Bonjour tout le monde,
Je suis heureuse de voir que ma fiction est appréciée, surtout après « Condamnées à mourir », qui ne traitait pas non plus un sujet très joyeux. Plusieurs personnes ont très peur pour la suite de l'histoire, surtout à cause du sujet que je traite, et n'ont pas souhaité continuer leur lectures et je respect leur décision. Mais, ce n'est pas parce que je prends un sujet dur que la fin va être absolument horrible.
De plus, je suis sincèrement désolée du retard que j'ai pris, mais je n'arrivais pas à écrire une bonne suite et je restais plantée devant mon ordinateur sans trouver quoi écrire.
Réponses aux personnes sans compte:
-magaxa68: Je ne peux rien te dire sur la suite de l'histoire, sinon il n'y aurait aucun intérêt à ce que tu l'as suive. Et vu que je suis très sadique dans mes écrits, il y aura du suspense jusqu'au bout. Bisous!
-nana10, Guest et Guest: Je n'ai jamais forcé quelqu'un à lire une de mes fictions, donc si vous trouvez que celle-ci est trop dur à lire et bien tant pis. Merci pour vos reviews. Peut-être une prochaine fois. Bisous!
-mamzelleLN: Il ne faut déjà pas être stresser voyons! Sinon, avec tout ce que j'ai prévu pour la suite, tu risques de nous faire un arrêt cardiaque! Apparemment, les actions de Kleenex vont être en forte hausse et je comprends pas pourquoi... ;-) Bisous!
-Taylor: Je suis très sadique dans mes fictions, alors c'est normal que je laisse une fin comme ça. J'espère que tu habiteras parce que depuis le temps, c'est limite ma marque de fabrique! Bisous!
-Elodie52: Je suis contente que tu me suis sur cette fiction et heureuse que ce premier chapitre te plaise. J'espère que ça sera toujours le cas par la suite. Bisous!
-Elo: Je suis contente que tu me suives sur cette fiction, même si l'histoire est complètement différente de ma précédente. Bisous!
-gwla10: Je serais aussi muette qu'une tombe pour la fin de cette fiction, je ne dirais absolument rien alors il faudra être patiente pour le savoir!
Mille merci à: canada02, magaxa68, Mariee1, nana10, olivia59350, Mel0810, mamzelleLN, Taylor, maya31, mondigou29, Elodie52, alexandra13, Cricrou86, Guest, indosyl, Elo, jessiimelii, Lady Paradise, Habswifes, Guest, DiNozzo-Ncis, Anais88, Robsten1128×2, souriceaux, Mariee. M, FlowerByFloweer, Linaewen'Z, gwla10, sama-66, laura2a20 et Audrey 1986 pour vos reviews.
Merci à: canada02, luna04, olivia59350, Lili-bee, maya31, modigou29, fatoulette, christou57, alexandra13, Cricrou56, indosyl, SerpentardeDarkness, xMariiiie, MamaCullen20, carolin21321026, Lady Paradise, Anysia19, Habswifes, mimie05, hedwige09, Lisasa, Elfia, DiNozzo-Ncis, RomaneRom, robstenfanfic, Babe Pattz, Anais88, Flo-x3, Sloubi, luckytexastar, FlowerByFloweer, AudreySB, Robsten1128, twilightgeneration, MaudeBlackCullen, Sophinette707, Blondie83, Axellita, Edella Are Forever Bound, pyreneprincesse, Dream-Twilight, NoStairway2Heaven, yaya084, alicia38, sama-66, ThePseudoUseless, laura2a20, lele64500, Audrey 1986, lilice's et pitou pour m'avoir mise en story alert/favori et/ou author alert/favori.
Disclaimer: Tout les personnages appartiennent a S.M.
Un grand merci à ma correctrice, So-Kate! (L)
Je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 2:
Mardi 11 septembre 2001; 8h30
POV Edward
Malgré ce que Bella avait prédit, je n'étais nullement en retard en travail. J'étais même parfaitement à l'heure. Qu'est-ce qu'elle pouvait être défaitiste comme femme. Mais, c'était Bella et je l'aimais tel qu'elle était, quelque soit les différences qui nous séparent. Je soupirais, refusant de me mettre à penser ce qui est sujet de dispute entre nous deux. Un bébé. Quand je l'ai connu, rien n'aurait pu prédire que maintenant nous étions mariés et complètement fou l'un de l'autre. C'était un parfait hasard qui nous a lié.
Une petite chose brune qui me percute en pleine rue, son café se renversant sur son chemisier et naturellement, je lui propose de venir chez moi pour nettoyer le plus gros des dégâts, n'habitant pas très loin de l'accident, en tout bien tout honneur. Ce qui aurait pu durer quelques minutes à durer finalement des heures. Nous avions discuté pendant ce qui m'a semblé quelques minutes alors que le soleil avait commencé à se coucher sur New York. J'avais rapidement su qu'elle travaillait dans une petite bibliothèque, le temps de trouver un travail mieux payer, je lui avais proposé de déjeuner avec moi. Les semaines qui ont suivi n'ont fait que confirmer ma première impression; elle était une femme incroyable. En plus d'être magnifique, elle avait le sens de l'humour, une intelligence peu commune, un fort caractère qui lui donnait encore plus de crédit et ses rougissements qui me faisaient complètement craquer. Alors, un soir, après l'avoir invité à dîner dans un modeste restaurant, en l'accompagnant chez elle, je l'avais embrassé. Elle aurait pu me repousser ou me gifler, après tout il n'y avait eu aucun signe que je lui plaisais, mais elle avait répondu avidement à mon baiser et nous avons fait l'amour toute la nuit. Depuis ce temps-là, nous nous ne sommes jamais quitté.
Je souris en me remémorant ces si bon souvenirs. Moi qui avait toujours cru que les femmes venaient à ma rencontre juste à cause de mon physique, voilà qu'une d'entre elle tombe littéralement sur moi et s'avère être la bonne. Qui l'aurait cru? J'avais passé beaucoup trop de temps à monter mon entreprise d'import-export à New-York, chagrinant ma mère de me voir tout le temps seul sans possibilité d'avoir des petits-enfants. Si ma mère voulait aller plus vite que le temps lui-même, mon père était plus posé et espérait juste qu'Alice et moi soyons heureux avec la personne qui partage notre vie. Si Alice avait trouvé Jasper peu de temps après le lycée, et filait le parfait amour avec lui, ça n'a jamais été mon cas. Je n'étais pas un gars qui aimait beaucoup sortir, ni un dragueur invétéré. Emmett, mon unique cousin du côté de ma mère, de sa défunte sœur, s'amusait à dire que je n'avais qu'à m'asseoir pour qu'une fille s'installe sur mes genoux, sans le moindre effort. Si les femmes n'aimaient pas être considérées comme des morceaux de viande, et bien c'était le cas pour moi aussi. J'avoue que des fois, j'en avais profité. Je n'étais qu'un homme après tout. Heureusement que Bella n'entendait pas mes pensées, sinon elle m'aurait arraché la tête avec ses dents. Elle était très jalouse, mais d'une mauvaise foi incomparable, même si elle ne l'aurait jamais avoué.
Je revins au présent quand je loupais de peu de me faire écraser par un vélo qui fonçait à toute allure dans la rue, me faisant jurer entre les dents. On devrait inventer le permis vélo. Je sortis mon badge pour ouvrir la porte d'entrée de mon entreprise, peu fier de ma réussite. J'ai mis des années à construire ça, et malgré mon jeune âge, j'ai réussi à me faire un nom dans le métier. J'avais pu m'acheter notre appartement en plein cœur de New-York, ainsi qu'une magnifique bague de mariage à Bella. Pour ma survie, j'avais menti sur le prix. Un petit mensonge ne fait de mal à personne. La seule chose que je n'avais pas pu acheter c'était un nouveau boulot pour ma femme. Qu'est-ce que je détestais son crétin de patron! Il la harcelait constamment au téléphone, et lui donnait plus de travail qu'à ses autres employés car Bella lui avait fait comprendre qu'elle était mariée, en l'occurrence à moi, et qu'elle ne voulait pas d'aventure avec lui. Depuis ce temps, étant toujours rancunier, il la mettait en esclavage et aucun de ses collègues ne disaient rien. Plus d'une fois, Bella a dû me retenir pour ne pas que je lui mette mon poing dans sa gueule de pervers. Des fois, j'accompagnais Bella jusqu'à son étage, allant dire bonjour à Rosalie, la femme de mon cousin Emmett, au passage, et je bouillonnais de rage en voyant le regard mal saint de Jenks sur ma Bella. Un jour, je vais le castrer, j'en faisais le serment.
-Salut, boss! Me salua Eleazar, un de mes employés.
-Salut Eleazar! Comment vas-tu? Et Carmen?
Il était marié à Carmen, une femme d'origine d'Amérique du sud avec un tempérament de feu. Plus d'une fois, je l'avais vu arriver en trombe dans l'entreprise pour crier sur son mari et repartir aussitôt, tout ça en espagnol. Et maintenant qu'elle était enceinte, c'était bien pire. Je me renfrognais en revoyant l'image de Carmen avec un ventre rond. Ce n'est pas maintenant que ça allait arriver à Bella ça!
-Bien, bien, merci! Me sourit Eleazar, heureux. Elle se plaint de ressembler à une baleine et de ne pas pouvoir dormir correctement, mais j'ai connu pire.
-Je n'ai aucun doute là-dessus! Ris-je. Est-ce que les autres sont arrivés?
-Ouais, ils sont dans la salle de repos.
-Je me demande à quoi je vous paye des fois.
Eleazar riait toujours alors que je me dirigeais vers la salle de repos où se trouvaient la cuisine, un écran de télévision et une machine à café. Je n'avais que quatre employés à mon actif; Eleazar, Garrett, Paul et Leah, ma secrétaire. On n'était pas beaucoup, mais pour l'instant, on était bien comme ça. Je desserrais ma cravate, trop à l'étroit là-dedans quand je rejoignis les autres qui se disputaient déjà. De plus, je pense que Paul et Leah sortaient ensemble, mais je n'étais pas sûr et je n'avais jamais interdit les relations entre collègues tant que ça n'affectait pas le travail.
-Hé! Qu'est-ce qui se passe ici? Demandai-je en arrivant.
Garrett essayait tant bien que mal de s'échapper de la prise de Paul et Leah qui pestaient contre lui.
-Salut patron, me salua Garrett. Dites-leur d'arrêter de me persécuter de la sorte sinon je porte plainte!
-Il a volé le dernier muffin! Gronda Leah. Encore! On prend toujours dix muffins le matin, pour que tout le monde en ait deux, et lui, il prend toujours celui qui n'est pas à lui. C'est du vol!
Je roulai des yeux, désabusé par tant d'enfantillage. Je vais croire que je les paye pour qu'ils mangent des muffins chaque matin. Posant ma sacoche sur la table, je m'avançais vers Garrett, lui prit la viennoiserie qu'il avait dans les mains et la mordit avec gourmandise, devant leur yeux ébahis.
-Et voilà, il n'y a plus de jaloux, dis-je en avalant ma bouchée de gâteau. Maintenant, est-ce que vous aurez l'amabilité d'aller travailler?
Tous les trois se mirent à pester contre moi, marmonnant dans leur barbe et me jetant des regards peu amicaux. Mais, j'étais le boss alors s'ils souhaitent garder leur travail et de quoi payer leurs factures, ils partirent rapidement à leur occupation. Je n'étais pas un patron très sévère, et encore moins tyrannique. Tout ce que je voulais c'est que mon entreprise fonctionne en temps voulu et que mes employés s'y sentent bien. J'avais fait installer une salle de repos cosy, des heures de travail réparties également dans l'emploi du temps, des tickets restaurant quand j'avais la possibilité d'en avoir et surtout une bonne ambiance au sein de ma société. Ce n'était pas des choses haut de gamme, mais c'était un début. Je faisais de mon mieux.
Je quittais la salle de repos, empoignais ma pochette et rejoignis mon bureau. Ma mère avait pris un très grand plaisir à le décorer en prenant mes goûts en considération, évidemment. Ce n'était pas le grand luxe, mais je m'y sentais bien lorsque j'y travaillais. Et je dois avouer que j'avais de très bons souvenirs de cette pièce grâce à Bella... J'étais vraiment un gros pervers. Souriant en imaginant le regard noir que m'aurait lancé ma femme si elle voyait mes pensées, j'ouvris la porte de mon bureau dans un grand mouvement de bras, ne prenant pas la peine de la fermer. Mes employés venaient seulement pour me dire des choses importantes pour la société, ou en cas d'extrême urgence; comme la fois où le père de Leah avait fait une crise cardiaque quelques semaines avant Noël de l'année dernière. Ça avait été très traumatisant pour Leah, ainsi que son frère cadet Seth, un jeune homme d'une jovialité communicative. Il était venu faire plusieurs stages au sein de l'entreprise, principalement pour avoir de l'argent de poche pour ses études. Ses parents étaient des ouvriers et avaient du mal à joindre les deux bouts. Et puis, Seth était un très bon stagiaire, très travailleur. Mais, il adorait les voitures et créer son garage était son rêve. Dommage.
Je m'assis lourdement sur ma chaise de bureau, vidé. Il n'était même pas dix heures du matin et j'ai l'impression d'avoir couru pendant des heures. Ma dispute avec Bella me revint à l'esprit, au moment où je souhaitais justement l'oublier. Elle était tellement têtue! Je ne savais même pas pourquoi on en discuter depuis des mois alors que l'évidence était sous nos yeux; elle était faite pour être mère. Ça se voyait lorsqu'elle regardait Peter, le fils d'Alice et Jasper, elle avait une petite étincelle dans le regard qui ne trompait pas. Je n'avais pas encore osé lui parler de sa mère, c'était un sujet sensible entre nous et j'évitais de prononcer son prénom au risque de dormir sur le canapé pendant une semaine. Renée et Charlie s'était marié dès la sortie du lycée et Bella était née quelques mois plus tard. Même si Renée avait aimé profondément Charlie, elle avait eu beaucoup plus de mal avec Bella et le fait d'être une femme au foyer n'aidait pas. À peine quatre ans plus tard, Renée avait fait ses valises, laissant Charlie le soin de s'occuper de leur fille. Elle n'avait plus jamais donné de ses nouvelles, et Bella avait « presque » fini par oublier sa mère. Je n'avais encore jamais rien dit, mais je crois que le fait de ne pas avoir eu de repères maternel l'effrayait, elle devait sûrement penser qu'elle serait une mère aussi horrible que la sienne. Stupide. Quand elle jouait avec Peter, ou quand elle le prenant simplement dans ses bras, tout son visage s'illuminait et on pouvait voir à quel point ça lui plaisait.
Je grognais en m'arrachant mes cheveux de frustration et allumais mon ordinateur. À peine eut-il était allumé que ma boîte mail émit un bip aigüe, signe que j'avais du courrier. En ouvrant celle-ci, je remarquais qu'elle était plus que remplit, et même si je soupirais à cause de la charge de travail en plus que j'allais avoir, je me dis qu'il n'y avait pas de meilleur remède pour oublier mes problèmes personnels. Enfin, c'est ce que je m'étais imaginée dans ma tête, rêvant presque de pouvoir ardemment travailler pour oublier ma dispute avec Bella, mais c'était sans compter sur mes employés quelques peu dissipés. Je les entendais crier et s'exclamer sur ce qui devait être un programme télé passionnant à souhait. Je me levais afin de les réprimander « sévèrement », quand Leah arriva en trombe dans mon bureau, le visage figé d'effrois.
-Edward! M'appela-t-elle, effrayée. Il faut que tu viennes dans la salle de repos!
-Si c'est encore une disputer entre toi et...
-Non! Me coupa-t-elle en pleurant presque. Ça vient de se passer à New-York...
Fronçant les sourcils, j'abandonnais le dossier sur lequel j'étais en train de travailler et la suivis de bonne grâce, réfléchissant à l'affreuse nouvelle qu'elle venait d'apprendre. Paul et Garrett étaient debout, devant la télévision de la salle de repos, la bouche ouverte, le regard fou. Leah me fit avancer de force, et c'est là que mes yeux se braquèrent sur l'écran. Le logo de CNN se trouvait en haut, à gauche de l'écran alors qu'un journaliste d'un âge mûr parlait à une vitesse vertigineuse aux spectateurs, qui devaient être aussi stupéfait qu'il l'était lui-même. Derrière lui, un écran géant retransmettait les images en direct de ce qui faisait l'actualité, en même temps qu'il parlait:
-D'après les dernières informations, c'est un Boeing 767 de American Airlines décollant de l'aéroport international de Boston qui fut détourné par des terroristes. Je vous rappelle que l'avion a percuté la Tour Nord du World Trade Center de New York ce matin, à 8h46 heure locale, et que nous n'avons pas plus d'information pour l'instant. Les pompiers et la police sont sur place pour faire évacuer les personnes se trouvant aux alentours, ainsi que ceux fuyant la Tour Nord. À vrai dire, je ne sais pas vraiment ce que je dois vous dire, car les images filmées par des hélicoptères de CNN parlent d'eux-mêmes...
Le journaliste disparut et nous pûmes voir en temps réel les images de ce qui s'était passé ce matin, il y a quelques minutes à peine. J'écarquillais les yeux, alors que les images défilèrent devant mes rétines. J'y étais passé devant tellement de fois sans vraiment y faire attention, et maintenant, elle brulait, littéralement. Mon Dieu... La Tour Nord du World Trade Center était en feu, on pouvait le voir qui a commencé au trois quart de la Tour, alors que d'épaisse fumée noire s'y échappé sans interruption. Les rues à plusieurs centaines de mètres autour étaient plongées dans la fumée, et avec le zoom de la caméra, on pouvait voir des personnes courir avec un foulard, un tee-shirt ou un pull sur la bouche et le nez pour éviter les fumées toxiques. Les images étaient apocalyptiques. Qui a bien pu faire une chose pareille à des êtres humains innocents? Pourquoi? Pour quelles raisons?
À ce moment-là, mon cerveau se mit en route et un nom me vint à l'esprit: Bella. Sans un mot, je courus jusqu'à mon bureau, ne faisant pas attention à mes collègues qui m'appelaient derrière moi. J'attrapais mon portable posé sur mon bureau et composé fébrilement le numéro de ma femme. Je vous en prie... Ça sonnait, c'était bon signe mais une boule d'angoisse au creux de mon ventre refusait de me quitter. Je marchais de long en large dans mon bureau, alors qu'à l'autre bout du fil, personne ne me répondait. Non, s'il vous plait, non... Bella travaillait dans la Tour Sud, mais avec les images que je venais de voir, je pensais au pire. Alors que les secondes passaient à une vitesse folle, la sonnerie s'arrêta...
-Edward?
-Mon Dieu, Bella! M'écriai-je au téléphone, me retenant à mon siège de bureau. Est-ce que tu vas bien? Je viens de voir les images à la télévision et j'ai craint le pire!
-Oui, oui, je vais bien, me répondit-elle d'une voix terne. Edward, je... j'étais à la fenêtre quand ça s'est passé... Il y a tellement de fumée, et les gens qui sont à l'intérieur...
-Je sais, Bella... Mais, pour l'instant, il faut que tu penses à toi, d'accord? C'est égoïste, mais... mais je ne me vois pas vivre sans toi, tu comprends?
-Oh, Edward... On a l'obligation de rester à l'intérieur des bureaux, on ne peut pas sortir. Je n'en sais pas plus, mais je vais bien, je t'assure.
-Ok, tu vas bien, soupirai-je à moitié soulagé.
C'était égoïste, alors qu'il y avait des morts, des gens qui essayaient de survivre non loin d'ici, mais Bella était Bella et je ne me voyais pas vivre sans elle, loin d'elle.
-Il y a du mouvement dans les couloirs, c'est la pagaille ici. Tout le monde veut sortir, et je ne sais pas quoi faire...
-Sors, la coupai-je, alerte, le soulagement disparu. La Tour Nord pourrait s'effondrer à tout instant et Dieu seul sait ce qui pourrait arriver par la suite.
-Mais, mon patron refuse et il y a un message de prévention dans les haut-parleurs du couloir qui nous interdit de sortir à cause du danger qu'i l'extérieur.
-Bella, je m'en fiche de ce que ce con de Jenks a dit. Tu sors le plus vite possible de l'immeuble!
-Mais...
-Pas de « mais »! Dis-je, furieux. Il faut que tu sortes de l'immeuble. Va retrouver Rosalie et sors le plus vite possible avec elle.
-J'ai peur, souffla Bella tremblante.
Je fermais les yeux, les pires images traversant mon esprit. Si moi j'étais dans un état proche de la folie, comment devait être Bella? J'aurais tellement voulu être auprès d'elle, la rassurer et la protéger. Au lieu de ça, j'étais au téléphone avec elle, mais pendant encore combien de temps? Les réseaux allaient vite être saturés et qui sait ce qui va se passer par la suite. Putain de merde. Mes doigts resserrèrent instinctivement le dos de ma chaise de bureau et mes phalanges devinrent d'une blancheur inquiétante.
- Écoute-moi, mon amour, lui soufflai-je doucement. Je vais venir te chercher. Je quitte le boulot et j'arrive dans moins de cinq minutes. Attends-moi devant l'ascenseur, avec Rosalie, et je vous embarque toutes les deux. Surtout, si Jenks ose te dire quelque chose, je te jure que je lui coupe les bijoux de famille avec un sécateur.
À l'autre bout du fil, je l'entendis rire et pleurer en même temps, et mon cœur se compressa à ce son. J'ai toujours détesté le fait qu'elle pleure.
-D'accord, renifla-t-elle, tu viens me chercher.
-Tout ira bien, je te le promets.
Elle ne répondit pas, mais je pris ça pour un signe d'accord. Toujours avec mon portable visé à l'oreille, je sortis de mon bureau sous le regard interrogateur de mes employés stupéfait.
-Bella?
-Oui?
-Je vais raccrocher pour le moment, d'accord? Avec la circulation dehors, tu ne risques pas de m'entendre, mais tu gardes ton portable avec toi, au cas où. J'arrive le plus vite possible, ne t'inquiète pas pour moi. Va devant les portes de l'ascenseur, et surtout ne panique pas, tout ira bien.
-Près de l'ascenseur, j'y serais. Edward?
-Oui?
-Je t'aime.
Je fermais les yeux, retenant mes larmes qui menaçaient de s'échapper. Bella me disait « je t'aime », mais pas à n'importe quelle occasion. Certes, ces mots avaient un sens pour elle, mais elle ne voulait pas le dire tout le temps et n'importe comment. Putain. Cette femme était têtue, mais elle avait une façon de le dire qui me bouleversait à chaque fois.
-Moi aussi, Bella, moi aussi... Je fais vite, promis. À tout de suite.
Encore une fois elle ne répondit pas, mais je savais qu'elle m'avait compris. Sous ses airs de femme indépendante, c'était une personne très sensible, très fragile et seules les personnes qui le connaissaient vraiment le savaient. J'enfouis mon portable dans la poche de mon jean et levais les yeux au ciel. Je sursautais en voyant des avions de chasses se diriger vers les deux Tours jumelles à la vitesse de la lumière. On pouvait voir aussi des hélicoptères les suivirent, plus lentement, et je devinais que c'était les engins des chaînes de télévision. Ils devaient se laver les mains d'un scoop pareil. Je me mis à marcher dans la rue à gauche, connaissant le chemin par cœur pour avoir tant de fois était chercher Bella pour qu'on déjeune ensemble le midi. À présent, c'était pour une tout autre histoire. Quand mes pas m'emmenèrent vers les axes principaux de la ville, je pouvais distinctement voir les effets de la catastrophe. Il y avait beaucoup de monde dans les rues, des gens au téléphone, d'autres discutant ou pleurant entre eu ou encore avec encore le journal de ce matin dans les mains qui avaient le même visage dévasté. Je n'osai même pas imaginer comment je devais être. Bien vite, mon attention se détournant de ces inconnus qui éprouvaient les mêmes sensations d'injustice et de colère pour repartir à mon but premier: chercher Bella.
Mais, au fil des mètres que je parcourais, les trottoirs et les routes devinrent difficile d'accès, principalement à cause des gens qui s'y trouvaient et des voitures qui s'étaient arrêtées en plein milieu du chemin. C'est quand je levais la tête que je compris un peu mieux pourquoi ils étaient ainsi. Voir les choses à la télévision était bien différent de les voir en vrai. Sous mes yeux, je pouvais voir les Tours du World Trade Center, une Tour intact quoique un peu masqué par les fumées que produisaient la Tour Nord. Un feu brulant et dévastateur se propageait de là où l'avion terroriste s'était écrasé vers les étages inférieurs. Malgré la vue, je continuais à marcher, zigzaguant entre les gens qui regardaient le spectacle et les policiers qui essayaient de maitriser la population. Je perdais de nombreuses minutes précieuses à éviter les forces de l'ordre qui obligeait les personnes à rester où il était, quelque soit leur raison. Je refusais de laisser Bella là-bas. Alors que je réussis à éviter plusieurs policiers, je fus stoppé net pour l'un d'entre eux qui m'avait repéré.
-Vous ne pouvez pas aller plus loin, Monsieur, me dit-il sérieusement.
-Vous ne comprenez pas, ma femme se trouve là-bas! Répondis-je en élevant la voix.
-Je suis désolé, Monsieur, mais personne ne peut franchir ses barrières.
-Je lui ai promis que j'irai la chercher! Je ne peux pas l'abandonner comme ça! Elle est dans la Tour Sud et elle est morte de peur.
-Je vous le répète, personne n'a l'autorisation d'avancer plus loin.
-Mais...
-La zone n'est pas sécurisé, continua la policier, et le danger n'est pas écarté.
-Pardon? Intervint une femme d'une quarantaine d'années qui se trouvait à moins d'un mètre de nous, terrorisée. Vous voulez dire qu'il y a... qu'il peut y avoir d'autres avions?
-C'est une possibilité, Madame, affirma le flic.
-Mon fils... murmura-t-elle, désemparée. Il faut le sortir de là!
-Les pompiers sont déjà sur place ainsi que les forces de l'ordre.
-Ma femme m'a dit qu'on leur refusait l'accès aux sorties de l'immeuble! M'écriai-je.
Plusieurs personnes se retournèrent vers moi, stupéfaits et paniqués. Comment pouvait-on laisser ses personnes sans informations? Suite à ma révélation, les gens commencèrent à protester et à écrier contre les agents de police qui eurent du mal à se faire respecter. Profitant de la situation, je me glissais discrètement sous les barrières de fortunes et je me mis à courir le plus rapidement que mes jambes me donnaient. Plus j'avançais, et plus l'air devint rare. Des centaines de personnes marchaient et couraient dans le sens inverse de moi avec un pull ou un tee-shirt sur le bas du visage pour pouvoir mieux respirer. Rapidement, je les imitais en remontant ma chemise sur mon nez et ma bouche. L'air était chaud, chargeait de résidu que la Tour Nord avait perdu dans le crash de l'avion. Je refusais de penser qu'il y avait autre chose dans la poussière. Avec une horrible envie de vomir, je continuais ma route, prenant soin d'éviter la police ou toute autre personne susceptible de me bloquer le passage.
Les passants criaient et pleuraient alors que je les doublais sans aucune forme de politesse. Des enfants étaient blottis dans les bras de leur mère alors que celles-ci appelaient des proches au téléphone ou dans la rue. C'était le chaos total au fur et à mesure que j'arrivais au World Trade Center. Une vision apocalyptique. La fumée se faisait de plus en plus dense, je commençais à avoir la tête qui tourne, mais qu'importe, je devais sauver Bella de cet enfer. Je ne pouvais pas faire autrement, je ne pouvais pas imaginer la perdre. Jamais. Aussi souvent que mon cerveau me l'ordonnait, je levais les yeux afin de voir dans quel état se trouvaient les deux Tours jumelles. Il n'y avait pas de grand changement, hormis le fait qu'il y avait de plus en plus de fumée qui sortait de la Tour Nord, que les cris se faisaient de plus en plus horribles et qu'il était plus difficile d'avancer dans cet épais nuage de poussière gris. Je n'arrêtais pas de penser à ce qu'avait dit le policier quelques minutes plus tôt.
« La zone n'est pas sécurisé, le danger n'est pas écarté. »
Est-ce que ça voulait dire qu'il y avait d'autres avions qui allaient arriver? Pourquoi est-ce qu'on n'évacuait pas tout le monde des Tours? Que faisait le gouvernement? Le Président? Qui avait fait ça? Pourquoi? Est-ce que ces personnes avaient prévus autres choses contre les États-Unis d'Amérique? Combien de personne avait déjà perdu la vie? Est-ce que tout New-York était touché? Ou ça allait au-delà de la ville? J'avais tellement de question que ma tête me lançait douloureusement, à moins que ça ne soit la poussière qui réussissait à s'infiltrer à travers le tissu de ma chemise.
-Vous ne pouvez pas rester ici! Criait un pompier à quelques mètres de moi, aux personnes qui regardaient dans la même direction que toutes les personnes du monde entier à cet instant.
Les gens le regardaient sans vraiment le voir, un peu perdus et désabusés par la situation. Personnellement, je n'y fis pas attention, même si mon instinct de survie me disait de partir en courant de cet enfer brûlant. Je devais sortir Bella d'ici. C'était tout ce qui importait pour le moment, aller chercher Bella et s'en aller loin d'ici. Peut-être qu'on allait quitter notre vie un moment, partir loin de la région. À Forks, là où habitait le père de Bella, Charlie, qui avait trouvé un paisible job de policier dans une petite ville qui comptait moins de 3500 habitants. Bella voulait aller voir son père depuis plusieurs semaines, ça me paraissait une bonne idée. Tout à coup, alors que je me faisais bousculer par un homme qui allait en sens inverse, un avion siffla dans mes oreilles. Instinctivement, je levais la tête, presque heureux de voir que le gouvernement ne nous avait pas oublié, mais je déchantais bien vite et mon corps se crispa de terreur.
À 9h03, en ce mardi 11 septembre 2001, un avion percuta la Tour Nord du World Trade Center, là où se trouvait Bella.
Ne me tuez pas tout de suite, sinon vous n'aurez pas le prochain chapitre!
C'est très cruel comme fin, mais j'assume complètement.
À bientôt et prenez soin de vous,
Clairouille59.
