Attention : il y a deux parties. Si vous voulez une jolie fin, arrêtez-vous à Kiss Kiss. Sinon, allez jusqu'au Bang Bang pour une fin alternative.

Ce texte est une extrapolation de ma part sur la fin de l'histoire. Au moment où je l'ai rédigé, je ne m'étais pas encore spoilée avec le LN. ^^


Kiss Kiss

Alors c'est comme cela que tout se termine ? C'est de cette manière que se clôt notre quête ? Au milieu de ce paysage rocailleux, de ces pierres en pagaille ? Dans l'air environnant planent encore les dernières volutes de présence du Majin, comme un sourire malsain flottant autour de nous. Vaincu. Il a été vaincu. Mais à quel prix…

Le souffle du vent disperse lentement la poussière rouge. Il me semble entendre le rire félin de Hans. Cela ne se peut pas. Je secoue la tête, essuie d'un revers de la main la sueur sur mon visage. Hans. Son cadavre pourrissant git dans la plaine où les Calamités nous ont attaqués, cet endroit où nous avons appris la trahison de Maura. J'ai presqu'envie d'en rire. Maura, la responsable des Saintes, Maura la parfaite qui soupçonnait tout le monde. Maura, cette vipère qui nous a manipulés, nous poussant à nous dresser les uns contre les autres.

Après la mort de Hans, ce ne fut que combats et pertes de compagnons. Toute cette énergie, toute cette peine pour en arriver ici, à cet endroit désolé où il ne reste plus que nous. Je relève la tête, croise son regard. Un sourire vient sur mes lèvres à son visage couvert de poussière et de sang, à ses yeux bicolores qui me fixent. Flamie.

Je tends la main, enlève la terre, le sang de sa joue. Si douce, sa peau d'albâtre. Je caresse un peu plus que de raison son visage, attendant l'instant où elle se reculera. Mes doigts glissent dans sa nuque, pas de mouvement. Je colle mon front au sien, me perds dans le mystère de son regard.

« C'est terminé, Flamie. Il ne reste que nous. »

Sa main se pose sur la mienne, mon cœur s'emballe comme un cheval fou. Il écrase de ses sabots rutilants la raison, la crainte qu'elle me rejette. Il veut y croire quand nos doigts se nouent. Il tremble d'anticipation à nos souffles qui se mêlent. Il me cogne les côtes quand je murmure :

« Tu te rappelles, Flamie ? Je t'avais promis. Je te construirai un foyer. »

Le monde se fissure. J'effleure ses lèvres des miennes. L'univers vibre à la caresse de ses lèvres. Je les embrasse doucement. La réalité vole en éclat. Le Majin, les doutes, les chagrins. Tout cela pour cet instant, ce moment figé dans le temps où elle retient mes lèvres, où ses doigts serrent plus fort les miens.

Je lui souris et chuchote : « Kiss »

Flamie ? Est-ce un sourire qui illumine ton visage ? Que j'aime le rouge sur tes joues quand tu t'approches à ton tour de mes lèvres, soufflant sur elles ce mot : « Kiss ».

A nouveau cette caresse, cette douceur dont je sais ne jamais me laisser. Ce frisson qui me parcourt l'échine. Oh, Flamie. Encore.


Bang Bang

C'est vrai que c'est doux, que tes lèvres comme ta promesse ont le goût du bonheur. Tu as tellement envie d'y croire, Adlet. Je pourrais, c'est vrai. Peut-être. Essayer. Mais ce n'est pas ma destinée. Mon devoir était de tuer le Majin. Ma raison de vivre était la mort du Mal. Une fois cela réglé, dis-moi, Adlet, que me reste-t-il ?

Sur ma paume ouverte dans mon dos, une cartouche prend lentement forme. Elle grandit dans la douceur du baiser. Sa pointe dorée se referme sur nos souffles un peu courts. Tu souris encore.

D'un geste brusque, je te pousse. Etonné, tu tombes sur le sol. Tu me regardes, incrédule, charger mon arme. Tu tends la main. Tu cries, mais je ne t'entends plus. Je pose le doigt sur la gâchette, te tiens en joue. Tu essaies de te relever. Je vise ton cœur. Cette fois, c'est la bonne. J'appuie.

« Bang ».

Tu t'écroules.

C'est bizarre ce pincement dans ma poitrine, cette tristesse qui m'envahit soudain. Je m'agenouille à côté de toi, glisse une main dans tes cheveux de feu. Cela n'aurait jamais fonctionné, Adlet. T'aimer de toutes mes forces n'aurait pas changé mon destin. La mission terminée, il me faut partir. C'était écrit.

Je caresse ta joue, glisse l'index sur tes lèvres. Je n'ai pas besoin de tourner la tête pour savoir que la cartouche que je viens de créer est prête. Je la sens, elle fait partie de moi. Sa forme parfaite, la poudre qui palpite à l'intérieur, qui n'attend qu'un geste… Dès qu'elle aura touché le sol, cette cartouche ultime explosera et tout sera fini.

Je te soulève d'une main, Adlet, te serre doucement contre moi. J'aurais voulu croire à ton rêve. Je lâche la cartouche, colle ma joue à la tienne.

Bang !