Bonjour à toutes et à tous ! Je suis ravie de vous retrouver avec le premier chapitre d'Aimerons-nous toujours le bleu. Appelé affectueusement : ANTLB
Il s'agit du point de vue de Fleur, quelques semaines après le départ de son époux.
Les paroles en italique sont dites en français
Bien évidemment tout appartient, ou presque, à J.K. Rowling.
Je remercie sincèrement ma relectrice MrsBrunette qui m'a beaucoup aidée dans ce projet ! Sans toi, ça n'aurait peut-être pas été possible et j'exagère à peine! Toujours là pour m'aider et me rassurer dans mes moments de doutes (nombreux moments de doutes, il faut bien l'avouer).
Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à laisser une review à la fin du chapitre,
Bisous, Jess-Lili
Fleur poussa un soupir en relisant pour la dixième fois la lettre que William lui avait envoyé, espérant peut-être que les mots changeraient. Voilà quelques semaines qu'il était parti et mis à part cette lettre, elle n'avait rien reçu de lui. Après la naissance de Dominique, presqu'un an plus tôt, il avait tenu à reprendre son travail de conjureur de sorts. Fleur, quant à elle, s'occupait des enfants, dont l'aînée était âgée de seulement quatre ans et commençait déjà à montrer des signes de magie.
« Chère Fleur,
J'espère que tout va bien pour les enfants et pour toi. Comment vont les progrès de Victoire avec la magie ? De mon côté, tout va bien.
Je t'aime,
Bill W. »
La jeune femme soupira.
- Au moins il a mis je t'aime… Tout n'est pas perdu j'imagine...
Voilà déjà un peu plus de deux mois qu'il était parti et c'était tout ce qu'il lui écrivait. Elle savait que son mari avait accepté ce long voyage pour qu'ils puissent réfléchir sur l'avenir de leur couple, mais elle avait espéré plus de détails. Elle espérait sincèrement que cette séparation n'était qu'une passe dans leur couple, mais au fond d'elle, elle en doutait. C'était peut-être la fin. Après huit ans d'amour... Que s'était-il passé ? Était-ce les sentiments qui avaient changé, qui s'étaient ternis ou bien la monotonie d'une vie de couple qui s'était déjà installée, sans qu'ils ne puissent l'empêcher de s'immiscer ? Lorsqu'elle lui avait demandé la raison, il lui avait simplement dit qu'il avait besoin de réfléchir. Il avait semblé vouloir dire quelque chose d'autre, mais il s'était retenu. William avait accepté un travail de trois mois loin de la maison, alors qu'habituellement, il se contentait de petits voyages pour revenir plus rapidement. Elle fit venir à elle un parchemin, une plume et de l'encre et, profita du sommeil des enfants pour lui répondre.
La jeune femme relut sa réponse et, avant de changer d'idée, elle appela doucement sa chouette, accrocha la lettre sur sa patte et caressa sa tête.
- Envoie ceci à William, Lou.
Elle regarda la chouette s'envola par la fenêtre et décida de se préparer un café. Lorsque l'odeur embauma la chaumière, Fleur ne pût supporter la senteur et fut prise de nausées. Elle arrêta la machine et sortit dehors, sur le pas de la porte pour prendre l'air. Son regard se perdit dans l'horizon. Elle contempla le bleu de la mer, qui semblait se mêler au bleu du ciel. Elle entra seulement au moment où Dominique commença à pleurer et qu'elle entendit Victoire courir un peu partout. Lorsqu'elle entra, Victoire lui tourna autour, étourdissant sa mère en criant.
- Maman ! Maman ! Teddy, il vient aujourd'hui. Teddy, il vient aujourd'hui !
- Viens ! Viens !
Fleur alla chercher Dominique, qui décida de se mêler à la cacophonie de sa sœur, la prit dans ses bras et écouta distraitement son aînée, qui décida que pour attirer son attention, qu'elle ferait voler des objets. Ce qui fonctionna. La jeune femme se tourna vers sa fille avec un air sévère et épuisé.
- Victoire Weasley ! Arrête ça. Immédiatement.
Seuls les réflexes de Fleur empêcha un dégât monumental. D'un mouvement de baguette, elle fit atterrir les objets en douceur. Victoire regarda sa mère, étonnée et arrêta immédiatement de courir. Elle alla sagement s'asseoir à la table. Sa mère s'énervait rarement et, lorsqu'elle le faisait, elle parlait en français. La jeune mère de famille leur servit à manger et grignota un peu. Lorsque Teddy arriva avec la famille Weasley, la jeune femme les accueillit le plus courtoisement possible. Même si elle était épuisée, elle avait l'air parfaite. Même si en étant attentif, on pouvait remarquer des cernes qui commençaient à apparaître sous ses yeux. Dominique, qu'elle avait sorti de sa chaise, et Victoire s'étaient dirigées avec joie vers Teddy Lupin. Tandis que les enfants s'amusaient, sous la surveillance des adultes, Molly regarda Fleur en souriant chaleureusement et lui demanda si elle avait eu des nouvelles de Bill dernièrement. Fleur lui répondit comme si tout allait bien.
- Il m'a justement écrit ce matin. Il va bien. Il passe le bonjour à tout le monde et il a hâte de revenir.
La jeune femme savait qu'elle en rajoutait, mais tant que la décision n'était pas prise, William ne souhaitait pas en informer leurs familles. Elle évita les yeux scrutateurs de Molly en se levant pour ramasser un peu.
- Il en a encore pour trois semaines, c'est ça ?
- Oui, c'est ça.
Un air las apparut sur son visage, mais si rapidement qu'on aurait pu croire à un mirage. Posant un objet sur la bibliothèque, son regard s'arrêta sur la photo de leur mariage. La prenant dans sa main, elle prit un instant de réflexion. Elle pensa aux nausées qui l'assaillaient par moment et à sa fatigue. Pouvait est-ce seulement dû à son charme qui faisait défaut ? Au fait qu'elle s'occupait seule de deux bambines depuis quelques semaines ? Maintenant que Hermione et Molly étaient présentes, pouvait-elle s'éclipser quelques instants ?
- Puis-je vous demander de surveiller les enfants ? Je dois aller faire quelques courses et...
Hermione l'interrompit en souriant et regarda Ronald qui faisait le fou avec les gamins.
- Vas-y, Fleur, on s'occupe des enfants.
- Merci !
La jeune mère de famille posa la photo et partit, en transplanant, avant que ses deux filles ne remarquent son absence. Elle apparut dans une ruelle près de l'hôpital pour Sorciers Sainte-Mangouste et, sentit la nausée l'envahir à nouveau. Entrant dans le bâtiment, elle fut saluée par plusieurs collègues. Après la bataille de Poudlard, Fleur Delacour avait pris les cours nécessaires pour travailler à l'hôpital pour Sorciers. Elle s'était spécialisée pour travailler au service de pathologie des sortilèges avec les enfants. Cependant, cela faisait presqu'un an et demi qu'elle n'avait pas mis les pieds dans son département. Avec la naissance de Dominique et le jeune âge de Victoire, elle avait pris un congé pour prendre soin de sa famille et le chef de son service ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose lors de son travail. Si elle était à nouveau enceinte, elle allait à nouveau devoir prendre un congé. Elle secoua la tête, préférant ne pas y penser pour l'instant et, monta au département de gynécologie. La secrétaire l'accueillit chaleureusement.
- Bonjour, Madame Weasley ! Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ?
- Bonjour, Claire, est-ce que le Médicomage Kilyan est disponible ? Ce serait pour une consultation rapide…
Tandis que la secrétaire alla voir si Mike Kilyan était disponible pour la recevoir, Fleur regardait autour d'elle. Elle ne savait pas comment prendre la nouvelle -qu'elle n'avait pas encore- entre Victoire, qui à quatre ans, semblait prendre un malin plaisir à tester les limites et Dominique qui allait bientôt fêter son premier anniversaire, la jeune blonde ne savait plus où donner de la tête. Perdue dans ses pensées, elle sursauta en entendant Claire l'interpeller.
- Madame Weasley, si vous voulez bien attendre quelques instants, le Médicomage Kilyan sera à vous.
Dans un geste purement mécanique, la jeune femme hocha la tête et rejeta ses longs cheveux blonds par derrière. Au lieu de s'asseoir, elle continue de faire les cent pas dans la salle d'attente. Quelques minutes plus tard, lorsque son nom fut appelé, Fleur entra dans le bureau. Tandis que le médicomage lisait quelques lignes dans son dossier, la jeune mère de famille s'assit.
- Bonjour, Madame Weasley, comment allez-vous ? Vous avez une petite mine. Votre charme de Vélane ne me dupe pas.
- Je crois que je suis enceinte… Dans l'état actuel des choses, ce n'est pas ce à quoi je m'attendais, j'aurais préféré pouvoir reprendre mon emploi lorsque mon mari serait revenu d'Égypte, mais… Je crois que je serai encore dans l'impossibilité d'y aller...
Après lui avoir posé quelques questions, il lui demanda de s'allonger sur la table d'examen. Après quelques vérifications, dont une échographie à la méthode sorcière, que Fleur refusa de regarder, le médicomage confirma son doute, en souriant, n'étant pas au courant de la bombe qu'il lâchait à ce moment.
- Vous êtes enceinte de seize semaines et quatre jours, Madame Weasley, félicitations. J'irai voir votre responsable pour lui dire la nouvelle, vous n'aurez pas à vous prendre la tête avec cela. Prenez soin de vous et n'ayez aucune crainte pour votre emploi. Votre remplaçant n'est là que pour aider votre responsable, il ne prend pas votre place. Comme pour vos précédentes grossesses, le transplanage n'est pas…
Fleur resta de marbre et hocha la tête, avant de partir brusquement en transplanant à nouveau, malgré les recommandations que le médicomage venait de lui faire. Elle se retrouva à l'endroit où sept ans plus tôt, William et elle avaient trouvé leur moment de lumière dans l'obscurité qui envahissait le monde des Sorciers. Elle était à l'endroit où ils s'étaient dit oui pour le meilleur et pour le pire. Sept ans plus tard, elle se demandait comment ils avaient fait pour en être au point de douter de leur couple. Elle s'assit sur le sol. Elle regarda le Terrier et poussa un soupir en posant la main sur son ventre. Fleur, si forte, si maître de ses émotions, si hautaine, sentit qu'une larme coula alors sur sa joue et elle ne prit même pas la peine de l'enlever. Le doute s'installait dans sa tête embrumée. Était-elle apte à aimer un enfant dont elle ignorait l'existence jusqu'à il y a quelques heures ? La mère de famille en doutait énormément. Elle n'irait jamais jusqu'à dire que l'enfant n'était pas désiré, mais elle le pensait et ce fait, la peinait. Allait-elle réussir à aimer convenablement un troisième enfant ? Si elle calculait bien, il avait été conçu vers leur anniversaire de mariage à elle et à William. Un moment de trêve -un peu alcoolisé- dans la tempête qui ravageait leur relation. Un moment où leur corps en manque de chaleur s'était retrouvé pour mieux se repousser par la suite, jusqu'à la décision du conjureur de sorts. Cette soirée-là, ils s'étaient aimés jusqu'au matin. Étouffant leurs rires dans l'oreiller, étouffant leur plaisir dans un baiser enflammé. Puis le lendemain, la distance avait repris ses droits. Le silence, les effleurements de plus en plus rares, les je t'aime dit par habitude. Pourtant, Fleur avait espéré. Elle avait essayé. Mais William fuyait. Il les fuyait ; elle et leurs deux enfants. Il les fuyait ; elle et lui, leur amour en déséquilibre. Il travaillait, rentrait tard de plus en plus souvent. Malgré tout, la jeune française avait voulu croire que c'était temporaire. Maintenant et depuis près de trois mois, elle ne pouvait plus se voiler le visage. Leur couple allait mal depuis un moment, mais la jeune femme avait préféré ignorer ce qui se passait. Faire comme si tout allait bien. Sourire, rire, démontrer de l'affection à son tendre et cher époux. Elle aimait son mari, là n'était pas la question. Fleur ne savait pas quand tout s'était mis à se dégrader. À quel moment leur amour s'était-il fané ? À quel moment avaient-ils dû se rendre à l'évidence que tout n'allait pas bien ? La mère de famille se prit la tête entre les mains et étouffa un cri de frustration, mais aussi de lassitude.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, assise, perdue dans ses pensées, lorsqu'une personne posa une main sur son épaule. Les joues inondées par des larmes qu'elle n'arrivait plus à arrêter, elle sursauta et rencontra deux yeux marrons. Molly s'accroupit à ses côtés et la regarda d'un air doux. Voyant qu'elle ne revenait pas, la mère de famille était partie à sa recherche. Fleur n'avait même pas remarqué que la noirceur avait commencé à tomber. Elle avait perdu la notion du temps.
- Fleur, ça va aller. Ça va s'arranger. Bill va revenir.
La jeune mère la regarda, un air étonné et triste sur le visage. Elle, habituellement si fière, semblait démunie et totalement perdue face à la situation. Elle marmonna un "désolée" en s'essuyant les yeux du revers de la main.
- Bill et toi avez vraiment cru que vous pourriez me cacher que quelque chose n'allait pas entre vous ? Je ne suis pas aveugle Fleur, je l'ai remarqué.
Molly sembla alors remarquer la main que Fleur avait encore sur son ventre. Elle regarda la jeune femme et haussa un sourcil, interrogateur. La jeune française hocha la tête doucement pour confirmer ce que sa belle-mère pensait.
- Bill le sait ?
- Non… je viens de le savoir… comment ai-je pu ignorer les signes... Que vais-je faire ? Oh la la… Tout cela est insensé. Je ne sais même pas pourquoi c'est comme cela. La monotonie du couple ? Est-ce que nous nous sommes mariés trop tôt ? Pendant nos fiançailles et notre mariage, c'était la guerre… Nous sommes des personnes d'action… Mais… oh la la… Je ne sais pas quoi faire… Je ne peux pas lui annoncer par écrit, mais s'il…
- Tu crois qu'il ne va pas revenir, Fleur ? Mon fils est épris de toi. Il va revenir.
- Qu'en sais-je ? Il avait besoin d'espace, de temps. Il avait besoin de réfléchir… Je veux qu'il revienne Molly, j'ai besoin de lui. Je ne vois pas mon existence sans lui. J'ai l'impression qu'une bombe vient de s'abattre sur moi. Sur nous.
Comme si c'était l'argument le plus important, elle regarda sa belle-mère et poussa un soupir las.
- Puis les enfants ont besoin de lui...
Molly sembla alors remarquer à quel point Fleur avait l'air fatiguée. Elle sembla voir, pour la première fois, à quel point la jeune femme était terne, pâle, cernée et amaigrie. La mère de famille ne l'avait jamais vu comme cela. La jeune française semblait toujours si sûre d'elle, si belle et soignée, qu'elle n'avait pas remarqué le changement qui semblait opérer en elle depuis quelques mois. Fleur avait tout d'abord ignoré sa faiblesse, elle ne voulait pas se montrer faible face au départ de William. Elle devait s'occuper des fillettes, elle devait se prouver qu'elle pouvait être seule maintenant. Elle avait tellement tenté d'ignorer ses émotions, qu'elle en était venue à ignorer sa grossesse.
- Fleur, veux-tu que je prenne les enfants pendant quelques jours ? Tu as besoin de repos… Tu ne peux pas continuer comme ça. Va voir tes parents et ta sœur, en France pendant ce temps-là. Je suis certaine que ça va te faire du bien. Victoire et Dominique vont être à la maison et, si tu décides de rester plus longtemps, je viendrai les porter chez tes parents.
- Je… Merci Molly… Je vais faire ça, oui…
Après une brève étreinte, Fleur transplana en se disant que c'était la dernière fois qu'elle faisait ça. Quelques secondes plus tard, elle arriva près de la Chaumière aux Coquillages et elle regarda autour d'elle. Sa belle-mère la rejoint quelques instants plus tard. Lorsqu'elles entrèrent, Victoire et Dominique sautèrent dans les bras de leur mère en réclamant de l'attention et voulant savoir où elle était. Fleur les posa au sol en esquissant un petit sourire. À ce moment, elle paraissait éreintée, comme si son charme de Vélane avait vraiment arrêté de fonctionner.
- Victoire, Dominique, vous allez passer un peu de temps chez grand-maman Weasley, d'accord ?
Victoire cria de joie, tandis que Dominique regarda sa mère, les larmes aux yeux. Ne portant pas attention aux « NON » que lança la plus jeune, Molly continua de parler. Fleur regarda sa belle-mère en hochant la tête.
- Les enfants ont déjà dîné, je peux rapidement préparer ce qu'elles veulent apporter et nous allons partir. Il se fait tard et elles doivent dormir.
La jeune mère de famille hocha simplement la tête. Elle regarda Molly préparer les filles, les embrassa au moment du départ et remercia encore une fois Molly pour sa gentillesse. Elle salua les autres personnes en les raccompagnant à la porte et la ferma derrière eux. Une fois cela fait, elle poussa un soupir et se laissa tomber contre le battant.
Près de deux semaines plus tard, Fleur partit pour un voyage en France. Elle décida de faire le trajet à la méthode des moldus, cela lui donnerait le temps de réfléchir. Une fois dans le train qui la mènerait chez elle, la jeune femme posa sa tête contre la fenêtre et poussa un soupir. Elle avait six heures trente-cinq de trajet devant elle, dont deux heures et quart de train avant de changer de transport. Elle aurait sûrement pu utiliser une méthode plus rapide, mais elle avait besoin d'être seule avec elle-même.
Ses pensées la menèrent automatiquement vers William, dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis sa dernière lettre. Au fond d'elle, elle avait peur qu'il se passe quelque chose lors de son voyage. Elle avait peur, sûrement pour la première fois de sa vie, vraiment peur, que son mari décide que c'était la fin de leur amour. Il ne pouvait tout de même pas balayer huit ans de relation parce qu'il doutait de ses sentiments. Fleur ne savait pas quoi faire, depuis quelques mois, elle avait l'impression que sa vie lui échappait. Elle avait l'impression qu'elle n'avait plus le contrôle de sa vie et de ses émotions. Elle aimait énormément William, elle l'aimait comme elle n'avait jamais aimé quelqu'un.
Fleur soupira, se remémorant pourquoi elle avait accepté de suivre Madame Olympe Maxime, la directrice de Beauxbâtons, lors de l'annonce du tournoi des Trois Sorciers. Elle sortait d'une relation houleuse et elle avait vu une occasion de se changer les idées, même si l'aventure était périlleuse. Madame Maxime avait accepté sa candidature, puisque Fleur allait avoir dix-sept avant le début du tournoi. Par la suite, elle avait rencontré William, lors de la dernière étape du tournoi des Trois Sorciers et elle avait été persuadée qu'il était l'homme qu'il lui fallait. Seulement à cause d'un détail. À cause d'une différence qui l'avait frappé dès qu'elle avait commencé à travailler avec lui : il ne succombait pas à son charme. Contrairement aux autres hommes, il semblait insensible à son charme de Vélane. Peu importe ce qu'elle pouvait faire pour attirer son attention, elle n'était que la collègue fatigante et exaspérante qui comprenait à moitié ce qu'on lui disait et avec laquelle il était obligé de travailler. Lorsqu'il lui avait offert de l'aider pour améliorer son anglais avec des cours de langue, seulement pour qu'il puisse lui parler sans être obligée d'attendre qu'elle comprenne, la jeune femme n'avait pas voulu croire sa chance. Elle allait passer du temps avec lui, en dehors du travail, elle ne pouvait rien demander de mieux. C'était lors de l'une de ces séances que William l'avait embrassé, prenant la jeune Française par surprise. Il semblait tellement la mépriser et la trouver agaçante, qu'elle ne pensait pas qu'il s'intéressait à elle. Elle se rappelait que le conjureur de sorts l'avait fixé de ses yeux bleus, attendant une réaction de sa part et l'air tout aussi surpris qu'elle. Fleur l'avait embrassé en ayant un petit sourire en coin. Elle se souvenait lui avoir dit, en riant : «Quel cours de langue, Monsieur Weasley!» puis ils avaient tous les deux éclaté de rire. Dès lors, les cours de langue s'étaient transformés en rendez-vous galants et les rendez-vous galants s'étaient transformés en rencontres plus personnelles et intimes à l'appartement qu'occupait alors Fleur. Tout s'était enchaîné, après moins d'un an de relation, William était arrivé chez ses parents, une fin de semaine où Fleur avait pris congé pour passer du temps avec sa famille et avait demandé à Monsieur et Madame Delacour l'autorisation de prendre la main et tout le reste du corps de leur fille. Il l'aimait et voulait passer le reste de sa vie avec elle. Fleur se rappelait avoir rougi et un rire nerveux avait franchi ses lèvres. Ses parents les avaient regardés silencieusement, tandis que William avait glissé sa main dans celle de Fleur, la regardant avec les yeux brillant d'amour. Pour ne rien arranger à la gêne de la jeune femme, son père leur avait demandé s'ils avaient déjà dormi ensemble, nus. La jeune mère de famille se souvenait avoir lancé : « Père ! Mais non ! » même si la rougeur de ses joues prouvait le contraire. Elle était majeure après tout. Si elle voulait coucher avec son copain, elle pouvait bien le faire. Les deux jeunes gens avaient eu le droit à toutes les recommandations possibles. Alexis Delacour avait demandé à parler seul à seul avec son futur gendre, tandis que Apolline Delacour, inquiète pour sa fille aînée, l'avait prise à l'écart pour discuter avec elle. Fleur se rappelait que sa mère lui avait demandé si elle était enceinte et si c'était pour cette raison qu'elle voulait se marier aussi rapidement. Ce à quoi elle avait rétorqué qu'elle aimait William et qu'il l'aimait alors pourquoi attendre ? Puis non, elle n'était pas enceinte. Elle ne voulait pas l'être dans l'immédiat et William et elle n'avait même pas encore abordé le sujet. Lorsque Monsieur Delacour et William revinrent dans le salon, le père de Fleur avait regardé sa femme, qui avait eu un bref hochement de tête et, il avait accordé à William la main de sa fille.
