Bonsoir tout le monde,
Comme promis, le nouveaux chapitre est là. Le prochain sera peut être plus long à venir. Tout simplement car il n'est pas encore corrigé. Quant à l'écriture, elle suit son cours. Doucement mais surement
Je tient donc à remercier Choupamelle95, Hilaidora, Alyssa-JK, Nini, Nutellah, Littlebeattle, Moonlight, MissDS, Atchoum16, Caella et Sithgirl (Sith', si tu passes par là, j'adore tes délires verbeux ;p )
Merci donc à toutes, j'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira, et ne vous décevra pas.
Sur ce, mon rhume et moi, nous vous laissons.
Disclaimer : Rien n'est à moi. Tout est a JKR .
Titre : Beau Jouet trop compliqué.
Résumé: Le murmure de la mécanique. Le rouage impeccablement huilé. Jusqu'à ce que tout se grippe. « On a tous notre lot Malefoy. Après...Le Lord ou l'Ordre. Quelle différence, si j'ai réussis à t'aimer... » DMHG
OoO Acte 2 OoO
Granger s'était invitée dans ma chambre dans le courant de la soirée. Sans un sourire, elle m'apprit des choses que je savais déjà. Pendant tout son discours, je pris soin de m'appliquer à ne laisser transparaître aucune réaction. L'issue de la réunion m'avait laissé dans une rage sourde. Ils avaient su trouver l'art et la manière de me contraindre. Mais je ne devais rien laisser paraître. Il me fallait être maître de mes émotions et demeurer de marbre. A la manière dont Granger réagissait, j'estimais m'en sortir plutôt bien.
- Nous allons donc travailler ensemble. Toujours ensemble. Tout passe par moi. Tu dois me consulter avant chaque décision. Notre collaboration doit être l'une de tes priorités. Il n'est absolument pas question que tu gardes pour toi la moindre information et que …
- C'est réciproque, je suppose ?
- Pardon ?
- Voyons, Granger. Ta collaboration pure et parfaite. Je suis en droit de penser qu'elle ne fonctionne pas à sens unique ?
Elle pinça les lèvres et siffla :
- Bien sur que non. Tu seras au courant de toutes les informations dont je disposerais. Il me semblait évident que cela marchait dans les deux sens.
- Je voulais simplement m'en assurer, lâchai-je, du bout des lèvres.
Elle me toisa, l'air hautain.
- Voici une cape en rigueur, c'est un peu l'uniforme de l'Ordre. Une manière de nous reconnaître. Voici un plan : étudie-le, retiens-le. Nous pouvons être amenés à agir dans tous les endroits que j'ai entourés. Apprends les annotations, tout peut être utile. Je t'ai amené quelques manuels, potasse-les : Défense Contre les Forces du Mal, Métamorphose, Sortilèges, Potions. Autre chose : je vais devoir vivre dans la chambre contiguë à la tienne. Pas de blague donc, j'ai le sommeil léger. Quant au reste, nous pouvons partir en mission, être appeler en réunion à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Voila. C'est à peu près tout. Des questions ?
- Tu as oublié de me préciser les heures de repas.
Elle siffla d'un air dépréciateur.
- Tu es vraiment méprisable.
Je me levai afin de me planter face à elle. Elle avait beau mesurer près de vingt centimètre de moins que moi, elle ne me lâchait pas du regard.
- Tu me prends pour un débutant, Granger. Tu crois que je n'ai pas conscience du danger ? Je vais te dire une ou deux petites choses. Je suis aussi compétent que toi. Je n'ai pas de leçon de rigueur à recevoir, je te rappelle que je viens d'une grande famille : avec des règles, des principes. J'ai reçu des préceptes solides et j'ai des connaissances en magie qui pourraient t'étonner. Alors si tu veux me coller comme mon ombre, c'est ton problème. Mais ne me sous-estime pas.
- Menace ?
- Conseil d'ami, Granger-Chérie. Nous sommes une équipe, ne l'oublie pas.
Je susurrai ces quelques mots contre son oreille. Elle me repoussa froidement avant de me lancer un regard chargé de dégoût.
- Très bien. Demain, rendez-vous en bas à 5 h 30. Les retardataires ne sont pas excusés.
OoOoO
Je pris un soin tout particulier à agrafer la cape à mon col. Le reflet dans le miroir ne manquait pas de panache. Je devais sans doute être semblable à tous ces autres membres de l'Ordre revêtu de cette même tenue. Sans leur ressembler le moins du monde. Il n'y a rien de plus trompeur qu'un costume. Tous identiques en apparence. Rien de plus habile pour cacher la vérité.
Je finis par détourner les yeux. On commençait déjà à entendre les membres descendant dans les étages inférieurs. 5 h 24. Leurs ponctualités compulsives avaient une rigueur légèrement angoissante. Je pris soin de glisser ma baguette dans un revers de ma cape, avant de les rejoindre.
Granger fit son apparition avec Weasley. Les bruits de couloir disaient qu'ils sortaient ensemble. Officieusement. L'aspect officiel aurait certainement coûté la vie à l'un d'entre eux. Moyen de pression comme un autre.
Granger jeta un dernier regard à ses deux fidèles comparses avant de venir me rejoindre. Elle prit place à mes cotés, silencieuse. Potter distribuait les ordres de missions sans lever les yeux. Peu à peu, la salle se vidait. Nous passâmes en dernier. Potter lâcha ses feuillets et me foudroya du regard. Weasley avait fait deux pas dans notre direction, de manière à former une garde rapprochée autour de Granger.
- Je préfère te dire une dernière chose, Malefoy. Je considère Hermione comme ma sœur. Ma meilleure amie. Ma confidente. Touche simplement à une de ses bouclettes …, gronda Potter.
- Et je peux t'assurer qu'on se chargera personnellement de ton cas. Avec méthode, termina Weasley, lugubre.
Je vis Granger leur jeter un regard courroucé. Elle semblait moyennement apprécier le rôle que c'était octroyé les deux rigolos. Son visage afficha une moue contrariée et je la vis accrocher le regard de ses amis, sévère. Ceux-ci ne bronchèrent pas. J'occupai toutes leurs attentions. Je ne pus m'empêcher d'afficher un sourire sarcastique avant de souffler :
- Tu nous envoies ou, ma tendre collègue et moi, Potty ?
Il me snoba royalement et remis une feuille à Granger. Celle-ci parcourut rapidement les ordres des yeux, puis fit disparaitre la missive. Sans un mot, elle se plaça dans l'âtre de la cheminée. Je compris à son regard impatient qu'elle m'attendait. Je ne pus m'empêcher de fixer Weasley durant un moment, avant de me retourner d'un mouvement et d'aller rejoindre sa précieuse petite amie.
- Anahphool Pub !, s'exclama Granger.
Je fermai les yeux, ne les rouvrant qu'une fois à destination. L'endroit était un bar plutôt miteux. La pièce principale était grande mais basse de plafond, les pierres au sol étaient irrégulières et de lourdes poutrelles de bois soutenaient les murs. Le mobilier se résumait à un grand nombre de tables bancales et de vieilles chaises disparates, accompagnées de nombreuses tentures élimées pendues au mur. D'un geste brusque, Granger rabattit la cagoule sur mon visage. Lui jetant un regard de coté, je m'aperçus qu'elle avait fait de même. Elle se dirigea vers une table où je la rejoignis. Une serveuse jeune, mais trop maigre, vint prendre notre commande.
- Deux tasses de thé, siffla-t-elle.
La jeune fille disparut et Granger chercha mon regard.
- J'ai un certain nombre de choses à t'expliquer, commença-t-elle, abrupte. Alors tente au moins de m'écouter un minimum. Notre QG, le 12 Square Grimmaurd, sert de base interne. C'est la tête. La où se trouve l'éminence grise. Les décisions. Les réunions. Tout s'effectue en ce lieu. Mais pour notre protection, nous avons érigé des défenses sur le QG. Impossibilité de transplaner en ses murs. C'est la règle de base. Je te conseille de ne pas tenter l'expérience. Conseil d'ami. Il existe peu de manière de pénétrer le QG. Par la porte, mais l'accès a été réglementé et il est imprudent. L'autre solution est le portoloin. Avant chaque mission, des portoloins sont dissimulés un peu partout en Angleterre. Les membres reçoivent les différentes adresses et objets avant de partir sur le terrain. Ceux-ci changent avant chaque nouvelle opération, pour des raisons de sureté évidente. Pour te rendre à un portoloin, évite d'effectuer le trajet en une seule fois. On conseille trois transplanages intermédiaires pour brouiller les pistes. Enfin, nous avons le système de poudre de cheminette. Grimmaurd n'est relié qu'à cet endroit. C'est la seule ligne. Elle est sécurisée.
- Pourquoi vous avez choisi cet endroit pour … ?
- Une minute, j'y viens, me coupa-t-elle, inflexible. Anaphool Pub est un vieux bar des bas fonds de Traverse, mal famé, mal fréquenté. En apparence seulement. Il est tout entier sous la direction de l'Ordre.
J'avisai un vieil ivrogne accroché à sa bouteille de Whisky pur feu, les larmes aux yeux.
- Même lui ?
- Même lui. Tout a été savamment préparé. Le patron est un membre de l'Ordre. Chaque serveur également. Et tous les habitués aussi. C'est une mise en scène. Comment veux-tu que le Lord ait cherché l'Ordre derrière l'indécence et la décadence ?
Ses yeux pétillaient, de toute évidence, elle trouvait ça brillant.
- Comment êtes-vous si surs de votre planque ?
Nous avons su être patients et méthodiques. Ce bar se fournit en alcool grâce au marché noir du Lord. A leurs yeux, cet endroit n'est qu'un bouge immonde qui abrite les débris du monde sorcier. Cet endroit est notre QG externe. C'est ici que se tiennent les rendez-vous en tête à tête, entre un membre en mission et un membre au QG. Les informations transitent par ce pub. Mais encore une fois, pour le protéger, nous avons édicté des règles simples. Ce bar est ouvert à tous. Si aujourd'hui, il n'y a que l'Ordre, un sorcier moyen peut venir ici. Un mangermort également. Alors prudence. Je vais te donner la liste des membres de l'Ordre transitant ici. Ensuite, jamais de transplanage dans l'enceinte du pub. Pas même à moins de deux rues d'ici. A table, jamais plus de quatre personnes. Au-delà, cela pourrait sembler suspect. Et pour terminer, ta capuche, toujours sur le nez.
Elle finit son monologue et me jaugea un instant du regard. J'entraperçus une lueur fébrile. J'imaginais qu'elle devait se sentir mal. Elle m'avait donné des informations capitales en doutant de ma fiabilité. Elle savait que si je n'étais qu'un traitre, j'agirais le plus vite possible. Cette mission était son baptême du feu. Quand bien même, j'avais la certitude que Potter et Weasley n'étaient pas loin.
- Tu penses que tu te souviendras de tout ca ?, hasarda-t-elle finalement.
- Ca devrait aller.
Elle m'observa un moment avant de se mordiller l'intérieur des lèvres.
- Nous sommes censés intervenir dans une maison moldue. Un vieux collectionneur amateur, passionné de livres anciens. Figure-toi qu'il a en sa possession un livre qui intéresse beaucoup Harry. Il y a une semaine, il a reçu une invitation émanant d'un groupe de joyeux collectionneurs. Journée exclusive entre amateurs. Son rêve a toujours été d'intégrer cette organisation. Nous l'avons simplement fait pour lui. Il va quitter son domicile dans moins de six minutes maintenant. Ses voisins du coté impair sont partis aux Maldives. Ses autres voisins ne comptent pas se lever avant trois heures, nous sommes Samedi. Nous nous rendrons chez lui à 6 h mettrons la main sur ce livre. Nous en ferons une copie avant de repartir. Un jeu d'enfant.
- Et pourquoi ne pas simplement l'emporter avec nous ?
- Ces livres représentent toute sa vie. Il a assuré sa collection dans sa globalité. Il porterait plainte. Une disparition mystérieuse, sans effraction ni autre objet volé attirerait immédiatement l'attention des mangermorts. Ce n'est pas notre but.
Elle semblait sur d'elle et déterminée. Confusément, je trouvais la gamine aux dents proéminentes bien changée. Peut-être pensait-elle pareil du gamin aux cheveux savamment gominés.
Aucun d'entre nous ne toucha à sa tasse. Granger sembla me jauger une nouvelle fois, puis, elle sortit quelques pièces de sa bourse.
- On y va, déclara-t-elle froidement.
Je la suivis sans dire un mot, resserrant davantage les pans de ma cape. La rue était déserte. La ruelle, si je voulais être exact. Nous rejoignîmes Traverse en empruntant plusieurs rues sinueuses et inégales. Elle finit par m'entrainer tout à fait vers le Nord. Je m'aperçus durant notre cheminement que Traverse avait bien changé en plus d'un an. Un grand nombre de boutiques avait fermé leurs portes, donnant un aspect lugubre à cette ancienne rue marchande. Granger finit par bifurquer à gauche. Elle me saisit le bras et nous fit transplaner.
Ma tête me tournait sérieusement. Je manquai de m'effondrer à terre une fois arrivé. Elle m'avait pris totalement au dépourvu, cette bougresse. Je me courbai en deux, tentant de reprendre mon souffle.
- Une faiblesse ?, ricana-t-elle sans douceur.
La manière qu'elle avait de me parler de manière civilisé avant d'adopter des accents mauvais avait le don de me surprendre.
- La prochaine fois, si tu pouvais prévenir, grondais-je.
- J'essayerai, marmonna-t-elle. C'est ici, finit-elle par poursuivre.
Elle m'indiqua du doigt un petit pavillon semblable à tous les autres. Je la suivis docilement, contournant la petite bâtisse.
- Plus prudent de pénétrer par derrière, souffla-t-elle. Alohomora !
Le verrou laissa échapper un léger clique sonore. Elle poussa doucement la porte, moi à sa suite. Je l'entendis réciter une mélopée inconnue, puis, elle appuya sur une sorte de bouton apposé au mur, qui déclencha une lumière vive.
- Tu essayes de nous faire repérer ?
- J'ai récité un sortilège de dissimulation. Nous serons plus tranquilles.
- On cherche quoi au juste ?
- Un livre sur Jacques Cœur, datant de 1847.
- Et ce truc va servir à Potter ?
Elle ne fit même pas mine de répondre, inspectant chaque livre qui trainait.
- Dis donc, Miss je-sais-tout, ton collectionneur n'aurait pas une bibliothèque par hasard ?
Elle se retourna, me toisant :
- Je n'y avais pas songé, figure-toi, répondit-elle, sarcastique.
Mes yeux s'étrécirent dangereusement et je saisis ma baguette. Elle palit immédiatement.
- Malefoy, qu'est-ce que tu fais ?
Sa voix était blanche, malgré l'autorité qu'elle tentait de lui insuffler.
Je n'avais sincèrement pas pensé déclencher cette réaction chez elle. Mais sa peur était séduisante. Je demeurai ainsi un long moment, silencieux. Elle tentait vaillamment de lire en moi. J'aurais pu l'apaiser en libérant mon flux de pensée, mais je m'appliquai à barricader mon esprit avec tant de force que cela ne pouvait que renforcer ses soupçons. Finalement, elle osa parler :
- Ce n'est pas drôle, Malefoy.
- Si tu savais comme tu l'es. On n'apprend pas aux Sang-de-Bourbe à garder leur sang froid ?
Je la fis taire d'une œillade, avant de lui tourner le dos, recherchant son précieux écrit. Je la sentis immobile, à fixer mon dos. Je finis par mettre la main sur une sorte de vieux magazine chiffonné. Je le saisis, intrigué : une grille s'étalait sur l'ensemble de la page, pour la moitié remplie. Le reste semblait avoir posé quelques soucis au vieux collectionneur. Je plissais les yeux pour déchiffrer les petits caractères imprimés :
- Se croit supérieur.
- Pardon ?
Granger s'était retourné vers moi, inquiète. Je brandis le magazine sous son nez.
- C'est écrit ici. C'est un jeu de moldus ?
- Oui, c'est le genre de chose que l'on fait pour passer le temps, répondit-elle sur le bout des lèvres.
Elle était encore sur la défensive. Mes brusques changements d'humeur ne devaient pas y être pour rien. Je calai la gazette sous mon bras, continant mon inspection. Je l'entendis finalement s'exclamer.
- Je l'ai !
Elle brandissait un livre à la reliure épaisse et précieuse. Elle s'agenouilla devant la table basse. Nerveusement, elle jeta un regard vers la pendule murale.
- Il nous reste deux bonnes heures de sureté. L'idéal serait d'être partis bien avant. Une heure environ.
Elle posa un impressionnant paquet de feuille vierge devant elle, avant de sortir un plume de sa cape. Elle l'enchanta d'un coup de baguette, et celle-ci se mit immédiatement à recopier le manuscrit original.
- Ensorcellement de circonstance, expliqua Granger devant mon regard intrigué. McGonnagal nous aide beaucoup.
J'observai un moment la rapidité de la petite plume.
- Il va lui falloir combien de temps ?
- A vue de nez, un peu moins d'une heure.
Elle se laissa retomber sur le sol et passa une main hâtive dans ses boucles emmêlées, regardant fixement la table basse. Une heure … Cela promettait d'être long. Je finis par faire glisser le vieux magazine.
- Je disais donc : Se croit supérieur.
Elle finit par m'observer, inclinant la tête délicatement.
- Tu as une idée ?
- Draco Malefoy ?, proposa-t-elle, légèrement tendue.
Il n'y avait pas à proprement parler d'agressivité dans son ton. Elle semblait se risquer à une pointe d'humour. Comme pour faire ami-ami. Elle pouvait toujours rêver. Mais je me détendis néanmoins.
- Spirituelle Granger. Mais je crois que ça ne rentre pas. Tu m'en voit désolé.
Elle m'arracha la gazette des mains et fronça les sourcils, concentrée.
- Je dirais Imbu. Surtout que le U collerait avec le « Vase pour les cendres ». Ca ferait Urne.
Je finis par lui reprendre le feuillet. En moins de dix minutes, nous avions mis fin à la grille. Je dus rechercher un ancien magazine, pour pouvoir nous occuper le reste du temps. C'était une trêve. Nous n'étions pas amis. Mais pas ennemis non plus. On tentait d'atténuer toutes les rancœurs accumulées. Pour se supporter. Simplement. On ne demandait rien de plus. Pas encore.
OoOoO
Ils n'étaient pas neuf heures quand nous rejoignîmes l'âtre de la cuisine du QG. Potter attendait, la tête entre les mains. Weasley faisait les cent pas.
Ils se précipitèrent vers Granger. Sans qu'elle n'ait le temps de prononcer le moindre mot, Potter l'attira vers elle, la serrant dans ses bras. Weasley se contenta de lui jeter un regard brûlant. De soulagement, peut-être.
-Vous êtes en retard, reprocha le Survivant. Nous nous sommes inquiétés.
Je fis mine de ne pas entendre. De toute évidence, confier ma garde à leur précieuse amie ne les rassurait pas.
Granger semblait plutôt mal à l'aise. Elle finit par se dégager de l'étreinte de ses deux amis, brandissant le précieux manuscrit sous leurs yeux.
- Nous l'avons trouvé.
- C'est génial !, la remercia Potter dans un sourire. Je vais tacher de bosser dessus aujourd'hui. Tu as été formidable, souffla-t-il finalement.
Je vis le regard de biais de Weasley vers Granger. Celle-ci hocha la tête et le rejoignit. Tout deux disparurent par la porte a l'extrémité de la grande cuisine. J'en supposai que je pouvais me retirer. Je commençai a gravir les escaliers menant à ma chambre.
- Malefoy ?
Potter attendait, une moue sur le visage.
- Je voulais te prévenir encore. Pas d'entourloupe avec Hermione, nous sommes d'accord ?
Je ne pus m'empêcher de lever les yeux aux plafonds. Agacé.
- Il lui manque une jambe ? Un bras ? Je crois qu'elle est indemne. Ne t'inquiète pas, Saint Potty. J'ai autre chose en tête que Granger.
Il fit demi-tour, suivant le chemin emprunté par ses deux acolytes avant lui. Je l'entendis juste marmonner.
- Cela, je l'espère bien.
OoOoO
C'est surprenant comme le temps file. Nous étions empêtrés dans un mois de Novembre qui ne voulait plus se finir. Le froid engourdissait Londres. Tandis que ma vie d'agent au sein de l'Ordre se passait. De missions de repérage en missions mineures. Assignée avec moi, Granger se voyait confier les opérations les plus minables. Minable, mais sur le terrain. Juste de quoi occuper notre morne quotidien.
J'avais l'impression de ne plus jamais sortir de la grisaille. Les nuages s'étiraient, refusant de laisser apparaitre les rayons du soleil. Et la Guerre approchait. Mêmes les personnes les plus optimistes se rembrunissaient. Le QG suintait la peur. Une période invivable. Le trouble avant la période de guerre. Tout le monde la sent, qui se trame, plus proche et insidieuse chaque jour. Malgré la crainte qui noue les ventres, on en vient même à l'espérer. Qu'elle soit déclarée, enfin. Et qu'on puisse l'évoquer. Il n'y à rien de pire que cet instant où tout est si proche de basculer, et où tous refusent de l'évoquer.
Je m'étais habitué à Granger. Je l'observais beaucoup. C'était une sorcière puissante. Indéniablement. Je voyais aussi à quel point Potter et Weasley avaient besoin d'elle. L'aide précieuse pour les plans tactiques. Mais aussi le maintien, le soutien. Le boulon solide de ce Trio effrayé.
Nous nous apprivoisions. Nous avions nos habitudes. Nos silences. Parfois, nous échangions quelques mots. Confusément, sa présence ne m'étais déjà plus si insupportable. Elle faisait partie de mon univers, désormais. De ce quotidien monotone et immuable, confortable et rassurant. Presque agréable...
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Le reflet argenté de la lune donnait une atmosphère presque lugubre à la vieille bibliothèque des Black. Granger et moi travaillons sur un ancien sortilège de Magie Blanche. Potter désirait s'en charger, mais nous avait refilé la tâche, appelé d'urgence au Ministère. La Guerre se profilait de plus en plus nettement. Une question de jours. Pour ne pas dire d'heures.
Un nuage vint recouvrir une de nos sources de lumière, laissant l'éclairage de la salle au seul bon vouloir de nos torches poussives. J'étouffai un bâillement. La façon qu'avait Granger de se plonger dans le travail le plus soporifique avec entrain avait quelque chose de déconcertant. Son visage concentré reflétait un sérieux sans faille.
- Il y a peut-être une chose que j'admire chez toi, Granger.
Elle leva la tête, comme ayant mal entendu.
- Pardon ?
- Ton pouvoir d'abnégation. Weasley et Potty sont auprès du Ministre à cette heure-ci. Et toi, tu restes là. A exécuter la basse besogne.
Un sourire flotta sur ses lèvres :
- Ce n'est pas de l'abnégation, Malefoy. Tout le monde ne court pas après la reconnaissance. Ou après le pouvoir. Même si cela peut te sembler difficile à croire.
Elle fit mine de se replonger dans son manuscrit :
- Après quoi court Mademoiselle Granger ?
Elle m'observa un moment, tentant de juger mon intérêt véritable. Puis, doucement, elle déclara :
- Harry est mon meilleur ami. Et il va entrer dans cette guerre. Nous serons tous là. A ses cotés. A risquer nos vies. Mais il sera l'homme à la tête. Le plus seul de nous tous. Je connais mes capacités. Je sais quelles sont mes compétences. Cependant, si Harry juge que mon travail est dans cette bibliothèque, à te surveiller, alors je le ferais. Sans regret, ni arrière pensée. J'aime Harry. Et j'ai profondément confiance en lui. Ce genre de chose ne s'explique pas.
- Il risque de nous garder longtemps loin du terrain, soufflai-je, pensif.
- Peut-être. Mais il sait qu'un jour, il devra nous livrer au combat. Cela lui fait peur. Il n'a toujours aucune confiance en toi. Mais il le fera. Il retarde l'échéance. Car si il répugne à te faire combattre à nos cotés, il refuse encore de m'imaginer alignée dans nos rangs. Je ne désire pas lui compliquer la situation.
Une question me brûlait les lèvres :
- Et toi Granger, tu as confiance en moi ?
Ses yeux papillonnèrent.
- On n'efface pas ainsi les anciennes ardoises, Malefoy. Je t'ai à l'œil. Toujours. Harry m'a dit que tu ne désirais que l'argent et la reconnaissance. Moi, j'ignore ce qui te fait marcher.
Je ne pus m'empêcher de rire :
- Tu ne crois pas la théorie de Potter ?
- Le vil associé sans attache, sans valeur, volant où l'intérêt le mène ? Il y a sans doute une part de cela en toi. Mais pas seulement.
- Quoi d'autre ?
Elle haussa les épaules. Secouant ses boucles brunes. Nos regards s'entrechoquèrent un instant. Elle avait un regard intense. Une moue sur les lèvres. Dubitative.
- Nous verrons, Malefoy. Je réserve mon jugement.
D'un geste brusque, elle referma le manuel. Je la vis entasser le monticule de parchemins et de livres, avant de s'éclipser, dans un léger signe de tête.
Je souriais.
Encore une fois, je fais appel à vous. Critique, conseil, avis ? Je prend tout. A votre bon cœur donc ;) .
