Deuxième chapitre ! Merci beaucoup pour vos reviews cette fois-ci, c'est Harry qui écrit...j'espère que vous apprécierez
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Dans les yeux orageux de Draco Malfoy, un éclair luit pour un court instant.
Le gardien venait de lui apporter la réponse. Plus vite qu'il ne l'attendait.
Les doigts tremblants, il décacheta puis ouvrit l'enveloppe de parchemin. Draco sourit. L'encre verte lui rappelait Poudlard et les yeux de l'autre. Un peu de sa vie antérieure. Il supposait que Potter écrivait avec cette couleur depuis la mort de Dumbledore. Il devait aussi manger des glaces au citron souvent.
C'était peut-être bizarre de sourire en songeant à des glaces au citron ou à la couleur d'une encre quand on était l'un des plus grands meurtriers du siècle et qu'on parlait de la personne qui avait déclenché la troisième guerre mondiale, mais lorsqu'on a pour logis une cellule noire, pour repas de la nourriture magiquement dépourvue de saveur et pour toute disctraction les morts crachant leur mépris et leur haine au cours de nuits sans fin, on aime penser à des choses gaies, pour ne pas perdre tout à fait la tête.
Malfoy,
le sourire de Draco s'effaça. Potter ne perdrait donc jamais ses mauvaises manières.
Ta lettre m'a surpris. Je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'un quelconque canular ou d'une farce de mauvais goût...
Cependant, tu as sûrement raison. Oui. Il faut que tu aies raison. J'étais entrain de me demander comment j'arriverais à résister à cet état de spleen qui s'est emparé de moi, et l'écriture m'était passée par l'esprit. Une autobiographie aurait cependant été une insulte à l'humanité, un Mein Kampf ignoble, dont je ne doute pas qu'il aurait fait la fortune des librairies. Je songeais à écrire des poèmes, mais l'idée me vint que je n'insulterais alors pas l'humanité mais mes auteurs préférés. Baudelaire, par exemple...as-tu lu Baudelaire, Draco ?
« Adorable Sorcière, aimez-vous les damnés ? »
Cela nous convient bien, non ? Ce vers est extrait du poème « l'Irréparable ». Je suppose que tu as lu les Fleurs du Mal, puisqu'apparemment les auteurs moldus ne te rebutent pas...
Mais je m'égare. Il semblerait que j'aie accepté ta proposition sans m'en rendre compte. Il est évident que cette lettre ne finira pas à la corbeille mais bel et bien dans tes mains. Pauvre feuille, elle qui était vierge, si pure et immaculée, elle se trouvera dans les quatre mains les plus couvertes de sang de la planète.
Je ne sais pas très bien par quoi commencer...nous raconter à l'un l'autres nos vies serait, il me semble, superflu. Peut-être souhaite-tu entendre parler de l'évolution de la vie ici ? Pour ma part, j'aime à me dire que Ron Weasley et Hermione Granger ne se sont pas mariés, vivent relativement heureux compte tenu de ce qu'ils ont vécu et on déjà un enfant. Je préfère penser aux nouveaux nés qu'aux morts, mais alors je pense à tous ceux qui ne naîtront pas par ma faute, et quand je vois la petite Carmine, les larmes me montent aux yeux.
Connais-tu l'histoire moldue, Draco ? As-tu entendu parler d'Hitler, de Staline, de Mao Tsetung, et autres noms sinistres ?
Le fait de me dire que je suis encore plus coupable qu'eux me donne la nausée. Il me faut parfois longtemps pour penser à autre chose, et parfois la seule solution pour échapper à cela en est une potion de sommeil.
Ma maison est sans doute pire que ta cellule. La fonction d'un cachot est d'être vide et noir comme la pensée de celui qui l'habite. Mais ma pauvre maison, elle a connu la gaité, la haine, elle vibrait quand j'y suis entré la première fois, et elle qui n'avait rien demandé à personne, elle se retrouve dépouillée, vide et nue. Et c'est cette nudité que viennent parfois épier les yeux des journalistes...le petit Colin Crivey n'apprendra jamais l'empathie, il me harcèle. Ma porte reste fermée. Ils tournent tous dehors, en permanence. Je ne sors plus qu'en transplanant, et incognito. Sinon, c'est une tripotée de baguettes magiques avec un sort d'enregistrement qui se pointent sur moi. Même les moldus et leurs micros s'en mêlent. Et cela me donne encore plus envie de vomir. Dire qu'au bout de tout ce temps, ils ne se sont pas calmés...
Je viens de me rendre compte que je fais exactement ce que je m'étais juré de ne pas faire, à savoir t'importuner en racontant ma vie. Il vaut probablement mieux que j'achève cette lettre.
Harry Potter.
Draco leva les yeux, inspira et relit.
Rien.
Pas une trace de haine, de dégoût, de mépris. Il avait vu juste. Harry était, comme lui, passé au stade où n'existait plus d'autre sentiment que le dégoût de soi-même. Où le désespoir était si profond qu'il ne poussait à plus rien d'autre qu'à l'apathie, dans l'attente calme d'une mort qui finirait bien par venir. Le spleen.
Oui. Draco avait lu Baudelaire. En version française, même. Il y avait tenu. Les poèmes traduits devaient être totalement dénaturés...
Le spleen se guérit par la recherche de l'Idéal.
Draco replia la lettre dans son enveloppe et se résigna à attendre l'arrivée du gardien pour avoir de quoi écrire.
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Toujours un peu court...mais ne vous en faites pas, ce n'est que le début. Une petite review m'aidera sans doute à faire plus long...
