu'un qui n'a pas confiance en mon équipe. C'est au-dessus de mes forces. Fichez le camp.

Le consultant grimaça en entendant la voix de sa supérieure se briser lors des derniers mots. Il déglutit et se dirigea vers la sortie du bureau sans demander son reste, furieux d'être incompris, et quelque peu étonné de la réaction brutale da sa supérieure.

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Lisbon se réveilla de bonne heure, le cœur encore lourd des évènements de la veille. L'implication d'Hightower dans le meurtre et sa dispute avec Jane l'avait anéantie et elle se souvint avoir dit à son équipe de rentrer chez eux avant de remballer elle-même ses affaires pour rentrer chez elle. Elle en avait même oublié d'appeler son frère pour lui souhaiter bonne chance et elle devrait se rattraper aujourd'hui.

Pour éviter de ruminer ses pensées, elle se récapitula les choses qu'elle devrait faire dans la journée. Contacter la mère d'O'Neil pour simplement s'assurer qu'elle avait un alibi pour le soir du meurtre, retourner chez les Kane pour déterminer si oui ou non ils avaient bien passé la soirée ensemble ou s'il était possible que ce soit un mensonge pour couvrir leur culpabilité, et tenter d'en savoir plus sur le lien qui unissait Judith Meril à Evan O'Neil, s'il y en avait un. Et si par hasard il lui restait du temps, peut-être essayer de contacter Jane. Parce qu'il n'allait sûrement pas se montrer aujourd'hui.

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- Alors ?

- C'est bon, répondit Cho en refermant son téléphone. Elle était dans une chorale en Ecosse au moment ou son fils est mort en Californie. Ses amies peuvent en témoigner, l'alibi de la mère est plus que solide.

- Une piste en moins, Dieu merci, déclara Lisbon en passant la troisième vitesse. Allez, on va tous à la répétition de théâtre et on recommence nos interrogatoires. Insistez bien avec les Kane et la petite Meril, ils restent tous les trois nos suspects principaux.

Elle avait bien prit soin de ne pas mentionner Hightower.

- Pourquoi Jane n'est pas là ? demanda alors Van Pelt.

Lisbon la regarda dans le rétroviseur et elle prit une inspiration avant de répondre. Elle n'avait pas l'intention de leur dire que le consultant ne leur faisait pas confiance, il avait peut-être parlé trop vite.

- Nous nous sommes disputés à propos de l'enquête. J'estime que son comportement avec Hightower n'était pas professionnel et comme il n'avait aucunement l'intention de s'améliorer, j'ai…

Elle vérifia qu'il n'y avait personne au rond point et s'engagea.

- Je lui ai dit que je ne pouvais pas travailler avec lui dans ces conditions. Ne vous en faites pas, il reviendra lorsqu'il aura décidé d'avoir un comportement d'adulte.

Elle ne su pas vraiment si elle avait dit ça pour se rassurer ou pour rassurer son équipe. Dans les deux cas, elle espérait ne pas se tromper.

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Au fond de la salle de théâtre, l'équipe du CBI regardait la pièce se terminer. A l'extérieur, ils avaient vu une affiche représentant d'étranges instruments chirurgicaux et au-dessus de la fiche, le titre : 'Le plus important, c'est que je t'aime' brillait en vert pailleté.

- Le plus important, c'est qu'il t'aime ! déclara Christopher Kane à Judith Meril.

Celle-ci le poussa d'un air agacé et glissa sa main dans celle d'une autre jeune femme, légèrement plus âgée qu'elle.

- Viens grande sœur, papa nous attend.

Christopher Kane se dirigea alors vers sa femme qui était allongée sur une sorte de brancard.

- Et si je perds ma jambe, mon cœur ? Qu'allons-nous faire ? Paniqua celle-ci alors que sa jambe était simplement égratignée.

- Ne t'en fais pas ma chérie… Le plus important, c'est que je t'aime.

La scène se termina sur ses mots et les rideaux se fermèrent. Une voix retentit alors.

- Lucie, tu ne connais pas ton texte ! Tu le savais parfaitement l'autre soir, tu as tout oublié ?

Lisbon s'approcha de la scène, suivie par son équipe.

- J'suis désolée, Chris, je n'ai pas beaucoup dormi…

- Allez, ce n'est pas si grave. Tu feras mieux demain.

- Monsieur Kane ? Agent Lisbon, du CBI.

Une ouverture apparut au milieu du rideau et Christopher Kane s'y glissa, suivit par les autres membres de la troupe.

- Bonjour agent Lisbon. Je peux vous aider ?

- Nous aimerions vous parler en privé. A chacun d'entre vous.

- Euh… d'accord. Il y a le bureau pour cela. Sinon, il y a une autre pièce dans le coin là-bas.

- Ce sera parfait, je vous remercie.

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- Mademoiselle Meril, vous dites que vous étiez au cinéma jusque vingt-et-une heure trente et que vous êtes arrivée à la répétition à vingt-deux heures. Entre temps vous êtes allés tous les deux boire un verre, est-ce que quelqu'un peut en témoigner ?

Cho avait son bloc-notes devant lui et à côté de lui, Van Pelt avait les bras croisées sur sa poitrine et regardait attentivement la jeune femme.

- Oui, Fabio vous le dira.

- A part Fabio, lui demanda Van Pelt.

Judith sembla tout à coup réaliser que le témoignage de son petit ami n'était pas le meilleur alibi du monde et elle se leva de sa chaise.

- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que je l'ai tué ?

- Calmez-vous, mademoiselle Meril, s'il vous plait, dit Cho d'une voix monocorde. Asseyez-vous.

- Je l'aimais, déclara alors la jeune femme en se laissant tomber sur sa chaise.

- C'est ce qu'on appelle un crime passionnel, lui expliqua Van Pelt. On ne vous accuse pas, notre travail consiste à faire la part des choses entre ce qui a pu se passer et ce qui s'est réellement passé. Pourriez-vous confirmer votre alibi d'une quelconque façon ?

Des larmes apparurent alors dans les yeux de Judith et elle demanda à sortir. Cho et Van Pelt la laissèrent partir, tout en enregistrant le fait qu'elle avait la possibilité de commettre le meurtre. Ils firent ensuite entrer la femme légèrement plus âgée que Judith, Carla, celle qui jouait le rôle de sa grand sœur dans la pièce de théâtre.

-ooo-ooo-ooo-

Lisbon se leva de sa chaise et s'appuya contre la table.

- Non, madame Kane, nous n'essayons pas de vous faire accuser, nous sommes de la police et nous devons considérer les faits.

- J'étais chez moi, avec mon mari, nous fêtions notre anniversaire de rencontre. Je ne vois pas ce que je peux vous dire de plus.

- Bien, soupira Lisbon. Je vous demande de rester à notre disposition au cas où nous aurions d'autres questions.

Rigsby raccompagna Maria Kane et lui demanda de bien vouloir faire venir son mari.

- J'ai reçu un message de Cho. Ils n'ont rien de plus en ce qui concerne Judith Meril.

- Super… Il faut à tout prix qu'on obtienne un élément nouveau avec Christopher Kane. Quel heure est-il ?

- Un peu plus de onze heures.

Lisbon entrouvrit la bouche et ses yeux se perdirent un court instant.

- Merde, murmura-t-elle. Euh… Excusez-moi, je dois passer un coup de fil.

Elle se précipita vers la porte et se retourna vers Rigsby.

- Vous vous occupez du mari ?

- Oui, pas de problème, répondit celui-ci d'un air inquiet. Ça va aller, patron ?

Lisbon lui fit un sourire forcé en acquiesçant puis elle sortit de la pièce, son téléphone à la main.