EDIT ! Oups, je me suis rendue compte que j'avais complètement foiré mon découpage du chapitre (je me disais aussi que ça ne me parraissait pas normal de n'avoir que 3 parties contre les 4 habituelles) Du coup, pour ceux qui ont déjà lu ce chapitre, il est plus court, et vous en retrouverez donc une bonne moitié sur le chapitre suivant... Désolée.
Dernier Update: septembre 2012... Ok, j'ai honte comme jamais!
Bon, bon , bon...
D'abord NON, ceci n'est pas une blague! Allez savoir comment ou pourquoi, mais je vous ai pondu un chapitre! Ma réconciliation avec cette infidèle de motivation? Peut-être, mais au fond, je ne sais pas... La majeure partie de ce chapitre était écrit pourtant, mais non satisfaisant, et ... ben je suis une *mot vulgaire* doublée d'une fainéante Et pour ma défense, une vie de *mot grossier* ces derniers temps! C'est pas fini, mes 4 espagnols sont partis. Et 4 autres viennent de les remplacer... Espérons qu'ils ne fassent pas fuir motivation!
Bon bref, tout ça pour dire que je suis infiniment désolée. Et que maintenant, je vous le dis: NE COMPTEZ PAS SUR MOI! Soyons honnêtes! Je vous ai fait touuuuuut un tas de promesses, et j'ai pas été foutue de les tenir! (la preuve, j'ai même pas posté les remerciements pour B&B Family aux reviewers merveilleux qui m'ont suivie!) Je mérite d'être brûlée, je sais, mais rangez les torches: je suis une * mot pas beau* mais je l'assume, et je l'avoue, et c'est pourquoi je vous dis que j'ignore complètement comment je vais gérer la suite. Pour le moment je suis au taquet, mais dieu sait si ça durera!
Du coup, pour ceux qui souhaiteraient continuer de suivre (je ne blame pas les autres, j'ai lâché des fics pour moins que ça!) je m'excuse d'avance pour mon manque pathétique de rigueur. Y'a pas, j'ai essayé de changer... j'y arrive pas.
En tout cas, un ENORME MEGA MERCI aux reviewers pour la fin de B&B Family! Et pour les premiers sur Voices of Dead. J'ai sûrement pas répondu à tout le monde, mais les habitués me connaissent, même trois mois après, je réponds! Deux fois même si ma mémoire fait défaut!
Bref, je ne vous remercierais jamais assez pour le temps que vous prenez pour parler du chapitre que vous avez lu: vous êtes des perles!
Sur ceux, j'arrête de vous casser les pieds et je vous laisse au nouveau chapitre.
Encore une fois pas très mouvementé, on entame en douceur, pour se remettre dans le bain, je vous jure de vous concocter un peu d'action (et plus si affinités) pour la suite, mais pour l'instant, c'est encore le premier épisode... qui ne décolle qu'à la fin et de manière atroce pour ceux qui l'ont en tête.
Mais entre Zobelle et les Sons, et Charlie et ses fantômes, je vous promets que la suite devrait bouger un peu plus!
Titre:Voices of Dead
Chapitre 2: Toujours là pour toi
Auteur:Edeinn
Rating: M (Attention aux plus jeunes : Langage vulgaire/Mots de sexe/ /!\ Scène à caractère sexuel …)
Spoilers: Saison 2 / Épisode 1 Albification ( Le Masque de la Haine en français)
Résumé général: Charlie est revenue. Prête à affronter ses vieux démons, Charlie reprend sa route aux côtés de SAMCRO, de sa famille, et de son père. C'est le début d'une nouvelle vie pour Charlie Baxter. Une nouvelle route sur laquelle elle suivra les Voix des Morts.
Disclaimer:Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.
Bonne Lecture…
28 novembre 2008
Représailles
― « Jax va aller voir Opie, lâcha Tig en tendant le joint à Charlie. »
Le ton du sergent d'arme était mal assuré, presque timide, tout autant que le regard en biais qu'il posa sur la jeune femme, comme craignant sa réaction.
― « Je sais, marmonna Baxie, le regard sombre, tout en tirant une profonde bouffée sur le pétard.
― Tu vas aller avec lui ? tenta doucement le biker.
― Nan, grogna-t-elle, revêche. »
Tig n'insista pas : de toute évidence, le sujet était encore sensible, et le biker n'avait pas la diplomatie de Bobby pour calmer la jeune femme, visiblement à deux doigts de l'explosion.
Il n'avait rien compris de ce que la fille du Près avait baragouiné quand il l'avait rejointe après qu'elle soit sortie en hurlant du bureau. Une histoire de chattes, de queues, de connards et de morpions… Voilà qui lui paraissait receler tous les éléments pour faire une histoire bien graveleuse, comme il les aimait. Mais son instinct de survie l'avait empêché de chercher à en savoir plus, quand d'un geste à peine conscient, Charlie s'était mise à caresser la crosse de son Beretta avec amour. Alors, il s'était contenté d'ouvrir deux bières, et de rouler un joint, en parlant de tout et de rien, le temps que passe l'orage.
Tig crût d'abord que la gamine s'étouffait lorsqu'il l'entendit grogner sourdement à côté de lui. Se remémorant de vieux restes de secourisme, il se tourna vers elle, tout prêt à lui appliquer la méthode Heimlich, et réalisa que si la jeune femme était loin de s'étouffer, en revanche elle était toute proche de la combustion spontanée, tant son visage s'était enflammé, une veine sur son front saillant méchamment. Avant que le biker aux yeux d'azur n'ait eu le temps de s'enquérir de ce qui la mettait dans un tel état, la voix grave d'Happy le devança :
― « Me regarde pas comme ça, Bax : tu sais bien que tu ne me fais pas peur, lança-t-il calmement, sans pourtant masquer la pointe de raillerie dans sa voix.
― Rien à carrer de ta gueule, Hap. Autre chose à foutre. Pas toi que je regardais, connard, gronda Charlie, le regard noir comme la nuit, rivé au-delà de l'Unholy One. »
Intrigués, les deux bikers suivirent le regard foudroyant de la brunette, et tombèrent sur les courbes appétissantes d'une crow-eater, lascivement appuyée contre une voiture à l'entrée du garage.
― « Ben t'as un problème avec cette fille ? s'étonna Tig, tandis que Happy esquissait un sourire amusé.
― Et pourtant, elle m'a l'air vraiment … sympathique, ajouta le biker tatoué, avec un claquement de langue appréciateur.
― Tu dis sympathique, quand tu penses baisable, toi ? répliqua sèchement Charlie, sans cesser de fusiller la femme du regard. Ouais, j'ai un problème, ouais. Avec elle et toutes celles de son espèce ! Regarde là, bordel ! Même Abel, avec ses soixante centimètres, porte plus de tissu sur le corps que n'en porte cette pouffe ! Autant se trimbaler à poil ! C'est à gerber ! éructa-t-elle avec dégoût.
― Ok… souffla Tig, abasourdi par la soudaine diatribe haineuse de la jeune femme, tandis qu'Happy éclatait d'un rire sonore. Tu sais princesse, ces filles…
― Sont des putes ! le coupa abruptement la brunette. C'est bien ça le merdier ! À cause de toutes ces salopes, toutes les femmes liées de près ou de loin aux Sons, et aux bikers en général, sont considérées comme des putes ! Tu vois ça, ça me rend barge ! s'emporta-t-elle. »
Tig voulut répliquer, tenter de calmer le jeu, mais la fille du Près semblait hors d'elle et, sans prévenir, bondit du banc, les poings serrés à s'en blanchir les jointures. Néanmoins, elle n'esquissa pas le moindre pas, et reprit avec virulence, les yeux brûlants d'une lueur de haine qui décontenança même Happy.
― « Regarde-là ! En train de se vautrer comme une chienne en chaleur sur les gars ! gronda Charlie, en désignant d'un geste rageur, la crow-eater qui se coulait sensuellement tout contre le Prospect. Comment tu veux qu'on nous respecte dans ce putain de club, hein, si toutes ces salopes payent leur cul comme si leur vie en dépendait. Après faut pas s'étonner qu'on se fasse traiter comme des merdes ! Putain ça me fait gerber ! cracha-t-elle, en jetant rageusement le mégot de joint par terre. »
Happy ouvrit la bouche, pour répliquer, mais Tig le devança, persuadé que son acolyte du nord ajouterait de l'huile sur le feu.
― « T'as raison, princesse, tempéra le Sergent d'Arme, en posant la main sur le bras contracté à l'extrême de la jeune femme. Mais tu sais bien que t'as rien à voir avec ces filles, mon ange, tu…
― Putain de bordel ! Bien sûr que j'ai rien à voir avec ces putes ! enragea Charlie. Comment tu peux croire que…
― Bax ! la héla Jax, depuis le bureau, coupant court aux cris rageurs de sa sœur.
― Quoi ?! répondit-elle agressive. »
Sans se formaliser outre mesure du ton furieux de Charlie, Jax répondit :
― « Je vais voir Opie, tu viens ? »
Instantanément, l'air furibond de Charlie se changea en un masque douloureux, lèvres pincées et regard fuyant. La jeune femme garda le silence, baissant les yeux pour fixer ses tennis usées. Jax se tint immobile quelques secondes, attendant une réponse de sa sœur, avant de soupirer et de hausser les épaules, vaincu par le mutisme de Bax. Et tandis qu'il enfourchait sa Dyna, Happy donna un coup de coude dans les côtes de la brunette, la faisant grogner de douleur.
― « Allez, Bax, bouge ton petit cul sexy, ordonna Happy, d'un air indéchiffrable. Vas-y, ou tu le regretteras dans moins d'une heure. De toute façon, faudra bien y aller, non ? Alors pourquoi pas maintenant. T'es pas une trouillarde, ni une lâche, Bax : tu fais toujours ce qui doit être fait, ajouta-t-il dans un souffle, le regard planté dans celui de Baxie. »
Durant quelques secondes, qui parurent interminables, Happy et Baxie s'entre regardèrent. Comme si par ce simple contact, ils s'en disaient plus encore ; des choses insaisissables, pour lui, songea Tig. Jusqu'à ce que Charlie soupire, comme vaincue, et se lève, frôlant rapidement l'avant-bras de l'Unholy One, comme pour le remercier.
― « Hé, Jax ! cria-t-elle tandis que le VP mettait les gaz. Attends, je viens ! dit-elle d'une voix forte pour couvrir le vrombissement du moteur. »
En écho au rictus mi-heureux, mi-anxieux de sa petite sœur, le sourire de Jax s'élargit, joyeux, tandis que la jeune femme accourait vers la moto.
Tig regarda les deux frangins s'éloigner et quitter le parking, Charlie fermement accrochée à la taille de son frère. Quand le grondement de la Dyna se fut éteint au loin, Tig se tourna vers son comparse du nord :
― « Un jour, tu me raconteras ? demanda-t-il simplement.
― Clay m'a interdit de parler de ce que Bax et moi… Il dit que Chibs s'en servirait comme excuse pour me plomber la cervelle, répondit Happy, d'un air indifférent.
― Je ne parle pas de vos parties de baise, rétorqua le biker aux yeux d'azur. Même si franchement… Putain Hap', t'as du bol que je l'ai pas su avant, ou je t'aurais buté pour avoir touché à ma petite princesse ! grommela-t-il.
― Arrête tes conneries, Tig : t'as fait pire ! répliqua Happy, d'un air entendu.
― Ouais, mais ce n'était pas Baxie, riposta Tig, grognon. Mais ce n'est pas le sujet, éluda-t-il. Je parle de ce qui a bien pu se passer entre vous, pour que tu arrives à la convaincre d'un simple regard. Je n'sais pas, c'est… ce n'est pas normal. Ce truc… entre vous… bafouilla-t-il incrédule. »
Happy, observa un silence songeur, le regard vague, avant de reporter son attention sur son frère, l'air plus sérieux et grave que ce à quoi étaient habitués les Sons de sa part :
― « Peut-être un jour… dit Happy tout bas. Peut-être que Bax vous le dira. Mais pas moi. »
La déclaration de son homologue du nord fit naître en Tig un sentiment désagréable. Comme une impression de danger, presque un mauvais pressentiment. Et tandis que Happy faisait mine de s'éloigner, Tig le retint pas le bras, vrillant un regard inquiet dans celui froid et dur de son frère. Mais avant que le Sergent d'Arme ait pu prononcer un mot, l'Unholy One lui assura d'un air sérieux :
― « Je la protège, mon frère. Contre elle-même, s'il le faut. C'est la fille de Clay et … hésita-t-il. C'est Bax, quoi. Je ne la laisserai pas tomber, il ne lui arrivera rien, promit Happy. »
Tig desserra son emprise sur le bras de son ami, et le laissa retourner vers le clubhouse, marmonnant un vague « merci ».
Terminant sa bière, seul sur le banc, Tig songea aux dernières semaines écoulées. Trop de merdes, trop de mensonges et de trahisons. Et voilà que la petite s'y mettait ! Bax aussi leur faisait des cachotteries, et l'air fermé et absent qu'elle avait arboré les jours qui avaient suivis la mort de Donna n'étaient donc pas seulement dus à ce drame. Au fond de lui, Tig l'avait toujours su. Quelque chose était arrivé. Et Bax n'avait rien dit. Elle ne disait jamais rien.
Pourtant, même si l'angoisse lui tenait le ventre d'imaginer la petite dans les ennuis, son esprit était en paix. Happy veillait. Pour une raison qui lui était inconnue, c'était en Happy que Bax avait placé sa confiance. Happy si dur, si terrible, si mortel. Mais Happy, si loyal et si fiable. Baxie était en sécurité avec lui. Happy ne laisserait rien arriver à sa petite princesse, Tig n'en doutait pas une seconde.
Tig se leva du banc, jeta sa canette vide dans la poubelle, et entra dans le Club, au moment même où Clay en sortait. Le Près leva un sourcil interrogateur devant la mine pensive de son bras droit. Tig esquissa un sourire avant de déclarer :
― « On veille sur elle, Clay, on veille tous sur elle. »
Et tandis que Tig s'éloignait, Clay leva les yeux au ciel, décontenancé par l'attitude énigmatique de son frère.
OoOoOoOoO
Bien que le trajet du Club jusque chez Opie ne fusse pas long, pour Charlie il sembla durer une éternité. Si longtemps qu'elle put repasser dans sa tête tous les moments marquants de sa relation avec le grand barbu, ainsi que les divers scénarios auxquels elle s'attendait en retrouvant son ami d'enfance. Pour elle-même, la brunette se répéta un texte longuement travaillé depuis le départ du grand biker. Elle savait exactement ce qu'elle allait lui dire. Du moins en théorie… Théorie qui s'évapora comme un nuage de fumée dans le vent à l'instant même où la grande carcasse d'Opie se dessina dans l'encadrement de la porte du garage, alors que Jax garait la Dyna juste devant.
A l'unisson, les estomacs d'Opie, Jax et Bax se nouèrent d'appréhension tout autant que du bonheur des retrouvailles. Pourtant, si heureuse qu'elle était de revoir enfin son vieil ami en chair et en os – quoique bien moins en chair que lors de son départ – et de le savoir sain et sauf, Charlie renâclait encore à se confronter à lui. Tandis que Jax se précipitait vers Opie pour l'étreindre avec force, sans qu'un mot ne soit échangé, Baxie, elle, posa une fesse sur la moto, tendant d'allumer fébrilement une cigarette de ses mains tremblantes, sans même oser lever à nouveau le regard vers le grand barbu.
― « Je suis content de te revoir, mon frère, fit Opie en lâchant enfin Jax.
― Ouais, souffla le VP avec un large sourire heureux. Comment s'est passée la ballade ? demanda-t-il avec un air complice, brisant le silence qui semblait vouloir s'instaurer entre eux, alors que le brun gardait les yeux rivés au sol.
― Plutôt bien, fini par lâcher Opie. »
Et puis, le regard du grand barbu se perdit au-delà de son meilleur ami, rencontrant inévitablement celui de la petite sœur, appuyée sur la Harley. Le timide sourire qu'esquissa Opie se perdit dans les boucles drues de sa barbe, mais n'échappa cependant pas à la jeune femme, qui le lui renvoya avec sincérité, sans pour autant se décider à bouger.
Opie ne lui en tint cependant pas rigueur : il la connaissait. Il savait que pour elle aussi, la mort de Donna avait été bien plus douloureuse qu'elle ne le laissait paraître. C'était de toute évidence le rappel d'une mauvaise pièce tragique jouée pour elle treize ans plutôt. Opie avait perdu sa femme, de la même façon que Charlie avait perdu sa mère. Aussi, il n'ignorait pas que si son amie ne se manifestait pas immédiatement, ils sauraient tous deux trouver le moment opportun pour évoquer cette déchirure béante qui leur éventrait le cœur. Mais pas maintenant. Il était encore trop tôt.
Voyant qu'aucun des deux ne se décidait à bouger, Jax préféra détourner l'attention sur les pièces détachées d'une vieille moto qui trônait sur l'établi du garage.
Bax laissa les deux hommes à leurs retrouvailles et à leur discussion, tirant songeusement sur sa cigarette. L'heure n'était désormais plus aux larmes : elle en avait trop versée.
Des larmes, le lendemain des funérailles, quand elle avait enfin pris toute la mesure de cette brutale et cruelle disparition. Donna n'était plus. Une autre de ses amies l'avait quittée pour toujours. Et pourtant, Charlie ne se sentait pas le droit de pleurer encore ; d'être la plus malheureuse quand la mort de Donna laissait un vide que jamais ne pourraient combler ses enfants et son mari.
Alors elle avait pleuré en silence, à nouveau, pour Opie. Son ami, son frère, maintenant seul et désemparé. Donna était tout pour Opie : son univers, son oxygène, sa force et son humanité. Et il avait tout perdu en une fraction de seconde absurde et indigne. Et Charlie avait peur. Peur pour Opie. Et même peur d'Opie. Un homme blessé est un homme dangereux. Et Opie avait été mortellement blessé : il avait perdu sa raison de vivre.
Alors, les dernières larmes qui avaient bravé l'interdit de sa volonté en déferlant sur ses joues, avaient été pour Ellie et Kenny. Pour deux enfants qui semblaient avoir perdu leur père en même temps que leur mère. Opie ne serait plus jamais pareil. Serait-il encore à même de s'occuper des bambins ? Ce père bourru et trop longtemps absent saurait-il apprendre à être un père de nouveau, ou suivrait-il le triste exemple de Clay avec Charlie ? Qu'allaient devenir Ellie et Kenny ?
Si Kenny, grâce à son jeune âge, semblait tenir le coup et surmonter cette épreuve avec une certaine facilité, pour Ellie c'était une autre histoire.
Charlie était à peine plus âgée que la blondinette quand elle avait elle-même perdu sa mère dans des circonstances similaires. Et aujourd'hui encore, alors même que déjà treize longues années avaient passé, les répercussions de cet odieux drame impactaient encore sur sa vie. L'existence paisible de la petite Baxie avait littéralement implosé à la mort de Ryanne. Elle aussi avait perdu toute certitude et tout repère. Elle aussi n'avait pas pu compter sur ce père si distant, ce quasi étranger. Et maintenant adulte, elle en mesurait les conséquences.
Et cette souffrance insupportable ; cette peur oppressante ; cette sombre solitude et cette vie de chaos, elle ne la souhaitait à personne. Et surtout pas à cette fragile et innocente fillette. Et pourtant, Ellie était seule à présent.
Baxie songea à cette terrible réalité. Quand elle avait perdu Ryanne, elle n'avait pas été seule. Il y avait eu Chibs et Gemma pour l'aimer et prendre soin d'elle. Jax et Opie pour la protéger et la faire rire. Ellie n'avait personne. Que ces grands-parents qui ne manquaient pas d'amour, mais trop vieux à présent pour s'occuper d'enfants si jeunes.
Comment la fille d'Opie pourrait-elle surmonter cette épreuve si elle était seule ? Alors Charlie s'était promis de faire quelque chose. De ne pas abandonner l'enfant à son sort. Elle avait aujourd'hui l'occasion de rendre ce qu'on lui avait donné. Voilà ce qu'aurait voulu Donna, Baxie en était sûre.
Alors, gauchement, Bax avait tenté d'approcher la gamine. À force de maladresses et d'échecs ; d'erreurs rectifiées et d'essais fructueux, elle était parvenue à établir le lien avec Ellie. Un lien fragile et mince mais qu'elle espérait pouvoir fortifier, pour le bien de la fillette. Pour le bien d'Opie aussi, un peu.
L'attention de Bax fut soudain attirée loin de ses pensées moroses. Dans le garage, Jax évoquait le sujet que tous – et Baxie la première – redoutaient. Aussi, la jeune femme tendit l'oreille pour percevoir la réaction d'Opie.
― « On a passé un nouvel accord avec l'Irlandais : on va livrer des armes de poings jusqu'à ce que l'ATF nous foute la paix, l'informa Jax.
― Ça ne nuit pas à notre affaire ? demanda Opie, septique.
― On continue à fournir Oakland, corrigea Jax. Il faut qu'on décide qui l'on va approvisionner, finit par lâcher Jax après un silence tendu.
― Représailles ? supputa simplement son ami.
― Ouais, confirma le VP. On va se réunir pour en décider. On attendait que tu reviennes, termina-t-il. »
Opie avait lâché le mot qui faisait trembler la jeune femme depuis près d'un mois : représailles. À la fois, Charlie souhaitait que la mort injuste de Donna soit vengée et que ses meurtriers souffrent pour tout le mal qu'ils avaient infligé ; mais une part d'elle-même était effrayée à l'idée qu'une nouvelle guerre se déclenche entre gangs rivaux. Une guerre dans le sang et la violence. Une guerre qui aurait forcément son lot de morts. Niners ou Mayans, qu'importait vraiment qui était responsable : aucun des deux gangs ne subirait sans se battre. Et Charlie n'était pas prête à perdre encore l'un d'entre eux.
Puis, les deux hommes furent interrompus par Mary, la mère d'Opie, et ce dernier détourna immédiatement le regard, visiblement gêné.
― « Salut Jax, lança la sexagénaire avec un sourire fatigué.
― Mary, répliqua Jax en souriant.
― Il est tout maigrichon, se désola-t-elle en observant Opie, avant d'embrasser le blond.
― On va le remplumer, lui assura le VP.
― Les enfants vont être contents de te revoir, affirma Mary, émue.
― J'ai une affaire à régler, rétorqua immédiatement Opie, en se dandinant d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. Tu veux bien aller les chercher à l'école, M'man ?
― Tu sais, ça peut très bien attendre, affirma Jax.
― Nan, trancha le grand barbu. Je verrai les enfants plus tard. Je te retrouve au Club, fit-il en assénant une tape amicale à Jax, avant de sortir du garage pour se diriger vers sa Dyna. »
Opie ne pouvait pas. Il ne se sentait pas la force d'affronter ses enfants. Au fond de lui, Opie était furieusement incapable de se défaire – ne serait-ce que pour quelques heures de retrouvailles avec les petits – de sa culpabilité. Donna était morte par la faute du Club, et surtout par sa très grande faute à lui. Et tout cela était bien trop dur pour Opie.
Alors qu'il s'apprêtait à contourner le van pour rejoindre sa propre moto, il remarqua avec étonnement que Bax n'était plus sur celle de Jax, ni même en vue. Il la retrouva perchée sur sa Harley, un sourire timide sur les lèvres et l'air penaud.
Opie se stoppa à un petit mètre d'elle, la toisant de toute sa hauteur, sans pour autant réussir à impressionner la jeune femme. Celle-ci se leva d'un bond et jeta précipitamment sa cigarette pour venir se blottir tout contre son grand ami. Ce fut elle qui rompit l'étreinte quelques instants plus tard, pour se reculer d'un pas et observer le biker d'un air réprobateur.
― « Mary n'a pas tort : tu n'as plus que la peau sur les os, mon gros, le taquina-t-elle en pinçant ce qui restait du gras du ventre d'Opie.
― Et dire que j'espérais que du coup tu m'épargnerais tes vannes pourries sur mon poids, grommela Opie en attrapant un second casque dans le logement de selle de la Dyna. Tu es avec moi ? demanda-t-il en tendant le casque noir à Bax.
― Je suis toujours avec toi, Ope, lui assura-t-elle. Est-ce que je … bafouilla-t-elle. Est-ce que je dois parler d'elle, ou un truc du genre, parce que… Enfin je ne sais pas ce qu'il faut dire dans ce genre de cas et … s'enlisa la brunette.
― Chut, souffla le barbu en attirant la jeune femme contre lui. Tu es là, et c'est exactement ce qu'il me faut, princesse. »
Charlie laissa échapper un soupir de soulagement : elle pouvait encore repousser le moment désagréable de devoir évoquer la mort de Donna. Aussi, plus légère, comme libérée d'un poids oppressant, elle sauta derrière Opie, se cramponnant plus qu'il ne le fallait à la taille de son ami. Et tandis qu'il mettait les gaz, elle vint chuchoter à son oreille :
― « Tu m'as manqué, Ope. »
Tandis qu'Opie faisait ronronner le moteur de la Harley dans les rues de Charming, Baxie se laissait griser par la caresse du vent qui fouettait son visage. Rien que pour pouvoir profiter de cette sensation d'ivresse quand bon lui semblait, Charlie aurait voulu être un homme. Malheureusement pour elle, elle était née fille d'un Sons, et chez les Sons, les femmes ne conduisaient pas de moto. C'était prohibé. Et ses suppliques et ses crises de colère à l'adolescence n'y avaient rien changé, Clay était resté ferme : elle ne conduirait pas de moto.
Comme toujours, n'ayant jamais rien pu lui refuser, Chibs avait cédé, et en catimini avait laissé le guidon de sa Dyna à la jeune femme, dans un terrain vague isolé. Bien mal lui en avait pris ! Si Charlie connaissait la mécanique d'une Harley sur le bout des ongles, la pratique n'avait pas été à la hauteur de la théorie. Au premier virage, la jeune fille s'était emmêlé les pinceaux, et le poids de la Dyna – dantesque pour une adolescente – les avait toutes deux envoyées dans le décor. Bilan de l'opération : sept points de suture et une entorse du genou pour elle, et une furieuse remontrance de la part de Clay pour les deux imprudents. Dès lors, Chibs – qui avait presque fondu en larmes devant les dégâts occasionnés à sa précieuse monture – avait pris le parti de Clay : aucune femme ne devrait conduire une Harley, et surtout pas Baxie.
L'épisode avait eu le mérite de définitivement guérir Bax de ses prétentions à conduire sa propre moto, et bien qu'elle regrettait encore aujourd'hui de ne pouvoir profiter de ces chevauchées grisantes à sa guise, Charlie mettait un point d'honneur à n'être toujours que la passagère. Désormais, c'était Kip qui répondait de bonne grâce à toutes les envies de virées de la jeune femme.
Quand enfin ils arrivèrent au Club, suivis de peu par Piney et Jax, Charlie grogna mécontente de voir la ballade déjà finie. Elle descendit de la Dyna et rendit son casque à Opie. Tandis qu'elle s'apprêtait à rejoindre le bureau, Opie la retint par le bras, un sourire narquois sur les lèvres.
― « Dis, après tu me raconteras ? demanda-t-il d'un ton plein de sous-entendus.
― Te raconter quoi ? fit la jeune femme circonspecte.
― Ce que j'ai raté depuis un mois et qui te colle cet air complètement débile sur la tronche ! répliqua-t-il en rigolant doucement.
― Hein ? Mais rien ! se défendit Charlie avec véhémence, sans parvenir néanmoins à contrôler la légère rougeur qui venait colorer ses joues. Et puis d'abord, je n'ai pas un air débile ! ronchonna-t-elle.
― A d'autre, Bax ! rétorqua-t-il. De toute façon, je le saurais quoi qu'il arrive : si tu ne me le dis pas, Jax le fera, lui. Alors crache le morceau ! »
Charlie s'éloigna avec une grimace contrariée, rejoignant le bureau, tandis que tous les membres de SAMCRO sortaient du Club pour accueillir Opie.
Postée à la porte du bureau, Baxie était bien placée pour observer les retrouvailles de l'enfant prodigue et SAMCRO. Mais ce qui attira l'attention de la brunette, plus que les franches accolades que tous les autres donnaient à Opie, ce fut le comportement de Piney et Jax. A l'écart du groupe, les deux bikers discutaient d'une voix modérée d'un sujet visiblement épineux à en juger par les traits crispés de Piney. Bax crût même déceler chez le vieil homme un air menaçant, comme un avertissement destiné au VP. Et tandis que les deux hommes rejoignaient le reste du Club dans la Chapelle, les certitudes de Charlie s'affirmèrent encore : au sein du Club la division régnait, et quelque chose de malsain se tramait. Depuis la mort de Donna, la rupture entre Jax et Clay était consommée. La seule question qui persistait maintenant était : pourquoi ?
OoOoOoOoO
Tandis qu'elle finissait de classer les dernières commandes de pièces pour le garage, Kip fit irruption dans le bureau, l'air troublé et fébrile. D'un doigt sur les lèvres, il lui intima le silence, puis verrouilla la porte donnant sur le parking, avant de répéter la même opération avec celle attenante au garage, et fit signe à Charlie de baisser les stores. Quand elle eut obtempéré, le rouquin s'approcha de son amante avec un air mutin.
― « Merde, tu devineras jamais ce que je viens de voir ! s'exclama-t-il doucement en s'asseyant négligemment sur le bureau.
― Si tu me parles encore du petit nouveau en train de se branler en matant les clientes, je te jure que je vais vomir, répondit-elle mécaniquement en rangeant les derniers papiers dans les classeurs adéquats.
― Non, pas le nouveau mécano, rectifia Kip, tout sourire. Je suis entré dans l'ancienne piaule de Jax et j'ai surpris Gemma et ton père en train de… commença-t-il à raconter sur le ton de la confidence.
― Beurk ! ça y'est je vais gerber ! s'écria Charlie, dégoûtée, en grimaçant. C'est dégueulasse. »
Charlie secoua la tête, écœurée, pour chasser de ses pensées l'odieuse image qui s'était imposée à elle. Puis, Kip quitta la table de travail pour venir se glisser derrière elle et l'enlaça, enfouissant sa tête dans le cou de la jeune femme pour y déposer un baiser. Elle soupira bruyamment tandis que de délicieux frissons montaient dans son dos, elle-même surprise par le ballet de sensations que provoquait en elle le rouquin, à peine l'effleurait-il. Les mains de Kip vinrent s'agripper plus fermement à la taille de la jeune femme, leurs deux corps étroitement collés, et instinctivement, elle se laissa aller tout contre lui, savourant la douce chaleur de son amant.
Se sachant à l'abri des regards, les portes closes, Baxie sourit en s'imaginant la suite des événements. Elle avait l'impression de ne jamais en avoir assez. Comme si elle n'était jamais rassasiée des caresses et des attentions du biker ; perpétuellement affamée du corps de son homme.
Tout contre lui, Kip sentait la brunette vibrer de désir, en écho à sa propre envie dévorante. Et la simple idée qu'ils puissent être interrompus et se faire surprendre, rendait la situation encore plus excitante. Laissant lascivement ses mains s'égarer sous le chemisier de la jeune femme, caressant tendrement la peau douce de son ventre, il accentuant encore ses baisers sur la nuque de Bax, glissant avec lenteur ses lèvres jusqu'à l'oreille féminine.
― « En fait ça me fait un drôle d'effet, susurra le Prospect.
― Kip ! Nan mais c'est répugnant ! beugla Charlie, dégoûtée, se détachant brusquement de l'étreinte du jeune homme. Et ça te fait… Non mais merde ! râla-t-elle furieuse, alors que le rouquin maintenait son emprise sur elle. »
Tout le corps de Charlie tremblait. D'abord parce que la part consciente d'elle-même était révulsée par l'idée que le spectacle des ébats de Clay et Gemma puisse exciter son amant. Et pire, qu'il s'en vante. Et puis, parce que le côté pulsionnel primaire en elle, criait tout le contraire des mots qu'elle venait de proférer. Les simples attouchements de Kip faisait naître un véritable brasier de désir en elle, qu'elle peinait grandement à contrôler.
Tellement, que l'insistance de Kip eut raison de sa répulsion, déclenchant en elle une série de réactions en chaîne. Son souffle en rythme avec celui de son amant se fit court et saccadé. Ses mains devinrent moites et ses jambes tremblaient tant qu'elle dû s'accrocher fermement au casier pour ne pas risquer de tomber. Un feu violent et incontrôlable de désir naquit au creux de ses reins. Mais elle ne devait pas céder. Surtout pas. Elle ne devait pas lui donner raison, après les odieuses révélations qu'il venait de faire.
― « Gemma m'a même proposé de les rejoindre, ajouta-t-il dans le cou de la jeune femme, avec un sourire amusé
― Arrête ça ! Bordel tu fantasmes sur ma belle-mère ! s'emporta-t-elle, furieuse. Et depuis quand s'il te plait ? »
Charlie repoussa brutalement Kip pour se diriger vers le bureau avec une fureur feinte, chancelante, encore ivre des caresses de son amant. Pourtant, pour la forme, elle devait garder ce masque réprobateur ; cet air de colère contre Kip, parce c'était malsain, qu'il le savait, et qu'il en jouait.
― « Ben… Depuis le début ! avoua le rouquin avec un sourire penaud.
― Et tu me dis ça en face alors que tu… gronda Baxie, hors d'elle, alors que le jeune homme cherchait de nouveau à l'attirer à lui. Dégage ! ordonna-t-elle.
― Mais c'était avant de rencontrer sa merveilleuse fille, ajouta-t-il mutin, tout en la coinçant contre le bureau, ses mains caressant sa taille avec envie.
― Va te faire foutre connard ! Ne me touche pas, le repoussa-t-elle pour la forme, sans croire un seul mot de ses propres paroles. »
Kip éclata d'un rire enfantin en soulevant Baxie du sol pour l'asseoir d'autorité sur le bureau, la maintenant fermement par la taille, alors qu'il se plaçait entre les jambes de la brunette. Charlie grommela quelques mots vains, alors même que tout son corps se détendait entre les bras du Prospect. Les mains de la jeune femme virent presser plus avidement encore le corps de son amant tout contre elle, laissant ses doigts passer sous le t-shirt et s'égarer sur la peau douce et fine des reins, tandis que Kip s'évertuer à couvrir chaque parcelle de son cou de baisers.
― « Ne me... touche... plus... jamais... haleta Bax alors la bouche du biker descendait irrémédiablement dans son décolleté. »
Kip laissa échapper un rire amusé tant l'interdiction de sa maitresse manquait de conviction : les yeux clos, les lèvres entrouvertes d'où s'évadaient des soupirs de contentement, et la tête renversée en arrière, livrant sa gorge et sa poitrine en pâture à la bouche affamée du rouquin, tout comme le désir qui pointait dans sa voix ; tout cela disait l'absolu contraire de ses mots.
― « Vraiment ? chuchota-t-il, malicieux. Alors je ne dois plus faire ça ? demanda-t-il en parsemant de baisers, le creux de la poitrine de Bax. Ou ça ? ajouta-t-il en continuant sa douce torture, alors que ses mains s'activaient avec impatience sur les boutons du chemisier. Ou alors… souffla-t-il dans son oreille avant de poser ses lèvres dans le creux de la mâchoire. »
Charlie, les joues roses d'excitation et ses yeux brillant d'envie, agrippa la tête du rouquin, l'obligeant à cesser ses caresses pour la regarder droit dans les yeux. La jeune femme était toujours fascinée et surprise de ce qu'elle voyait dans les prunelles de son amant quand il posait le regard sur elle. Envie. Tendresse. Amusement. Et puis, ce qu'elle ne comprenait toujours pas : comme une étincelle de fierté, venue d'on ne sait où. Et encore une fois, ce regard émut la jeune femme, au point qu'elle en aurait presque oublié l'action qu'elle venait d'interrompre, et qui demandait à être continuée. Aussi, presque trop brutalement, emmêlant ses doigts dans la tignasse rousse, elle attira les lèvres de Kip aux siennes.
― « Juste pour cette fois alors ! murmura-t-elle contre la bouche du Prospect. »
OoOoOoOoO
― « Oh merde ! grogna Bax en sursautant, tandis que quelqu'un à l'extérieur tambourinait avec force contre la porte du bureau.
― Sweet heart ? T'es là ? beugla la voix de Chibs. »
Rouges, essoufflés et confus, Kip et Baxie se levèrent précipitamment du divan, se rhabillant à toute hâte.
― « Baxie, est-ce que ça va ? insista encore Chibs, à présent quelque peu inquiet. Pourquoi t'es enfermée là-dedans ? Est-ce que tout va bien ?
― Ouais, ouais, bafouilla la jeune femme d'une voix forte, en luttant pour remettre les boutons de son corsage, tandis que Kip, plus rapide, finissait d'enfiler son top-rocker. J'arrive, Chibs, j'arrive.
― Merde, chuchota Kip paniqué. Qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-il paniqué.
― Tu sors par la porte du garage, chuchota la brunette, le souffle encore court.
― Mais tous les gars sont encore là, répliqua le rouquin sur le même ton.
― Bax ! cria l'Ecossais, cette fois ouvertement alarmé. Bloody hell, veux-tu bien ouvrir cette porte !
― Quoi ? Tu préfères l'affronter lui, là tout de suite ? rétorqua la jeune femme dans un souffle, en lançant un regard explicite vers la porte contre laquelle Chibs continuait de cogner.
― Un point pour toi, reconnu le Prospect. »
Il déposa un rapide baiser sur les lèvres de sa maitresse, lui pinçant les fesses au passage, un sourire satisfait sur les lèvres, puis s'esquiva en vitesse par la porte donnant sur le garage. Par chance, une voiture sur le pont élévateur, juste devant la porte, masqua sa sortie aux yeux des mécanos concentrés sur leur ouvrage. Attrapant sa blouse de travail au vol, Kip se fondit dans l'activité ambiante sans attirer l'attention, à l'instant même où lui parvint le juron de Chibs qui entrait dans le bureau.
― « Jésus-Christ ! Qu'est-ce que tu fichais, sweet heart ? s'énerva l'Ecossais, quand enfin la jeune femme daigna lui ouvrir la porte.
― Une sieste ! s'exclama trop brusquement Charlie, ce qui n'échappa pas au biker.
― Oh... Tu faisais une sieste, ricana Chibs, d'un air entendu. Holy shit ! C'est quoi ce bordel ! s'écria-t-il en apercevant le bureau sans dessus-dessous, et les dossiers et stylos éparpillés sur le sol. Ouais, je vois, dit-il avec un sourire narquois. Au fait, tu sais que t'as boutonné ton chemisier de travers ? demanda-t-il provocateur en observant la mise débraillée de la jeune femme. Une sieste, donc…
― Alors, comment ça c'est passé ? Je veux dire, avec Opie ? demanda Charlie pour écarter le sujet, et éloigner au plus vite les allégations bien trop pertinentes de son daddy. »
Le visage de ce dernier se crispa à l'énoncé de la question. Soudainement, Chibs perdit tout son flegme, évitant le regard de la jeune femme.
― « Daddy, qu'est-ce qu'il y a ? Il s'est passé quelque chose ? paniqua Bax en réponse au mutisme grimaçant de l'Ecossais. »
Chibs soupira et enfin, daigna lever les yeux vers Charlie. Un regard lourd, et malaisé. Le biker se laissa pesamment tomber sur le sofa, puis souffla à nouveau, avant de tout déballer. Il lui raconta tout, ne cacha rien, ressentant l'urgent besoin de se confier sur une situation qu'il acceptait mal, mais à laquelle il s'était plié sur décision du Club. Il ne lui revenait pas de juger, certes, et il s'en abstenait. Pour autant rien de tout cela ne lui plaisait. La tension pesante entre Clay et Jax dans la chapelle, comme si quelque chose d'important lui échappait. L'attitude désespérée d'Opie...
Tout avait pourtant bien démarré. Clay avait obtenu le nom du type. Ils l'avaient trouvé, Jax, Opie, Tig et lui. La chasse avait même été marrante. Jusqu'à ce qu'ils amènent sur ce chantier isolé le Mayans qui avait tué Donna. Opie était comme fou. Jax et Chibs avaient dû le calmer, le raisonner. Et puis, Tig avait logé une balle dans la mâchoire du mexicain quand il avait tenté de s'enfuir, le réduisant au silence. Et Opie était devenu dingue. Finalement Jax l'avait convaincu : le gars était coupable, et Opie l'avait abattu.
Mais les doutes d'Opie, et son besoin d'aveux de la part du meurtrier avaient rendu Chibs mal à l'aise. Pour dire vrai, l'Ecossais aussi aurait préféré entendre la confession du gars.
Mais le pire dans tout ce merdier, avait affirmé Chibs, ça avait été quand Opie avait sorti sa lame pour graver le A de Anarchie sur le bide du type. Des emmerdes en perspective, avait songé le biker.
― « Et le type ? Vous en avez fait quoi ? l'interrogea Charlie.
― Jax a dit qu'il s'en occupait, répondit Chibs, l'air mécontent.
― Tout seul ?! s'écria Bax. Et en plein territoire Mayans !
― Eh tu connais ton frère, se défendit l'Ecossais. Il n'en fait qu'à sa tête, maugréa-t-il.
― Attends un peu qu'il revienne ce con, ça va être sa fête, gronda la jeune femme. Qu'est-ce que t'en penses de tout ça, Daddy ?
― J'espère que ça aura un peu apaisé Opie, sweet heart, mais j'y crois pas trop, avoua l'homme. »
D'un hochement de tête, Charlie approuva. Elle non plus ne pensait pas que cela suffirait à apaiser son grand biker adoré. Elle le savait, rien ne semblait pouvoir apaiser le sentiment d'injustice d'une telle perte. Parce que jamais ceux qui nous avaient quitté ne reviendraient. Et elle était bien placée pour le savoir.
Tandis que Chibs s'allongeait sur le canapé, les yeux clos, visiblement épuisé, Charlie laissa ses pensées errer vers sa propre vengeance assouvie trois semaines plutôt, et qui pourtant ne semblait pas avoir atténué cette douleur, vieille de sept ans pourtant.
À suivre, Chapitre 3 : Secrets...
Evidemment, je n'aurais pas le culot de vous faire un appel à la review, si ce n'est pour me dire si vous me pardonnez cette longue et impardonnable absence. Pour toute question, je suis à votre disposition, et si besoin, n'hésitez pas à me demander un résumé complet, ou des précisions.
Amitiés, Edeinn
