J'avais oublié à quel point on publiait vite par ici. Je mets le deuxième chapitre, pour voir si quelques uns sont intéressés. Les choses sérieuses commencent pour Sirius et son ennemie.

Bonne lecture


Quelques jours s'écoulèrent depuis cette mésaventure. Les Maraudeurs avaient repris leur aspect normal. Le mois de Février approchait avec une date spéciale. La Saint-Valentin. Ce qui occupait suffisamment les Maraudeurs pour qu'ils oublient momentanément la Lionne de Gryffondor. Étant les élèves les plus populaires, ils étaient généralement très demandés ce jour-là. Les filles redoublaient d'effort pour attirer leur attention, et cela en devenait souvent embarrassant. Déjà les demoiselles leur lançait des regards équivoques.

« J'ai l'impression qu'elles vont me manger. » fit Sirius.

« Arrête, t'as quelqu'un cette fois ça devrait te sauver non ? » répondit James en souriant à des filles.

« On n'est pas ensemble, j'ai dit ça pour qu'elle me fiche la paix. » avoua Sirius.

« Bravo. » commenta Remus.

« De toutes manières, la Saint-Valentin tombe pendant les vacances, vous devriez être tranquille cette année. » rappela Peter.

« J'en doute mon vieux, j'en doute. A tous les coups, elles vont passer à l'acte à l'avance.» fit Sirius.

En principe, Poudlard se vidait à chaque période de vacances. Les Maraudeurs ne feraient pas exception à la règle, ne serait-ce que pour avoir la paix un certain 14 Février. Une fille de quatrième année vint soudain se planter devant Black.

« Salut Sirius ! On déjeune ensemble ce midi ? Je t'ai cuisiné un petit plat. » annonça-t-elle.

« Eeeeuh merci Betty. Mais là … j'ai déjà prévu un truc avec mes amis. » fit Sirius.

La dernière fois qu'il avait goûté à ses fameux plats, il avait passé une partie de la soirée aux toilettes et l'autre à l'infirmerie.

« C'est pas grave, je peux venir avec vous. » insista Betty.

« Non non, c'est bon. On se passera de toi merci ! » fit James en s'éloignant avec Sirius.

Remus et Peter lui adressèrent un sourire désolé. Betty prit une mine boudeuse. Black soupira de soulagement et remercia son ami. Au détour d'un couloir, ils virent un garçon passer à toute allure devant eux pour aller s'écraser contre un mur.

« La prochaine fois que tu t'avises de t'en prendre à Emily, je te casse un bras, c'est compris ? » fit une voix familière.

L'adolescent se releva, révélant l'insigne de Serpentard. Il avait le nez en sang, et pointa sa baguette.

« T'es maso ou quoi ? » demanda Mina, bras croisés.

« Si tu crois que tu me fais peur, sale Gryffondor ! » répliqua le Serpentard.

Mina se pinça l'arête du nez avec un soupir.

« Mais il faut quoi pour que tu comprennes ? »

Le Serpentard lança un sort, que la Gryffondor évita prestement. Ainsi que les trois suivants. Elle slaloma ainsi jusqu'à atteindre son adversaire. Ce dernier tenta de lui envoyer un coup de poing. Mina bloqua et répliqua par une pique aux yeux, ainsi qu'un coup de genou dans les parties. Le Serpentard s'effondra. Mina en profita pour lui prendre sa baguette, qu'elle jeta dans l'escalier. Elle retourna auprès de la jeune Poufsouffle qu'elle avait secourue, et s'enquit de sa santé.

« T'es arrivée à temps, encore une fois. Merci Mina. » répondit Emily.

« De rien, allez file que tu vas être en retard. » répondit Mina.

Emily sourit et se sauva. Mina repéra les Maraudeurs, et s'en alla.

« Les seuls moments où je l'apprécie, c'est quand elle démolit un Serpentard. » commenta James.

« Ouais. C'est un septième année celui-là non ? » ajouta Peter.

Le concerné se releva difficilement. Les Maraudeurs le reconnurent : Gavin Halley, qui avait pour passe-temps le racket. La porte d'une salle de classe s'ouvrit, révélant le professeur Sinistra.

« Monsieur Halley, que vous est-il arrivé ? » demanda-t-elle.

« C'est Sheridan m'dame, elle m'a agressé ! » gémit Halley.

« Voyez-vous ça. » répondit Sinistra, qui connaissait les manières du Serpentard.

Les Maraudeurs poursuivirent leur route. Certes leur maison allait perdre des points, mais Serpentard aussi. Mina allait certainement être convoquée dans le bureau du directeur, ce qui faisait une bonne nouvelle en plus. Le groupe de garçons rejoignit sa classe.


Pendant l'inter-cours, Mina se rendit accompagnée de McGonagall au bureau de Dumbledore.

« Vraiment Miss Sheridan ! Ne pouvez-vous donc pas vous contrôler ? » reprocha la directrice des rouges et or.

« Mais je me contrôle justement. Autrement, ce n'est pas à l'infirmerie qu'ils iraient mais directement à Sainte Mangouste. » répondit sereinement Mina.

Minerva lui glissa un regard. Cette élève-là était assez étrange, en vérité.

« Je conçois que vous défendiez vos camarades, mais j'aimerais que vous évitiez de frapper vos condisciples. » continua-t-elle.

« Je le ferais bien volontiers si eux-même n'usaient pas de violence. » continua Mina.

« Dans ce cas, vous vous abaissez à leur niveau. »

« Au moins de cette manière il y a un espoir que ça rentre. Le nombre de mes bagarres a bien diminué vous ne trouvez pas ? Bien sûr il y a des irréductibles. Mais bon, c'est ça quand on s'adresse à des sourds. »

Elles étaient arrivées devant le bureau directorial. McGonagall prononça le mot de passe, puis laissa son élève affronter Dumbledore.

« Miss Sheridan, entrez je vous en prie. » fit le vieil homme.

Mina ferma la porte en silence, et approcha devant le bureau. Albus l'observa. La plupart des élèves étaient tendus en se présentant à lui. La Gryffondor cependant, affichait un calme olympien. Elle n'avait jamais parue effrayée, même lors de leur première rencontre en privé. Le directeur l'invita à s'asseoir. Mina lui rappelait sa mère, que Dumbledore avait reçu lorsqu'elle avait inscrite sa fille ici. Elle avait affiché un air neutre identique.

« J'ai appris que vous aviez -encore- malmené un de vos camarades. » commença Albus.

« Et vous a-t-on dit pour quelle raison ? » répondit Mina.

« Oui, j'ai entendu que c'était parce qu'il rackettait une autre élève. Miss Sheridan, vous voulez défendre les autres et c'est très noble de votre part, mais je vous ai pourtant déjà dit que la violence ne menait à rien.»

« Tout comme je vous ai déjà répondu que malheureusement je n'avais pas le choix, étant donné que le dialogue est toujours vain. Pourtant, à chaque fois je tente de l'instaurer avant d'en arriver à la force. » fit Mina, d'un ton posé.

« Oui oui, vous tentez de les dissuader je le sais bien. Cependant, vous ne devez pas vous laisser aller à cette extrémité. » reprit Dumbledore.

« Professeur, cette conversation va une fois de plus tourner en ronds. Dites-moi plutôt quelle sera ma punition, nous gagnerons du temps. » fit Mina.

Dumbledore eut un léger sourire. Telle mère telle fille … rien ne paraissait les impressionner. Une caractéristique de leur tribu sans doute. La rencontre avec la mère de la rouquine avait assez marqué le directeur. Il se dégageait de la mère de l'adolescente une force tranquille, mais que l'on sentait redoutable, que Mina avait en bonne partie acquise. Le directeur soupira. Il avait déjà sermonné la jeune fille de nombreuse fois, mais elle y était hermétique. Elle subissait ses punitions avec calme, les sachant méritées. Pour autant, elle ne déviait pas sa conduite, au final juste.

« C'est aussi mon avis. Vous aurez donc une retenue avec Rusard jeudi soir à 20h00. »

« Fort bien. A présent si vous voulez bien m'excuser je dois retourner en cours. » déclara Mina.

Albus acquiesça. La Gryffondor salua le directeur et s'en alla aussi sereinement qu'elle était venue. Minerva entra peu après.

« Alors Albus ? » demanda-t-elle.

« Toujours pareil Minerva. Les punitions sont inefficaces sur Miss Sheridan, car elle ne se plaint pas ni ne cherche à les éviter, comme la plupart de ses camarades. Elle agit en toute connaissance de cause et assume entièrement ses actes. » répondit Albus.

« En effet. Elle sait aussi qu'elle agit pour le bien et donc elle ne change rien à ses habitudes. Il est vrai que Miss Sheridan se porte toujours au secours de ceux qui en réclament l'aide, mais j'aimerais vraiment que cela se passe sans heurts. » continua Minerva.

« Je crois que c'est ancré en elle depuis toujours. N'oublions pas d'où elle vient.» reprit Albus.

« Je ne l'ai pas oublié Albus. Je trouve que ce que ces gens font subir à leurs enfants est trop … rude. Ont-ils seulement une enfance ? »

« Oh certainement. Ils ne sont pas des bourreaux non plus. C'est juste inhérent à leur tradition. Et le résultat est là, également. »

« C'est vrai … mais tout de même ! »


A la fin des cours, Mina retrouva Lily.

« Alors ? Tu as été convoquée ? » demanda-t-elle.

« Évidemment. » répondit Mina en s'asseyant dans un fauteuil de leur salle.

« Et c'est pour quand ? » continua la rousse en prenant place face à elle.

« Jeudi soir 20h00. »

« Tu ne changeras pas, hein ? » tenta Lily.

« Tu sais parfaitement bien que non, et le pourquoi du comment. » continua Mina en déroulant un parchemin.

« Oui, je n'ai pas oublié. Wah non, voilà encore Potter. Je parie qu'il va encore me demander de sortir avec lui. Qu'est-ce qu'il y a dans le mot non qu'il ne comprends pas ? » fit Lily.

« C'est certainement dû au fait que son cerveau soit perdu dans son immense tête j'imagine. » énonça Mina en trempant sa plume dans son encrier.

Lily sourit, et baissa le nez dans son devoir pour ne pas avoir à parler à Potter. Ce dernier la salua gaiement, et lança un compliment qui bien sûr, laissa la concernée de marbre.

« Non, Potter. » dit-elle pour couper court à la conversation.

« Mais attends au moins que je t'ai posée la question, Lily-jolie. » sourit James.

« C'est vrai quoi, déjà qu'il est lent à la comprenette, si en plus tu l'embrouilles. » commenta Mina.

« Sheridan, fais-moi plaisir et boucles-la pour une fois. » rétorqua James.

« Et comme je n'ai nulle envie de te faire plaisir, je vais donc continuer à jacasser. » répliqua l'autre rousse.

« C'est ça, parle donc dans le vide si ça te chante. » reprit le Gryffondor, décidé à l'ignorer.

« Et c'est toi qui dit ça, têtard à hublots ? Faudrait voir à changer de carreaux, car c'est précisément ce que tu es en train de faire. A moins que ça ne vienne de ton cerveau déficient. » lâcha Mina.

« Le têtard à hublots t'emmerde, face de carotte. »

« Ah je confirme, pour m'emmerder ça tu m'emmerdes. Et je suis pas la seule. »

« Bon, y-a-t-il moyen qu'on se parle en privé Evans ? » demanda James qui sentait qu'il allait s'énerver une fois de plus.

« Je suis bien où je suis Potter, et si ça te convient pas tu sais où se trouve la porte. » riposta Lily.

« Tu ne veux pas m'y accompagner ? » tenta le brun à nouveau.

« Bonne idée, je vais t'y envoyer à coups de pieds au derrière, ça va me détendre. » lança la rouquine, provoquant le rire de son amie.

« Non non, ça ira. »

Potter décida donc de battre en retraite pour cette fois, au grand soulagement des filles.

« Mais qu'il est lourd, mais qu'il est loooouuurd ! » se plaignit Lily.

« Hm hm. Je te plains de devoir supporter un boulet pareil. Parce que c'est populaire ça se croit tout permis. » approuva Mina qui remplissait son parchemin de lignes.

Lily secoua la tête avec un soupir, puis se remit au travail. Plus loin, Potter relata l'échange à ses amis.

« Si seulement j'avais pas Sheridan dans les pattes. » ronchonna-t-il.

« Étant donné qu'elles sont très souvent ensemble, ça me paraît difficilement réalisable. » fit Sirius.

James soupira face à son nouvel échec. Vendredi ce serait les vacances, il pourrait décompresser et mettre au point un nouveau plan de conquête. En attendant, la porte de la salle s'ouvrit une nouvelle fois, mais pour laisser passer un professeur. Ce dernier se dirigea tout droit vers Lily et Mina, qui l'accueillirent avec un plaisir manifeste.

« Aloors comment vont mes deux rouquines préférées ? » questionna-t-il en attrapant une chaise.

Il la plaça entre elles, et s'y installa à califourchon.

« On fait aller. Et toi, tu t'habitues bien à l'Angleterre ? » répondit Lily.

« Ouais. Il n'y a pas autant d'ambiance que dans mon ancien pays, mais en dehors de ça ... » répondit l'homme.

« Ah ben c'est pas la même mentalité c'est sûr. Puis tu y remédies bien à l'ambiance. » sourit Mina.

Le professeur sourit avec une mine désabusée. Le manque de festivités du collège Poudlard l'avait laissé pantois en début d'année.

Flash-back :

Septembre 1975. La traditionnelle répartition venait de se terminer. Les nouveaux élèves avaient chacun gagné une des longues tables attribuée aux quatre maisons. Le professeur Dumbledore avait toutefois une annonce à faire.

« Me demande ce qui se passe. » fit Lily.

Mina ne répondit pas, attendant de savoir le menton dans une main.

« Mes chers élèves, je voudrais accueillir avec vous un nouvel enseignant. Il occupera le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal. »

Les deux grandes portes du fonds s'ouvrirent à la fin de sa phrase, dévoilant une haute silhouette encapuchonnée. Les étudiants la regardèrent avancer. Soudain, Mina se redressa.

« Qu'est-ce que ! » souffla-t-elle.

« Silence. » lança Sirius, en face d'elle.

Mina l'ignora, trop occupée à observer le nouvel arrivant les yeux ronds. Elle et Lily avaient eu la mauvaise idée d'arriver en retard, et les seules places de libre furent celles en face des Maraudeurs, plus précisément Potter et Black, comme de par hasard.

« Un problème Mina ? » chuchota Lily.

« Tu ne reconnais pas cette démarche ? »

Evans tourna la tête vers le nouveau. Il se porta à présent à la hauteur des Gryffondors, et saisit ce moment pour rejeter sa capuche en arrière. Mina et Lily eurent le même son de surprise, pendant que l'homme leur lançait un regard en coin assortit d'un sourire espiègle.

« Dis-moi que je rêve ! » fit Mina en suivant l'individu du regard.

« Vous le connaissez ? » intervint Remus, à côté de Mina.

« Oh oui. » fit Lily, scotchée vers la table des professeurs.

Le nouvel enseignant venait à présent d'atteindre l'estrade surplombant la salle. Il révéla une chevelure noire de jais, un visage pour le moins séduisant sur lequel trônait deux yeux verts. Le teint légèrement hâlé, il arborait également une bonne carrure. Il faisait aussi bien jeune comparé aux autres professeurs. Mina se cacha les yeux avec la main.

« Trois … deux … un …. »

« Bien. Je vous présente monsieur Éros Sheridan, qui nous vient d'Espagne. » annonça Dumbledore.

Toutes les têtes se tournèrent alors vers celle qui portait le même nom que lui.

« Bonjour tout le monde. » clama la rousse, suscitant quelques rires.

« Comme vous vous en doutez, ils sont effectivement de la même famille. Éros est le cousin de Mina. » précisa Dumbledore, les yeux pétillant de gaieté.

La concernée leva la tête vers son cousin. Ce dernier lui adressa ainsi qu'à Lily adressa un clin d'œil complice.

« Il vient d'Espagne ? Ta famille a des origines espagnoles Sheridan ? » questionna Potter.

« Non. »

Potter haussa un sourcil. Pourtant le directeur venait de dire que …

« C'est plus compliqué que ça. » répondit Mina d'un ton las.

« Par Merlin, deux Sheridan au même endroit, vais-je y survivre ? » demanda Lily en se frottant le visage.

« Non. On te tuera à petit feu. » lança Mina avec une moue ironique.

Lily soupira. Les élèves autour qui entendirent ces quelques mots échangèrent un regard perplexe.

Fin du Flash-back.


Il s'était avéré du reste qu'Éros était quelqu'un d'exubérant. Plus âgé que sa cousine de quatre années, il s'entendait néanmoins très bien avec elle. A tel point que ça l'amenait à ne pas respecter certaines convenances, comme la barrière élèves/professeur. Du moins avec Mina et Lily. Ainsi par exemple le lendemain de son arrivée, Éros s'était attablé en face des jeunes filles. Ce qui en avait surpris beaucoup. Lily lui avait bien indiqué sa place ainsi que ce que risquaient d'en penser ses collègues, sa réponse avait été sans réplique :

« Si j'ai envie de manger en famille, je le fais et puis c'est tout. »

Typique …. en dehors de ça, il assumait très bien ses fonctions, et n'hésitait jamais à aider un élève en difficulté. Éros était rapidement devenu populaire, grâce à son charme pour la gent féminine, puis ensuite par son humour, son ouverture d'esprit et aussi la petite fête mensuelle qu'il avait instaurée. Mais gare à qui défiait son autorité. Un jour par exemple qu'un Gryffondor s'était montré insolent, Éros lui avait infligé une punition pour le moins orthodoxe. Mina lui avait soufflé que l'élève en question était un passionné de Quidditch, vénérant ce sport autant que James Potter, dont il était membre de son équipe. Le prof avait alors eut une idée que beaucoup trouvèrent sadique : Éros avait amené en salle de retenue un balai neuf dernier cri, puis s'était installé en face du Gryffondor.

Avant de méthodiquement et lentement endommager l'engin, puis d'obliger l'étudiant à le faire lui-même, jusqu'à ce qu'il n'en reste que des copeaux de bois. Une torture pour quelqu'un aussi accroc à ce sport, pour ne pas dire un crime. Toujours est-il que ça calma le perturbateur. De ce fait, Éros demandait toujours conseil à sa cousine, qui connaissait souvent les tendances et les manies de nombre de ses condisciples. Ainsi, il trouvait généralement LA punition à infliger, celle que les élèves auraient une sainte horreur de faire.

« Au fait les filles, quand est-ce qu'on planifie la fête de Février ? » demanda Éros.

« J'ai des examens cette année, alors ce sera sans moi. » affirma Lily.

« Ça te ferait le plus grand bien au contraire. Tu te videra un instant la tête et évacuerais tout ce stress. » reprit Éros.

« Sauf que cela se termine très tard, et que j'ai besoin de sommeil pour être en forme. » objecta de nouveau la rousse.

« Pffff, tu parles Charles le petit remontant que t'as pris à chaque fois était efficace non ? »

« Oui mais ... » tenta de nouveau l'adolescente.

Venir avec Mina et son cousin était bien tentant, elle devait l'avouer. Elle s'était bien amusée toutes les fois où elle y était allée. Sachant que comme Éros et elle se connaissait depuis qu'elle avait onze ans, il lui permettait d'y assister. Le professeur n'autorisait en effet qu'une certaine tranche d'âge, à savoir les sixièmes et septième années.

« Alors quoi ? » insista Éros.

« Je ne sais pas. »

« C'est surtout que tu meures d'envie de dire oui, mais que tu hésites pour je ne sais quelle raison. Y'a pas de mal à s'éclater un peu de temps en temps, le tout est d'être raisonnable. » fit Mina.

« C'est pour ça que c'est mensuel. » ajouta Éros.

Lily se mordilla la lèvre, embarrassée. Leurs arguments anéantissait sa résistance, elle le sentait bien.

« La réponse que tu cherches est : oui. » reprit le brun en la chatouillant.

Lily pouffa de rire en se débattant. Finalement, elle consentit à être des leurs.

« A la bonne heure chica. » conclut Eros.

« On mettra ça au point durant les vacances, qu'en pensez-vous ? » proposa Mina.

Les deux autres approuvèrent, et la discussion partit sur les projets qu'ils pourraient envisager. Lily ayant ses BUSES à passer, ils devraient se passer d'elle de temps à autre. Plus loin, James observait d'un œil noir Éros taquiner Lily. Il l'enviait beaucoup d'être aussi proche d'elle. Et le fait qu'il soir séduisant n'arrangeait rien à son angoisse. Nombre de filles se pâmaient pour l'enseignant.

« Cornedrue, je t'ai posé une question. » fit Remus, ramenant son ami à des sphères plus proches, quoique moins agréables.

« Hein ? » fit James.

« Le devoir qu'on est en train de faire. » reprit Lupin.

« Il est là, sous ton nez. » répliqua Potter.

« Je vois merci, mais il ne se fera pas tout seul. »

« Groumph. »

Vivement samedi matin qu'ils embarquent dans le Poudlard express pour fuir tous ces maudits devoirs.

« Siiiiiriiiuuss ! » fit soudain une voix féminine.

Black grimaça à l'entente de ce son discordant. Betty, jeune Serdaigle vint enlacer le beau Gryffondor.

« Alors on se voit où ces vacances mon choupinou ? » minauda-t-elle.

« C'est que j'ai un empêchement en fait. » répondit Sirius en essayant de se dégager.

Cette fille lui tapait de plus en plus sur les nerfs, et il songeait sérieusement à rompre.

« Mais tu avais dit qu'on passerait la St Valentin ensemble. » rappela Betty d'une voix aïgue.

« Je sais seulement ... »

« Oh alleeeez Siriusounet ! » supplia la Serdaigle.

« Oh fillette ! lança Mina. Tu voudrais pas aller piailler ailleurs ? »

« De quoi je mêle espèce de cruche ? » riposta Betty.

Mina referma calmement son livre, puis se leva. Éros, devinant qu'elle avait la ferme intention de la chasser manu militari, se leva précipitamment.

« Hop hop Mina. Je m'en occupe. » l'intercepta-t-il.

Betty avait reculé, connaissant la réputation de la Lionne rouge et or. Éros marcha jusqu'à la brunette, et lui expliqua gentiment mais fermement que l'endroit était un lieu de travail. Betty finit par battre en retraite, ce que Sirius ne trouva pas dommage.

« Comment fait-il pour toujours se dénicher des gourdasses pareilles ? » glissa Mina à Lily.

« Je n'en ai aucune idée. » répondit Lily, blasée.


La soirée s'écoula plus tranquillement, comme le reste de la semaine. Mina avait effectué sa retenue avec son détachement habituel, qui soit dit en passant énervait Rusard, frustré de n'obtenir que silence et ignorance de la part de la fautive. Elle faisait ce qu'on lui demandait sans rechigner ni se plaindre. Pour quelqu'un qui aimait torturer les élèves, rien n'était plus pénible. Finalement, le samedi matin tant attendu arriva. Les élèves se pressèrent dans les couloirs, traînant leur assortiment de bagages. Sirius retrouva ses amis, et les pressait de partir pour éviter son pot-de-colle attitré.

« Où est James ? » questionna-t-il avec impatience.

« En retard encore une fois. Il voulait dire au revoir à Evans. » répondit Peter.

« C'est pas vrai, il va nous mettre … oh non la voilà. » geignit Sirius en apercevant Betty.

« Coucou Siriusounet ! J'espérais bien que tu ne sois pas encore parti, j'ai un cadeau pour toi. » exulta la Serdaigle.

Black retint un soupir. Qu'elle en finisse c'est tout ce qu'il demandait. Peut-être devrait-il couper les ponts maintenant, elle aurait les vacances pour s'en remettre et lui serait enfin tranquille. Oui, c'était une bonne idée. Mais alors qu'il se lançait dans des explications appropriées, il sentit un contact froid autour de son poignet.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? » s'exclama-t-il en découvrant un anneau de fer.

« En passant devant une boutique qui exposait des objets pour la St Valentin, j'ai eu une idée. Ce que tu vois là ce sont des menottes. Elles sont imprégnées d'un sort qui ne les fera s'ouvrir qu'une fois la St Valentin passée. » expliqua Betty, ravie.

« Hein ? » reprit Sirius ahuri.

« Comme ça, on sera ensemble ce jour-là et les jours d'avant. » continua la jeune fille.

Le Gryffondor la vit avec frayeur lever l'autre bracelet ouvert, et tendre son poignet. Il allait être enchaîné à cette fille jusqu'au 14 Février ? Oh non, non tout mais pas ça ! Pensa-t-il alors avec force. Il aurait d'ailleurs peut-être dû y penser avec moins de force, car son souhait fut appelé à être réalisé. Le hasard, sadique comme lui seul sait l'être voulut qu'à cet instant quelqu'un passa. Quelqu'un qui fit un large mouvement du bras à la minute même où Betty allait refermer le bracelet. La menotte se referma dans un clic, mais pas sur la bonne personne. Qui continua son chemin avant d'être freinée par Sirius.

« Que ! »

« Woh non ! » blêmit Sirius.

« Oh oh. » fit Betty.

Black regarda avec horreur la personne qui se retrouvait enchaînée à lui. Mina Sheridan.