Falling, Catching
Disclaimer : Sherlock Holmes appartient à Conan Doyle, Sherlock à Mark Gatiss et à la BBC.
Note : Un gros merci pour vos commentaires encourageants et vos remarques, vous êtes extra. Je suis vraiment désolée de poster la suite si tard mais j'ai été occupée dans la vie réelle dernièrement x)
J'espère que ce chapitre vous plaira. Et surtout, n'hésitez pas à me partager vos impressions, vous n'imaginez pas à quel point les commentaires sont appréciables.
Je tiens aussi à remercier Mlle Sirkis pour l'inspiration et le soutient qu'elle m'apporte =3
Enfin, merci de me lire. Bonne lecture à vous!
(Le titre de ce chapitre est une chanson d'Archive, pourquoi ne pas la passer en fond ?)
Chapitre 2 : Kings of Speed
L'odeur du désinfectant et l'impression de respirer de l'air stérile lui donnait le sentiment d'être lui-même un microbe. Défilant à travers les couloirs blancs, seuls les bruits de ses pas et le cliquetis de son parapluie l'accompagnaient. Enfin, il arriva devant la chambre 422 et toqua à la porte. Aucune réponse ne lui parvint. Sherlock pouvait tout aussi bien dormir, son opération ayant terminé deux heures auparavant, que feigner de dormir. Penchant pour la seconde hypothèse, Mycroft entra sans permission.
En s'approchant de l'unique lit de la pièce, il s'étonna de découvrir son frère véritablement endormis. Il était incroyablement pâle et ce malgré la perfusion sanguine. Mycroft était... troublé, de le trouver ainsi. Sherlock ne ménageait vraiment pas son corps, c'était à se demander comment il avait pu tenir si longtemps sans se nourrir. Est-ce que cet incident finirait par lui faire prendre conscience du risque idiot qu'il encourait à ne penser qu'à l'enquête jusqu'à en oublier le minimum vital ? Peu probable.
En attendant qu'il se réveille, Mycroft décida d'attendre patiemment dans le fauteuil disposé à droite du lit. Tant pis pour la visite à l'ambassade américaine. Il envoya rapidement un message à sa secrétaire, lui indiquant d'annuler ses trois prochains rendez-vous puis il s'appuya de tout son poids contre le dossier.
Il soupira pour libérer son corps de la tension qu'il avait accumulé sachant à présent que son frère était hors de danger. Quel idiot. Il repensa à la discussion qu'il avait eu avec Sparks, lors duquel son sang froid légendaire avait vacillé et à l'accord qu'ils avaient émit. Ça n'allait pas être chose facile.
Un petit quart d'heure s'était écoulé depuis son arrivé. À présent détendu, il se concentra sur la respiration de son frère. Le rythme était devenu peu à peu plus précipité, certainement un rêve agité, puis régulier mais légèrement plus rapide. Le réveil était imminent.
« Un ex-soldat en guise de garde du corps, j'apprécie la comparaison. »
Mycroft garda les paupières closes. Il luttait intérieurement contre le sourire en coin qui menaçait de se dessiner contre son gré.
« Afghanistan ou Irak ?
Lequel d'après toi ?
Je ne veux plus de garde du corps. »
Mycroft marqua une pause. Il prit le temps d'ouvrir les yeux et de jauger son frère : en blouse bleu trop grande, ses cheveux bouclés dans les yeux et la perfusion débranchée en train de pendre dans le vide, il y avait dans son regard une lueur qu'il ne connaissait que trop bien. Il le cherchait.
« J'ai du mal à croire que tu puisses te permettre de tels propos. Penses-tu réellement pouvoir te passer d'une protection rapprochée, même après le fiasco de la banque ?
Je peux aisément me débrouiller seul...
Tu es si puéril.
Mais, je considère l'idée d'avoir un assistant plutôt intéressante. »
Pour le coup, Mycroft fut surpris. Ça paraissait trop facile.
« Je suppose que tu as quelqu'un de particulier en tête.
Lequel d'après toi ?
Impossible. »
C'était au tour de Sherlock d'être surpris, le ton catégorique qu'employa Mycroft le pris de court. Il mit un certain temps avant d'enchaîner, le manque de sang dans son organisme se faisait cruellement sentir.
« Lui ou personne. N'ose même pas me proposer Sparks.
Il n'en est pas question. »
Mycroft voyait bien qu'il ne comprenait pas. Ces instants, ceux où Sherlock paraissait fragile, étaient extrêmement rares. Il avait un comportement tellement plus « normal » avec quelques litres de sang en moins. Tout en gardant le silence, il continua de le fixer, attendant tranquillement que l'intellect de Sherlock augmente sa vitesse de réflexion et mette la lumière sur la raison de son refus. Il observa une sorte d'éclat se rallumer dans ses yeux : Sherlock était enfin pleinement éveillé. Les yeux écarquillés, les pupilles dilatées et le souffle court, il comprit enfin :
« Ho ho, je vois, c'était du bénévolat. Vraiment, un civil qui accomplit le travail de quatre agents ? D'où le fait que je ne veuille pas de ce Sparks. Eh bien, je suppose que tu as déjà enquêté sur lui, hm ?
Évidemment.
Je ne veux rien savoir, surtout, ne me dit rien. »
C'était prévisible de la part de Sherlock. Il aimait savoir que toutes les informations étaient à portée de main mais prouver qu'il pouvait aisément les dénicher de lui même par observations et déductions. Il finissait toujours par en apprendre bien plus que ce que contenait le dit dossier, résultat d'une équipe de huit personnes armée des dernières technologies de recherche et de communication.
xXx
Donc, il ne fait aucunement partie de l'équipe de Mycroft. Lors de ma chute, la personne qui s'est jetée sur Marco était forcément lui. Hum, la silhouette que j'ai aperçu ne ressemblait pas à celle de Sparks ni à celle de ses coéquipiers, elle était légèrement plus petite. Ils étaient également trop loin de moi, même en prenant en compte que Sparks n'était pas si éloigné que ça. Non, il n'aurait pas été assez rapide. Mais lui, comment était-il allé si vite ? Il n'aurait pas pu passer à travers la foule en contre sens, il était donc devant moi dans la file d'attente. Bien. Ensuite, ce n'est pas un civil lambda aux vues de ses actes. Quelqu'un doté d'une force physique et d'une rapidité dont il a conscience, il n'a pas agit à n'importe quel moment non plus. Le premier coup de feu à éloigné ou fait se mettre à terre un certain nombre de personne, il a du se précipiter à ce moment là. Mais il n'a pas pu atteindre Marco avant le second tir. Les restes d'une blessure aurait pu le ralentir, donc un ex-policier ou soldat serait fort probable. Mais lors de sa performance de tir, le sang froid dont il faisait preuve montrait qu'il avait l'habitude de tirer. Un policier a toujours un moment de réflexion, une sorte d'hésitation parce qu'il doit d'abord protéger avant de blesser lorsqu'il n'est pas exposé. Or un soldat prend moins en compte ce facteur lorsqu'il considère la cible comme ennemie seulement et il est aussi acclimaté à l'environnement chaotique de la guerre, l'urgence de la situation ne lui permet pas d'hésiter s'il veut survivre. Il possédait aussi assez de confiance en lui pour tirer alors que des civils se trouvait derrière les braqueurs. C'est donc un ex-soldat, pas un policier. Mais de quel front revenait-il ? Il avait le teint halé, des marques de bronzage visibles aux poignets et dans le cou. Même si c'était la fin de l'été à Londres, étant donné ses cheveux blond et ses quelques tâches de rousseurs, il devait bronzer difficilement. Donc, un pays fort ensoleillé. Ainsi, me revoilà à la question : Afghanistan ou Irak ? Rha ! Je ne peux pas aller plus loin avec ses données, ils m'en faut plus pour avancer. Je dois aussi quitter cette chambre, cette odeur stérile est insupportable. D'autant plus qu'elle est quasiment neuve, il n'y a absolument rien à observer pour m'occuper.
« Ce n'est pas comme si ta présence ici pouvait m'aider d'aucune sorte. La couronne ne requiert-elle dont pas tes services ?
En matière de comportement exécrable, tu te surpasses aujourd'hui. Avant que je ne te quitte, dis moi, qu'as tu décidé à propos du Docteur John Watson ? »
Ne pouvait-il donc pas se taire ? Bien, il s'est vengé, si ça peut lui faire plaisir... Alors c'est un docteur. Même s'il s'est occupé de faire le garrot et qu'il a constaté mon état hypoglycémique, n'importe quel soldat possède des bases de soins d'urgence. Je n'ai pas eu le temps d'observer son mode opératoire pour panser ma plaie à cause de mon black-out, je l'aurais déduis à ce moment là. Le fait qu'il fasse partie du corps médical joue en ma faveur finalement, un soldat pour la protection et un docteur pour les soins, c'est parfait. D'autant plus qu'il doit être de nature serviable étant donné qu'il ait agit de son propre chef. Il peut également être touché par le syndrome du stress post-traumatique. Dans ce cas, il me faudra voir si l'action lui manque. Je n'en doute pas étant donné sa performance à la banque, il ne semblait pas être en pilote automatique vu qu'il était pleinement conscient de mon état et qu'il n'a fait que blesser les braqueurs. Intéressant. De même qu'un œil nouveau sur les scènes de crimes peut m'être utile. Mais pour qu'il accepte cette offre, il faut qu'il ait besoin de moi. La pension des ex-soldats est plutôt mince et... Oh. Excellent !
Quelques secondes seulement s'étaient écoulées jusqu'à ce qu'il réponde :
« J'ai une proposition à lui faire qu'il ne pourra pas refuser.
Surprend moi ?
Je suis curieux de connaître les joies de la colocation. Ça pourrait être une expérience très... enrichissante.
Ça ne tiendra pas une semaine.
Je suis peut-être un sociopathe de haut niveau mais je suis certain de pouvoir tolérer sa présence quelques heures par jours.
Mais lui, pourra-t-il te supporter ne serait-ce que quelques heures ? »
xXx
Note : Ce second chapitre est un peu court, je l'avoue, mais la suite mettra bien moins de temps à venir. Merci encore de m'avoir lu, à bientôt !
