Chapitre 2
« Il est difficile de partir lorsque l'on veut rester, compliqué de rire lorsque l'on veut pleurer mais le plus terrible est de devoir oublier lorsque l'on veut aimer. »
Harry
Ron, Hermione et moi nous sommes rendus dans le bureau directorial, le portrait de Dumbledore nous attendait, après avoir échangé avec lui, je glissais un regard vers Hermione, comment lui parler alors que Ron était là ? Une fois de retour dans la grande salle, les célébrations avaient commencés, entachait par le chagrin bien sûr mais chacun savait qu'il y avait aussi de quoi se réjouir, malgré tout.
Hermione ne lâchait pas Ron ou plutôt, Ron ne lâchait pas Hermione, je voyais aux regards qu'elle me lançait qu'elle aussi souhaitait me parler mais elle ne voulait pas le heurter, surtout lorsqu'il venait de perdre son frère et moi non plus je ne voulais pas le heurter.
Luna détourna une fois de plus l'attention pour moi, je remis ma cape d'invisibilité puis sortis dans le parc, ne supportant plus d'être au milieu de tout ce monde, ne supportant plus de ne pas pouvoir être avec elle, rien qu'avec elle.
Je m'assis au bord du lac et rangea ma cape d'invisibilité, le soleil était là, il me réchauffait je décidais de m'allonger dans l'herbe, profitant du calme et de la chaleur, fermant les yeux, jusqu'à ce que j'entende des pas. Mon cœur se serra lorsque je me rendis compte qu'il s'agissait de Ginny. Elle s'installa près de moi, puis s'allongea à mes côtés.
- Quand est-ce arrivé ? Me demanda-t-elle.
- Quoi ?
- Hermione et toi, me répondit-elle.
Comment savait-elle ? Hermione lui avait-elle parlé ? Non, la bataille faisait rage, comment aurait-elle pu aborder ce sujet ?
- J'ai deviné à la réaction d'Hermione lorsqu'elle t'a cru mort. Je suis plutôt douée pour voir ce genre de choses puis je vous connais si bien tous les deux !
- Ginny, je n'ai jamais voulu te faire du mal, c'est arrivé… Comme ça, ni elle, ni moi n'avons pensé à grand-chose en fait… C'est arrivé le lendemain de Noël…
- Je ne t'en veux pas Harry !
- Pourquoi ? Je m'étonne.
- Parce que moi aussi je suis tombé amoureuse d'un autre en ton absence, je ne voulais pas, mais c'est arrivé. Il m'a couvert plusieurs fois pendant l'année, lorsque je faisais des trucs idiots pour saper l'autorité de Rogue. Au début, on discutait, je lui confiais mes peurs, puis un jour, on a échangé un baiser, puis le lendemain, un autre, jusqu'à ce que je me rende copte que c'était bien plus qu'un simple ami. Jusqu'à ce que je me rende compte que mes sentiments pour toi n'étaient plus les mêmes.
- Je te comprends.
- Je sais, dit-elle avec un sourire en coin.
Je lui pris la main, j'étais soulagé, ainsi, je ne perdrais pas Ginny, quoiqu'il arrive, elle sera là, comme une amie.
- Qui ? Je demande en tournant mon regard vers elle.
- Blaise Zabini, me répond-elle en attendant ma réaction.
- Un Serpentard, franchement Ginny, tu me remplaces par un Serpent !
Elle rigola, moi aussi, qu'il était bon de rire après tout ça et avant tout ce qui m'attendait encore. Je sentais qu'elle aussi, elle avait besoin de rire. J'aurais pu lui dire à quel point j'étais désolé pour la mort de Fred mais, je devinais qu'en cet instant, elle n'avait pas besoin de ça, elle le savait, elle voulait, pendant un court instant penser à autre chose et je l'y aidais.
- Il est très sympathique, comme je te l'ai dit, il m'a couvert plusieurs fois.
- Du moment que tu es bien avec lui, ça me va, Serpentard ou non !
- Tu sais que ça ne va pas être la même avec histoire avec Ron, il va t'en vouloir, ça ne m'étonnerait pas qu'il essaie de te mettre son poing dans la figure.
- Franchement, avec tout ce que j'ai vécu ces dernières années, ce n'est pas le poing de ton frère qui me fait peur, perdre son amitié sera bien plus douloureux que n'importe quelle violence qu'il pourrait avoir envers moi ! Puis quand bien même, son poing, je le mérite.
- Moi je ne trouve pas, me dit Ginny.
- Pourquoi ?
- Parce qu'Hermione l'a aimé pendant des années et qu'il a souvent joué les idiots au lieu de se décider, la preuve la plus flagrante de ce que je dis est l'année dernière, quand il a préféré sortir avec Lavande juste pour se venger d'un baiser vieux de deux ans ! Si mon frère avait fait les choses comme il fallait, lui et Hermione auraient été ensemble et on sait très bien tous les deux que tu n'aurais jamais touchés à Hermione dans ces conditions. Elle ne lui doit rien et toi non plus.
- Oui, mais il l'aime et je suis son meilleur ami !
- Il va t'en vouloir mais je serais là pour lui dire qu'il ne peut s'en prendre qu'à lui, il lui faudra le temps de comprendre, d'encaisser, mais je pense qu'il finira par te pardonner.
- Oui, enfin, il faut encore qu'Hermione partage mes sentiments et ça, je l'ignore…
- Tu vas pouvoir le lui demander, elle arrive, me dit Ginny en se levant.
Tournant mon regard vers là où regardait Ginny, je la vis venir vers nous, un peu hésitante en me voyant avec Gin.
- Bon, je vais vous laisser, me dit Ginny.
- Merci Ginny, merci pour tout.
- On est amis avant tout, me dit-elle en souriant.
Elle partit puis fit un sourire encourageant à Hermione en passant.
Hermione
Je n'aimais pas la jalousie qui s'était emparée de moi en voyant Ginny et Harry côte à côte mais ça me passa lorsqu'elle me fit un sourire, laissant place à de la culpabilité, il faudrait que je lui parle, plus tard.
Harry se leva et lorsque je fus près de lui, il me tendit une main que je pris. Il me conduisit jusqu'à la lisière de la forêt, nous offrant ainsi plus d'intimité, au cas où.
- Harry je…
Qu'est-ce que c'était compliqué de dire ce que je voulais lui dire !
- Je suis contente que tu t'en sois sortis, dis-je à la place.
Il me fit un sourire, signe qu'il n'était pas dupe, qu'il savait pertinemment que ce n'était pas ce que j'avais voulue lui dire à l'origine.
- Hermione, je pense qu'il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé le lendemain de noël et de ce qui a changé depuis, me dit-il ma main toujours dans la sienne.
- Oui, je le crois aussi, mais ce n'est pas facile, dis-je avec un sourire.
- Ca c'est sûr, confirma-t-il.
On se regarda un moment puis il se décida à commencer.
- Je n'arrive pas à oublier, je ne veux pas oublier. Depuis ce soir là, tout à changer, ma façon de te regarder, ma façon de t'aimer et je n'arrive pas à en faire abstraction.
- Je ressens les mêmes choses Harry, je… Je t'aime, je finis pas lâcher.
- Je t'aime aussi, me dit-il en approchant son visage du mien.
Il m'embrassa avec douceur, je me sentais enfin pleinement heureuse comme lors de ma première fois, pleine et entière, seulement, j'avais eu le temps de réfléchir et je ne pouvais me lancer dans une relation avec Harry car si je le faisais, ça me forcerait à briser le cœur de Ron en lui avouant pourquoi je ne voulais pas être avec lui et il venait de perdre son frère, je ne pouvais pas lui faire ça maintenant.
- Harry, je t'aime mais ce n'est pas possible, pas pour l'instant, dis-je en caressant sa joue.
- Pourquoi ? Demanda-t-il en prenant mon visage entre ses mains.
- J'ai fais l'énorme erreur d'embrasser Ron, d'ailleurs, je suis désolé pour ça. Mais maintenant, il doit s'attendre à ce que nous formions un couple.
Je le sentis se tendre.
- Je ne compte pas former un couple avec Ron, je vais lui faire comprendre en douceur que lui et moi, c'est impossible mais pendant un temps, toi et moi aussi ce sera impossible.
- Hermione… Aussi douloureuse que soit la vérité, tu la lui dois, il ne comprendra pas autrement !
- Non, pas maintenant, il vient de perdre Fred ! Il aura autant besoin de toi que de moi, si nous lui disons la vérité, il va nous en vouloir, tu ne crois pas qu'il a déjà assez perdu ?
- Et moi, tu penses à moi ?
- Est-ce que tu crois que je ne souffre pas en te disant tout ça ? Est-ce que tu crois que ça me fait plaisir ? Moi aussi je n'ai qu'une envie, celle d'être avec toi mais j'ai retourné le problème dans tous les sens, je ne peux pas être aussi égoïste ! Et si tu réfléchis, tu saurais que toi non plus tu ne peux pas l'être !
Il m'embrassa, je profitais de ce moment, probablement le dernier avant un bon moment, voir probablement le dernier tout court.
- Je ne vais pas te forcer à faire ce que tu ne veux pas faire, je t'attendrais, autant que je le pourrais, autant que je le supporterais mais je ne sais pas combien de temps ça signifie.
Mes yeux s'emplirent de larmes.
- Je t'aime, dis-je en enfouissant mon visage dans son cou.
- Je t'aime aussi et comme j'aurais aimé que cela suffise, dit-il en m'entourant de ses bras.
Je ne savais ce qu'il allait se passer dans les jours à venir mais je savais que j'avais repoussé un peu le calvaire de Ron, prolongeant le mien, celui d'Harry, je me montrais égoïste envers lui pour ne pas l'être envers Ron, où était la logique ? Nulle part, quand il s'agit d'amour, il n'y a aucune logique.
