NdA: Eh bien, il a fallu que j'aie une panne d'inspiration récemment, toutes mes fics ont niaisé pendant que madame l'auteuZe faisait ses petits caprices... Je te dis...

Bon, je vous referai pas tout le blabla du premier chapitre (prologue) avec le disclaimer, l'avertissement... vous savez déjà tout ça!

Ce qui est triste avec le fait que j'aie commencé cette fic si tard dans l'été, c'est que je recommence l'école demain, et mes dix mille cours et activités parascolaires ne tarderont pas à suivre... C'est que je suis une fille occupée! ... mais juste durant l'année scolaire. L'été, je ne fais ab-so-lu-ment RIEN! C'est pourquoi mes updates étaient si fréquentes et que j'ai commencé un tas d'autre fics... mais là, le travail me rattrape! J'ai quelque chose à presque tous les soirs et, en plus, je donne des cours de danse cette année (yay!!!!), ce qui me fait une activité de plus. Là, ce soir, j'avais une audition de danse pour intégrer une troupe élite du Studio de danse Fahrenheit (donnacona, québec, Canada...). La troupe c'est Tribal Dance et c'est un niveau très avancé, alors j'ai très peur. Ils ne vont me rappeler que dans deux, ou trois, ou quatre (etc.) jours, et j'ai très peur!!

Pourquoi je vous dis tout ça? Euh... euh... ben... pour vous faire languir? -rire crétin-

Alors euh... ben, bonne lecture! (Oui, le Vla, le chapitre!)


Chapitre 1: La petite vie

Londres. Un petit appartement. Rien de majestueux ou de particulièrement luxueux. Rien de bien grand ou impressionnant. Un simple appartement parmi tant d'autres. Un simple logement qui ne se démarquait pas des autres. Un endroit tout de plus banal.

À l'intérieur, aucun mouvement ne se laissait percevoir, aucun son ne se faisait entendre. Les lieux étaient visiblement déserts. Tout était beaucoup trop calme pour être occupé. Trop calme, trop tranquille... Tous les meubles et autres accessoires de la décoration simple, mais charmante, de l'habitation amassaient la poussière, un peu comme s'ils n'avaient pas croisé la moindre trace de vie durant un bon bout de temps. Un trop long bout de temps. Pourtant, ce n'était pas le cas. Certains indices venaient réfuter cette hypothèse, comme la petite lampe qui était toujours allumée alors qu'il faisait jour, ou la télécommande de la télévision qui n'était absolument pas ornée de poussière. Des petits trucs dans le genre...

Pourtant, cette tranquillité fut soudainement troublée. Pas par une fenêtre cassée par un chat mutant, par une bouteille de gatorade qui avait explosé ou encore par une invasion de papiers vengeurs qui vous coupaient les doigts jusqu'à ce que vous vous vidiez de votre sang.. Non, simplement un léger cliquetis. Si petit, si léger, qu'il fallait y porter énormément d'attention pour le percevoir, à travers cet océan de silence. Pourtant, il était bien là, et ce tout petit son fut très vite suivi d'un plus fort. Celui d'une porte qui s'ouvre.

La porte de l'appartement s'ouvrit donc sur un jeune homme aux yeux verts, à la chevelure en bataille et au nez fin surmonté de petites lunettes rectangulaires. Un jeune adulte tout de plus normal, qui pouvait très bien être considéré comme beau, voire un peu plus, selon les normes. Il n'était pas très grand, mais ne se situait qu'un tout petit peu en dessous de la moyenne. Ses lunettes lui donnaient un petit air intello, mais ne l'avantageaient pas moins. Quant à ses cheveux visiblement incorrigibles, le produit qui les garderait en place n'était certainement pas inventé. De toute façon, tous ces détails semblaient à mille lieux de l'importuner, alors qu'il déposait sur le sol le sac en papier qu'il semblait trouver un peu trop lourd à son goût. La rougeur de son visage et le soupir de soulagement qu'il laissa échapper en se libérant de ce poids le prouvèrent. Il se permit donc une petit pause où il reprit son souffle, qui venait soudainement à lui manquer.

Puis, essuyant du revers de la main une goutte de sueur qui perlait sur son front, il reprit le lourd fardeau et le traîna de son mieux jusqu'à la cuisine, où le comptoir se présentait fièrement sur son cheval blanc (NdA: Eh ho! Façon de parler!), sauvant héroïquement ses bras du risque d'être arrachés. C'était une dure réalité de la vie: faire l'épicerie!

Il entreprenait de vider le sac de chaque article et de tout ranger dans le garde-manger ou le réfrigérateur, lorsqu'une sonnerie se fit entendre dans tout l'appartement. Se figeant dans son mouvement, le jeune homme ouvrit de grands yeux, cherchant la provenance du bruit, avant de réaliser que le téléphone sonnait. Il se mit donc à courir peu gracieusement jusqu'au salon, où se trouvait l'appareil le plus proche. La sonnerie se faisait entendre pour la troisième fois lorsqu'il agrippa le combiné et décrocha.

«Oui?» demanda-t-il, cherchant à nouveau son souffle.

«Oui, suis-je en train de parler à Monsieur Harry Potter?» fit la voix masculine d'un homme d'âge mûr, semblait-il.

«Heum, oui, c'est moi.» répondit le jeune homme, fronçant les sourcils en remarquant qu'il avait toujours un paquet de viande congelée à la main.

«M. Shack, de Great Art Hall, à l'appareil.»

Il lui avait bel et bien semblé connaître cette voix, bien qu'il n'avait pu mettre un nom dessus. Edward Shack, directeur du Great Art Hall. Bien évidemment!

«Hum, oui...» fit le jeune homme, tentant de diriger sa concentration sur son interlocuteur et non sur la viande congelée qui lui engourdissait les doigts. «Que puis-je pour vous?»

Un très bref silence s'ensuivit, durant lequel le jeune homme put entendre un froissement de papier, comme si l'autre homme fouillait dans ses dossiers. Ce qui était probablement le cas, en fait.

«Une petite erreur s'est glissée dans nos dossiers récemment à votre sujet, et je souhaiterais vous rencontrer afin de régler tout ça. Seriez-vous disponible cet après-midi?» fit finalement le directeur.

L'étudiant réfléchit brièvement, du mieux que le lui permettait sa main gelée, tentant de se rappeler s'il était libre. Avait-il un quelconque rendez-vous dans la journée? Il lui semblait bien que non. Depuis que Simon et lui n'étaient plus ensemble, sa vie se résumait à l'école, ses devoirs et la télévision. La télé et lui, c'était fait pour durer.

«Heum non, je n'ai rien de prévu.» répondit-il d'un ton neutre.

«Parfait. Pourriez-vous passer dans une heure ou deux?»

«Oui, aucun problème.»

«Alors à tout à l'heure, M. Potter.»

«Oui, à tout l'heure.»

Le jeune homme raccrocha avec tout le calme qu'il possédait, souhaitant garder une bonne réputation. Ce ne fut donc que lorsque son directeur se trouva dans l'impossibilité de l'entendre qu'il se permit de laisser échapper une longue plainte de douleur et de lancer la viande congelé sur le divan. Sa main était toute rouge et ses doigts ne répondaient plus à l'appel. Pourquoi n'avait-il pas lâché la viande plus tôt? Comment avait-il réussi à garder toute sa contenance au téléphone alors que sa main jouait les suicidaires avec un vrai morceau de glace!? Pourquoi...

...Pourquoi se posait-il encore un tas de questions sans intérêt? N'avait-il donc rien de mieux à faire?

Non, il n'avait rien de mieux à faire...


Great Art Hall. Grande école d'art de Londres, reconnue comme l'une des meilleures. La danse, le dessin, la musique, la photographie, le théâtre... tout y passait! Vous aviez un talent à exploiter? Great Art Hall était là pour vous! Des cours intéressants et pertinents, des profs passionnés, une direction sans égal, cette école n'avait rien à envier à qui que ce soit. La plupart des grands artistes y avaient étudié et seuls les plus talentueux pouvaient intégrer les rangs des élèves.

C'était l'une des grandes fiertés de Harry Potter. Il avait réussi. Le jeune photographe passionné qu'il était avait envoyé ses photos plusieurs mois plus tôt, accompagnant le tout d'une lettre de demande d'admission, et il avait été accepté. La direction avait, semblait-il, été grandement impressionnée par son talent. Il ne pouvait que s'en sentir flatté.

Ce fut donc sur une note plutôt joyeuse que le jeune homme mit les pieds dans l'établissement, qui était incroyablement grand. C'était une autre caractéristique de l'endroit: il était considéré comme une école de riches. Ce qui, dans un sens, n'était pas faux. En fait, les coûts de scolarité étaient faramineux et peu de gens pouvaient se permettre une telle éducation. Les lieux étaient grands et luxueux, tout était bien sûr de qualité. Le décor autant que l'éducation, cela allait de soi.

Pourtant, tout cela n'était pas un problème pour Harry Potter. Contrairement à ce que son petit appartement ou sa garde-robe dénuée de vêtements de marque pouvaient laisser entendre, il était riche. Extrêmement riche. Beaucoup trop riche pour un orphelin, et pourtant. Ses parents lui avaient laissé toute une fortune à leur mort. Ils étaient décédés alors qu'il n'avait qu'un an, mais il savait que son père avait été un grand homme d'affaires et sa mère, une grande artiste. Il avait hérité de ce point, en plus de tout leur argent.

Il était donc riche, et c'était pourquoi il mettait les pieds dans cet établissement, en ce beau samedi après-midi. Cela faisait presque sept mois qu'il y étudiait, et le fait qu'une erreur ne soit détectée dans ses dossiers qu'après tout ce temps le surprenait légèrement. Il ignorait ce qui s'était passé, mais ce n'était certainement pas bien important. Il savait que si cela avait été grave, son directeur n'aurait pas paru si calme au téléphone.

À tout le moins, il espérait qu'il connaissait suffisamment bien cet homme pour l'affirmer. Après tout, il ne lui avait parlé que quelques fois...

L'étudiant soupira, avant de hausser les épaules. Il n'avait pas de raisons de s'inquiéter ainsi. Ce n'était qu'une petite erreur qu'ils auraient vite fait de corriger et il pourrait ensuite rentrer chez lui, dans son petit appartement banal, et écouter la télévision. Comme tous les soirs de fin de semaine.

Il poursuivit donc son chemin vers le bureau du directeur, jetant quelques coups d'oeil distraits autour de lui. Comme toujours, il ne fit pas attention à là où il mettait les pieds, et il ne vit donc pas cette personne devant lui, qui ne regardait pas non plus où elle allait. Ce fut la collision.

Harry se retrouva sur le sol, sans même comprendre comment il s'y était retrouvé. Il était entouré de quelques livres qui ne lui appartenaient pas et son coccyx le fit grimacer de douleur. Dans un mouvement distrait, il retira quelques mèches folles de son visage, avant de réaliser que ses lunettes avaient quitté le soutien de son nez. Il commença donc à les chercher, jusqu'à ce qu'elles n'apparaissent devant ses yeux comme par magie. Il aurait pu considérer cela comme de la simple chance, si elles ne s'étaient pas trouvées à flotter dans les airs. Il fronça les sourcils à cette vue, ses yeux myopes l'empêchant de voir clairement ce qui se produisait.

«Heu, excusez-moi, je...» fit une voix hésitante à sa droite.

Ce fut alors qu'il remarqua les doigts fins qui tenaient ses lunettes. Intrigué, son regard remonta le long des doigts blancs, puis de la main toute aussi pâle et d'un bras recouvert par la manche d'une veste blanche. Puis, il vit une épaule étroite, bien vite suivie d'un cou pâle et d'un menton peu prononcé. Puis vinrent une bouche rosée, un nez fin et des yeux d'un gris troublant. Gris tempête, gris irréel. Une couleur qu'il n'avait jamais vue auparavant. Il se perdait dans ce regard, qui semblait posséder un pouvoir surnaturel. Lequel? Il l'ignorait.

«Est-ce que vous allez bien?» fit la même voix qu'il avait vaguement entendue précédemment, alors que les lèvres délicates se mouvaient au rythme des paroles.

Le jeune homme aux yeux verts ne put s'empêcher de rester immobile un moment, hypnotisé par le duo que formaient ce regard et cette bouche. Il était de nature distraite et il lui arrivait souvent de se perdre dans son monde, tout en fixant un point quelconque, mais certaines situations n'étaient tout simplement pas appropriés pour ce genre de distraction. Et ce moment en faisait partie. Ce fut donc en voyant un sourcil mince et pâle se soulever qu'il réalisa la position dans laquelle il se trouvait.

«Hum...oui, je vais bien...» répondit-il en secouant un peu la tête afin de se remettre les idées en place.

Se rappelant sa myopie, il agrippa les lunettes que l'inconnu lui tendait toujours et les remit en place. Il retrouva donc avec soulagement une vue claire et précise. Il ne put pourtant pas en profiter bien longtemps, car il se trouvait toujours assis sur le sol, et les rares personnes à passer par là lui jetaient de nombreux coups d'oeil intrigués. Il se décida donc à prendre la main qui lui était tendue et qui l'aida à se remettre sur pieds. Il dût prendre un bref instant afin de reprendre son équilibre, mais ses yeux retrouvèrent bien vite les prunelles grises qui le fixaient tout autant.

«Je suis désolé.» fit l'inconnu, s'attirant un froncement de sourcil d'incompréhension. «Je ne regardais pas où j'allais.»

Le jeune homme aux yeux verts comprit alors. C'était vrai, ils étaient entrés en collision en plein milieu du couloir. Il l'avait oublié...

«Oh, ce n'est rien. Je n'étais pas plus attentif.» dit-il, cherchant à perdre un peu de toute cette tension qui contractait tous ses muscles.

L'inconnu lui adressa un doux sourire, avant de se passer une main dans les cheveux. Ce ne fut qu'à ce moment que Harry réalisa à quel point cette chevelure était pâle. Blonde, presque blanche. Presque argentée. Presque irréelle. Comme ses yeux. Comme la blancheur de sa peau. Ce jeune homme était définitivement spécial. Bien que «spécial» n'était certainement pas antonyme de magnifique.

«Je m'appelle Draco. Draco Malfoy.» fit l'inconnu, tendant une main devant lui.

Draco... Draco Malfoy... C'était un joli nom. Un peu aristocratique. C'était magnifique. Presque autant que son propriétaire.

Harry répondit aussitôt au sourire qui lui était adressé, avant d'agripper la main tendue.

«Harry Potter.» dit-il simplement.

«Eh bien, enchanté, Harry. Je suppose que tu étudies ici?»

«Perspicace.» fit l'étudiant aux yeux verts, riant nerveusement. «J'étudie la photographie.»

«La photographie? C'est intéressant.»

Le jeune homme blond se décida finalement à lâcher la main de l'autre, au grand regret de ce dernier. Ils restèrent tous deux en silence un bref instant, avant que Draco ne se penche et commence à ramasser les livres qui s'étaient complètement éparpillés sur le sol. Comprenant que ces livres, qui l'avaient entourés un peu plus tôt, appartenaient au blond, Harry se pencha à son tour et aida l'autre jeune homme à ramasser toutes ces affaires.

«Alors, tu étudies ici aussi?» demanda l'étudiant aux yeux verts, tout en ajoutant un livre à pile.

«Hum, oui. Je suis nouveau.»

«Ah. Il me semblait bien ne pas t'avoir vu auparavant.»

Du coin de l'oeil, Harry put presque voir un sourire se dessiner sur les lèvres du blond. Ce dernier était étrangement intriguant, et de nombreuses questions lui venaient en tête à son sujet. Il en retint une.

«Tu es dans quelle branche?»

«Le dessin.»

Le dessin... Intéressant. Tiens, n'étaient-ce pas les mots que Draco avait employé plus tôt?

Le dernier livre fut empilé et le blond se releva, soulevant le tout.

«Alors, heum, je suppose que nous nous reverrons.» fit-il, adressant un énième sourire à son interlocuteur.

Ce dernier répondit aussitôt à ce sourire, ne parvenant pas à cacher sa gêne. Pourquoi était-il gêné, d'abord?

«Oui.» dit-il simplement, les yeux rivés au sol.

Il put pourtant voir l'autre jeune homme lui adresser un rapide signe de tête, avant de poursuivre son chemin. Le garçon aux yeux verts releva aussitôt son regard émeraude, observant sa nouvelle connaissance s'éloigner dans le couloir. Il ignorait pourquoi, mais ce Draco émanait quelque chose... quelque chose de... différent? C'était étrange...

Puis, il se souvint pourquoi il se trouvait à l'école, par ce samedi après-midi. Le directeur! Un rapide coup d'oeil à sa montre suffit à lui indiquer qu'il était en retard.

Pourquoi le temps passait-il si vite, parfois?


Lorsqu'il remit les pieds dans son appartement, il ne put que voir que rien n'avait changé. Évidemment, puisqu'il vivait seul. Toujours les mêmes meubles, les mêmes couleurs, la même poussière, le même bordel. Humm, peut-être devrait-il engager une femme de ménage. Après tout, il n'avait jamais vraiment été quelqu'un d'ordonné. Sa chambre en était la preuve flagrante. Si ses parents avaient vécu suffisamment longtemps pour le voir à son adolescence, probablement en auraient-ils fait une dépression. Ça, ou ils seraient morts asphyxiés en venant le réveiller le matin. Désespoir...

Mais ça n'avait pas été le cas. Il avait été élevé par son parrain, Sirius Black, qui se fichait complètement de l'état de sa chambre. Il ne s'était jamais préoccupé de s'il mangeait convenablement ou s'il faisait bien ses devoirs. En fait, Sirius avait été plus un ami qu'un tuteur. L'homme n'avait jamais eu l'air d'un adulte dans la fin de la trentaine. Tous deux, ils avaient fait tout un tas de bêtises. Qu'est-ce qu'ils s'étaient amusés! Qu'est-ce qu'ils s'étaient bien entendu!

Qu'est-ce que Sirius lui manquait... Il était mort d'une crise cardiaque. À l'âge de 39 ans. Harry, lui, venait d'en avoir dix-neuf, à ce moment-là. La maison de son parrain étant une propriété de la famille Black, il avait donc dû se trouver un appartement. Il s'était peu après inscrit à Great Art Hall. Et il avait vécu sa vie. Comme il le pouvait, bien que l'argent n'était pas un problème. Il savait que, si Sirius avait toujours été en vie, il aurait été fier de lui. Tout comme ses parents.

Tout cela avait eu lieu environ sept mois plus tôt. Cela faisait sept mois qu'il vivait dans cet appartement, sept mois qu'il étudiait à cette grande école. Sept mois qu'il tentait de faire son deuil. Sept mois qu'il n'y parvenait pas.

Le jeune homme secoua la tête, repoussant toutes ces pensées désagréables. Mieux valait ne pas ressasser tout cela. Il se dirigea donc vers le téléphone du salon, sur lequel une petite lumière verte clignotait, signalant qu'il avait des messages. Il s'apprêtait à appuyer sur un bouton de l'appareil, lorsque son regard s'attarda sur le sofa.

La viande. Merde! Elle était toujours là! Non seulement s'était-elle toute décongelée et avait ainsi complètement détrempé les coussins du divan, mais elle n'était visiblement plus bonne. Trop génial...

Grimaçant devant le début de mauvaise odeur, Harry ramassa le paquet tout mouillé, et s'empressa d'aller le jeter dans la poubelle de la cuisine. Puis, il revint nettoyer le coussin du canapé, qu'il espérait ne pas être foutu. Quel imbécile il était...

Ce ne fut qu'après avoir traité les dégâts qu'il appuya enfin sur le bouton de la boîte vocale, sans pourtant oublier de lâcher quelques jurons contre l'entité supérieure qui semblait rire de lui à l'instant même.

«Salut Harry, c'est Simon.»

Non, vraiment. Quelqu'un là haut ne l'aimait vraiment pas.

«Je voulais savoir si ça te dirais d'aller prendre un verre ce soir...»

«Si ça te disait! Si ça te disait! Les 'si' mangent les 'rais'...»

Évidemment, Simon ne pouvait pas l'entendre.

«Je vais être au Must(1) à huit heures, alors si ça te dit, tu viens!»

«Non, ça me dit pas!»

Quelle sangsue. Depuis qu'ils avaient rompus, le gentil Simon adorable, sympathique et romantique était devenu aussi collant qu'un chandail mouillé. Son idole était probablement devenue M. Crazy glue et il collait encore plus qu'un caramel entre les dents. Beuh...

«De toute façon, je sais que tu n'as rien de mieux à faire.»

Ah! Ça, c'était bas!!

«Ouais, et toi t'as rien de mieux à faire que d'appeler ton ex à tous les soirs!»

Si seulement il pouvait l'entendre...

«Alors, à plus tard!»

«Ouais, dans tes rêves!»

Un court «bip» se fit entendre, signalant la fin du message. Puis, une voix féminine et monotone vint le confirmer, ajoutant qu'il n'y avait pas d'autre message.

Soupirant, Harry se laissa tomber sur le canapé, prenant bien soin de ne pas s'assoir sur le coussin mouillé. Il retira ses lunettes, avant de se frotter les yeux dans un geste épuisé. Épuisé... épuisé de Simon, oui! Ce dernier et lui n'étaient sortis ensemble que deux mois. Ils avaient rompu il y avait environ deux semaines. Cela faisait donc deux semaines que le jeune homme aux yeux verts endurait les trop nombreux appels et les trop fréquentes visites de son ex, qui semblait franchement déterminé à le ravoir.

Parfois, Harry se demandait si Simon n'avait pas vu en lui qu'un simple compte en banque sur pattes. Avec tous les cadeaux qu'il lui avait donné, ce n'était pas impossible. C'était surtout désespérant...

Soupirant à nouveau, il se leva et se dirigea vers sa chambre, où il s'écroula sur le lit. Il se sentait extrêmement épuisé, beaucoup plus qu'il ne l'aurait dû. Une sieste ne pouvait certainement pas lui nuire. Il se sentirait mieux après, et il pourrait regarder la télévision en toute tranquillité.

Si ce n'était pas de l'école et de ses photos, il se dirait que sa vie n'était que tout simplement pathétique.


NdA: Ah, je suis pas pire, je suis pas pire! Sept pages, c'est respectable! Aussi, mes premiers chapitres sont souvent maladroits, alors veuillez m'excuser si c'est le cas!

Bon, j'ai tout travaillé ma chronologie, et j'ai constaté que l'histoire se déroulerait donc en l'an 2000. Harry a 19 ans, mais il les a eu en juillet 1999. Je tenais à apporter cette petite précision. De toute façon, je ne considère pas que ce soit trop dur à suivre (pour l'instant) et tout devrait se mettre en place avec le temps.

Aussi, pour mes lecteurs québécois (s'il y en a! -pleure- Ne m'abandonnez pas!!), le titre vous rappelle certainement une quelconque série, avouez!

Bon, sur ce, à la prochaine!

(1): Ce bar existe vraiment, mais il ne se trouve pas à Londres, mais bien à St-Marc-des-Carrières (cherchez pas, vous connaissez pas!!), au Québec, Canada. C'est la «ville» voisine de mon village. (St-Alban... c'est pas mieux...)