Salut à toutes et tous

Pour commencer, je tenais à vous remercier pour l'accueil chaleureux que vous avez réservé à mon très, très court prologue. Plus de trente reviews juste pour à peine plus de 500 mots, j'en reviens toujours pas ^^ J'espère garder votre entrain au fil de cette histoire.

Je ne vais pas faire trop long car je suis un peu pressée aujourd'hui et surtout parce que je ne veux pas vous saouler trop longtemps. Je vous souhaite bonne lecture et je vous retrouve en bas.


Chapitre 1 : Une vie presque normale.

Les semaines laissèrent place aux mois puis aux années. Isabella rebaptisée Bella par sa mère adoptive, grandissait et s'épanouissait dans le manoir des Lewis. Elle n'avait gardé aucun souvenir de sa vie d'avant tant et si bien qu'elle appelait papa et maman, Martin et Lucy et elle ne connaissait qu'eux.

De temps en temps lorsqu'ils partaient tous les deux, Bella était confiée à la garde de Milly. Milly était sa nourrice mais également sa préceptrice. Elle était gentille, attentionnée mais très ferme sur la discipline et sur le travail scolaire de Bella.

Milly était différente des parents de Bella, elle était plus âgée, ses yeux étaient verts et elle avait la peau plus halée et plus chaude également. Il y avait d'autres personnes au service des Lewis mais aucun d'eux n'avaient le droit d'être trop proche de l'enfant au risque de perdre une place très bien payée et la vie par dessus le marché.

Chacun y trouvait son compte sauf l'enfant qui se sentait la plupart du temps très seule et ce malgré la présence permanente de la nourrice et de son père car elle n'avait jamais personne de son âge avec qui jouer.

La plupart du temps Martin restait au manoir, son travail lui permettait de travailler de chez lui et il s'occupait lui-même de Bella. Lucy, sa mère était quant à elle obligée de partir régulièrement la semaine mais elle revenait tous les week-end lorsqu'elle n'était pas en déplacement à l'étranger. ça c'était la version officielle pour Bella en réalité Martin veillant sur Bella à demeure et sur leurs autres protégés qui avaient été placés dans un orphelinat de la ville qu'ils parrainaient en grande partie.

La vie de Bella n'était pas la vie rêvée de tout enfant de dix ans mais elle n'avait pas à se plaindre pour autant. Elle était aimée, choyée, dorlotée et gâtée. Lucy et Martin étaient particulièrement fiers de cette petite qu'ils considéraient également comme leur fille légitime. Raison pour laquelle elle n'était pas avec les autres jeunes humains qu'ils avaient enlevé. Bella étaient la plus jeune de leurs recrues, elle avait à peine quatre ans lorsqu'ils l'avaient enlevée à sa mère. Ils s'étaient attachés à elle et avaient décidé de la garder près d'eux, Martin s'occupant personnellement de son éducation et de son entraînement.

A dix Bella pratiquait relativement bien la boxe anglaise ainsi que le Thaing qui est un art ancien associant plusieurs arts martiaux Birman de défense principalement, même si quelques combinaisons restent offensive. Elle a été élevée avec l'idée qu'elle était différente des autres petites filles de son âge. C'est ce que ne cessait de lui répéter Martin afin de la conditionner au mieux afin de lui expliquer son isolement et son éducation à domicile.

Dans l'année de ses dix ans, Bella avait été autorisée à accompagner Martin à l'orphelinat. Elle put voir d'autres enfants et même jouer avec eux lorsqu'elle pouvait y rester la journée entière. Ces enfants avaient plus ou moins la même éducation, les mêmes cours et on leur enseignait les mêmes valeurs. Cependant malgré sa joie d'avoir des échanges avec des enfants de son âge, il arrivait parfois à Bella de les envier. Ils étaient tous ensemble, certains étaient même amis et c'est ce qui manquait le plus à la petite fille.

Martin ayant compris la grande solitude de sa fille, avait décidé d'un commun accord avec Lucy d'autoriser Bella à aller trois fois par semaine à l'orphelinat, et ce à compter de son onzième anniversaire. Depuis elle suivait les cours avec les autres enfants et semblait même s'épanouir d'avantage. Au départ il y avait eu quelques brimades parce qu'elle avait des parents mais un grand de quinze ans, John de son prénom, avait pris sa défense et depuis tout allait pour le mieux.

Bella et John s'entendaient plutôt bien, ce dernier n'était pas le plus grand de l'établissement mais il était le plus craint, car il était une tête brûlée. La vie devint paisible pour Bella enfin jusqu'au jour où John qui avait atteint l'âge de 18 ans quitta l'orphelinat. Bella avait mis du temps avant de s'en remettre car il n'avait plus jamais donné de nouvelles. Cela avait brisé le cœur de la jeune fille qui au fil des trois années passées en sa compagnie, avait développé un béguin profond pour le jeune homme.

Bella était entrée dans une période rebelle, elle avait à de nombreuses reprises fait le mur afin de sortir de sa prison dorée. Elle ne supportait plus l'attention constante de ses parents, pas plus qu'elle supportait la pression qu'ils exerçaient sur elle afin qu'elle se perfectionne dans tous les arts martiaux qu'elle pratiquait et qu'elle maîtrisait plutôt bien d'après elle.

C'est comme ça qu'elle avait fini par se promener dans les rues de Phœnix un samedi soir à 1h00 du matin de l'année 2004. Elle venait de sortir d'un pub et se dirigeait dans un autre endroit à la mode chez les jeunes gens, lorsqu'elle se fit encercler par un groupe d'étudiants surexcités et pour la plupart totalement ivres. Bella n'était pas mieux, cependant le danger qu'ils représentaient l'avait dégrisée.

Elle évaluait ses chances de s'en sortir sans trop de dégâts alors qu'une main vint se perdre sur ses fesses. Elle lança un coup de pied retourné qui toucha le peloteur en plein dans l'abdomen. Se faisant celui-ci tomba et les autres voyants qu'ils avaient à faire à une coriace décidèrent d'y aller tous ensemble. Bella réussit à se débarrasser du premier et d'en toucher un second, mais le dernier avait pu la saisir par l'arrière et l'avait immobilisée alors que les autres se relevaient n'ayant plus du tout envie de jouer. Se faire botter le train par une fille, peu épaisse qui plus est, n'était pas pour leur plaire ni les flatter dans leur ego de sportifs vedettes de leur lycée.

C'est alors que John arriva. Rapidement et sans effort il se débarrassa violemment des agresseurs de Bella. Cette dernière déstabilisée par l'apparition de son premier amour, ne fit même pas attention aux changements physiques de ce dernier ni même au fait qu'il venait de tuer en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire quatre jeunes hommes plutôt bien bâtis.

-John ?!

-Bella mais qu'est ce que tu fous ici ?! Sermonna ce dernier.

-C'est vraiment toi ?

-Putain tu te rends compte de ce que j'ai été obligé de faire ! Gronda-t-il regardant les corps sans vies des quatre adolescents. Après avoir déplacé les cadavres derrière un container à poubelle, il prit son téléphone.

-C'est John, j'ai un problème.

-De quel genre.

-Bella et quatre morts, expliqua-t-il à la patronne. Ce qui saisit la jeune fille. Ils étaient morts et c'est John qui les avait tué pour la protéger, elle n'y avait prêté aucune attention tellement elle avait été hypnotisée par l'apparition de ce garçon qu'elle aimait toujours.

-Tu l'as retrouvée, dit-elle soulagée avant d'exploser de colère.Mais qu'est ce qu'elle fout encore dehors ?! Elle va bien au moins ?

-Oui ça va, elle n'a rien. Qu'est ce que je fais avec les corps ?

-Où êtes vous ?

-Dans la rue derrière le club Even's. J'ai caché les cadavres derrières un container.

-OK, je t'envoie Martin et Phil. Veille sur Bella mais ne lui dit rien pour le moment. Je sens que je vais devoir m'en occuper plus tôt que je ne le pensais.

-Très bien, nous attendons ici.

-Merci John, à tout à l'heure.

-De rien Lucy, au moment où il raccrocha Bella se mit en colère.

-Tu ne m'as jamais donné signe de vie et tu parles encore avec ma mère ?! Vous avez toujours gardé contact je suis sûre ! lui reprocha-t-elle.

-Bella c'est plus compliqué qu'il n'y parait. Ne m'en veux pas, je ne pouvais pas faire autrement.

-J'étais quoi pour toi, moi ?!

-Arrêtes un peu ta crise ! Tu sauras la raison de mon silence, cependant je ne suis pas vraiment fier de toi. Tu as fait pas mal de conneries ces dernières années.

-Je n'ai rien fait de plus que tu n'aurais fait toi-même, se défendit-elle.

-C'est ça ta raison ? Tu voulais marcher sur mes traces ? Mais tu te rends comptes du danger que tu cours en traînant la nuit dans les rues ? Tu te rends compte dans quelle situation tu mets tes parents ? Ils t'aiment Bella et tu as failli tout foutre en l'air.

-Mais foutre quoi en l'air ? Et puis ils ne m'aiment pas. Ils aiment ce que je peux devenir mais ils ne m'aiment pas moi ! Personne ne m'aime pour moi.

-Ce que tu peux êtres gamine quand tu t'y mets. Je ne voulais pas y croire lorsqu'on me le disait mais apparemment ils avaient raison, il se rapprocha d'elle doucement. Bella tes parents t'aiment et moi je t'aime aussi, dit-il en se penchant vers elle.

Bella ne bougea plus comme tétanisée, pas par la peur mais par l'appréhension. Les lèvres de John étaient à quelques centimètres de celles de Bella. Il la fixait essayant de résister à cette impulsion qui l'avait prise soudainement. Lucy ou pire Martin allait le mettre en pièces pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Mais il n'eut pas le temps de réfléchir d'avantage que Bella s'était reprise et avait fermé les centimètres qui les séparaient.

Le contact froid des lèvres de John surpris Bella mais lorsqu'il la saisit par les hanches pour la rapprocher d'avantage de lui, elle s'oublia et profita du baiser qu'il lui offrait.

Il dut se séparer de Bella lorsqu'il sentit Martin et Phil arriver. Bella voulut aller se lover tout contre lui mais ce dernier l'en empêcha.

-Ton père arrive et je ne pense pas qu'il apprécie.

-Je me fous de mon père. Je fais ce que je veux, je suis assez grande !

-Moi je ne m'en fous pas Bella. J'ai des sentiments pour toi c'est vrai mais j'ai également beaucoup de respect pour Martin et Lucy. S'il doit y avoir quelque chose entre nous, je veux que ce soit avec leur bénédiction donc pour cela il va falloir revoir ton comportement parce que pour le moment nous n'obtiendrons pas gain de cause. Ils vont être furax.

-Mais…

-Tais-toi Bella et fais ce que je te demande, s'il te plaît. Je vais déjà passer un sale quart d'heure pour avoir osé t'embrasser alors ne complique pas les choses.

-Ils ne le sauront pas.

-Bien sûr qu'ils le sauront et ils vont même te dire comment. Fais profile bas, dit-il alors qu'il l'entraînait dans la rue principale où un gros 4x4 américain venait de se garer.

-Bella ! Gronda Martin en se dirigeant près d'elle en colère. Elle se cacha derrière John instinctivement et baissa la tête.

Martin regarda le jeune vampire avec un air réprobateur avant de commander à Bella.

-En voiture et tout de suite ! Elle releva la tête jaugeant dans son regard l'état de colère de son père.

Lorsqu'elle réalisa qu'il avait le visage fermé et crispé, elle s'exécuta non sans jeter un coup d'œil à John puis à Phil qui se dirigeait vers les containers.

En peu de temps le coffre s'ouvrit puis se referma et tous les passagers prirent place dans la voiture en silence.

Cependant ce ne fut pas John qui prit place sur la banquette arrière avec elle mais Phil. Elle connaissait Phil, elle l'avait rencontré à l'orphelinat lui aussi. Il était plus âgé que John et avait quitté l'orphelinat avant ce dernier. Il était étrange qu'il soit également présent.

Bella commençait à se poser beaucoup de questions car lui aussi n'était plus tout à fait le même. Bien sûr elle ne lui avait jamais prêté beaucoup d'attention surtout qu'elle l'avait vu que quelques fois durant sa dixième année. Mais ces changements physiques étaient plus ou moins similaires à ceux de John et étrangement ils ressemblaient un peu plus à ses parents. Bella jusqu'à présent ne s'était jamais penchée sur les différences qu'il y avait entre ses parents et le reste des personnes qu'elle avait côtoyée. En fait c'était tout naturel pour elle puisqu'elle avait vécu toute sa vie avec eux mais maintenant ces distinctions lui sautaient au visage et la travaillaient.

Lorsqu'elle s'aperçut que son père ne prenait pas la route du manoir elle osa lui demander.

-Où va-t-on ?

-On va voir ta mère et je te prierai d'être un peu moins agressive qu'habituellement. Elle est très en colère.

-Maman est en Arizona ?

-Non elle est au Nouveau Mexique. Tu devrais dormir un peu, lui conseilla-t-il en se radoucissant.

Il ne pouvait jamais rester bien longtemps en colère contre Bella surtout lorsqu'il sentait poindre ses anciens traits de caractères. Il revoyait encore la petite fille d'à peine quatre ans qu'il avait enlevé lorsqu'il la regardait et ses rancunes fondaient comme neige au soleil.

Bella obéit, elle se positionna sur son siège, posa son front contre la vitre de la voiture et ferma les yeux. Le doux ronflement du moteur associé au ballottement de la route et de l'heure tardive, fit qu'elle s'endormit rapidement.

Lorsqu'ils arrivèrent au Ranch, Bella dormait toujours. Lucy vint les accueillir en personne et après avoir embrassé son compagnon qu'elle n'avait pas vu depuis quelques jours, elle jeta un œil à sa fille.

-Je crois qu'on va être obligé de tout lui avouer maintenant, lâcha Lucy à son compagnon avec un air attristé. Elle voulait retarder l'échéance, profiter de la vie et de l'humanité de leur enfant.

-Je pense que nous n'avons plus le choix. De plus il semblerait qu'elle et John se soient embrassés cette nuit et je pense qu'elle va commencer à se poser des questions, Lucy tourna la tête vers le dénommé John à qui elle jeta un regard froid.

-Tu as embrassé ma fille ?

-Je suis désolé, s'excusa ce dernier mal à l'aise.

-Lucy, calme-toi. On savait que ça risquait d'arriver un jour où l'autre. Elle a dix-sept ans, c'est de son âge et puis John n'est pas un mauvais choix. Il a une bonne influence sur elle, ça nous aidera, plaida Martin qui avait eu le temps de penser à la question durant le chemin.

-Sans doute, avoua Lucy qui accusait le coup mais qui n'était pas pour autant ravie.

-Quand on y regarde bien c'est à partir du moment où il a été transformé qu'elle est entrée dans cette période détestable. Si on le réintroduisait dans sa vie peut-être que nous arriverions un peu mieux à la gérer, surtout après ce que l'on va devoir lui apprendre.

-Tu as sans doute raison. En attendant porte-la dans notre chambre. John puisque ma fille te plait tu monteras la garde devant nos quartiers afin qu'aucun nouveau nés ne viennent à se perdre par là, ordonna-t-elle sarcastiquement.

-Oui Lucy, répondit le jeune vampire soulagé de ne pas être plus durement malmené par la mère de la jeune fille.

Lorsque Bella s'éveilla, il faisait grand soleil. Elle ne reconnue pas l'endroit où elle se trouvait mais fut surprise de voir des photos d'elle à toutes les époques de sa vie un peu partout sur les murs. Elle se leva et arpenta doucement la pièce. Elle trouva quelques affaires appartenant à sa mère et en conclut qu'elle devait se trouver dans son appartement. Cependant elle fut surprise car elle ne connaissait pas du tout l'existence d'un tel endroit.

A peine fut-elle sortie de la chambre pour arriver dans une pièce qui devait être un salon, qu'une porte s'ouvrit. Sa mère et son père firent leur apparition.

-Bella tu es enfin réveillée. John va chercher de quoi remplir son estomac, commanda Lucy à la porte fermée. Bella leva un sourcil sans prononcer la moindre parole. Elle savait qu'elle allait recevoir un savon et ne souhaitait pas agacer sa mère outre mesure.

-Tu as bien dormi ? demanda Martin.

-Oui comme un loir. Mais où sommes nous ? Questionna-t-elle tout de même.

Lucy s'approcha de sa fille et la serra dans ses bras dans une longue étreinte où se mêlait joie de revoir sa fille et appréhension quant à la discussion qui allait suivre.

-J'ai eu si peur quand ton père m'a appelé pour me dire que tu t'étais encore enfuie et qu'il ne te retrouvait pas.

-Je suis désolée, maman, s'excusa la jeune fille.

-Je crois qu'il est temps que nous ayons une conversation sérieuse Bella ! Cette dernière se saisit craignant son sale quart d'heure arriver. Tu vas commencer par manger un peu et remplir ton petit estomac, à cet instant on frappa à la porte.

-Entre John, répondit Martin. Ce dernier s'exécuta et entra avec un plateau où un chocolat chaud fumant embaumait l'air. Il déposa le service sur la table basse et allait pour partir.

-Tu peux rester, lui annonça Lucy.

Après la discussion qu'elle avait eu avec Martin elle s'était rangée à l'avis de son compagnon et avait validé l'idée que la présence du jeune vampire qui faisait battre le cœur de sa fille pouvait les aider. John assez mal à l'aise obéit et se plaça à côté de Bella, l'endroit que Lucy venait de lui désigner d'un mouvement de la main et ce à la plus grande joie de Bella.

Bella respectant le silence imposé par sa mère, commença à tartiner ses toasts de marmelade à l'orange qui les accompagnait. Elle mangeait sous les regards de tous ses spectateurs mais cela ne la dérangea pas, elle en avait l'habitude. Elle ne prenait jamais ses repas en même temps que ses parents mais eux assistaient très souvent aux siens. Alors qu'elle était en train de manger Lucy commença.

-Bella, ce que je vais te dire va grandement te perturber. Comme tu le sais déjà tu n'es pas notre fille biologique pour la simple et bonne raison que nous ne pouvons pas enfanter, Bella hocha la tête, ce n'était pas une surprise pour elle. Ses parents lui avaient déjà fait cet aveu. Je ne sais pas comment te dire ce qui va suivre et pourtant j'ai planché sur la question des heures et des heures durant. Je vais donc te l'apprendre comme je l'ai fait avec tous les autres. Tu es spéciale, nous te l'avons déjà dit également. C'est pour cela que notre choix s'est porté sur toi. Tu as sans doute remarqué tout un tas d'anomalies qui nous différencies de toi.

-Oui, avoua Bella soudain soucieuse.

-C'est parce que nous ne sommes pas comme toi. Tu es une humaine, particulière certes mais une humaine tout de même.

-Je ne comprends pas.

-Bella, nous ne sommes pas humains, répondit Lucy de plus en plus mal à l'aise.

-Vous êtes quoi ? Des extra-terrestres ?

-Nous sommes en quelques sortes des êtres mythologiques.

-C'est quoi ces conneries ?! S'agaça Bella.

-Surveille ton langage jeune fille ! La reprit sévèrement son père. Nous baissons la garde, c'est vrai mais nous ne tolérerons pas de grossièretés. Nous ne t'avons pas élevée de cette façon ! La réprimanda Martin sur un paternel autoritaire. Bella baissa la tête.

-Nous sommes des vampires ma chérie, annonça Lucy pleine d'angoisse quant à la réaction de leur fille.

-Tu plaisantes ? S'estomaqua-t-elle reposant son bol de chocolat chaud qu'elle venait de saisir.

-Pas du tout, répondit Martin.

Bella resta bouche bée, se demandant s'ils se foutaient d'elle ou s'ils croyaient vraiment ce qu'ils lui racontaient.

-Ta mère est l'un des vampires les plus anciens des États-Unis. Elle a été transformée en 1648 par un mâle qui n'est plus de ce monde aujourd'hui. Il était à l'époque monnaie courante de transformer de belles femmes humaines pour les besoins assez primaires des mâles de notre espèce. Cependant celui-ci n'avait pas compté sur l'esprit rebelle de ta mère, de plus elle était sa première créature, il n'avait donc pas d'expérience en ce domaine. Lorsqu'il a voulu la contraindre à obéir, elle l'a tué car comme tout nouveau-né qui se respecte elle était bien plus forte que lui, Bella lâcha un hoquet de stupeur.

-Suite à cela je me suis retrouvée à errer les routes, seule et complètement perdue. Un jour je suis tombée sur deux autres femelles et comme il s'agissait de deux femmes, je me suis laissée approcher. Nous avons été de très, très bonnes amies durant pratiquement deux siècles, elles s'appelaient Nettie et Maria. Pour ne pas retomber sur d'autres mâles souhaitant nous soumettre à des fins personnelles et afin de pouvoir nous défendre au mieux, nous nous sommes alliées. Très vite Maria a eu l'idée de créer quelques nouveau-nés afin de garantir notre sécurité dans un premier temps. Puis voyant que nous devenions fortes, craintes et redoutées elle s'est mis dans l'esprit de conquérir le Texas qui était sa patrie afin de ne plus avoir à bouger sans cesse et de disposer d'une ressource alimentaire conséquente. Au début nous étions, Lettie et moi d'accord, cependant en l'année 1863 nous sommes tombées sur un convoi militaire, nous étions en pleine guerre de Sécession. Maria a repéré un officier qui était revenu sur ses pas afin de récupérer les civiles que nous venions de tuer. Il ne le savait pas bien sûr, il cherchait seulement des civils égarés mais Maria a senti chez lui quelque chose et elle l'a transformé. Il s'avère que cet officier avait un don exceptionnel, il était empathe. Maria a très vite fait de lui notre bras droit. Il était zélé, efficace, capable de maintenir une horde de nouveau-nés à lui tout seul. C'était un homme charismatique et Maria n'est pas passée à côté de cela. En plus d'en avoir fait son bras droit elle avait fait de lui son amant. Au fur et à mesure de leur liaison, nous nous sommes senties Lettie et moi mises à l'écart. Nous nous sentions même en danger, car avec le Major à ses côtés nous n'étions plus d'aucune utilité. De plus nous ne partagions pas sa soif de conquête qui devenait de plus en plus démesurée. Nous voulions bien du Texas mais nous n'avions pas l'ambition de conquérir tout le sud des États-Unis. Un jour un subordonné fidèle à Lettie lui appris qu'il avait entendu Maria dire au Major que nous devenions une menace pour elle et qu'elle serait sans doute obligée de mettre un terme à notre longue entente. Dans le plus grand secret nous avons réunis une poignée de soldats qui nous étaient loyaux et nous avons fui le camp en toute discrétion. Nous sommes restées alliées Lettie et moi durant quelques décennie mais Lettie voulait elle aussi le Texas, elle souhaitait s'opposer à Maria afin de se venger de l'affront qu'elle nous avait fait. J'ai à mon tour quittée Lettie, cependant je l'ai fait de façon plus honorable cette fois-ci. Je me suis réfugiée ici et j'ai monté à mon tour une petite armée de nouveau-nés afin de me protéger de celles qui furent jadis mes amies, raconta Lucy avec une certaine amertume.

Martin reprit à son tour.

-Il y a quarante sept ans de cela, j'ai été attaqué alors que je quittais mon service de nuit que j'effectuais à l'hôpital d'Albuquerque. J'étais infirmier. Je me suis réveillé ici quelques jours après et j'ai vu Lucy. Je suis tout de suite tombé amoureux d'elle, ce qui était normal puisqu'elle est ma compagne d'éternité, mon âme sœur si tu préfères. Nous avons beaucoup parlé avec Lucy et elle m'a avoué qu'elle n'en pouvait plus de cette vie de guerre permanente. J'ai réussi à la convaincre d'aller parler à Lettie afin de lui signifier qu'on se retirait, que nous aspirions qu'à vivre notre vie serein tous les deux. Lettie n'avait que faire de notre retraite, elle nourrissait de haine que pour Maria. Fort de cette entrevue nous avons fait la démarche de nous rapprocher de Maria, cependant ça s'est mal passé. Maria nous a fait comprendre que nous restions une menace pour elle et qu'elle ne croyait pas à notre désir de vivre une vie reculée. Elle a tenté de nous tuer et nous avons pu nous en réchapper in-extrémis. Depuis nous sommes dans l'obligation de continuer à former des armées afin de garantir notre survie. A nous deux nous ne pourrions pas lui faire face et elle profiterait de cela pour nous exterminer. Il fit une courte pause de quelques secondes afin de me laisser assimiler tout ça.

-Je possède moi aussi un don, un don très utile. Je suis à même de reconnaître les personnes avec des pouvoirs. Je peux seulement identifier s'ils sont offensifs ou défensifs mais c'est un atout considérable dans une guerre. J'ai donc émis l'idée de recruter une armée constituée de pouvoirs en tout genre afin de pouvoir définitivement renverser Maria et de nous offrir la vie dont nous rêvons tous les deux, termina d'expliquer Martin.

-Vous êtes sérieux ?

-On ne peut plus sérieux, répondit Martin.

-Toi aussi tu es un vampire avec un pouvoir ? Questionna Bella ne sachant pas si elle devait croire ou non à cette invraisemblable histoire

-Oui, admit John. J'en suis un et j'ai un don génère de l'électricité dans mes mains.

-C'est abracadabrant votre histoire.

-Et pourtant c'est la stricte vérité ma chérie, répondit Lucy.

-Ça veut dire que moi aussi vous allez me vampiriser ? Questionna Bella soudainement soucieuse.

-Quand tu auras atteint l'âge, oui, admit sa mère.

-C'est pour ça que vous n'arrêtiez pas de me dire que j'étais spéciale. En fait vous m'avez choisi à cause de cette particularité afin de m'intégrer dans votre armée. Je n'ai pas plus de valeur que n'importe lequel autre.

-C'est là que tu te trompes ! Riposta vivement Lucy. Si tu n'avais pas plus de valeur que les autres qui en ont tout de même bien plus que nos soldats lambda, tu aurais intégré l'orphelinat spéciale que nos avons financé. Sans vouloir t'offenser John, ajouta-t-elle à l'attention du jeune mâle présent. Nous nous sommes toujours arrangés pour que tu puisses vivre une vie plus ou moins normale. Nous savons bien que ce n'est pas la vie que n'importe quelle jeune fille humaine aurait été en droit de souhaiter mais nous avons fait ce que nous avons pu. Tu es notre fille Bella, nous t'avons élevée et aimée comme telle. Alors oui au début nous t'avons choisi pour ta particularité mais très vite nous nous sommes attachés à toi. Aussi bien Martin que moi-même. Nous avons pris le risque de te garder près de nous et de t'aimer alors que cela peut s'avérer très dangereux pour chacun de nous mais c'est un choix que nous avons fait sciemment. C'est sans doute de l'égoïsme parce qu'à cause de cela tu fais une cible de choix pour nos ennemis mais une fois que tu es entrée dans nos vies, nous ne pouvions plus te laisser à la charge de l'orphelinat.

-Nous t'aimons Bella, tu es et tu seras toujours notre fille, ajouta Martin en se levant.

Il se plaça devant elle et prit les mains de la jeune fille dans les siennes.

-Nous sommes vraiment désolés pour tout cela. Je sais que c'est perturbant pour toi mais nous ne regrettons rien car cela nous a permis de t'avoir près de nous, de te voir grandir et devenir la jeune fille que tu es. Nous avons été extrêmement oppressant et exigeant avec toi mais c'est pour ton bien. Lorsque Maria apprendra que nous avons une fille, elle s'en prendra à toi et nous voulions que tu sois à même de pouvoir te défendre. Tu as pu remarquer toute seule que tu as toujours eu un niveau supérieur aux autres, que ce soit dans l'art des combats que dans tes études. Tout ceci était pour te permettre de pouvoir te défendre seule et lorsque tu seras changée, ces capacités se décupleront en même temps que tout le reste. Tu seras un vampire redoutable et avec un don comme le tien, il sera difficile de pouvoir t'asservir en espérant que tu sois insensible à celui du Major également.

-Pourquoi ? Quel don puis-je bien avoir ?

-D'après ce que j'ai pu en conclure tu es un bouclier, cependant nous n'avons jamais pu nous résoudre à pratiquer de test sur toi donc je ne sais pas quel genre de bouclier tu peux être. Mais si tu es insensible à l'empathie du Major, tu seras intouchable. Raison pour laquelle nous avons insisté sur tes entraînements physique et de combat car il est un puissant guerrier et ce même sans son don, expliqua Martin avec fierté.

-Quelles sont les autres particularités des vampires ? Est-ce que je devrais me nourrir de sang ?

Lucy expliqua à Bella chacune des particularités vampiriques courantes. Elle lui expliqua également le système de hiérarchie de son camp et la place qui reviendra à Bella. Seuls les vampires de la garde personnelle de Lucy et Martin seront au courant du statut particulier de la jeune fille. Ne souhaitant pas que Maria ou Nettie apprennent trop rapidement l'affection que les dirigeants du clan ont pour la jeune fille et souhaitant également garder pour eux leur plan de renversement afin de conserver l'effet de surprise.

Après avoir entendu les explications Bella garda le silence car Lucy et Martin avaient pratiqué une petite démonstration afin d'appuyer leurs propos et pour ne plus laisser le moindre doute à leur fille quant à la véracité de leurs propos.

Elle avait émis le souhait d'aller faire un tour histoire de digérer tout cela et de prendre un bon bol d'air frais en solitaire mais Lucy s'y était opposée. Le camp était rempli de nouveau-nés et la sécurité de Bella était incertaine même si elle était le commandant en chef.

Martin avait donc décidé de la ramener au manoir afin de lui offrir la sécurité qu'il lui fallait et de lui offrir le recueillement dont elle avait besoin. Elle ne s'était pas braquée, elle n'avait pas piqué de colère comme cela était devenu coutumier cette dernière année. Elle s'était seulement plongée dans un inquiétant mutisme et même si cela l'inquiétait il avait respecté son silence.


J'espère que ce chapitre vous aura plu. L'histoire prend forme et dès le chapitre suivant, vous verrez apparaître le Major ;)

La suite viendra vendredi ou samedi prochain selon mes disponibilités.

Juste pour information !

Pour celles et ceux qui sont sur facebook avec moi et pour les autres si cela intéresse. J'ai créé un groupe afin de parler de mes publications (ainsi que celles des autres auteurs, je ne suis pas fermée. ^^) Nous y délirons également et fantasmons en groupe lol…

J'ai fait cela car ayant un travail à responsabilité, je ne peux plus me permettre de mélanger mes deux activités… Il serait mal venu que mes clients viennent à lire mes lemons, j'en perdrais tout crédibilité lol Donc il vous suffit juste de taper Betifi (auteur) et vous pourrez me trouver. De plus je sais qu'il y a énormément d'autres groupes ou pages mais j'avoue que je me sens un peu mal à l'aise d'aller mettre mes infos sur des supports qui ne sont pas à moi.

Voilà en tout cas je vous remercie toutes et tous encore pour le nombre incroyable de reviews que vous m'avez laissé, (je n'en reviens toujours pas ^^ lol )

A la semaine prochaine.

Beti.