Salut Maia30 ! J'ai l'impression que personne (ou presque) ne s'attendait à Dante X) Pourtant, j'ai créé Dante pour Crystall dès le début. Je ne sais pas si tu te souviens quand je disais que ce n'était absolument pas prévu qu'elle sorte avec Sirius ? Ben c'est parce que j'avais prévu de la caser avec Dante. Voilà, c'est dit. Mais, si ça peut te rassurer, il ne faut pas enterrer Sirius trop vite même s'il est en prison (il finira bien par sortir de là).

Je suis aussi ravie de recommencer à publier Niris ^^ Ça m'a manqué. Elle garde le bébé parce que pour elle c'est déjà une vie et qu'elle ne veut plus tuer (et qu'elle ne s'était pas rendue compte qu'elle voyait ça comme ça avant que ce soit son tour d'être devant le dilemme de l'avortement). Elle a causé assez de morts pendant la guerre.

Pour Sirius comme dit plus haut, il ne faut pas encore l'enterrer. Mais Crystall a vraiment besoin de quelqu'un et Dante est LA personne qui lui faut là (crois moi). Il fallait juste un prétexte pour le faire entrer dans sa vie (et ça ne serait jamais arrivé si on ne lui avait pas forcé la main). Et puis... j'adore Dante X)

Hello AppleCherrypie ! Y'avait aucun moyen que ce soit Andreas : je suis même pas sûre que lui et Crys s'apprécient vraiment. Ils se supportent et s'entendent, mais c'est tout.

Alors pour le bébé, il faut savoir que Crystall ne serait jamais, jamais (JAMAIS) tombée enceinte volontairement. Jamais. J'insiste. Et comme les potions de contraception sorcière sont beaucoup plus efficaces que les moyens moldues il n'y avait pas de risque d'accident. Dante est le seul qui pouvait « réussir son coup » si j'ose dire.

C'est sûr que Sirius va pas sauter de joie. Mais... En fait non, faudra attendre le moment venu pour voir X)

Je suis une sadique Mai51 : j'avais intentionnellement laissé juste deux ou trois infos à la fin du tome 2 histoire de vous tenir en haleine. C'est pas beau, mais ça m'a beaucoup amusée XD

Ce bébé était une bombe pour tout le monde. Tu n'imagines pas l'état de Crystall quand elle s'en est rendue compte. Mais c'était complètement et entièrement nécessaire. Et il fallait que ça arrive dès le début parce que Crystall va un peu déconner pendant ce chapitre (on est quand même moins d'un an après la fin de la guerre : c'est tout récent et elle ne va pas se remettre en un claquement de doigts) et qu'elle va avoir besoin de quelqu'un pour la recadrer. Dante va faire ça remarquablement bien, je trouve.

Remus et Crystall ne seront jamais plus que des amis. Pour le moment, ils sont pas prêts de se réconcilier. Et Crystall sera toujours une Poufsouffle (j'écris quand même ces fics pour les défendre ce serait bête qu'elle ne le soit plus). Toujours. Elle a juste évolué.

Tu vas avoir le temps de t'habituer à Dante Stilandra Black :) Mais bien vu, Crystall ne pouvait pas continuer comme ça. Elle est incapable de vivre seule. C'est que disait Greg dès le début : elle a besoin que quelqu'un soit là pour la protéger d'elle même. Dans le tome 1, c'est Greg qui le faisait, dans le 2 c'était Sirius et les Maraudeurs et là ça devient la tâche de Dante.

Tu était la seule à avoir deviné qu'il s'agissait de Dante, Guest 2 : félicitations ^^ Pour les parents de Dante : ils ont quand même une histoire chargée (mais je ne dirais pas en quoi) et Crystall leur enlève du jour au lendemain leur « bébé ». Ils allaient pas sauter de joie. Surtout que ça se voit au premier coup d'œil qu'elle sera pas la gentille belle fille que tout le monde adore.

Dante n'est pas soumis à Crystall. Il ne se laissera jamais marcher sur les pieds. Disons plutôt qu'il est accommodant et que c'est un changement agréable : Crys' n'y est pas habituée XD Et non, Dante n'est pas légiliman : c'est de la magie et il restera toujours un cracmol... Mais il est très observateur (entre autre) X)

Pour ma fiction sur les Fondateurs, c'était le but de les présenter différemment de ce qu'on voit d'habitude. Sinon ça n'aurait eu aucun intérêt. Ça fait un peu de bien à Serpentard et Poufsouffle d'être réhabilités et à Serdaigle et Gryffondor de descendre de leur piédestal...

Hello YaelBlack ! Dis moi qui n'est pas bizarre dans la famille de Dante, hein ? XD Et oui, il y a Andreas et Zilphya au programme... Mais pas tout de suite. Ils ne sont là que quand les ennuis arrivent alors ne sois pas non plus trop pressé de leur retour. Crystall a droit à quelques années de répit X)

Je suis quand même assez fière de moi Elisys : j'ai surpris (presque) tout le monde. Ce serait nul si vous vous attendiez à tout ce que je prévois ! Et j'espère que ça va nous mener loin :)

Vous avez été inspirés pour ce premier chapitre ! Merci à tous =D Bonne lecture et Joyeux Noël ^^


Être mère

Mercredi 10 Mars 1982 : maison

Comme je suis enceinte, je n'ai même plus le droit de m'approcher d'un chaudron. Autant j'étais occupée jusque là, autant je commence à m'ennuyer ferme maintenant que le Phare est à peu près terminé.

Mais je suis contente d'avoir du temps libre. Tant que je ne serais pas sur le point d'accoucher, je vais pouvoir me consacrer à une chose pour laquelle j'ai trop attendu jusque là : retrouver ce sale rat de Peter Pettigrow. Il pourrait être n'importe où. Mais je ne pense pas qu'il ait quitté l'Angleterre.

Bien entendu, c'est grand comme terrain de chasse l'Angleterre. Mais je suis à présent au point sur les sorts de traques et de localisations. Ils ont besoin d'un objet personnel pour fonctionner. Alors je vais aller faire un tour du côté de son ancien chez lui pour trouver l'objet qu'il me faut.

*De retour au Phare*

Trouver sa maison n'a pas été bien compliqué. Par contre, quand je suis arrivée, il n'en restait rien. Je me suis un peu renseignée dans le voisinage. Il y a eu un incendie il y a quelques semaines et les pompiers ont mis des heures avant de l'arrêter. Sa mère a été transférée à Ste Mangouste dans un état grave. Les cendres ont déjà été déblayées. Il ne reste là qu'un terrain recouvert d'une couche de suie.

Autant dire que je suis assez mécontente. Ça m'empêche d'user des sorts de traque les plus puissants. S'il ne fallait pas emporter partout avec soit l'objet personnel, j'aurais sans doute pu utiliser sa mère comme tel. Mais elle doit suffisamment souffrir comme ça. Et je me vois mal lui expliquer pourquoi j'ai besoin d'elle.

Je vais devoir essayer avec autre chose. Ça en revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais je n'abandonnerais pas.

Jeudi 18 Mars 1982 : maison

Aujourd'hui, ça fait 4 ans que Greg est mort. J'ai l'impression que c'était hier mais pourtant déjà si loin. Il me manque toujours. Mais je vais mieux. Vraiment. Et je pense qu'il serait fier de moi s'il me voyait en ce moment, même s'il n'aurait pas été d'accord avec tout ce que j'ai pu faire.

Je vais faire une pause dans ma traque de Peter pour aller me recueillir et voir les Levis.

*Maison*

J'ai profité de voir Élisabeth et Richard pour leur parler de ma grossesse. Je ne pourrais jamais en parler avec mes parents mais je le pouvais avec ceux de Greg. Ce n'est pas tout à fait la même chose, mais je me suis sentie mieux après leur avoir dit.

Je craignais leur réaction. Je m'attendais à être jugée et finalement ils se sont contentés de me serrer dans leur bras. Élisabeth a dit que si j'avais des questions je pouvais venir la voir quand je voudrais. Quel soulagement.

Jeudi 25 Mars 1982 : maison

Je suis triste, vexée et un peu en colère là. Mary commence à dire des mots complets. Et c'est "Dante" qu'elle dit, pas Crystall. Pour une raison qui m'échappe, mon prénom est compliqué à dire pour les enfants. Je peux comprendre. Mais qu'elle dise "Dante" avant mon prénom, ou un simulacre de mon prénom, me fait mal à quelque part. C'est vrai que je suis un peu prise par ma traque de Peter, qui ne donne d'ailleurs rien, mais je m'occupe quand même d'elle plus que lui. Je ne comprends pas. Je suis triste.

Mardi 13 Avril 1982 : maison

J'ai installé durant toute la journée toute sorte de barrières pour que Mary qui commence à filer sur ses deux jambes ne puisse pas monter ou descendre les escaliers ou sortir. En bref, sur toutes les pièces. Ces barrières sont enchantées pour arrêter seulement les enfants et laisser passer les adultes.

Et Dante est arrivé ce soir et dès qu'il passait à travers, tous mes sorts s'effaçaient. Il paraissait assez confus quand j'ai commencé à l'engueuler. Mais il n'y peut rien : il est né comme ça.

Il va donc falloir qu'on aille chercher des barrières moldues pour les installer. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire !

Lundi 26 Avril 1982 : maison

J'ai senti le bébé bouger dans mon ventre tout à l'heure. C'est la première fois depuis le début de ma grossesse. La sensation est étrange, pas désagréable mais définitivement inédite. Ça m'a bien arrêtée pendant une minute le temps que je comprenne ce qu'il venait de se passer et quand je l'ai à nouveau senti, plus fort cette fois vu que je guettais, ça m'a fait une sorte de choc.

C'est comme si je n'avais pas réalisé jusque là que le bébé était vivant en moi. Enfin, je le savais mais c'est autre chose de se dire qu'il bouge. Il devient tout d'un coup plus réel plus tangible. Il bouge par Merlin. Je ne m'y attendais pas du tout. Je regarde mon ventre d'un autre œil depuis.

J'étais encore un peu déboussolée à ce propos quand Dante est rentré du travail. Il m'a demandé ce qu'il se passait et quand je le lui ai dit il s'est limite précipité vers moi avant de s'arrêter net. Je lui ai jeté un regard étonné et il a simplement demandé :

- Je peux ?

Il m'a fallu une seconde avant de comprendre qu'il me demandait la permission de me toucher. Et j'ai apprécié l'effort. D'ordinaire les gens se jettent sur moi et n'en ont rien à faire de mon espace vital. Ça lui a fait gagné un bon point. Quand j'ai hoché la tête il s'est agenouillé devant moi pour poser doucement les mains sur mon ventre et poser l'oreille dessus. Il est resté longtemps immobile, mais bébé n'a pas eu l'air de vouloir se manifester pour lui. Ce sera pour une prochaine fois.

Dimanche 9 Mai 1982 : maison

C'est l'anniversaire d'Aileen demain. J'ai profité du week-end pour aller le lui souhaiter un peu en avance. Je suis en train de me demander si je ne pourrais pas la reprendre avec moi à la maison pour les grandes vacances. Au point où j'en suis, une personne de plus ou de moins ne fera pas de différence.

Jeudi 20 Mai 1982 : maison

Tout à l'heure, Dante m'a, comme qui dirait, mis les points sur les i.

Comme dit, je suis en train de profiter de mon interdiction de potion pour tenter de mettre la main sur Peter. Vu que les sorts les plus précis et les plus puissants ne sont pas applicables, je le cherche à moindre échelle, ce qui m'oblige à beaucoup transplaner et à partir tôt pour rentrer tard. C'est fatiguant. Je ne pensais pas que le transplanage pouvait vider quelqu'un de son énergie magique comme ça. La dépense énergétique est minime quand on transplane une ou deux fois pas jour. Mais au bout d'une vingtaine de fois, on commence à le sentir passer.

Donc, aujourd'hui alors que j'avalais mon petit-déjeuner en vitesse tout en me dirigeant vers la porte, Dante m'a barré la route. Tellement brutalement que j'ai failli le percuter.

- Quoi ? ai – je demandé, menaçante. Je vais t'appeler le MagicoBus avant de partir, t'inquiète pas.

- Ça n'a rien à voir, a t –il contré. Mon problème, c'est toi.

- Pardon ?

- Il faut que ça cesse ! Ça fait des mois que tu pars à l'aube pour revenir au crépuscule à la recherche de je ne sais quel traître que tu es la seule à croire encore vivant.

- Ta gueule.

J'ai essayé de le repousser mais il m'a attrapée le bras et a resserré sa main dessus jusqu'à me faire mal. Je ne l'avais plus vu aussi mortellement sérieux depuis le jour où il a refusé que j'élève notre enfant loin de lui.

- Tu ne peux pas continuer comme ça. Tu t'épuises en vain et tu as une enfant à la maison qui passe sa vie enfermée ici avec des Elfes ! Ça n'est pas sain pour elle et pour toi non plus !

- D'abord, je ne m'épuise pas. Je suis en forme et je sais m'occuper de moi-même. Et après Mary est en sécurité ici ! Les Mangemorts sont toujours là dehors à la chercher, qu'est ce que tu crois ? Elle ne risque rien sur l'île puisque personne ne sait où elle se trouve et personne ne lui fera du mal avec mes elfes qui la surveillent ! Je ne pourrais pas partir l'esprit tranquille sinon !

- Tu la fuis, a t –il répliqué implacable. Tu te sers de tes recherches pour partir du Phare et fuir tes responsabilités. Tu as choisi de prendre ta filleule à charge alors occupe t –en correctement. Pour le moment, tu ne vaux pas mieux pour elle que sa tante qui la gardait enfermée dans un placard !

Là j'ai vu rouge. Vraiment. Comment osait –il me dire ça ? Avant même d'avoir réalisé je lui avais flanqué mon poing dans la figure. Il m'a lâchée et a reculé pour heurter le mur.

- Ne redis jamais ça, ai – je sifflé. La prochaine fois, j'utilise mon autre poing et je te le passe au travers la tête.

Je suis peut –être une mage rouge estropiée, mais ma main droite est encore capable de magie rouge même si ça me fait mal. Je pourrais passer mon poing à travers un mur de brique sans dégâts. D'où ma menace, même s'il ne pouvait pas comprendre. Il s'est redressé en se frottant la pommette et n'a pas cédé.

- Tu ne vaux pas mieux que sa tante, a t –il redit. Un enfant, ça ne s'élève pas en le laissant à la charge des elfes. Ça demande de l'attention et surtout une présence humaine de tous les instants. Il faut la faire sortir de cette île et qu'elle découvre le monde extérieur. Qu'il y ait quelqu'un pour lui lire une histoire avant de dormir et la réveiller gentiment le matin ! Tu t'étonnes qu'elle ne dise que mon nom, mais c'est parce qu'elle ne te voit jamais ! Alors pour le bien de cette gamine et par amour pour elle arrête tes recherches et prends tes responsabilités de mère !

Le silence s'est installé et je l'ai fixé comme si je pouvais le tuer d'un regard. Je ne voulais pas entendre ce qu'il me disait. Parce que c'était vrai. Ce que je faisais, ce n'était pas bien. Mais chaque fois que je vois Mary, ça me fait mal. Elle me fait penser aux pires choses de ma vie et j'ai beau l'aimer il y a des moments où je ne peux même pas la regarder. Je peux toujours essayer de me mentir là-dessus, mais au fond je sais que c'est vrai.

- Ça fait des mois que tu cherches Peter Pettigrow et je suis sûr que tu as déjà fait le tour de l'Angleterre, a lentement repris Dante devant mon silence. Rends toi à l'évidence : soit il est encore vivant et a quitté l'Angleterre soit il est mort. Dans les deux cas, ton acharnement ne servira à rien.

- Sirius est à Azkaban pour un crime qu'il n'a pas commis ! me suis – je exclamée. Et je suis censée rester là les bras croisés ?

- Qu'en penserait –il, lui ? Il préférerait que tu cours après des chimères où que tu t'occupes de ta filleule ?

La réponse à ça était facile. L'une des dernières choses qu'il m'a dite, c'est de prendre soin de Mary. Il préférerait sans doute croupir à Azkaban jusqu'à la fin de sa vie que de me voir négliger notre filleule.

Dante a dû lire la réponse sur mon visage. Il a soupiré et s'est avancé pour poser les mains sur mes épaules. Il a attendu que je le regarde à nouveau pour reprendre :

- Fais moi plaisir. Reste à la maison et occupe toi de Mary. Ou mieux, prends la et emmène la jouer dans un parc avec d'autres enfants.

Je l'ai regardé un long moment et j'ai abandonné. Au final, il a raison. Ça ne me plaît pas et quand je pense à Sirius et au fait que je vais laisser tomber (mais provisoirement, je reprendrais à un moment où à un autre) je me sens mal. C'est difficile de devoir choisir entre deux personnes qu'on aime. J'aurais préféré ne pas avoir à faire ça.

*Maison*

Mary a presque eu l'air surprise lorsque je suis venue la chercher quand elle s'est réveillée. S'il me fallait une preuve supplémentaire que je ne passe pas suffisamment de temps avec elle, la voilà.

J'ai passé la matinée avec elle et cet après-midi je l'ai sortie de l'île, comme conseillé par Dante. Mais pour me rendre dans un autre endroit que je sais sécurisé et où il y a des enfants : l'orphelinat.

J'ai été accueillie par de véritables hurlements. C'est vrai que je ne suis plus passée depuis si longtemps que je ne m'en rappelle pas moi-même. Kathie et Marlène aussi ont été surprises de me voir.

- Une nouvelle pensionnaire ? s'est enquise Kathie avec les sourcils froncés en voyant Mary accrochée à moi.

- Pas touche, ai – je répondu en l'éloignant de ses mains qu'elle avait automatiquement tendue. C'est Mary, ma filleule. C'est moi qui m'en occupe après la mort de ses parents. Elle n'est pas ici pour y rester mais pour jouer avec les autres enfants.

- Pour ça, il faudrait peut –être que tu commences par la lâcher, m'a dit une voix masculine et railleuse que j'ai reconnu.

- Tobias, ai – je soupiré. Pourquoi ça ne m'étonne pas que tu sois là ? Tu n'as pas quelque chose comme un travail ?

- Allez, je sais que tu es toujours contente de me voir.

J'ai eu beaucoup de mal à laisser Mary avec les autres enfants. Du coup Marlène, Kathie, Tobias et moi nous nous sommes installés par très loin d'eux pour que je puisse les surveiller du coin de l'œil. Les enfants d'ici ne sont pas méchants. Je les ai suffisamment côtoyés pour le savoir. Mais ça n'empêche rien.

Nous avons un peu discuté tous les quatre. Je leur ai appris que j'étais enceinte, il faut bien que je le dise à quelqu'un après tout, et ils ne m'ont d'abord pas cru.

- Sans rire, comment ça a pu t'arriver ? a demandé Tobias totalement incrédule.

- Ce n'était pas prévu, me suis – je défendue. J'ai déjà assez de soucis avec une seule enfant. Mais le père est un peu… particulier, dirons nous. Et les potions n'ont pas marché.

- C'est une Créature ? S'est enquise Marlène en fronçant les sourcils.

C'est vrai que les potions contraceptives ne marchent pas quand l'un des deux partenaires est une Créature Magique. Ou du moins leur efficacité devient extrêmement aléatoire. On a pas encore compris pourquoi.

- Non, ai – je répondu. Enfin, pas que je sache.

J'ai bien senti qu'ils attendaient de plus amples explications, mais je ne les leur devais pas. Ça ne les regarde pas et le secret de Dante le restera. On sait jamais, je pourrais peut –être en avoir besoin un jour…

- J'en déduis que le père n'est pas Black, a dit Kathie.

- Heureusement, tu imagines attendre un enfant de ce monstre ? a renchéri Tobias.

J'ai bien cru que j'allais lui mettre mon poing dans la figure à lui aussi. Je dois m'habituer à entendre ce genre de chose de la bouche des gens. Et il a beau m'avoir aidée à ce propos, il n'était visiblement pas du même avis que moi quant à son innocence, même après avoir entendu tous les détails de l'histoire. Ce que je ne comprends pas. Mais bon. Du coup, je me suis contentée de l'assassiner du regard.

- Tu vas te marier ? s'est enquise Kathie.

- Ce n'est pas au programme pour le moment. Et inutile de faire cette tête là. Ce sera mon enfant qui sera hors mariage alors j'en ai rien à faire de votre avis.

- Il vaut mieux qu'un enfant soit élevé par ses deux parents, m'a dit Marlène.

- Pourquoi ce ne serait pas le cas ? Dante vit avec moi. J'ai pas besoin d'un sacrement. Et si vous continuez sur le sujet, je vais vous en faire rapidement passer l'envie.

Ils ont enfin cessé de parler de ça. Franchement, ça ne les regarde pas. Je les ai informés parce que je suis bien gentille. J'étais quand même un peu soulagée de partir. Depuis qu'il y a Tobias là-bas, j'aime moins être à l'orphelinat.

Les enfants ont refilé leur mauvaise habitude à Mary : elle m'appelle aussi Nini, maintenant. Mais comme elle a enfin un moyen de m'appeler, j'en suis presque heureuse, tient.

*Maison*

Quand Dante est revenu, j'ai constaté que sa pommette avait viré au noir. Je ne l'ai vraiment pas raté ce matin. J'ai grimacé en touchant délicatement le bleu.

- Je suis désolée. Si seulement tu n'étais pas insensible à la magie je te soignerais en un coup de baguette.

- Ce n'est pas grave, je l'ai mérité. Je sais bien que tu n'es pas comme la tante de Mary, mais il fallait te faire réagir. Même si je n'avais pas prévu que tu me frappes.

- Tu avais raison, ai – je soupiré. Je vais plus m'occuper d'elle à partir de maintenant.

- Alors je me suis fait taper pour la bonne cause, a t –il affirmé. Mais évite quand même de recommencer trop souvent, d'accord ?

Je suis toujours étonnée que ça se soit si bien passé. Je me répète, mais Dante est vraiment simple à vivre. Et venant de moi qui m'agace souvent pour un rien, c'est beaucoup.

Vendredi 21 Mai 1982 : maison

Je ne suis pas non plus repartie chercher Pettigrow ce matin. J'y ai pourtant songé. Mais non. Je suis restée avec Mary et je l'ai emmenée se promener sur l'île. Il ne faut pas grand chose pour la faire rire et s'émerveiller. Je regrette le temps où c'était comme ça pour moi.

J'ai passé toute la journée au Phare, ce qui ne m'était pas arrivé depuis... depuis que Dante a emménagé en fait. A peu de choses près. La raison pour laquelle je ne restais pas, ce n'était pas seulement que je fuyais Mary et les souvenirs qu'elle me rappelle. Je fuyais aussi sa présence à lui. De coup, il y a pas mal de choses que je n'avais pas remarqué. Volontairement ou pas.

Dante a laissé sa trace au Phare. Il y a sa brosse à dent dans la salle-de-bain, et il a installé une machine à café dans un coin de la cuisine. Je ne l'avais même pas remarquée : quand je veux du café j'utilise la magie. Dans une des pièces que j'envisage de changer en bibliothèque et où j'avais déjà mis les étagères il y a quelques bouquins qu'il a laissé. Et dans la chambre de Mary, il y a des nouveaux jouets, tous moldus, qui ne peuvent venir que de lui.

C'est pas grand chose à chaque fois, mais aujourd'hui tous ces petits détails m'ont sauté aux yeux. Je ne sais pas comment je suis censée me sentir. Ça ne me transporte pas de joie, mais ça ne me gène pas non plus. En fait, je ne ressens rien de particulier à ce propos. J'ai pas envie de tout prendre et de tout balancer par la fenêtre comme il avait l'air de le craindre au début.

C'est vraiment bizarre comme situation.

Lundi 24 Mai 1982 : maison

Ce matin, Dante m'a fait remarquer que Litchi a pas mal grossi ces derniers temps. Après observation, je confirme que ce chat a pris du poids. Et vu que ce n'est pas le cas de Dragon, j'en déduis soit qu'elle pique dans sa gamelle, ce qui me paraît totalement impossible, soit qu'elle attend une portée.

J'ai jeté un regard noir à Dragon et j'ai trouvé qu'il avait l'air suprêmement satisfait de lui.

- Il n'a pas perdu son temps, a rigolé Dante quand je lui ai fait part de mes conclusions à son retour.

- C'est un pédophile, oui. Il a 11ans et elle en a même pas 2.

- Je ne crois pas que le concept puisse s'appliquer aux félins… Hé ! Vous êtes enceintes en même temps.

- Ne t'avise pas de me comparer à un chat ! me suis – je hérissée. Je ne vais pas donner naissance à une portée.

- Tu sais que tu pourrais accoucher de jumeaux ou des triplés ? a t –il demandé très sérieusement. On a tous les deux un jumeau et ce genre de chose ça se transmet.

Je me suis sentie blanchir quand il m'a dit ça. Pitié, tout mais pas des jumeaux ! J'aurais déjà suffisamment de mal à gérer deux enfants ! Alors trois dont deux du même âge c'est par définition deux fois plus de problèmes !

Dante a dû remarquer que ses paroles m'ont un peu effrayée parce qu'il m'a tapoté l'épaule en essayant de me faire croire que j'avais quand même plus de chance de donner naissance qu'à un seul enfant. Il n'aurait pas pu se taire dès le début ?

Samedi 26 Juin 1982: maison

Après de longues discussions avec Dante, j'ai pris une décision. Quand j'irais chercher Aileen à Salem tout à l'heure, elle ne retournera plus à l'orphelinat. Elle rentrera ici au Phare pour y passer l'été avec Mary, Dante et moi. Au point où j'en suis, une de plus ou de moins ça ne changera plus rien. Et je sais que ça lui fera plaisir.

Je suis déjà allée chercher ses affaires sous le regard appréciateur de Kathie et Marlène qui n'attendaient sans doute que ce moment où je prendrais mes responsabilités envers ma sœur. Elles ne l'ont pas dit mais elles le pensaient très fort : "il était temps".

*Maison*

J'avais raison. Aileen a été tellement enthousiasmée à l'idée de vivre avec moi et de quitter l'orphelinat qu'elle en a hurlé de joie dans les rues de Salem. Elle m'a serrée contre elle de toutes ses forces en veillant à ne pas écraser mon ventre qui commence à être bien marqué quand même. Elle est heureuse de devenir tante apparemment.

Elle a tenu à me présenter à Cloud, son hippogriffe. Elle a été engagée dans l'équipe d'Hippo-ball et m'a dit qu'elle comptait bien devenir joueuse professionnelle. Ce n'est pas une carrière que mes parents auraient jugé correcte pour leur fille. Mais elle n'a que 14 ans. Elle a le temps pour changer d'avis et si c'est ce qui lui fait plaisir, alors je ne m'y opposerais pas.

Mardi 29 Juin 1982 : maison

La cohabitation avec Aileen ne va sans doute pas être évidente. J'ai beau avoir vécu dans le même Manoir qu'elle quand nous étions plus jeunes, nous n'avons jamais réellement "vécue ensemble". On ne sait pas tellement comment se comporter l'une avec l'autre. Je suis sa sœur, mais elle est encore jeune et je dois aussi me comporter un peu comme sa mère et fixer les limites.

Ne parlons même pas de Dante. Pour le moment, elle ne lui a même pas adressé un bonjour. Et elle ne veut pas rester seule dans une pièce avec lui. C'est vrai qu'il peut sembler impressionnant, surtout qu'il doit faire mauvais genre avec tous ses tatouages et son piercing aux yeux d'une fillette élevée par des Sang-Purs. Mais je me demande si ça n'est pas aussi une séquelle de son enlèvement. Elle ne s'en souvient peut –être pas, mais je suis persuadée que son cerveau s'en "souvient" indirectement.

La seule personne avec qui ça se passe bien, c'est Mary. Aileen l'a immédiatement adoptée et passe beaucoup de temps à jouer avec elle. J'ai un peu l'impression qu'elle joue à la poupée. Mais tant que ça se passe bien, pourquoi pas ?

Vendredi 2 Juillet 1982 : maison

Litchi a mis bas cette nuit. Nous avons à présent 5 chatons à la maison. Et j'ai appris par la même occasion que Dante était complètement fan de chat. Je sens que ça va être difficile de se séparer de ces animaux là. Et je vais voir pour stériliser Litchi. Je me suis fait avoir une fois, pas deux !

Samedi 31 Juillet 1982 : maison

J'ai fêté les deux ans de Mary avec Bathilda qui était contente de la revoir. Avant, nous sommes allées nous recueillir sur la tombe de Lily et James. Mary ne comprend pas encore de quoi il s'agit. Mais ça va venir rapidement maintenant je pense.

Lundi 23 Août 1982 : maison

Le courrier pour la rentrée en quatrième année à Salem d'Aileen est arrivé aujourd'hui. Elle y retourne ce dimanche et les cours reprennent Lundi prochain même si ce ne sera pas encore septembre. Outre la liste de fournitures scolaires il y avait un formulaire intéressant joint à la lettre. Il parle d'une filière particulière de Salem appelé le PESI ou Programme d'Échange Scolaire International et il me paraît vraiment très instructif. Ça lui permettra de visiter beaucoup de pays et de découvrir les différentes cultures sorcières. Je vais tenter de la convaincre d'y entrer.

*Maison*

Je n'ai finalement pas eu besoin de beaucoup insister : Gabrielle, sa meilleure amie, s'y est inscrite et donc Aileen a suivi. Il n'y a qu'une classe de PESI par année alors elles seront sûres d'être dans la même. Je me suis un moment étonnée qu'il y ait si peu d'élève qui s'y inscrivent, mais quand j'ai vu le prix j'ai mieux compris. Même des personnes vivants "bien" doivent avoir du mal à mettre assez de côté pour ça. Heureusement que j'ai suffisamment d'argent pour vivre quatre vies sans travailler ! Autant en profiter pour que ma famille ait le meilleur. Mais je trouve quand même ça dommage pour les autres élèves.

Dimanche 29 Août 1982 : maison

Je reviens tout juste de Salem où j'ai déposé Aileen. Je suis fatiguée par le trajet. Être enceinte est vraiment une plaie parfois. Déjà que je ne peux plus faire de potion et que je ne vois plus mes pieds tellement je suis énorme, maintenant les longs trajets m'épuisent.

Aileen m'a demandé si on ne pourrait pas inviter Gabrielle pour les prochaines vacances. J'ai préféré lui dire d'attendre de voir comment sera la situation avec l'arrivée du bébé. Je ne suis pas sûre du tout d'arriver à tout gérer. Elle a posé son oreille sur mon ventre avant de partir pour lui dire d'être sage. Je ne vois personnellement pas l'utilité de ce commentaire vu qu'il ne peut pas faire grand-chose depuis là où il se trouve, mais ça avait l'air de lui faire plaisir, alors bon.

Lundi 6 Septembre 1982 : Clinique sorcière de l'hôpital Royal Hallamshire, Sheffield

Je viens d'accoucher et ça a été l'expérience la plus déplaisante de toute ma vie. Pas question que ça recommence.

Les contractions ont commencé la nuit dernière, mais je ne me suis pas inquiétée d'abord. J'en avais quelques unes de temps en temps depuis quelques jours déjà. En revanche quand j'ai perdu les eaux, c'était beaucoup moins drôle.

J'ai dû me lever pour secouer Dante tout en appelant mes elfes pour qu'ils puissent veiller sur Mary. Dante a un poil paniqué. Il a couru dans tous les sens, attrapé le sac soigneusement préparé et posé dans l'entrée. Et il est parti. En m'oubliant à l'intérieur. Il n'a pas pu aller bien loin puisqu'il ne peut pas quitter l'île sans mon concours.

Je lui ai appelé le Magicobus et j'ai personnellement transplané jusqu'ici. Pas question que je monte dans un truc qui vous secoue comme une salade alors que je suis sur le point d'accoucher.

Quand je suis arrivée à la clinique, on m'a immédiatement prise en charge et ça avait beau faire un mal de chien, le bébé n'avait pas l'air si pressé que ça de sortir.

Dante a été foutu hors de la salle d'accouchement, ce qui n'est quand même pas commun… Ça a sans doute à voir avec le fait que je lui ai dit que je le détestais pour m'avoir obligé à vivre ce putain de supplice. J'étais suffisamment agitée sans avoir besoin que la cible de ma colère soit devant moi. Mais j'avais quand même de la compagnie.

Outre les Guérisseurs, les Triplés d'esprit frappeur étaient là à tournoyer autours. Ils ont parié sur le sexe du bébé : un croyait fermement que ce serait une fille, l'autre un garçon et le troisième a parié sur un mutant parce que, je cite, "aucun des parents de ce pauvre gosse n'est normal".

Au final, j'ai accouché en milieu de l'après midi après des heures d'attente.

J'étais épuisée quand ils me l'ont mis sur la poitrine avant de faire entrer Dante. Ce dernier n'a pas osé s'approcher au début. Je crois bien qu'il avait peur de ma réaction. J'étais tellement vidée que je ne ressentais même plus de colère. Je lui ai tendu la main et il s'est prudemment approché pour l'attraper et venir s'asseoir près de moi. Je crois d'ailleurs que je n'ai pas tardé à m'endormir contre lui et en serrant notre fils contre moi.

J'ai donc donné naissance à un garçon. Pas vraiment de suspens quant à la couleur des cheveux et des yeux : Dante et moi sommes tous les deux bruns avec des yeux verts. Il s'appelle Cameron Gregory Entwhistle – White. Je pense que c'est évident que j'ai remporté gain de cause pour le second prénom.

*Clinique, plus tard*

Je suis déjà sur pied, mais Cameron va devoir rester quelques jours ici. Il a ouvert les yeux pour la première fois tout à l'heure. Ils sont trop sombres pour qu'ils deviennent un jour vert. Mais ma mère ayant eu les yeux bruns, ça ne me surprend pas plus que ça.

Je n'arrive pas à me dire que ce bébé est de moi. Comment est ce que j'ai pu concevoir un être pareil ? Il est minuscule et magnifique. Ce n'est pas le premier bébé que je vois et dont je m'occupe. Mais j'ai encore plus peur de le briser en le touchant qu'avec les autres. Plus encore qu'avec Jonathan. Et c'est pire pour Dante. Lui, n'a jamais approché un bébé de sa vie.

Je l'aime. Cameron. Je n'ai jamais désiré être enceinte. Jamais. Mais je ne peux pas ne pas l'aimer. Et ça me fait mal. Tellement mal. Parce que toutes les personnes que j'aime sont destinées à mourir. Et je ne veux pas putain. Je ne veux pas.

Je vais lui faire faire un talisman. Et je vais veiller sur lui. Quoi qu'il arrive. Je veillerais. Il ne doit rien lui arriver. Sans quoi le Destin lui même ne pourra pas échapper à ma furie.

Mardi 7 Septembre 1982 : maison

Je suis de retour à la maison, mais sans Cameron. J'ai failli me tuer avec tous les chatons qui courent dans tous les sens. Il va vraiment falloir qu'on les donne. Et j'ai déjà trouvé mes victimes : je vais en donner 4 à l'orphelinat et un à Luna. Après tout, c'est aussi ma filleule même si j'ai été mise devant le fait accomplit et je n'ai pas pris de ses nouvelles depuis bien trop longtemps. En espérant que ça va emmerder les Lovegood. Je ferais ça quand Cameron sera à la maison.

Jeudi 9 Septembre 1982 : maison

J'ai pu ramener Cameron à la maison aujourd'hui. Il a été présenté à Mary qui avait plutôt l'air curieuse et contente de voir un autre enfant. Reste à espérer que ça continuera à se passer aussi bien.

Je suis inquiète pour la suite. J'ai déjà plus ou moins élevé un enfant, mais c'est différent quand c'est le sien et quand on est seule.

Samedi 11 Septembre 1982 : maison

C'est crevant. Ça ne fait que deux jours que je suis seule avec Mary et Cameron, mais j'ai eu un bon aperçu de ce que vont être les prochaines années de ma vie. Heureusement que j'ai des elfes pour m'aider.

Samedi 18 Septembre 1982 : chez les Levis

Aujourd'hui, je leur ai ramené non seulement Mary, mais aussi Cameron et Dante qu'ils n'avaient jamais vu. Jonathan a semblé ravi de me voir et a entraîné Mary avec lui pour jouer. Je suis contente qu'ils s'entendent.

Il grandit tellement vite que j'ai l'impression de louper pleins d'étapes importantes de sa vie. J'aimerais pouvoir être avec lui quotidiennement. Mais c'est impossible.

Dimanche 19 Septembre 1982 : labo de potion

Je profite que ce soit dimanche et que Dante soit là pour retrouver avec soulagement mon laboratoire de potion. C'est le même lieu frai, sombre, silencieux et immobile que je connaissais. Ça fait beaucoup de bien de me retrouver seule avec mes chaudrons.

*Maison*

Tout à l'heure, j'ai fait apparaître une cage devant moi et j'ai chopé au hasard un chaton de la portée pour le fourrer dedans. Dante a rappliqué quand il l'a entendu miauler à la mort :

- Mais qu'est ce que tu fais ? s'est –il affolé.

- Je vais le donner à ma deuxième filleule.

- Tu ne peux pas faire ça !

- Ne fait pas le gamin : on a déjà deux chats à la maison, c'est suffisant.

- Mais c'est mal de les séparer de leurs parents !

- On ne peut pas les garder.

- Bien sûr que si : tu as un terrain suffisamment grand pour garder tous les chatons de toutes leurs portées.

- Bonjour l'horreur.

- S'il te plaît !

- Mon loup va vouloir les bouffer, ai – je lancé. Il a déjà essayé plusieurs fois avec Dragon. Ils ne seront pas en sécurité ici. Ils seront heureux : je vais les donner à des gens que je connais bien.

J'ai attrapé Cameron, confié Mary à Dante et je m'en suis allée avec le chaton sous le bras sans tenir compte de son regard déchiré. Non mais sans blague ! J'ai transplané jusque chez les Lovegood. Je les avais prévenus par hibou, parce que moi je ne débarque pas sans annoncer ma venue, et ils m'ont donné leur adresse.

Autant dire que je n'avais pas du tout envie d'entrer quand je suis arrivée devant. Ça ressemblait à un vieux moulin à moitié en ruine et recouvert de lierre. Les seules choses qui paraissaient tenir debout sans manquer de s'écrouler étaient les pommiers qui avaient encore des pommes rouges ce qui me fait dire que la magie n'était pas étrangère au phénomène.

- Cryyyyystaaaall ! s'est écrié Elena en m'ouvrant et en essayant de se jeter sur moi.

- Vade retro, tu vas nous tuer sinon.

- Nous ? a t –elle relevé avant que son regard ne tombe sur la cage. Un chat ! C'est pour moi ? Il est troop mignon. Petit, petit, petit.

J'ai eu une pensée émue pour le pauvre petit chaton. Dans quel pétrin l'ai-je fourré ?

- C'est pour Luna, alors laisse le tranquille. Sinon il va mourir de peur avant qu'elle n'ait pu le voir.

Elle a commencé à babiller sur combien elle était contente de me voir en m'invitant à entrer. J'ai quitté mon manteau après avoir constaté qu'il faisait chaud et qu'ils avaient colmaté les trous dans le plafond avec divers matériaux dont je ne voulais absolument pas connaître la provenance.

- Ce n'est pas encore le grand luxe, mais ça va le devenir avec un peu de trav-... Qu'est ce que c'est que çaaaaa ? s'est – elle exclamée en pointant du doigt Cameron.

- Ça, c'est mon fils alors n'ai pas l'air si horrifiée, tu veux ?

- TON FILS ? a t -elle hurlé.

Et c'était parti. Elle l'aurait su à un moment ou à un autre alors j'avais décidé de le lui dire le plus tôt possible. J'aurais mieux fait de m'abstenir. Elle avait encore plus l'air d'une folle furieuse. Heureusement que Xenophilus est arrivé pour la calmer. Elle s'est tue dès qu'elle a eu Luna entre les mains. Cette gamine est magique. Elle mériterait l'Ordre de Merlin Première Classe pour cet exploit. Elle a beaucoup grandit depuis la dernière fois où je l'ai vue. Ses cheveux blonds étaient coiffés en deux couettes sur le haut de sa tête et elle m'a fait un grand sourire en me voyant comme si elle me reconnaissait ce qui est impossible.

J'ai été contente de rentrer à la maison. Elena est toujours aussi fatigante. Mais je m'inquiète pour elle. Quand je lui ai demandé ce qu'elle faisait comme travail, elle m'a dit qu'elle essayait d'inventer des sorts pour permettre à tout le monde de voir les Ronflak Cornus et de les détecter plus facilement. C'est dangereux d'expérimenter sur les sortilèges si on ne sait pas ce qu'on fait. Comme pour les Potions. J'ai essayé de le lui faire comprendre qu'elle ferait bien d'aller en fac et d'étudier la question avant mais elle ne m'écoutera pas, comme d'habitude.

Lundi 20 Septembre 1982 : maison

Je reviens tout juste de l'orphelinat de Kathie où je me suis débarrassée des quatre derniers chatons. J'ai lâchement profité du fait que Dante soit au travail pour qu'il n'essaye pas de me convaincre de les garder.

Kathie a refusé de garder les chatons, mais les enfants les ont vu et avant qu'elle n'ai pu protester ils étaient adoptés et avaient disparu de la cage. Je me suis pris un regard noir quand j'ai ricané. Mary est partie avec les autres enfants en courant même si elle est encore un peu mal assurée. J'ai eu moins de mal à la laisser y aller que la dernière fois. Et j'ai apaisé Kathie en la laissant prendre Cameron dans ses bras.

- Je n'aurais jamais pensé te voir avec des enfants, m'a dit Tobias quand il s'est pointé.

- Au contraire je ne la voyais pas sans enfant, l'a contredit sa femme. Je n'imaginais juste pas que ça arriverait comme ça.

- En tout cas, je plains ce pauvre petit bonhomme, a répondu Toby en caressant la tête de Cameron. Ta mère est une vrai furie, tu vas t'en prendre plein la tête.

- Merci beaucoup, ai – je grincé. Maintenant ôte tes sales pattes de mon fils avant que je ne te les coupe.

- Qu'est ce que je disais !

Je l'ai fusillé du regard avant de vérifier que Mary jouait toujours gentiment avec les autres enfants. Alors que j'allais partir, Théodore s'est rapproché de moi et a attrapé ma cape. Kathie était occupée à soigner un des enfants qui avait été griffé par l'un des chaton et n'a donc rien entendu.

- Tu ne peux pas m'emmener avec toi ? a t –il demandé. Je ne prendrais pas beaucoup de place et je serais sage.

- J'ai déjà trois enfants à la maison Théo, c'est beaucoup. Tu ne te plais pas ici ?

- Si mais c'est pas pareil que d'avoir une maman, un papa et une vraie maison.

- Je suis très occupée tu sais, ai – je dit en passant une main dans ses cheveux. Je ne pourrais pas m'occuper de toi aussi. Tu serais malheureux chez moi.

- Non, c'est pas vrai, a t –il répondu en se mettant à bouder.

- Je suis désolée.

Il avait les larmes aux yeux à la fin et j'ai eu l'impression qu'il me brisait le cœur. Mais je ne peux pas aussi le prendre avec moi. C'est impossible. Je suis déjà débordée entre Aileen, Mary et Cameron. Ce serait l'enfer si je faisais ça. Je n'ai pas envie de passer ma vie à m'occuper d'enfant, ça c'est l'ambition de Kathie. Je veux aussi pouvoir vivre pour moi. Je suis vraiment triste pour lui.

- Je sais ce qu'il te voulait, m'a dit Kathie en voyant le petit garçon filer vers sa chambre en courant.

- Ah bon ?

- C'est sans doute celui qui est le plus attaché à toi. Il me demande souvent quand tu reviendras ici. Il t'aime beaucoup.

- Si tu me dis ça pour me culpabiliser, c'est réussi, ai – je grogné en ajustant le bonnet de Mary sur sa tête.

- Non, je te mets juste au courant.

- Pourquoi s'est – il attaché comme ça à moi ? On se voit très peu pourtant.

- Tu ressembles à sa mère. Il a une photo de ses parents avec lui qu'il a réussi à récupérer avant qu'on ne l'amène ici. Je l'ai vue et vous vous ressemblez vraiment comme deux gouttes d'eau, même si tu as la peau un peu plus foncée et plus de cicatrices. Ça a beaucoup aidé, je pense.

- Tu peux surveiller Cameron et Mary deux minutes ? ai – je demandé.

- Sa chambre est la troisième porte sur la droite quand tu montes, m'a t –elle indiqué en comprenant ce que j'allais faire.

J'ai vaguement l'impression de m'être faite manipuler. Je lui ai confié mes deux enfants pour aller voir Théodore. Il était recroquevillé sur son lit et quand je suis entrée et qu'il m'a vue il m'a crié :

- Va t –en !

Je suis venue m'asseoir à côté de lui et je me suis penchée sans tenir compte de ses paroles. Il tenait entre ses mains une photo un peu fripée. On pouvait voir dessus deux adultes, un homme et une femme, tenant entre eux un petit garçon et ils rigolaient tous les trois. Je dois bien admettre que sa mère me ressemblait vraiment. Pas au point où me le disait Kathie mais suffisamment pour que je reconnaisse mes traits chez elle.

- Tu sais, ce n'est pas parce que je ne te prends pas avoir moi que je t'aime pas ou que je ne veille pas sur toi, ai – je dit en posant une main sur son épaule. Vous êtes tous précieux pour moi, mais je ne peux simplement pas tous vous emmener.

- C'est pas tout le monde ! Juste moi ! a t –il répondu.

- Ce serait injuste pour les autres. Je ne peux pas faire de différence entre vous tous.

Il n'a pas répondu et j'ai caressé ses cheveux. Il s'est laissé faire et je l'ai senti se détendre contre moi. J'ai fini par redescendre et partir quand il était calmé, mais j'en suis encore retournée. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre de réaction de la part d'un des orphelins. Même si je peux imaginer pourquoi il a fait ça. Ils préféreraient tous être dans une famille, je pense, peu importe combien Kathie et Marlène peuvent s'occuper d'eux.

Samedi 18 Décembre 1982 : maison

J'ai ramené Aileen à la maison pour qu'elle passe les vacances de Noël avec nous et rencontre son neveu. Elle a été un peu craintive au début comme si elle pouvait le briser ou lui faire du mal en le prenant dans ses bras. Mais maintenant elle a l'air de l'adorer et lui donne le biberon dès que l'occasion se présente. J'ai l'impression de me voir quand Oliver venait de naître.

La situation et ma vie de famille semblent finalement pas si mal se passer que ça. Et il faut bien que j'avoue que c'est aussi grâce à Dante. Il avait raison : il n'est vraiment pas difficile à vivre. J'ai vraiment l'impression que tout se passe à merveille et qu'on franchit les étapes une à une sans problèmes. S'il n'était pas là, ça aurait sans doute viré à la catastrophe dès le début.

Je m'en veux presque que se soit si facile entre nous. Nous sommes amis, je peux le dire à présent, et notre collocation est bien plus harmonieuse que celle que j'avais avec Sirius. Malgré tout le mal que ça me fait de le constater.

Mais il a finalement conquis ma sœur, s'occupe de Mary comme si elle était sa fille quand je ne peux pas le faire moi-même et prend soin de Cameron. Il a même dit qu'il a décidé de travailler à mi-temps à la boutique pour m'aider et me permettre de reprendre mon propre travail de Maître des Potions. Il dit que comme il est nourri, blanchi et logé à l'œil il n'a pas besoin de travailler autant et qu'il sera plus utile ici. C'est vrai que je ne suis pas dans le besoin et que je ne lui ai jamais demandé de contribution financière, je n'y ai même pas pensé en fait. Je sais cependant qu'il adore son travail. C'est un sacrifice qu'il fait pour moi.

Franchement, je pense que je pourrais faire un petit effort moi aussi. Je vais aller voir sa famille, qui ne lui a toujours pas pardonné ce qu'il a fait, et essayer d'arranger la situation entre nous. Ils n'ont même pas souhaité rencontrer leur petit-fils. Et je sais que ça le fait souffrir même s'il évite d'aborder le sujet.

Mardi 21 Décembre 1982 : maison

Je reviens tout juste de chez les parents de Dante. J'ai profité qu'il soit au travail pour confier Cameron et Mary à Aileen et Tera. Ma sœur semblait ravie de cette preuve de confiance. Mais Tera avait quand même consigne de me prévenir si quoi que ce soit tournait mal.

La rencontre ne s'est pas passée aussi mal de la première fois. Il n'y avait ni Monroe, ni Victor –Hugo quand je suis arrivée. C'est le père de Dante, Ethan White, qui m'a ouvert. Il m'a observée un moment avant de me demander ce que je faisais là. Je lui ai exposé la situation le plus simplement possible : ça c'est mal passé la dernière fois, on était tous en tord, et ça en devenait ridicule. Nous sommes tous des adultes et on devrait être capables de s'entendre au moins que pour Dante ne souffre pas de la situation.

J'ai donc eu le droit d'entrer. On ne s'est pas installés et on a pas discuté autour d'un thé, mais on a quand même pu parler. Léonie, la mère de Dante, n'a pas beaucoup ouvert la bouche, c'est surtout son mari qui répondait pour eux deux. Mais à la fin, elle a néanmoins dit qu'elle appréciait le geste et qu'elle essaierait de se montrer plus correcte à l'avenir.

Il viendront manger le 25 Décembre à midi. Je ne dirais rien à Dante. Ce sera ma surprise et son "miracle de Noël".

Samedi 25 Décembre 1982 : maison

C'est Dante qui est allé ouvrir à ses parents quand ceux – ci sont arrivés. Il n'en croyait pas ses yeux le pauvre. Mais il en a été heureux si j'en crois l'étreinte étouffante dont il m'a gratifiée en comprenant pourquoi ses parents étaient avec nous aujourd'hui.

Les White ont donc pu découvrir leur petit – fils et Léonie a même lâché quelques larmes quand elle l'a pris dans ses bras.

Ils ont aussi fait la connaissance de Mary qui a paru totalement déboussolée par l'albinisme d'Ethan, et d'Aileen qui s'est montrée extrêmement réservée comme à chaque fois qu'elle rencontre des gens qu'elle ne connaît pas, et malgré son âge. Il faut dire que le père de Dante peut –être impressionnant.

Au final, le repas s'est passé dans le calme. Ni Léonie ni moi n'avons hurlé, on a discuté de sujets qui ne fâchent pas. Et quand ils sont repartis, ils ont suggéré qu'on pourrait leur laisser les enfants de temps en temps. Et ils entendaient par là Cameron et Mary. Autant ça ne me pose pas de problème pour Cameron, après tout c'est leur petit-fils. Autant j'hésite pour Mary. Ce n'est pas pareil pour elle.

Dante essaye encore de me convaincre que ses parents ne la mangeront pas et s'en occuperont comme si elle était aussi de leur famille. Mais après ce qu'il s'est passé la dernière fois que je l'ai laissée à quelqu'un d'autre qu'à moi, je ne suis pas certaine que je suis prête à recommencer avant quelques années.

Vendredi 31 Décembre 1982 : maison

Déjà un an que je vis avec Mary au Phare. Et entre temps il s'est passé tellement de chose. En une année je suis tombée enceinte, je vis plutôt harmonieusement avec Dante, je me suis engueulée puis réconciliée (plus ou moins) avec ses parents, j'ai donné naissance à Cameron et Aileen a définitivement emménagé avec nous au Phare.

Je ne me remettrais sans doute jamais de tout ce qu'il s'est passé l'an dernier. Et je ne cesserais jamais d'aimer Sirius, de m'en vouloir pour Lily, James et tant d'autres morts, d'attendre la lettre de Remus qui me dira qu'on devrait se revoir…

Mais là, ce soir, je n'ai plus l'impression de ne pas pouvoir être heureuse. Je me sens… Bien dans cette nouvelle vie. Ce n'est pas ce que j'envisageais quand j'étais petite, ni ce que je prévoyais encore l'an dernier. Mais ça me va quand même.


Ce chapitre est arrivé en avance : c'était mon cadeau de Noël ! J'espère qu'il vous a plu.

Le prochain chapitre arrivera soit le 30 (si vous êtes sages XD) soit le 3 vu que je vais fêter nouvel an à Amsterdam. En attendant, passez un joyeux Noël !

A suivre...