Rêve n°1

A mes six ans, j'ai appris que j'avais des tumeurs malignes dans mon cerveau. Bien sûr, je ne comprenais pas en quoi ces tumeurs étaient plus intelligentes que les autres mais mes parents avaient longuement discuté avec l'oncologue et en écoutant j'avais retenue une chose :

"Je suis foutue."

Le petit garçon ne semblait pas m'avoir entendu ou ne semblait pas se préoccuper de moi. Il restait les yeux clos, la tête appuyée contre le tronc d'arbre et ses mains tenaient ses genoux.

Il ressemblait à une arachide.

"Ce que je te raconte ne t'intéresses pas, la Noix ?" Cela peut sembler un peu grossier de l'appeler comme ça mais en tant qu'ami imaginaire il devait au moins faire un effort pour avoir l'air vivant. Il ne m'a pas répondu. Alors, je me suis assise à côté de lui et j'ai regardé le paysage, nous étions sur une colline légèrement en hauteur.

D'ici, je pouvais apercevoir des kilomètres de plaines majoritairement vertes bien que quelques coquelicots créaient des traces enflammées entre les brins d'herbes. Occasionnellement, le vent tiède qui agitait mes cheveux s'étendait sur la plaine et me permettait d'apercevoir des boutons d'or, trop courts pour dépasser les hautes herbes.

Le garçon ne bougea pas d'un iota, sa respiration, si respiration il y avait, était couverte par le sifflement du vent. La quiétude du lieu finit par m'endormir et je me réveilla.


Usagi regrettait de ne pas avoir acheté de rideaux lorsqu'à une heure inacceptable, les rayons du soleil brûlèrent ses paupières. La fatigue engendrée par son service avait disparue mais elle se trouvait dans un état léthargique agréable, c'est pourquoi bien au chaud sous ses couvertures, dans la chaleur constante de Konoha, Usagi désirait ne jamais se lever et rester dans son lit.

Malheureusement, elle devait aller travailler dans moins de deux heures et désirait refaire un tour de quartier car Usagi n'était pas très bonne pour se souvenir de l'endroit où les choses se trouvaient. Cela lui permettrait ainsi de mémoriser une fois pour toute où la pharmacie, qui serait un lieu très utile de fréquenter avant la fin du mois, se trouvait.

En observant les rues désertes, Usagi se demandait si son réveil n'était pas trop avancé. Elle n'avait pas modifié l'heure affichée car elle ne connaissait pas le réel horaire mais à la vue d'une telle absence de population dans les rues, on pouvait penser qu'il était indécemment tôt.

Sa présomption se confirma lorsqu'une boulangerie ouvrit.

"ouvert de 5h à 21h, Il est CINQ heure ? Je suis foutue. Il me reste quatre heures avant mon service, je me sens déjà seule. Le mieux c'est que j'aille m'asseoir sur un banc et mette fin à mes jours. Ou je pourrai retourner me coucher tout simplement. Je vais prendre la seconde option, je n'ai pas encore rencontré ni Kakashi, ni Naruto, ni Yamato ni tellement de personnage en faite."

En gagnant quelques heures de sommeils, Usagi vit dans le miroir de sa salle de bain qu'elle ne ressemblait pas à un zombie mais actuellement à une jeune fille, sans pupille certe, mais une humaine tout de même. Elle portait un regard appréciateur sur son uniforme, Une salopette.

Le style de la tenue était moderne mais commode, " Je ressemble un peu à une fermière, jolie métaphore pour affirmer qu'on cultive la joie chez nos clients " ironisa Usagi.

C'était original pour une fille de café, mais cela éviterait les regards et les remarques de la gente masculine sur les serveuses.

Efficace pour travailler en paix.

Usagi avait l'instinct que Nana Akimichi était l'instigatrice de l'uniforme. La vieille dame a dû faire des ravages parmis les clients dans sa jeunesse, si ses traits conservant une beauté intemporelle en étaient un indice. Sa grâce conservée et ses yeux rieurs racontaient des histoires dont Usagi aurait voulu en entendre les aboutissements

Malheureusement à son arrivée au salon de thé, l'effervescence de l'ouverture entraina Usagi dans un tourbillon de nouvelles têtes qui ne lui permit pas de voir la vieille dame.

"Hey ! Tu dois être Usagi ?" l'interpella une voix féminine qui n'était pas celle de la patronne.

Un hochement de tête. Usagi vit arriver une grande brune plantureuse. Dans la reconnaissance de la forme général de la jeune femme, Usagi ne put empêcher son regard de s'arrêter un peu plus longtemps que nécessaire sur la poitrine. Usagi n'a jamais eu de complexe sur ses seins mais la vue de ces..ballons… souleva beaucoup de questions dans son esprit.

"Je ne vois même pas comment elle peut porter un plateau... la seule option viable est à bout de bras. A ce stade cela doit être considéré comme un handicap, elle doit souffrir de terrible maux de dos et les clients d'horribles strabismes. Si elle a besoin d'argent pour une chirurgie de réduction mammaire je lui donne toutes mes économies. Yep, le peu que j'ai, juste pour aider une femme en détresse."

Cependant, si le pas assuré et le sourire confiant de la serveuse était un indice, la jeune femme souffrait nullement de sa généreuse cage thoracique.

Usagi répertoria cela sur les merveilleux usages du chakra.

"Un jour je devrai faire ouvrir mes portes. Ce n'est peut être pas la meilleure idée maintenant car je viens à peine d'arriver à Konoha mais lorsque je me serai installée et que les gens me feront confiance, il n'y aura plus rien pour me retenir d'apprendre quelques justus intéressants. Si les civils peuvent apprendre, et que je n'échoue pas lamentablement ! "

"Tu m'écoutes ? " Une pointe d'exaspération perçait dans la voix.

Usagi rougissait de honte, son deuxième jour et elle se fait déjà repérer, pourtant, c'est d'une voix exempt de tremblements nerveux qu'elle répondit :

"Oui madame"

Cela sembla adoucir la serveuse qui envoya un sourire aimable à Usagi,

"Appelle moi Emiko, je suis chargée de ta formation."

"Emiko-Senpai ?" Les yeux de la jeune fille luisaient d'espoir.

Emiko avait déjà eu plusieurs Kohais mais aucune fille n'était restée longtemps. La plupart prenaient le salon de thé pour un lieux de rencontre et se mariaient au premier homme de famille noble passant par là. Si elle voulait tenir les rênes de la boutique qu'allait lui laisser sa mère, ce n'était pas pour aider des femmes à se marier mais pour aider des filles qui ont besoin d'argent à rebondir et trouver une occupation qualifiée, et ne pas finir serveuse ou femme au foyer.

Le point de vue des femmes de la famille Akimichi sur la place des femmes n'étaient pas vu d'un très bon oeil par tout les clans aérés de Konoha, malgré tout, leur salon de thé attirait une grande partie de la population, dont d'illustres membres de clan.

Emiko pariait toujours sur la durée qu'une fille allait rester et si elle allait rebondir ou plonger..

La fille, Usagi, lui semblait saine d'esprit et malgré son air naïf et innocent, semblait cacher une force insoupçonnée. Elle ferait certainement une bonne petite kohai, puis si cela se passe bien, volerai de ses propres ailes

Emiko accepta le titre que lui donnait la jeune fille d'un hochement de menton.

Usagi contint son allégresse, mais le plissement de ses yeux et les recoins de sa bouche relevés la trahir.

Emiko ne put s'empêcher de rire devant tant d'ardeur.

La journée passa en un clin d'oeil, ce n'est qu'au moment de dire au revoir aux filles qu'Usagi sentit la fatigue s'emparer d'elle.

Le long chemin qui la séparait de chez elle...la traversé d'une rue de cinq mètres..semblait durer une éternité pour Usagi. C'est avec une joie non contenue, qu'une fois arrivée, elle envoya valser son uniforme dans la pièce et se changea pour sortir explorer les bars animés de Konoha, dans le but de se changer les idées.

En peu de temps Usagi était passée de l'hôpital à la vie active. Un temps d'adaptation à sa nouvelle vie serait nécessaire.

La veille, lors de sa journée d'essai, elle se souvint s'être égarée devant le nombre de thés présents sur la carte et le nombre de desserts aux noms étrangers qu'elle voyait.

Heureusement, il lui suffisait de noter la commande du client, elle n'avait pas à faire croire qu'elle connaissait les pâtisseries qu'elle servait.

Aujourd'hui, journée s'était mieux passée, elle commençait à associer les noms aux images et une fois qu'elle aurait retenue le nom de tous les employés son intégration sera bien plus facile.

Mais maintenant ce dont elle avait besoin c'était de trouver quelqu'un pour ne pas passer sa soirée seule. Usagi traversa la ville pour trouver une enseigne à l'air agréable. Le bar s'ouvrait directement sur la rue et avait quelques tables à l'intérieur, cela ne sentait ni la fumée ni l'alcool et les buveurs n'avaient pas l'air trop éméché alors Usagi s'assit.

Ce n'était pas dans son habitude de sortir, encore moins seule, mais elle avait besoin d'éliminer les derniers restes de son existence passée. Elle est désormais dans un merveilleux village qui abrite tant de personnes à découvrir.

De plus, Usagi avait très envie de voir si quelques ninjas connus passaient par là.

Elle n'eut pas à attendre longtemps après s'être installée au bar et avoir commandé un verre de saké ,"On ne vient pas au Japon pour boire du vin", pour qu'un homme l'aborde.

"Bonsoir, ange du soir"

Usagi haussa les sourcils et se prépara à se tourner et à répondre mais fut coupée.

"Shhh. Pas de mots mais de l'action ma belle ce soir."

A la vue de Genma Shiranui, Usagi explosa de rire.

"Quel genre d'homme emploie ces phrases d'accroches archaïques? Sérieusement. Mais surtout quel genre de personne y répond favorablement ?"

Le senbon entre ses lèvres s'agita à peine lorsque Genma dit faussement blessé,

" Archaïques ?" Il mit sa main sur sa poitrine, au niveau du coeur " Tu me blesses juste là "

Puis il répondit, cette fois ci en souriant, l'air séducteur "Plus de personnes que tu ne peux l'imaginer, je te l'assure. Je m'appelle Genma"

Usagi s'empourpra lorsqu'elle comprit qu'elle avait parlé à haute voix. Néanmoins, il ne fallait pas qu'elle se dégonfle, c'était là une chance en or de parler à une de ses idoles. Et puis il faut dire que sa comédie l'avait bien amusée.

Genma n'avait jamais vu la fille avant ce soir. Elle était plutôt mignonne mais pas le genre à trainer dans des bars la nuit. Cela se voyait à la contracture de ses épaules, pourtant son regard était curieux, cette fille attendait quelqu'un- Genma espérait que ce n'était pas le cas- ou recherchait un partenaire de boisson- ce qui arrangerait bien Genma, laissé seul par ses camarades de mission, rentrés chez eux épuisés.

Genma était fatigué lui aussi, toutefois une discussion autour d'un verre de saké avec une jolie fille serait satisfaisante. Surtout si la jeune femme avait de la répartie, cela promettait d'être amusant.

"Usagi, enchantée de vous rencontrer Genma-san." Répondit aimablement Usagi tout en insistant sur le -San.

Le sourire de Genma s'élargit, l'accentuation ne lui avait pas échappé, cette fille voulait mettre de la distance entre eux. Cela lui convenait parfaitement, car malgré la taquinerie contenue dans sa première interpellation, elle semblait un peu jeune pour lui.

"Que fait une jolie jeune fille dans un bar à boire seule?" Genma était curieux.

"Que fait un ninja tout juste rentré de mission dans un bar à parler à une jolie jeune fille qui boit seule ?" Tout en parlant Usagi pointa du doigts les quelques taches de sang sur le pantalon de Genma.

Un exclamation rieuse sortit de sa gorge, " M'amuser, quoi d'autre ? "

Usagi renifla dédaigneusement avant de relaxer sa posture et de lui envoyer un coup d'oeil compréhensif.

"Les missions ne doivent pas toutes êtres faciles." Cette remarque surprit Genma, rares étaient les civils à penser à la difficultée d'une mission. La plupart n'envisageait même pas que les ninjas puissent garder des séquels morals d'actes qu'ils ont vu ou dû commettre au nom du village.

Cette fille n'était pas du village, il en était presque sûr.

"En effet. Tu ne viens pas de Konoha, n'est-ce pas ?" Il était devenu méfiant, ses sens de ninjas en éveille. Genma s'était imperceptiblement rapproché d'Usagi pour vérifier la véracité de ses dires.

"Gagné." Usagi lui lança un sourire hésitant, elle voulait plaisanter mais sentait que la température de la piece avait chutée et n'osait dire une bêtise. Il ne fallait pas qu'elle oublie que sous ses airs charmants, Genma était un ninja qui n'hésitera pas à l'envoyer au département torture et interrogation sous la supervision d'Ibiki Morino, si elle présentait une quelconque menace.

Elle reprit un peu plus assurée

"il est compliqué de définir l'emplacement exact de mon pays natal. Cependant, la responsable de l'hôpital, Shizune-San a autorisé mon séjour à Konoha"

Genma se détenda à l'évocation de Shizune.

C'est d'un ton boudeur qu'Usagi reprit :

"Vous n'êtes pas inspecteur de répression des fraudes quand même ?"

Le visage de Genma resta parfaitement lisse lorsqu'il répondit en se penchant légèrement :

"Tu as des fraudes à déclarer ?"

Usagi précipita sa réponse " Non ! Pas du tout ! C'était une boutade."

Genma ne put retenir son fou rire devant l'expression tourmentée de la fille.

La soirée se passa sans autre incident et Usagi apprécia grandement l'humour dont faisait preuve Genma. Les verres de saké s'étaient enchainés et Usagi était complètement éméchée lorsque le bar ferma.

Gentleman, Genma lui proposa de la raccompagner chez elle.

L'aube était encore loin. Usagi se félicita d'avoir accepté d'être raccompagnée car les rues sombres de konoha en pleine nuit, ce n'était pas trop pour elle.

Genma ne semblait pas affecté par la dose d'alcool qu'il avait bue au cours de la soirée

"stupide ninja et leur chakra" pensa Usagi. Il marchait un peu retrait, tout en restant à porté de bras au cas où Usagi trébucherait. Le chemin du retour passa en un clin d'oeil et en voyant Usagi entrer les clés dans la serrure, Genma demanda :

"C'est la dépendance de la vieille du salon de thé, tu travailles en face ? "

Usagi était étonnée qu'il connaisse le salon de thé, elle ne l'avait jamais vu y boire un thé, "En même temps je n'y que travaillé deux jours et il était en mission. Je ne dois avoir vu presque aucun habitué. Avec un peu de chance, il y aura pleins de shinobis dans les jours à venir."

Usagi tout en ouvrant sa porte répondit, excitée " Oui je travaille au salon ! Vous êtes un habitué ?"

"Pas vraiment, je viens de temps en temps mais à l'avenir, je tâcherai de venir plus souvent." il lui lança Un clin d'oeil appuyé pour s'évanouir aussitôt dans la nuit, ne laissant aucune chance à Usagi de faire ses adieux.

Usagi leva les yeux au ciel mais était contente de savoir qu'elle le reverrait.

Après une bonne douche, Usagi enfila un long tee-shirt qu'elle venait d'acheter en guise de

pyjama et se coucha.

Une chose que faisait Usagi dans ses rêves étaient d'organiser ses pensées en racontant sa journée. Le problème était que depuis son arrivée dans Naruto, elle ne rêvait plus.

Usagi se demandait ce que la Noix faisait, le connaissant il serait encore dans une affaire impossible. Une des questions flottant dans l'esprit d'Usagi était ne rêvait-elle plus de lui parce qu'il ne dormait pas ou parce qu'il n'existait pas et qu'en changeant de monde, elle avait atteint l'objectif de ne plus se sentir seule et donc n'avait plus besoin de son ami imaginaire.

Pourtant Usagi ne s'était jamais sentie aussi seule et abandonnée.

Les choses auraient pu mal tourner mais non, tout s'était bien passé. Elle avait été accueillie à Konoha malgré ses origines étrangères et autorisée à rester.

En y repensant bien, Usagi les jambes pointées vers le plafond de sa chambre, pensa à la possibilité que tout ceci ne soit qu'un rêve.

"Tout semble trop réel pour que ce ne soit que le fruit de mon imagination. Pourtant, la Noix semblait réel, lui aussi. Je dois considérer que ce monde est réel, sinon comment pourrais-je me lier aux personnes ici ?"

La solitude était la plus grande peur d'Usagi, lorsque la jeune fille se sentait abandonnée, elle n'avait plus le goût de vivre, alors elle s'allongeait et attendait que le temps, désespérément lent, passe.

Usagi avait occupée ses journées du mieux qu'elle pouvait, à l'hôpital, mise à part quelques activités proposés aux patients, les journées étaient longues. Alors elle dessinait, écrivait ou lisait. Naruto avait sauvé sa vie d'une certaine manière, tous ses personnages qui ont tellement souffert et pourtant qui continuaient à se battre pour les gens qu'ils aiment...étaient devenu une inspiration pour elle.

Usagi ricanna en pensant à la plupart des fanfictions qu'elle a pu lire. Pour la plupart, l'héroïne, désespérément belle " Et possédant dans 99% des cas des pupilles... " sauve le monde en ayant des pouvoirs bien supérieurs à la team 7 réunie. Usagi ne survivrait jamais aux événements à venir si elle ne se préparait pas.

Une nouvelle motivation redonna du courage à la jeune fille. Si elle était seule maintenant, très vite elle se ferait des amis. N'avait-elle pas déjà promis à Lee de devenir son ami ? De plus, la soirée avec Genma était sympa, il a promis de venir au salon de thé donc elle pouvait le considérer comme une connaissance rapprochée, qui deviendrait son ami avec le temps. Il y avait aussi Emiko-Senpai, deux autres serveuses dont elle n'avait toujours pas retenu les noms et la vieille dame, Nana-San.

Elle devrait protéger ses amis, la seule solution était donc l'entraînement.

Bien que la fin de sa vie n'avait pas été sportive, son corps semblait en meilleur santé qu'il ne l'avait jamais été. Elle pourrait commencer par un peu de course et de musculation, à petite dose d'abord, puis quand elle connaîtra ses limites, monter le niveau progressivement.

Cependant, rien de ce qu'elle faisait ne devrait s'entreprendre à grande échelle, car malgré sa relative intégration à Konoha, elle restait surveillée, cela elle en était sûre.

Quels villages ninjas laisseraient des nouveaux résidents étrangers sans surveillance ?

Aucun.

Elle s'entraînerait en tant que civil, sans chakra dans un premier temps. Cette étape sera la plus simple malgré l'effort physique à fournir, il reste humain. Et la justification d'un entraînement quotidien envers les autorités de Konoha serait simple, maintenir son corps en forme.

Toutes femmes comprendraient la démarche et aucune questions ni suspicions ne seront soulevées par la pratique d'un sport.

Ensuite, il faudra qu'elle trouve quelqu'un pour ouvrir ses portes de chakras, tout en n'ayant pas l'air suspect dans sa volonté d'apprendre à se défendre avec du chakra... Ce sera la partie la plus complexe.

Usagi se massa les tempes, sentant une migraine, causée par l'alcool et une intense réflexion, poindre.


Journal de rêves d'Usagi

Rêve n°2

Je ne me suis pas réveillée au même endroit. Déstabilisée d'abord il m'a fallu un moment pour me rappeler que je m'étais couchée et étais donc dans un rêve.

Rien d'étonnant à ce que nos lieux de rêves changent. Même si de passer d'une colline avec vue sur une plaine dégagée, à une forêt dense semblait un changement relativement drastique, l'imagination d'un esprit n'a aucune limite. J'en suis convaincue.

La preuve est que je revis le garçon, sous une apparence différente. Il était apparu après moi, entre deux arbres aux feuilles d'automnes. A vrai dire, sa peau illuminée par les derniers rayons de soleils paraissait presque noisette. Je ne résista pas à l'envie de lui parler, car ses yeux, cette fois-ci ouvert me fixaient d'un air étonné, à croire qu'il ne s'attendait pas à me revoir. " Hey la Noix ! Tu ne m'ignores pas cette fois-ci ?"

"Tu es revenue" Pour lui, ce simple fait avait l'air d'être la nouvelle la plus invraisemblable qu'il n'eut jamais entendu. J'ai pouffé de rire, pourquoi il bloquait sur le fait que j'étais revenue, lui aussi après tout il était de nouveau là et je n'en faisais pas une affaire d'Etat.

Un rêve est un rêve, tout et n'importe quoi s'y déroule.


"Usagi ?"

"Usagi ?" La voix devenait insistante.

Usagi rangea son carnet, remettant l'écriture d'un de ses anciens rêves à plus tard.

Elle leva la tête et son nez renifla le parfum de thé au jasmin dégagé par une paire de pastèques géantes.

" Ta pause est terminée. Au travail." commanda fermement la propriétaire de ses attributs, légèrement penchée au dessus de la table où Usagi s'était assise.

"Hai, Emiko- Sempai. " s'exclama Usagi qui se leva précipitamment, pour le regretter immédiatement, lorsque ses cuisses douloureuses ne lui permettèrent pas d'aller aussi vite qu'elle le souhaitait.

Le programme d'exercice effectué le matin même n'avait pas été une grande réussite.

Son corps était en bien meilleure santé qu'il l'avait été dans sa vie précédente, pourtant, ses capacités physiques ne dépassaient pas celle d'un élève de primaire. Usagi se sentait légèrement pathétique.

Elle avait couru pendant vingt minutes à pas modérés mais s'était écroulée et n'avait pas pu se relever avant d'avaler une compote dix minutes plus tard.

Autrement dit, d'une part, elle avait eu l'air ridicule et avait été heureuse de faire son entraînement tôt pour ne se faire surprendre par personne. D'autre part, les courbatures qui ne viennent normalement que le lendemain d'un effort étaient survenue l'heure d'après, à la sortie de sa douche. Ce qui indique que son corps n'étaient peut être pas en si bonne santé qu'elle l'avait d'abord cru.

Elle devrait sans doute, si elle ne voit pas d'amélioration dans ses capacités physiques au bout de quelques temps, consulter un médecin pour avoir un avi médical sur ce qu'elle devrait normalement pouvoir réaliser avec ses modestes muscles mous.

" Usagi, tu ressembles à une mamie quand tu marches." ne put s'empêcher de faire remarquer Emiko, piquante.

Une grimace apparut sur les traits d'Usagi, qui tourna son regard vers la seule personne qui serait capable de prendre sa défense.

Nana Akimichi qui passait non loin de là, pour servir un client, avait conservé une ouïe fine

malgré son âge, et, ni le regard implorant d'Usagi, ni la remarque offensante de sa fille ne lui avaient échappées. Se sentant d'humeur taquine, elle sortit le torchon accroché à sa salopette pour frapper doucement l'arrière du crâne de sa fille.

Pour appuyer son châtiment, Nana ajouta d'un ton sérieux, " Ma fille, ne te moque pas de la façon de marcher de tes aînés."

Puis en observant Usagi, qui en lançant un regard triomphant à son senpai s'apprêtait à remercier la vieille dame, Nana ajouta malicieusement " Ne me remercie pas mon enfant, entre vieilles personnes, on se soutient."

Les épaules d'Usagi s'affaissèrent, et, c'est avec une mine déconfite et sous les rires des deux autres femmes qu'elle annonça "Merci, j'apprécie grandement le soutien" Elle leva faiblement son pouce vers le haut.

Nana se renseigna, inquiète "Pauvre enfant, mais qu'est-ce qui ta mis dans cet état là ?"

Usagi gênée bredouilla,"Eh Bien, je me disais que j'avais du mal à assurer un service sans être essoufflée alors je me suis motivée pour aller courir pour travailler mon endurance et ma force. Mais je ne connaissais pas vraiment mes capacités, car je n'avais pas fait de sport depuis longtemps. Malheureusement je me suis rendu compte que j'ai un corps et les capacités physiques d'un mollusque alors, je ressens déjà des courbatures. Ce n'est rien de grave, ne vous en faite pas Akimichi-san."

Rassurée, la vieille femme proposa "Tu peux m'appeler Nana, toutes les filles m'appellent comme ça ici."

Souriante, Usagi s'inclina respectueusement, "Hai, Nana-san"

"C'est faux, moi je t'appelle maman" Intervint Emiko, s'asseyant paresseusement à la place que venait de quitter Usagi.

"C'est parce que tu n'as aucun respect pour ta mère et la hiérarchie, ça ma fille." La réprimanda gentiment sa mère.

"Bien sûr que je te respect maman " souffla, excédée, la brune plantureuse.

Usagi s'éclipsa discrètement pour reprendre son service et ne pas intervenir dans ce genre de discussion mère-fille dont elle avait déjà constaté les aboutissements pour le moins...tumultueux…

Le salon de thé était effroyablement animé, étant un samedi, de nombreux couples avec de jeunes enfants semblaient s'être donné rendez-vous pour faire d'Usagi une girouette, devant prendre la commande à droite, servir à gauche, rapporter des coussins au fond ou renvoyer des pâtisseries en cuisines car des enfants capricieux n'en voulaient plus.

Ce n'était pas de tout repos.

La douleur émanant des muscles d'Usagi semblait toutefois diminuer avec le temps et l'échauffement que son activité provoquait.

Vers la fin de journée, l'agitation était retombée, rendant le personnel et les clients plus détendus.

Quelques habitués semblaient même avoir repéré qu'Usagi était une fraîche pousse et se prêtaient agréablement à la conversation.

Une équipe de trois enfants penchée sur des cahiers attira son attention. Une fille à la couleur de cheveux semblable à Usagi possédant deux couettes dressées ignorant la loi de la gravitation, un garçon avec de la morve lui coulant du nez et un Sarutobi portant une longue écharpe à l'intérieur au plein coeur de l'été. Une paire de lunettes sur chaque tête.

L'équipe Konohamaru dans toute sa splendeur.

Les enfants avaient tellement l'air absorbés dans un exercice difficile qu'Usagi prit pitié d'eux et voyant qu'il ne restait plus beaucoup de monde au salon, décida d'aller les voir. Cette team bien que composée de personnages secondaires était fabuleusement divertissante dans l'animé. Si Usagi osait les approcher elle pourrait peut être s'en faire des amis. Elle avait toujours rêvée d'avoir des petits frères et soeurs mais il était sans doute mieux qu'elle n'en eut jamais eu. Après tout, elle les aurait abandonné à sa mort.

Maintenant qu'elle était ici et en relative bonne santé, rien ne l'empêchait de se faire autant d'amis que possible. De plus, cela lui permettrait d'avoir plus d'influence dans Konoha.

Usagi se parant de son plus beau sourire, s'avança, "Bonjour les enfants, vous voulez commander quelque chose ?"

Moegi, manifestement la plus alerte, releva son visage en premier pour observer Usagi et lui répondre, après avoir comprit qu'elle était une serveuse.

"Oui madame, j'aimerai des dangos s'il vous plaît" demanda-t-elle poliment , avant de se rendre compte que ses camarades n'avaient pas levé leur nez de leur cahier et leur envoya un coup de coude pour les avertir.

Les deux garçons sursautèrent et s'excusèrent promptement " Excusez-nous madame, on était concentrés sur notre exercice."

Usagi rigola doucement, heureuse de ne plus avoir de devoirs à faire. " Ne vous inquiétez pas je comprends, les devoirs c'est important. Mais appellez moi Usagi, s'il vous plait" Puis avec une moue boudeuse, elle ajouta," je ne suis pas si âgée que ça. "

Les enfants la regardaient avec des yeux ronds, surpris.

"Qu'y a-t-il ?" s'inquiéta Usagi.

Le groupe regarda à droite et à gauche, terrorisé. Konohamaru étant le premier à se reprendre, se rapprocha doucement d'Usagi, et tout en regardant si personne n'approchait, murmura des paroles à peines perceptibles pour les oreilles d'Usagi,

"D'habitude c'est la femme avec des poumons développés qui nous sert, elle est horrible avec nous. Elle nous pince les joues et nous demande de l'appeler onee-san. On ne connaît toujours pas son prénom et dès qu'on emploie des familiarités, elle se met à nous étouffer. Elle emploie les seins étouffants no jutsu. Elle est vraiment forte !" Ses acolytes acquiescèrent fermement.

S'en était trop pour Usagi qui explosa de rire. "Vous voulez parler d'Emiko-senpai ? Je ne pensais pas qu'elle aimait les enfants." Puis chuchota tout bas, entre deux éclats de rire "Je la voyais plutôt du genre à les étouffer dans leur sommeil…C'est encore plus drôle de l'imaginer en train de le faire avec ses ballons géants"

"Emiko-san c'est ça !" s'exclamèrent les enfants.

"Dans ce cas, ne vous inquiétez pas, je pourrai prendre vos commandes les prochaines fois que vous viendrez. Elle ne pourra plus vous...étouffer.." sa voix chancelait sur le dernier mot.

Une fois complètement remise de ses émotions, elle demanda, curieuse ,"Mais pourquoi vous n'avez jamais demandé à une autre serveuse de s'occuper de vous ? Cela vous aurait évité bien des problèmes."

Moegi et Udon regardèrent d'un air réprobateur Konohamaru. Ce dernier semblait avoir prit dix teintes de rouge. Moegi explica " C'est Konohamaru-kun qui voulait absolument la voir, il disait qu'elle serait parfaite pour son nouveau jutsu."

Usagi acquiesça, comprenant bien de quoi parlait la jeune fille. En y repensant, la ressemblance entre le sexy jutsu de Konohamaru et Emiko-senpai était frappante.

Usagi se rappelant qu'elle travaillait, proposa gentiment "J'ai vu que vous aviez du mal avec vos exercices. Si vous voulez après m'être occupée des deux-trois clients restants, je viens vous aidez, en vous apportant votre commande."

Les trois enfants se concertèrent d'un regard avant de s'exclamer " Avec plaisir !".

Chacun passa sa commande,

"Je prendrai des dangos."

"Moi, je veux des mochis matchas."

"Et moi un thé vert simple, s'il vous plaît."

Usagi reprit doucement Udon "Vous pouvez me tutoyer, comme je l'ai dis plus tôt je ne suis pas si vieille"

"Hai, Usagi-San ! " Usagi, le sourire au lèvre devant tant de bonhomie, partit servir les clients restants.


"Elle n'a même pas demandé quel genre de technique nécessitait que tu utilises Emiko-San." Fit remarquer Udon.

Konohamaru leva son menton et s'exclama " Bien sur que non, mon sexy jutsu est connu dans tout Konoha ! "

"La dernière fois, plein de gens ne connaissaient pas ton sexy jutsu. Tu penses que c'est une pervers ?" demanda Udon

Moegi sentit son sang ne faire qu'un tour dans ses veines avant d'abattre son poing sur la tête de ses deux camarade et de crier " Non mais ça va pas bien dans vos têtes !? Usagi-san n'est pas une pervers. C'est vous qui l'êtes !"


Au retour d'Usagi, les trois enfants avaient rangé leur cahier. Ils consommèrent leur commande en un temps record et firent immédiatement leurs adieux. " Au revoir Usagi-san !"

La jeune fille était bafflée par leur changement d'attitude, "Que s'est il passé pendant mon absence ?".

Avant qu'ils ne passent précipitamment la porte, elle les interpella " Et vos devoirs ?"

Moegi qui poussait ses compagnons vers la sortie répondit en agitant vaguement sa main dans l'air "Ne vous inquiétez pas Usagi-san, on les fera plus tard !"

"D'accord... enfin je suppose…" murmura Usagi toujours étonnée de leur départ précipité. "Elle ne m'a pas tutoyé...Je leur ai fait peur?"

Usagi ne remarqua pas les bleus présents sur la tête des deux garçons lorsqu'ils revinrent les jours suivants…

Après la longue journée de travail qu'elle eut, Usagi n'attendant plus qu'une chose, se mettre au lit. Néanmoins, elle devait passer à la librairie de Konoha pour en apprendre plus sur la nourriture, l'histoire et les traditions de konoha. Si Usagi avait lu et vu Naruto, elle n'était pas préparée à toutes les nouvelles choses qu'une culture entièrement différente pouvait apporter.

Elle n'avait pas comprit pourquoi les enfants étaient partis et elle avait peur que ce soit parce qu'elle avait fait une chose qui ne se faisait pas.

L'extérieure de la librairie était modeste, deux stands présentaient des nouveautés mais cela n'intéressait pas Usagi. En entrant, elle découvrit une salle immense. Des étagères étaient alignées sur le côté gauche et formaient une file interminable, tandis que de nombreuses tables étaient disposées dans le côté droit.

Les tables rassurèrent Usagi, elle pourrait lire les livres ici et ne pas avoir à les acheter, car avec les dépenses de ses derniers jours, son budget qu'elle pensait pourtant suffisant diminuait à une vitesse alarmante.

Elle demanda à l'accueil les formalités pour pouvoir lire mais découvrit qu'il n'y en avait aucune.

Tous les livres présents dans cette salle étaient ouvert au public. Ceux présents dans les salles souterraines par contre…

Pour emprunter, il suffisait de donner son nom et le titre des ouvrages, la limite étant fixée à vingt livres. Cela peut sembler favorable pour tous ce qui est vols d'ouvrages, cependant il ne faut pas oublier que dans un village ninja, les simples criminels ne font pas longs feux.

En faisant le tour des rayons, Usagi fut émerveillée par le nombre d'ouvrage différents.

"Cela n'est pas si étonnant, dans un monde sans internet, la principale source d'information provient des manuscrits du village. Je me demande combien il y a de techniques répertoriées dans les rouleaux des salles inférieures. Konoha doit en posséder énormément vu le nombre de ninjas et clans différents qu'elle possède. "

Usagi apprit ce jour là, une liste incroyable de pâtisseries et de thés japonais.

Son cerveau était sur le point d'exploser lorsqu'elle se décida à rentrer chez elle pour se mettre au lit.