-Réveille-toi. Dis une voix forte derrière ma porte. Debout fainéante !

- C'est bon, je suis debout, me défendis-je. Je suis levé. Je suis la

- C'est bien, maintenant, reprit cette voix si puissante, tu vas me faire quelques passes de sabres puis quelques tirs à l'arc. Est-ce que tu as bien compris ?

- Oui, j'ai compris.

Mon maître prend si bien soin de moi, il m'aime même s'il ne le montre pas. Je l'aime plus que tout au monde. Je me lève et ouvre ma porte. Il me sourit et me dit de reprendre mon entraînement à partir d'hier. Je descends alors dans la cour et je commence avec celui qui est comme mon père. J'ai quelques passes réussites, puis je passe au tir à l'arc.

Soudain, on entend au loin Legolas appeler Gilgaladrim, mon maître d'armes. Je continue mon entrainement tandis que mon maître discute avec le prince de la Foret Noire.

À chaque fois, mon geste est plus précis et je m'améliore chaque instant. En arrivant chez mon maître, je ne connaissais même pas comment tirer une flèche et maintenant je peux me battre contre des ennemis aussi bien à l'arc, l'épée et autres lames ainsi qu'à mains nus. J'ai appris à me servir de mes mains pour me battre ainsi que pour grimper aux arbres et tout ce que je pouvais. Gilgaladrin est impressionné par mes progrès mais il ne le montre pas. Je suis heureuse d'être à ses cotés. Il est mon mentor et il est le père que je n'ai plus car le vrai n'est jamais là.

Soudain me prend l'envie de grimper à un arbre. Je grimpe et puis je me sens vidée de toute énergie. J'ai la sensation d'être triste et nulle à la fois comme si j'en voulais à la Terre entière. Je me souviens d'une sensation d'air sous moi qui s'arrête quand mon corps touche le sol. J'entends un bourdonnement dans ma tête. Je regarde une dernière fois le ciel avant de fermer mes yeux.

-Réveille-toi, crie mon maitre, s'il te plait, réveille-toi !

- Tu vas aller mieux, dit le prince de la forêt Noire avec bienveillance.

- Je suis là, s'écrie la voix du meilleur guérisseur de la région voire de la Terre du Milieu.

- Sauvez-la, pleure Gilgaladrin, elle est encore si jeune ! Elle a encore du temps.

- Oui, répond Elrond touché par les larmes de celui qui ne pleure jamais.

Il pose ses mains sur ma tête. Je gémis de douleur. Soudain, je me mets assise brusquement et en retombant je hurle un « sauvez-moi ».

J'ai la tête qui hurle, j'ai des vertiges qui m'empêchent de bouger et de parler. Je vois tout le monde autour de moi. Legolas, Elrond ainsi que mon maître sont inquiets au dessus de moi. Je croise le regard de mon maître. Je regarde celui que j'aime comme un père, il me semble avoir pris quelques années en peu de temps. Son visage marqué par l'âge est un peu habituel chez les elfes. Il soupire et me caresse la joue en me recommandant de bien me reposeret de bien me détendre. Je continue à soutenir son regard bleu-turquoise. Je lâche un gémissement de douleur. Sur mes joues coulent des gouttes de sang, ainsi que des larmes. Je me suis blessé avec une branche, il y a là plusieurs jours de cela, la plaie s'est rouverte. Mon sang coule, mes larmes roulent sur mes joues et ma tête tourne. J'ai des visions d'un futur peu agréable.

Autour de nous, des objets volent. Dehors, des combats, notre foret est envahie par des orcs, des monstres, des serviteurs de l'ennemi commun aux elfes, aux nains et aux hommes.

J'ai pris un sacrée coup sur la tête selon Elrond. J'ai perdu connaissance et j'aurais pu avoir des séquelles de cette chute. Mais je n'en vois pas, je peux marcher et je n'ai rien perdu de ma force, de mon habileté. Je peux encore me battre et je protégerai ma forêt.

Je suis une archère tirant juste mais je suis avant tout une guerrière dont le sabre est l'arme de prédilection. Je vais me battre contre ces orcs qui nous empoissonnent la vie. Je fonce dans la bataille qui fait rage en bas. Je tue tout les orcs qui ont l'audace de m'approcher. Je fais preuve de grâce et ma lame aiguisée fait des ravages. Je tue avec discrétion et je suis sans pitié. Ils ont touché à la forêt, ils ont mourir. Mon corps est une machine de guerre. Elle tue des orcs. Les orcs sont stupides mais armés et nombreux. Voila des heures que je combats et il y a toujours plus d'orcs. Soudain, caché dans un buisson, je vie un orc qui allait poignarder Gilgaladrim dans le dos. Je cours et tue cet orc. Mon mentor m'appelle pour savoir comment ca va mais à ce moment un orc me poignarde. Je tombe et vois le rictus de cet orc qui est tué par mon père adoptif. Ma vue se trouble et je perds la notion du temps. Je soupire et pousse un gémissement de douleur. Puis ce fut le trou noir.

.