Un pacificateur arrive. Je dis à ma famille que je l'aime et le pacificateur la fait sortir. Un autre homme en blanc m'escorte jusqu'à la gare où les caméras sont déjà là. Elles filment chacun de nos mouvements. Bertrand est là. Le visage fermé mais ses yeux sont rouges. J'en juge donc qu'il a pleuré. Moi aussi, j'ai pleuré. Mais sur l'estrade, pas quand ma famille est venue me voir. On nous fait patienté devant le train où figure un magnifique douze pour le district douze. Enfin, on nous fait rentré dans le train. C'est gigantesque. Rien qu'un compartiment fait bien huit fois ma maison. Bertrand et moi retrouvons Effie, Katniss, Peeta et Haymitch dans le salon. Ils nous invitent à nous asseoir. Le train démarre de suite. Haymitch commence à parler.
- D'abord, c'est votre descente aux enfers que vous avez signé.
- On n'a pas choisis, pour info.
- Oh... Madame est arrogante. Mais méfie-toi trésor, on sera ta seule chance de revenir vivante ici quand tu seras dans l'arène.
Je ne veux pas me l'avouer, mais il a raison. Heureusement, Katniss me défend. Je l'aime bien.
- Doucement Haymitch. Laisse-la, ne la brusque pas. Tu sais ce que ça fait d'être un tribut.
- Elle aura à choisir son mentor.
- Oui. Et bien, ne donne pas une mauvaise impression de toi, gros porc.
Haymitch rigole bruyamment. Katniss continue son petit discours et termine par un choix à faire. Qui sera notre mentor. - Je choisis Katniss.
- Très bon choix, commente-t-elle. Et toi, hem... Bertrand ?
Il a toujours le visage fermé.
- Haymitch. Peeta paraît déçu mais je pense qu'il comprend. Effie nous propose de passer à table. Nous nous dirigeons vers le compartiment salle à manger. On s'assoit à table et des dizaines de plats arrivent. Il y a un cerf avec une sauce aux truffes, un ragoût d'agneau aux pruneaux, une mousse de chocolat, vanille et fraise. Une foie le dîner terminé, nous passons dans le compartiment salon afin du suivre la rediffusion de la Moisson. La redif commence avec le district un. Sans surprise, les tributs sont des colosses aussi bien la fille que le garçon. Les tributs du deux sont pareils que le un. Ceux du trois soit plus maigres, probablement moins dangereux aussi. Le quatre offre des tributs costaux et agiles. Les tributs du cinq sont mal en point, ils paraissent inoffensifs. La Moisson se poursuit. Enfin, on nous voit. Effie palpite à côté de moi. À la fin de la rediffusion, je me lève et cherche mon compartiment. Je le trouve rapidement. C'est une chambre très grande, avec plein d'armoires remplies de vêtements et une salle de bain tout aussi grande, avec une douche aussi grande que mon lit dans notre maison et dans la douche, il y a des tonnes de boutons. Je décide de prendre une douche et j'appuie sur quatre boutons au hasard. Je me retrouve sous une douche tiède avec de l'huile parfumé, je ne suis pas sûre mais je crois que le parfum de l'huile est lavande. A peine ai-je posé un pied sur le tapis qu'on me sèche automatiquement. Wahou! Si seulement c'était comme ça chez nous! Je me glisse ensuite sous les draps. J'aimerai que ce moment dure éternellement car je ne pense à rien. Est-ce que ma famille pense à moi ? Est-ce qu'ils sont déjà couchés ? Ont-ils pleuré ?
Toutes ses questions n'auront probablement jamais de réponses. Je m'endors. Le lendemain, je suis réveillée par quelqu'un qui tambourine à ma porte.
- Debout! Aujourd'hui va être une grande grande grande journée!
Je me lève. Effie est partie. J'enfile une tenue simple, un jean délavé et une chemise assortie puis je vais prendre mon petit-déjeuner en compagnie de Katniss, Peeta, Effie, Bertrand et Haymitch. Un bol de chocolat chaud m'attends. J'en avais bu une fois. J'aimais bien mais on n'en achetait pas parce que c'était bien trop cher pour nous. Nous sommes en train de déjeuner lorsque la lumière s'atténue.
- On passe sous le tunnel pour arriver au Capitole, nous-informe Katniss.
Je n'aime pas le Capitole. C'est trop riche pour moi. Bertrand n'a pas l'air comme moi. Il a toujours eu de l'argent, de la nourriture à volonté, il mangeait à sa faim. Je connais la famine, ce qu'on appelle les jours creux chez moi et les jours sans manger. Je dois tout à mon oncle. La lumière réapparaît et j'observe le Capitole s'offrir à moi. Les foules sont en délires.
