Bonne lecture ! J'espère que mon Harry Sassy va vous plaire ;)


- Stupide Gryffondor - 2 -

Il savait qu'il était mort, et pourtant, il était conscient. Il se trouvait dans un endroit brumeux, d'un blanc presque trop lumineux. Il se sentait léger et calme, l'esprit et le cœur enfin en paix.

- Ton aîné est un homme sage.

Harry sursauta et tourna sur lui-même. Derrière lui se trouvait une femme. À peine plus grande que lui, elle devait avoir dans la trentaine, la peau mate et le regard de celle qui en avait trop vu. Une tresse de cuir encerclait son front et ses longs cheveux noirs étaient eux aussi tressés et tombaient sur son épaule gauche. Ses yeux noirs le fixaient avec intérêt. Autour de son cou, plusieurs colliers de perles plates de nacre, ou un seul et même collier plusieurs fois entouré autour de sa nuque pour presser doucement sa peau. Elle portait une tenue noire amérindienne comme Harry en avait vu dans ses livres d'histoire quand il allait encore dans une école moldue.

Le jeune homme cligna des paupières et fronça un peu les sourcils.

- De qui... Parlez-vous ? Où est-ce que je suis, je croyais être... Mort.

L'amérindienne face à lui eu un sourire amusé et plissa les pans de tissus de sa jupe, caressant un peu sa large ceinture aux couleurs vives.

- C'est le cas. Ton cœur s'est arrêté et ton esprit et ton Âme ont été transportés ici, aux frontières de l'Après Monde, déclara-t-elle d'une voix profonde qui renfermait une sagesse ancestrale.

Harry frissonna et se sentit soudainement comme un enfant.

- Est-ce que vous êtes la Mort ? Demanda-t-il d'une petite voix.

Elle un eu rire bref et pencha un peu la tête sur le côté en s'approchant.

- Si tu veux le voir comme ça.

- Parce qu'on peut voir les choses différemment ? Demanda-t-il d'une voix sarcastique, ce qui amusa un peu plus la femme... La Mort... L'entité face à lui.

- La Mort est... eh bien, un état plus qu'autre chose. L'arrêt du cœur, de l'activité cérébrale et la décomposition du corps.

Harry eut une grimace. Oui, ça, il savait.

- Mais, continua la femme, chaque être sur cette Terre et sur les autres possède une conscience et une Âme, qu'elle soit magique ou non. Et ces deux énergies ne peuvent rester dans un corps en décrépitude. C'est pourquoi Je suis là, et que mes Ombres m'épaulent.

À peine sa phrase fut-elle terminée qu'un minuscule petit papillon noir virevolta jusqu'à elle, semant sur son passage des volutes de fumées toutes aussi sombres, qui s'estompèrent lentement. Harry déglutit en voyant le papillon se poser sur la joue de la femme et se fondre dans sa peau jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune trace.

- Vous êtes... La Faucheuse, en somme, déclara-t-il sans trop savoir comment réagir.

Elle hocha lentement la tête.

- Si tu veux. Pour être précise, je suis ce que les gens de ton peuple appelle « Maître de la Mort ».

Harry fronça les sourcils.

- Les gens de mon... Peuple ?

- J'ai été humaine, il fut un temps, un temps trop long si tu veux mon avis. C'est à mon décès que j'ai pris mes fonctions de Maître de la Mort. Je suis morte en 1520, quand les Hommes blancs d'Europe amenèrent avec eux la variole sur l'actuelle Amérique du Nord.

- Je suis désolé, s'excusa-t-il naturellement.

La Fauch... Non, le Maître de la mort parut surprise et sourit agréablement.

- Merci, mais tu n'y es pour rien. Vois-tu à l'époque, j'étais la Chamane Guérisseuse - la Sorcière si tu préfères - la plus puissante de nos terres, mais même ma Magie n'a rien pu faire pour me protéger, ce jour-là. Hors, quelques semaines plus tôt, j'avais acquis les trois Talismans du Cheval Sacré pour tenter de soigner mon jeune frère. L'asabikeshiinh, l'attrapeur de rêve, fait de véritable soie d'araignée pour éloigner son mal, le Crâne de Lumière, pour apaiser son esprit et le garder à mes côtés, et la peau de l'Ours Blanc, pour soigner son corps, qu'il devienne robuste et fort comme ce dernier, comme le contait la légende.

Harry, passionné, se retrouva tout de même perdu.

- Pourquoi... Pourquoi me racontez-vous ça ? Demanda-t-il en essayant de ne pas paraître impolis.

Mais la femme ne le prit pas mal et sourit plutôt.

- Vois-tu, depuis la nuit des temps, l'Être naît, vit, puis meurt. Les Ombres peuvent facilement guider les Esprits dans l'Après-Monde, mais l'Âme a besoin d'un peu d'aide pour retourner à la Nature qui la fit naître. C'est pourquoi, depuis aussi longtemps que la Vie existe, un Maître de la Mort existe aussi. Il ou elle est là pour superviser les Ombres qui guident les Esprits, et sert de... D'aimant où sont attirés les Âmes des défunts pour retourner à la Terre. Mais si l'Esprit d'un être a le choix - passer au travers du Voile ou rester sur Terre en tant que fantôme - l'Âme n'a d'autre choix que de quitter le corps. Si cette énergie reste dans ce réceptacle en train de pourrir, l'âme fait de même, et c'est ainsi que sont crées les Détraqueurs. C'est pourquoi il y a soudainement toujours beaucoup plus en temps ou après Guerre. Il n'y a qu'un canal pour rejoindre la Nature, et lors de trop de morts, le canal peut se retrouver obstrué et les âmes se retrouvent obligées de retourner dans le corps mort.

Elle se rapprocha de lui et leva la main vers son visage. Il n'eut même pas idée d'avoir un mouvement de recul. Elle caressa sa joue puis remonta le long de sa tempe.

- Le Maître de la Mort et unique et singulier, capable de voir au-delà du paraître et atteindre l'Âme, aussi bien celle d'un être proche de la mort que celles des autres. Mais pour une âme morcelée, il m'est impossible de venir la cueillir en sa totalité.

Harry frissonna alors que les doigts de la Mort rentraient dans sa peau, une présence froide, glaciale, vide, qui se pressa sous ses cheveux. Il ferma les yeux et gémit d'inconfort.

- C'est pourquoi je n'ai jamais pu venir prendre Jedusor, à ma plus grande frustration.

Le jeune homme sursauta et rouvrit les yeux quand elle quitta sa tête et il l'observa se reculer, tenant dans ses doigts fins quelque chose de sombre, de même consistance que de la boue, qui se débattait pour s'échapper. Harry eut cette fois-ci un mouvement de recul et pressa sa main sur son front, là d'où elle venait d'extraire cette Chose. Le Maître de la Mort braqua son regard sur cette boue vivante et avec un sourire glacial, serra le poing. La main s'illumina un instant avant qu'un léger bruit d'explosion ne se fasse entendre. Puis des volutes de fumée de toutes les couleurs s'échappèrent de ses doigts pliés, terminant par une volute noire qui dansa un instant devant ses yeux avant de se presser contre sa joue et de disparaître dans sa peau. Elle releva les yeux vers lui et sourit plus amicalement.

- Mais tu t'es chargé de m'apporter ses bouts d'âmes les uns après les autres, et je t'en remercie.

Harry frotta sa cicatrice, qu'il sentait beaucoup moins bien qu'habituellement et hocha la tête en tremblant un peu.

- Merci à vous de... de m'avoir débarrassé de ça !

- Ça aurait pu être lui, à ta place, aujourd'hui, dit-elle alors d'une voix légère.

Le jeune homme fronça les sourcils.

- Comment cela ?

Y avait-il un autre moyen de tuer Voldemort que de mourir lui-même ? Se serait-il sacrifié trop vite ?

Comme si elle savait ce qu'il pensait en cet instant, la Maître de la Mort sourit un peu et secoua la tête.

- C'est l'Âme et l'Esprit le plus puissant d'une époque qui se retrouve affublé de cette lourde et cruciale responsabilité qu'est de libérer les Âmes. Mais il faut que cette Âme mérite les pouvoirs de la Mort. C'est pourquoi, depuis aussi longtemps qu'ils existent, les Maîtres de la Mort créé contes et légendes pour faire partir en quête les Sorciers, Chamans, tout êtres affublés de magie les plus méritants. Ce fut mon prédécesseur qui a répandu la légende du Cheval Sacré pour pousser les humains magiques à la recherche des trois talismans qu'il avait créé ; et c'est moi-même qui ai soufflé le Conte des trois frères à l'oreille de Beedle le Barde après avoir "offert" les reliques aux Peverell, expliqua-t-elle en mimant les guillemets.

- Le Conte des trois frères ?

Elle sourit un peu plus.

- Et c'est là que ton aîné est un sorcier sage. Quand le temps à commencé à se faire long pour moi et qu'il était venu le moment de créer mes propres reliques pour me faire remplacer, j'ai pressentit l'arrivée du Mage Noir le plus puissant du millénaire. J'ignorais exactement quand il naîtrait et quand il commencerait à faire ses noirs desseins, mais quand j'ai créé mes reliques, j'ai fait en sorte que seul celui qui les rassemblera pour les utiliser autrement que pour son propre compte, pourra prétendre à leur possession.

Harry fronça un peu plus les sourcils si c'était possible et entrouvrit la bouche, mais elle continua d'une voix profonde.

- " Le conte parle de trois frères, voyageant au crépuscule. Ils arrivèrent au bord d'une rivière déchaînée, trop profonde et trop dangereuse pour être traversée. Excellant dans l'art de la Magie, les trois frères créèrent un pont pour passer en toute sécurité. Alors que le premier allait s'engager, une silhouette encapuchonnée lui barra le passage. C'était la Mort, furieuse que trois âmes réussissent à lui échapper, alors que cette rivière emportait même les plus valeureux. Mais elle pensa à un subterfuge pour rétablir l'équilibre et fit mine de se réjouir, leur proposant un vœu chacun pour les féliciter de l'avoir trompé. Le premier frère, l'aîné, le plus vaniteux et combatif, demanda à la Mort une baguette impossible à battre, une baguette digne de celui qui avait déjoué la Mort elle-même. La Mort se pencha alors et cueillit une branche de sureau qu'elle enchanta pour créer la Baguette de Sureau. Le second frère, voulant encore plus humilier la Mort, demanda le pouvoir de ramener les morts à la vie. La Mort se pencha alors dans la rivière et prit une simple pierre pour la lui remettre, affirmant qu'il avait désormais en sa possession la Pierre de Résurrection. Le plus jeune enfin, humble mais rusé et ne lui faisant aucune confiance, lui demanda alors un moyen de quitter les lieux sans qu'elle ne puisse le suivre. À contre cœur, mais fair-play, la Mort lui donna alors sa propre Cape d'Invisibilité.

La vie sépara les trois frères, qui prirent des routes différentes. Le plus vieux provoqua de nombreux duels desquels il sortit toujours vainqueur. Mais, imbus qu'il était, il se vanta des pouvoirs extraordinaires de sa puissante baguette. Une nuit, un sorcier jaloux entra chez lui pour lui dérober la dite baguette et pour combler le tableau, lui trancha la gorge dans son sommeil. Ainsi, la Mort cueillit le premier frère.

Le second vivait seul dans sa grande maison. Il tourna la pierre trois fois dans ses mains et fit revenir à lui sa fiancée, morte avant leurs noces. Malheureusement, la belle appartenait à l'Après-monde et errait seulement, malheureuse à tout jamais dans le monde matériel. Fou de douleur, le deuxième frère se donna la mort pour aller la retrouver, et la Mort prit le second frère.

Mais elle eut beau chercher, le plus jeune des frères lui demeura introuvable, bien caché sous la cape qui était désormais sienne. Ce ne fut qu'au crépuscule de sa vie, quand il légua la cape à son fils, que la Mort put le trouver. Il la salua comme une vielle amie et ils quittèrent tous deux le monde matériel, égaux. "

Le Maître de la Mort se tut, son regard braqué dans le siens, et Harry sentit son cœur - enfin, ce n'était qu'une sensation puisqu'il était mort et que son cœur ne battait plus - faire une embardée pour atterrir dans son ventre.

- Et comme je l'ai décidé quand j'ai donné les Reliques de la Mort aux frères Peverell, celui ou celle qui réussira à rassembler les trois Reliques dans un but désintéressé, et que la Baguette de Sureau le ou la reconnaisse comme son propriétaire légitime, deviendra le prochain Maître de la Mort.

Le jeune sorcier eut un mouvement de recul.

- Ça ne peut pas... Dumbledore n'aurait pas...

Il secoua vivement la tête.

- Je ne peux pas devenir soudainement le Maître de la Mort ! Je suis MORT !

L'actuelle Maître de la Mort eue un rire léger et posa délicatement sa main sur son épaule.

- Calme-toi. Tu es là parce que justement, tu as le choix.

Il la regarda, l'espoir fleurissant en son sein. Elle hocha doucement la tête, semblant lire dans son âme - ce qu'elle devait d'ailleurs faire.

- J'ai rajouté le côté désintéressé de cette quête pour éviter que ce soit Jedusor qui ai la possibilité qui s'offre à toi. Vous deux êtes semblables, même passé, même puissance. Durant la même période, seuls vous étiez capables de prétendre à ce titre. Mais une âme aussi torturée que Jedusor n'aurait fait que détruire un peu plus les âmes dont il était sensé prendre soin, créant un lourd déséquilibre dans la Magie même. C'était inacceptable. Mais tu as le choix. Je t'ai fait venir à moi pour non seulement t'expliquer tout cela, mais aussi pour te défaire du bout d'âme qui n'était pas la tienne.

- J'ai... Vraiment le choix ?

- Bien sûr, sourit-elle. En fait, tu en as trois.

Elle désigna l'étendue blanche derrière elle.

- Soit tu décides de terminer là ta vie matérielle et tu passes alors au travers du Voile, pour rejoindre les êtres chers qui t'ont étés arrachés précédemment.

Elle posa doucement sa main sur son torse, au niveau de ton cœur.

- Soit tu repars là-bas, en simple humain sans aucun souvenir de ce qui s'est passé ici, si ce n'est que tu es enfin débarrassé de l'Horcruxe qui était en toi, et tu termines cette guerre. Ou alors, tu y retournes, en tant que tout nouveau Maître de la Mort. La Baguette de Sureau te répondra et t'obéira alors, tu auras de nouvelles habilités, un héritage instinctif propre à tout Maître de la Mort et tu prendras ma place.

Harry écarquilla les yeux.

- Mais comment puis-je seulement penser prendre votre place ? Qu'est-ce que je devrais faire ? Je ne sais rien de tout ça, c'est trop de pouvoir pour une seule personne !

Le Maître de la Mort rit de nouveau, un rire clair qui calma les craintes du jeune sorcier. Elle posa sur lui un regard amusé et tendre.

- Tu me fais penser à moi le jour où Cracho m'a fait la même proposition. J'ai dit exactement la même chose... Si ce n'est que ça qui t'inquiète, tu n'as pas à t'en faire. Tes nouvelles capacités fleuriront d'elles même et tu sauras d'instinct ce que tu devras faire, ou ne pas faire. De plus, je resterais deux ans avec toi pour te former... Ou plus exactement, pour te tenir compagnie et calmer tes craintes. Comme je te l'ai dit, si tu acceptes ce statut, tout se fera de soi-même, termina-t-elle doucement.

Il déglutit.

- Et si je refuse d'être le nouveau Maître de la Mort ? Demanda-t-il craintivement.

Mais le regard du Maître de la Mort ne changea pas, ne vacilla pas, elle n'eut aucune réaction.

- Tu retournes là-bas pour débarrasser définitivement le monde de ce soit-disant Lord des Ténèbres, dit-elle très calmement.

- … Et pour vous ?

- J'attendrais que quelqu'un d'autre réunisse les Reliques, termina-t-elle en hochant la tête.

Harry déglutit, l'esprit embrumé. Il avait le choix.

Il avait VERITABLEMENT le choix.

- Mais pourquoi me faire repartir là-bas si je ne suis pas un Maître de la Mort ? S'enquit-il pour être sûr.

- C'est pourquoi ton directeur à tout fait pour te procurer les Reliques. Il savait que tu allais devoir mourir pour détruire Voldemort, il s'en est toujours douté - et quand il a eu confirmation, il a pris peur pour toi. Quand il a réussi à trouver la Pierre de Résurrection, et même si pour lui, ce n'était qu'une histoire, un simple conte, une partie de lui espérait un semblant de vérité. Il espérait que te faire devenir Maître de la Mort te donnerait le moyen de revivre. Mais il n'en avait pas besoin : bien que le sort de Mort t'était destiné et t'a en effet tué, il a seulement détruit l'horcruxe qui était en toi. En fait, ton cœur n'a cessé de battre que trois secondes. Ton cœur est en train, maintenant, tout de suite, de ne plus battre... Pendant trois secondes.

Harry écarquilla les yeux.

- Attendez, quoi ?! Trois secondes ? Mais, je suis là depuis... Depuis...

Elle eut un sourire canaille.

- Je suis Maître de la Mort, gamin. Le temps, surtout dans le monde immatériel, n'a aucune emprise sur moi, c'est plutôt le contraire.

Il cligna des yeux.

- En fait... Je fais juste un arrêt cardiaque, déclara-t-il d'une voix plate, simple constat.

Elle hocha la tête d'un air docte.

- Et si – ou quand - tu réintègres ton corps, le retour brutal de ton âme dans son réceptacle fera repartir ton cœur. Ça a toujours été comme ça que ça aurait dû se passer. Alors ? Que choisis-tu ?

Il se mordilla la lèvre.

- Le temps n'a pas d'emprise, vous dites ?

- Aucune.

- ... Puis-je réfléchir ?

Elle sourit, comme satisfaite de cette demande.

- Mais je t'en pris. Pas plus de deux heures.

Harry hocha la tête, sûr que c'était même trop. Elle s'écarta un peu et il ferma les yeux pour réfléchir.

On lui laissait le choix. En tant que bon Gryffondor, il aurait foncé tête baissée. Mais il avait une partie de lui égoïste qui n'aspirait qu'à un peu de calme dans l'Après-Monde, avec les siens. Il y avait aussi cette partie de lui qui voulait retrouver Draco. Puis il y avait aussi celle qui voulait faire Voldemort bouffer les pissenlits par la racine.

Mais ce qui caractérisait le plus Harry étant sans aucun doute son altruisme et sa compassion. Il voulait aider les autres, c'est tout ce à quoi il aspirait. Alors oui, le choix fut vite fait.

Au bout d'un temps qu'il ne saurait jauger, il se redressa.

- Excusez-moi ?

L'actuelle Maître de la Mort était à quelques... mètres - les distances étaient difficiles à jauger dans un endroit qui n'avait pas de fin, ni de haut ni de bas -, les bras écartés et des papillons noirs virevoltants autour d'elle dans un ballet magique, malgré le fait que Harry avait compris que c'était les fameuses Ombres dont elle avait parlé plus tôt. Elle se retourna vers lui, tout en grâce alors que les papillons dansaient avec sa tresse.

- Tu as fait ton choix ? S'enquit-elle.

- ... Comment vous vous appelez ? Demanda-t-il plutôt.

Elle sembla surprise quelques instants.

- Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas montrée dans le monde matériel, mais j'ai eu beaucoup de noms.

- Non, je veux dire... Votre... vrai nom.

Elle lui offrit un sourire tendre.

- Les gens de ma tribu me nommaient Aquene.

Il sourit, hésitant.

- Eh bien Aquene, j'accepte. Si vous m'épaulez pendant deux ans, je devrai m'en sortir. Enfin, je crois, grimaça-t-il en se frottant la nuque.

- Je ne m'en fais pas pour toi.

Aquene s'approcha et posa gentiment sa main sur son épaule.

- Tu verras. Les âmes de tes amis sont magnifiques.

Harry ouvrit la bouche, ébahis.

- Comment le savez-vous ?

- Quand j'ai senti que les Reliques étaient toutes en possession de quelqu'un en particulier, je t'ai cherché. Tu as une âme magnifique, et celles de tes amis le sont tout autant, même ton jeune amant, malgré sa tâche.

- La... tâche ?

- Votre sois disant Seigneur des ténèbres auto proclamé a détourné un ancien rituel de tatouage magique, ceux qui transcendent tout pour lier deux âmes entre elles, le plus souvent des âmes sœurs. Sa marque, en plus d'être imposée sur le corps, marque aussi l'âme du porteur.

Elle grimaça.

- J'ai bien peur que les prochaines réincarnations en soit affectées.

Le jeune homme secoua la tête, surprit.

- Quoi ? Des réincarnations ?!

Elle rit un peu de son étonnement.

- C'est un peu vulgaire de dire les choses comme ça, c'est vrai. Mais l'Âme est une énergie comme une autre, qui retourne à la Terre grâce à moi - grâce à nous ! - et il est courant qu'au bout de quelques siècles, l'Âme redonnée à la Nature retourne dans un corps pour une nouvelle vie... Mais gardons cela pour les deux ans à venir, veux-tu ? Tu as une guerre à terminer, mon enfant.

Requinqué, Harry hocha la tête d'un air déterminé. Il se sentait plus prêt et plus confiant que ces derniers jours.

Oui, il était prêt.

.*.

Quand son cœur se remit à battre, Harry eu toutes les peines du monde à ne pas prendre une grande et bénéfique bouffée d'air ni d'ouvrir brutalement les yeux. Aquene lui avait dit qu'il était mort pendant seulement une minute et il entendait parfaitement derrière lui Voldemort terminer un discours élogieux sur sa personne, sur sa force d'avoir détruit le grand Harry Potter - qui avait soudainement envie de se redresser et de ricaner, parce que " Eh, bravo, t'as réussi à tuer un gamin de 16 ans désarmé ! " -, ou alors se moquer de ce même Harry Potter désormais mort à ses pieds, le jeune homme ne savait pas trop. Il savait juste qu'il était allongé sur le flanc dans la poussière, que les mangemorts et Voldemort étaient derrière lui, et que oui. Il était en vie. Il sentait parfaitement son cœur battre dans sa poitrine, et ça lui donnait de l'espoir.

- Narcissa, ma chère. Va vérifier que cet avorton est bien mort, tonna soudainement un peu trop fort du grand serpent à deux pattes.

Le cœur du jeune homme partit dans une course folle et il se mordit violemment l'intérieur des joues pour contrôler et dissimuler sa respiration. Malheureusement, c'était le genre de chose incapable à cacher définitivement, tout comme les battements d'un cœur. Il eut envie de pleurer de se faire avoir aussi simplement quand il sentit quelqu'un l'attraper par l'épaule et le faire tourner sur le dos. Il resta parfaitement immobile alors même que deux doigts froids se posaient sur sa carotide qui pulsait nerveusement. Il les sentit parfaitement sursauter légèrement sur sa peau et des cheveux caressèrent son visage et une odeur de lilas et de jasmin l'embauma.

- Est-ce qu'il est en vie ? Murmura une voix douce et tremblante à son oreille.

Harry prit le risque d'entrouvrir très légèrement les paupières pour apercevoir cette même teinte de blond si chère à son cœur. C'était bien Narcissa penchée sur lui, cette même Narcissa que son amant chérissait tant, celle pour qui il avait pris la marque.

- Est-ce que mon Draco est bien avec vous ? Sanglota presque la mère dévouée si bas qu'il était le seul à pouvoir l'entendre.

Il savait son oreille juste à sa bouche, comme pour vérifier qu'il avait toujours un souffle.

- Oui, souffla-t-il alors, pensant à son amant, le cœur battant.

Un petit halètement avant que la caresse de ses cheveux doux ne disparaisse, un froissement de tissus, puis...

- Pas de battement de cœur et pas de souffle. Il est mort, mon Seigneur.

Harry envoya une prière silencieuse pour Draco et sa tendre mère qui venait de lui sauver la vie. Il avait désormais une dette envers elle, une lourde dette.

Il se déconnecta un instant des cris de joie et autres acclamations de mangemorts et compagnie pour se concentrer sur son corps.

Maintenant qu'il ne risquait plus rien - ou presque -, il se laissa submerger par toutes ces nouvelles sensations. C'était comme s'il était ultra conscient de toute vie présente aux alentours, et encore plus conscient de toutes morts qui s'accumulaient en ce jour funeste. Et les noms lui venaient, sans même qu'il les connaisse au départ.

Une main passa dans ses cheveux et il retint difficilement un sursaut.

- Tu n'as pas besoin de ça pour le moment, lui dit doucement Aquene, invisible pour tout le monde.

La sensation des âmes pulsant autour de lui s'estompa et il soupira discrètement, soulagé d'un poids.

- Je t'apprendrais à vivre avec, ne t'en fais pas. Votre simulacre d'homme serpent a brisé ta baguette et prit la Baguette de Sureau. Ne bouge pas surtout pas, pas encore.

Il obéit docilement - qu'aurait-il pu faire d'autre, de toute manière ? - et patienta consciencieusement. Très vite, il n'eut plus aucun bruit autour d'eux.

- C'est bon.

Harry ouvrit enfin les yeux et cligna quelques instants des paupières. En se redressant, il réalisa que son torse était douloureux, certainement une petite séquelle de son arrêt cardiaque, séquelle qui allait rapidement s'estomper. Il se frotta tout de même la cage thoracique en grimaçant. Mouais, ce n'est pas super agréable de mourir, non plus. Il tourna la tête et fixa la Maître de la Mort.

- Que fais-tu ici ? Je croyais que tu ne venais plus sur le plan matériel ?

La familiarité était venue d'elle-même, et Aquene ne s'en formalisa pas. Après tout, même si elle avait plus d'expérience, ils étaient désormais égaux, et c'était inconsciemment qu'il l'avait compris.

- Mais je ne suis pas matérielle, sourit-elle doucement.

Harry fronça les sourcils et réalisa qu'en effet, les contours de sa personne étaient un peu flous, des volutes noirâtres l'entouraient et elle était comme... fade, comme si les couleurs qui la composaient s'étaient estompés au soleil.

- Je suis le seul à te voir ? En conclu-t-il.

- Toi, et ceux qui sont morts, mais qui l'ignorent encore, déclara-t-elle, sibylline.

Le jeune sorcier roula des yeux.

- Ouais, super ! Je commence à croire que la Gazette a bien raison de me croire fou.

Elle rit doucement.

- Malgré toutes les âmes à guider sur cette terre, ce qui se passe ici est trop important, je ne peux être ailleurs, dit-elle enfin.

Harry hocha vivement la tête avant d'observer autour de lui à la recherche de sa baguette. Ce fut Aquene qui l'empêcha de s'attarder trop longtemps.

- Jedusor l'a pris pour prouver à tout le monde ta défaite, lui dit-elle.

Le jeune homme releva les yeux vers les lumières du château qu'il voyait d'ici. Les protections anti-transplanage tenaient bon, Voldemort était donc à pied pour rejoindre le champ de bataille. Harry allait devoir être rapide sur ce coup-là.

L'indienne vint à ses côtés, quelques Ombres virevoltant autour d'elle, et lui tendit la main.

- Et si je t'introduisais maintenant à quelques-uns de nos secrets ? Lui proposa-t-elle avec l'air d'un chat fier.

Harry haussa un sourcil, mais, confiant, attrapa sa main. Il sentit un frisson piquant le traverser et remonter le long de sa colonne vertébrale. Observant autour de lui, il réalisa que c'était désormais le paysage qui semblait bien fade tandis qu'Aquene avait retrouvé toutes ses couleurs, un papillon noir se posant sur son nez. Surprit, il la regarda et elle sourit.

- C'est l'entre deux Mondes, le matériel et l'immatériel. On est là, sans vraiment l'être. Les Ombres sont constamment sur ce plan. Si on décide de cueillir des âmes nous-même plutôt que de les laisser venir à nous, c'est beaucoup plus discret de le faire ainsi.

- Personne ne nous voit ?

Elle entrouvrit la bouche, prête à acquiescer, mais se ravisa au dernier moment.

- Eh bien... Les sombrals nous verront bien sûr. Quant aux humains, j'ai eu affaire à quelques cas de véritables extra-lucides qui me voyaient alors que j'étais sur ce plan. Mais ça n'a jamais posé aucun problème, termina-t-elle avec un sourire.

Aquene leva un doigt docte, comme une maîtresse d'école qui faisait la leçon à un enfant passionné - ce qu'était Harry en ce moment, il fallait le reconnaître.

- Maintenant, le Glissement.

Elle fit un pas, tirant doucement le plus jeune derrière elle, et alors même que Harry se mettait à marcher, il comprit pourquoi ce mot. En effet, il n'avait fait qu'un pas, mais il s'était senti propulsé doucement, mais rapidement en avant, le paysage se brouillant en des lignes floues, et quand il reposa son pied au sol, ils étaient désormais dans le parc de Poudlard. Harry regarda autour de lui sans lâcher la main d'Aquene qui l'observa faire, amusée.

- Ça fait toujours bizarre au début, je sais. Mais ne t'en fait pas, tu t'y ferras vite et je t'apprendrais comment le faire.

Harry hocha doucement la tête, encore surpris. Autour de lui, les combats faisaient toujours rage et il voulait intervenir, mais n'ayant pas de baguette, rien pour aider les gens si ce n'était sa bonne volonté, il se fit force et ne bougea pas, aidé par Aquene qui resserra doucement, mais fermement sa prise sur sa main.

Ils n'eurent pas à attendre bien longtemps puisque les combats cessèrent un à un alors que s'avançait Voldemort, conquérant - et... pieds nus ? Vraiment ? Harry secoua doucement la tête en le voyant jubiler en s'approchant.

Le silence tomba sur ce champ de bataille, sur cette destruction à l'état pur. Le camp de la Lumière était regroupé, Poudlard dans leur dos pour protéger le château. Alors que les Mangemorts observaient l'arrivée magistrale de leur Maître, ceux du camp du Bien, blessés et plus enfoncés dans le parc, se rassemblaient pour rejoindre leurs comparses. Harry les regarda faire, le cœur serré.

Tous étaient désormais rassemblés aux pieds des portes de Poudlard, deux lignes se faisant face. Des corps des deux camps jonchaient déjà le sol et les papillons noirs quittaient les dépouilles pour virevolter vers Aquene et lui. Il sentit un doux frisson le parcourir quand une présence chaude fleurit dans son torse avant de s'estomper doucement. Il savait sans qu'Aquene ne le lui dise qu'il venait de réellement sentir la première Âme l'habiter pour rejoindre la Nature.

Aux pieds des marches de l'école, Harry vit Draco, le visage défait et si expressif alors qu'il voyait le camp des mangemorts, sans le survivant. Pas de Survivant voulait pour tous dire plus d'espoir.

Pour lui, cela semblait bien pire.

Quand Voldemort jeta au pied de McGonagall la baguette brisée de Harry, baguette que reconnu tout de suite Hermione puis Ron, la jeune femme se mettant à hurler de douleur, il y eut un mouvement de recul dans les forces du bien. Narcissa profita de ce moment en suspend pour se faufiler jusqu'à son fils, qu'elle serra fort contre elle, abandonnant les codes de bonnes conduites de la parfaite petite famille de sang pur.

- Il est mort, mère... Il est vraiment mort... Souffla le jeune Serpentard d'une voix brisée, qui pourtant résonna forte dans ce silence morbide.

Harry croisa à cet instant le regard de Luna, juste derrière Draco, et du soulagement fleurit sur le visage de la jeune femme. Pourquoi n'était-il même pas surpris qu'elle puisse les voir ?

Le murmure de Draco eu pour effet d'attirer toute l'attention sur eux, dont celle du Lord Noir.

Aquene serra doucement sa main.

- Bien Narcissa. Je vois que tu as retrouvé ta progéniture bonne à rien, ricana ce qui fut autrefois un homme.

À ses pieds ondulait doucement Nagini, sifflant vers les élèves en déclarant qu'ils avaient tous l'air fort appétissants.

- Maintenant, revenez ici, ordonna Voldemort.

Narcissa se détacha de son fils et prit son visage en coupe pour le regarder dans les yeux. Elle lui fit un doux sourire qu'elle ne lui réservait que dans l'intimité et son " Je suis fière de toi " fut clairement entendus, tous camps confondus. Puis elle prit la main de son enfant et entrelaça ses doigts aux siens pour se tenir à ses côtés, arguant de nouveau le port altier d'une digne femme de Sangs-Purs, l'air froid mais déterminé. Elle se tenait dans son camps, et ce n'était pas celui du Lord.

Ce dernier eut une grimace et se tourna vers Lucius.

- Je n'apprécie pas le comportement de tes relatifs, fidèle serviteur.

- Moi non plus, monseigneur, répondit l'aîné Malfoy, fusillant méchamment sa femme et son fils des yeux, leur promettant mille et une tortures s'ils ne rentraient pas dans les rangs.

Les "bons" rangs, selon lui.

Mais à la surprise du camp de la Lumière, les deux Malfoy dégénèrent leurs baguettes, ne bougeant pas d'un pouce alors qu'ils mettaient en joue leur père/époux.

Le Lord eut un rire sardonique.

- Alors quoi, on a soudainement mauvaise conscience ? On regrette ses gestes ? C'est un peu tard, vous ne croyez pas ? Dit-il avant d'éclater de nouveau d'un rire sinistre.

- C'est bientôt à moi de rentrer en scène, je crois, dit Harry en observant la scène se dérouler sous ses yeux.

À ses côtés, Aquene roula des yeux.

- Quelle théâtralité.

- Je suis un Gryffondor après tout. Je fais les choses en grand, dit-il avec un clin d'œil dans sa direction.

- Ne joue pas trop au héros tout de même.

- Oh dommage, c'est ma marque de fabrique, grogna-t-il en faisant une moue amère.

Voldemort cessa de rire.

- C'est trop tard, c'est beaucoup trop tard ! Votre petit Sauveur est mort, plus de Harry Potter pour vous protéger et se mettre sur mon chemin !

Aquene lui lâcha la main et le paysage reprit des couleurs alors qu'il se sentait être de nouveau matériel.

- Ne va pas trop vite en besogne, veux-tu Tom ? Déclara Harry avec légèreté, apparaissant soudainement à la vue de tous, entre les deux lignes, à droite de la défense de Poudlard.

Il y eut des hoquets de surprises des deux camps alors qu'il mettait négligemment ses mains dans ses poches. L'émotion qui se lisait en cet instant dans les yeux de Draco était plus qu'authentique et le tout jeune nouveau Maître de la Mort planta son regard dans le siens un long instant, où ils s'échangèrent bien plus que ce que de simples mots auraient pu exprimer.

Le Lord le regardait comme s'il ne croyait pas à son apparition soudaine, et d'une certaine manière, il le refusait.

- Tu es mort ! Je t'ai tué ! Hurla-t-il, le visage déformé par la haine. Tu ne peux pas avoir survécu à... À...

- À quoi Tom ? À un deuxième Avada ? Reconnais-le, tu as essayé deux fois de tuer un gamin désarmé et tu as échoué ces deux fois.

Pestant de fureur, Voldemort cria de nouveau et lança un Doloris. Le sort tomba à près d'un mètre loin de lui.

- La baguette de Sureau refuse de blesser son propriétaire légitime, lui apprit Aquene.

Harry eut un sourire tout droit volé à Draco.

- Eh bien, que t'arrive-t-il Tom ? Tu ne sais plus viser ? Ricana-t-il, moqueur.

Il jeta un regard par-dessus son épaule pour voir Aquene hocher doucement la tête et disparaître peu à peu. Elle avait d'autre chose à faire après tout.

Mais même s'il était désormais seul, Harry était confiant.

Comme pour se le prouver, il s'avança lentement, la tension dans les rangs augmentant à chacun de ses pas. Mais s'il se mettait entre les deux lignes, si Voldemort essayait une nouvelle fois de lui envoyer un sort et que de nouveau, la Baguette de Sureau déviait la trajectoire, des innocents risqueraient d'être touchés. Discrètement, Harry braqua son regard successivement dans celui de Draco, de Ron et de Hermione - ces deux derniers rayonnants et requinqués de le voir bien portant. Il fit un geste rapide de la tête vers les mangemorts avant de les regarder de nouveau. Ron ne comprit pas tout de suite, mais Hermione et Draco hochèrent tous deux la tête. Harry ne s'en fit donc pas, Ron allait lui aussi très vite comprendre.

- Alors quoi, Tom ? Tu veux réessayer, hein ? Une Troisième fois ?! Cria-t-il en écartant les bras.

Ce fut le coup d'envoi. Un sort provenant de Draco passa par-dessus son épaule et Malfoy père n'y échappa que par sa dextérité, faisant un bond sur le côté.

Les combats reprirent. Ceux du camp de la Lumière se mirent à courir pour s'enfoncer plus dans le parc et faire s'éloigner les mangemorts des abords de l'école. Seul Harry resta bien campé sur ses jambes, seul petit barrage sur la route de Voldemort, seul barrage qui l'empêchait d'accéder aux lourdes portes de bois. Mais l'homme serpent n'avait plus aucune envie de pénétrer l'école, il n'avait plus qu'une seule chose en tête : tuer l'avorton qui venait de le provoquer face à tous ses fidèles.

Harry ne le quitta pas des yeux, essayant de se couper des distractions que provoquaient les combats autour de lui. Il sentait dans son dos la magie de Poudlard, douce et réconfortante, comme jamais il ne l'avait senti auparavant. Elle semblait onduler, petite couche protectrice autour du grand château. Le jeune sorcier serra les dents.

Ça terminait maintenant. Poudlard ne tombera pas ce soir.

Face à lui, Voldemort serrait si fort le poing sur la Baguette de Sureau que Harry entendit le bois gémir de là où il était. Déterminé, le jeune homme savait qu'il avait besoin que la Baguette lui revienne pour en finir avec lui. Alors il fit la seule chose qu'il pouvait faire en cet instant : il provoqua Jedusor en souriant d'un air moqueur.

- Allez, les moldus disent toujours "Jamais deux sans trois", fais-moi ce plaisir Tommy.

Le visage, déjà fort peu agréable de Voldemort, perdit toute trace d'humanité quand une grimace de rage pure déforma ses traits. Il leva la Baguette de Sureau et cracha un autre Doloris, qui de nouveau fut dévié de sa trajectoire. Ce fut de même pour le sort de Découpe et pour un autre sort que Harry ne connaissait pas. Puis, au summum de sa fureur, le Seigneur des Ténèbres ouvrit la bouche pour lui lancer un troisième Avada Kedavra. Malheureusement pour lui, le bout de la baguette s'illumina bien de vert, mais au lieu de partir directement vers le jeune sorcier, remonta comme un éclair le long du bois pour transpercer la paume de Voldemort, qui cria de douleur. La Baguette sauta alors de ses doigts, s'éloignant du Lord noir.

Harry leva le bras et ses doigts se refermèrent sur la Baguette de Sureau. Un frisson électrique descendit le long de son bras tendu. Il ferma les yeux une fraction de seconde. Quand il les rouvrit, il se sentait traversé par une puissance étourdissante. Ses doigts raffermirent leur prise et il inspira doucement.

- Avada Kedavra, murmura-t-il presque.

Il n'y eut pas d'explosion, pas de cris de douleur, pas de souffle de puissance. Le sort quitta juste le bout de la Baguette et percuta un Voldemort désarmé, qui avait écarquillé les yeux en voyant ce qu'il croyait être sa Baguette dans les mains du jeune sorcier qu'il cherchait à tuer depuis sa naissance.

Et comme ça, juste comme ça, Tom Elvis Jedusor trouva la Mort. Aquene apparut et avec un sourire, se pencha pour plonger sa main dans sa poitrine et en extraire son âme noire et boueuse. Elle leva les yeux vers Harry et lui offrit un sourire en hochant la tête avant de disparaître.

Le Survivant haleta un instant.

C'était terminé. C'était véritablement terminé, il avait tué Voldemort, et Aquene venait de lui confirmer par son signe de tête que c'était définitif cette fois-ci. Quelqu'un avait dû s'occuper de Nagini.

Ses jambes tremblèrent un peu alors qu'il laissa sa main pendre mollement vers le sol. Il se sentait totalement vidé, physiquement comme émotionnellement. Le bout de bois entre ses doigts chauffait doucement, comme une présence rassurante, et en effet, ça le calma un peu. Il baissa les yeux sur la Baguette de Sureau, la contemplant un instant avant de réaliser que oui, Voldemort était bien mort, mais que les combats faisaient toujours rage autour de lui.

Un mouvement à la lisière de sa vision l'alerta et il n'eut qu'à penser à un bouclier pour qu'une bulle claire, comme de d'électricité bleue crépitante, ne s'étende autour de lui et n'aspire le sort de Mort qu'un Queudver vengeur venait de lui lancer. D'un geste de baguette, Harry protégea le corps de Jedusor - il ne fallait pas qu'il soit emporté par des Mangemorts qui voudraient le faire ENCORE revenir, même si cela était inutile - et attira Queudver jusqu'à lui. Il n'avait plus besoin de dire les sorts, il n'avait qu'a désirer quelque chose et la Magie lui répondait et lui obéissait par le biais de la Baguette de Sureau.

C'était grisant.

Le rat, ce petit traître, couina en se retrouvant à être tiré par une force invisible jusqu'aux pieds du Sauveur du Monde Sorcier dans toute sa puissance. Ce dernier posa sur lui un regard dégoûté et le soulagea de sa baguette. Trop lâche pour tenter quoique ce soit, Pettigrow resta prostré sur le sol, tremblant et gémissant de peur. Harry lui attrapa violemment le bras - comme s'il allait montrer ne serait-ce qu'un peu de douceur pour ce ramassis de tout ce que l'humain a de mauvais - pour remonter sa manche et dévoiler la marque des ténèbres.

Malgré le trépas de Voldemort, cette dernière était toujours aussi sombre et bien portante. Il observa un instant les courbes du tatouage, tatouage qu'il connaissait par cœur pour l'avoir tant observé, embrassé à la même la peau de Draco. Draco...

Il se secoua un peu pour éviter de penser à son amant, pour éviter de s'inquiéter pour lui et surtout pour éviter de se précipiter et faire n'importe quoi. Il posa plutôt la Baguette de Sureau sur la marque et inspira doucement. Il se concentra pour essayer de voir l'âme de Pettigrow, voir comment la marque influait sur cette dernière pour la retirer, mais il n'y parvenait pas, trop inexpérimenté qu'il était. Alors il ferma les yeux et s'imagina la situation présente : il se créa la scène, Queudver à ses pieds, lui penché sur son corps, la baguette pressée sur la marque, tout, dans les moindres détails. Il s'imagina après un halo de couleur entourant toutes les personnes, voulant voir celle du rat. Il arriva à s'imaginer quelque chose d'un jaune un peu pâle et maladif, strié de plusieurs couleurs, qui irradiait de sa peau à quelques centimètres de cette dernière. Il se concentra sur la marque sur le bras, marque qui était entourée de magie noire volatile, comme les cendres d'un foyer balayé par le vent et qui reliaient chaque marques entre elles, comme une toile d'araignée bien organisée. Des liens noirs reliaient le tatouage à l'Âme du porteur, serpentant comme des veines jusqu'au bout des doigts ainsi que jusqu'en haut du coude.

Pressant un peu plus la baguette sur la peau, il se concentra sur la Magie qui chantait doucement dans ses veines et s'imagina réussir à la passer dans sa baguette pour pénétrer la marque. Sur le tableau qu'il s'était peint dans sa tête, ce fut ce qui se passa et un à un, il coupa toutes les veines noires qui partaient de la marque. Elles perdirent en intensité noirâtre, avant de disparaître totalement. Au dernier lien qui ancrait la Marque sur l'Âme de Queudver, Harry sentit que cela devenait un simple tatouage magique sans aucune incidence sur rien une fois qu'il fut coupé. Il hésita à la faire disparaître de sur chaque porteur - il sentait qu'il en était capable - mais il pensa un instant à l'après-guerre, quand la traque des Mangemorts se ferait alors difficile à cause de l'absence de Marque. Alors il préféra plutôt se concentrer un peu plus et eu même un petit sourire amusé en s'imaginant la marque prendre les couleurs de la maison du courage et de l'honneur. Pendant un instant alors, le serpent fut d'un rouge criard et la tête-de-mort n'eut plus aucune crédibilité à être aussi dorée - On aurait dit un dessin d'un gamin de cinq ans.

Mais Harry ne voulait pas que le futur porte préjudice au Gryffondor - l'amalgame pouvait être si rapidement fait - et préféra la remettre noire, quoiqu'un peu plus terne, pour bien marquer une différence.

Quand il rouvrit les yeux, il retourna à la réalité et au fait qu'il entendait parfaitement des cris de rage autour de lui, cris qu'il avait déjà entendus. Apparemment, les mangemorts avaient sentit le lien qui les reliaient entre eux se briser et avaient vu le changement de couleur. Harry eut un sourire enjoué puisque ceux du camp de la Lumière avaient pour la plupart profité de cette déconcentration de leur part pour les défaire un à un. D'un geste de la main, le jeune homme stupefixa l'ancien Gryffondor et jeta un regard circulaire.

L'un après l'autre, les Mangemorts tombaient, morts ou blessés, ou prenaient la fuite. Petit à petit, le camp de la Lumière prenait le dessus et Harry, de nouveau vidé, se laissa tomber au sol pour s'asseoir, exténué. Il ferma les yeux et inspira profondément pendant de longues secondes.

Puis il rouvrit les yeux et les posa sur son ancienne baguette. Il récupéra les deux bouts de bois et à l'aide de la Baguette de Sureau, la répara. Cette Baguette pouvait peut-être lui permettre d'avoir le monde à ses pieds, mais il avait de tendres souvenirs avec sa première baguette et ne comptait pas en changer.

Oui.

Il faisait tout pour éviter de penser à ce qui se passait autour de lui. Parce qu'en "s'imaginant" l'âme de Pettigrow pour détruire la marque, il avait été submergé par toutes les présences autour de lui. Il sentait les âmes tournoyer, cherchant à survivre ou cherchant leur chemin vers lui pour retourner à la Nature. Et quand elles parvenaient jusqu'à lui, les noms lui venaient comme s'il connaissait la personne. William Robbert. Charles Crabbe. Phineas Yaxley. Pius Thicknesse.

Et pour la plupart, il les connaissait. Vincent Crabbe. Fenrir Greyback. Lucius Malfoy. Graup. Narcissa Malfoy. Dobby... Fred... Nymphadora...

Harry serra brutalement les mâchoires ainsi que les paupières, aurait même pressé ses mains sur ses oreilles pour faire taire les noms qui affluaient, si cela avait pu servir à quelque chose.

Quand il sentit le nom d'Andromeda Tonks fleurir dans son esprit et qu'il réalisa que le petit Ted, de seulement un mois, n'avait désormais plus personne qu'un parrain de seize ans qui venait de tuer le plus grand mage noir du millénaire, il éclata en sanglots.

Et les noms continuèrent d'affluer.


RÉPONSES AUX REVIEWS :

Levrette : Levrette, ma chère Levrette ! Bon, je te l'ai déjà dit sur Twitter mais je te le redis ici, putain c'que j'aime ton pseudo, ahahhaa xD Merciiii, j'espère que cette suite te convient, MOUAHAHAHA ! \O/ DA BAZOUS !

Flo : Flooo, ma belle Flooooo :coeur: Que je suis contente de te retrouver ici~ Je suis foutrement cnotente que tu trouves que je suive tout de même la cohérence de la VO \o J'espère que cette suite t'a plus :D

Souline : Soooouliiiiineuh *gros câlin* Ouii, ça fait longtemps, j'espère que tu vas bien ! Le Drarry, c'est genre le piller des fanfictions quand même. C'est le plus gros fandom, pas le plus vieux mais quand même, il commence à dater - l'autre jour, je voulais relire un Drarry et par curiosité, j'ai regardé la date... 11 ans le machin ! ONZE ANS ! J'avais l'impression que c'était hier que je commençais à taper à l'ordinateur pour poster mon premier écrit terminé ( qui était un Drarry UA ) ! Ça m'a fait tout drôle. Et... Ouais, j'avoue, j'ai prit un putain de coup de vieux.

Ouais, c'est Dark, mais j'avais besoin d'extérioriser certaines choses, et quand je me suis réveillé après un cauchemar, ça m'a paru évident de le construire autour du Drarry. Mais celle qui a lut en avance pour m'aider un peu m'a dit que c'était une belle fanfic. Du coup, je suis contente. J'espère que cette suite t'a convenu ! Parce qu'un Harry sassy, moi ça m'éclate. Des fois, on oublie à quel point le Harry gamin des livres est vraiment un petit con impertinent xD

Bisouilles bisouilles !


Vous savez très bien que je ne sais pas me tenir à mes deadlines. J'aime vraiment trop cette histoire, si je n'écoutais que moi, je vous posterais tout d'un coup, rendant le texte totalement indigeste parce qu'ÉNORME !

J'ai donc décidé de prendre mon mal en patience et de poster les 5 chapitres à quelques jours d'intervalles - oui définitivement 5 chapitres. Trois de la même trempe que celui-ci et un quatrième de la même longueur que le premier. - J'espère tout de même que ceux qui aiment les longs chapitres seront contents, et que ceux qui préfèrent les cours... N'aurons pas trop peur. Ce n'est pas pour casser le rythme, désolé ! Et puis, j'ai fait un sondage sur FB et twitter, et c'est les cinq chapitres qui ont obtenus la majorité des votes.

JE RAPPELLE QUE : Toute atteinte à l'intégrité physique de la scribouillarde est fortement déconseillé si vous voulez une suite ! Y a des morts, bah oui, mais c'est un drama mes p'tits loups !

Et sachez qu'Aquene est genre... Mon animal spirituel. Mon putain de Patronus et d'Animagus. Parce que... Aquene quoi. Elle est tellement cool...

À jeudi prochain :)

xoxo, 'Win

P.S : Pour ceux qui me connaissent, vous savez où me trouver depuis le temps ;) Pour les autres si cela vous intéresse, je suis disponible par mail : plume POINT eowin AROBAZEUUUUUH gmail POIIIINT com, sur ma page FB où je poste des bêtises, des photos, des teases, tout ça « La plume d'Eowin », ainsi que sur twitter « Eowinmp » :)