Bonjour à vous chers lecteurs !
Nous nous retrouvons aujourd'hui pour le deuxième chapitre de cette fiction Harry Potter. Je suis motivée en ce moment,je ne sais quelle mouche m'a piquée mais enfin ! Je vous souhaite une agréable lecture et n'hésitez pas à me laisser vos impressions en commentaire.
A bientôt pour la suite,
DevilK.
Harry Potter
Hermione Granger / Lexia McGonagall
~ On The Way To Love ~
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Résumé : Hermione sait que son affection pour son amie de longue date Lexia, ne peut plus être qualifié d'amicale. Qu'elle le veuille ou non, son cœur en avait décidé ainsi et se mentir n'y changerait rien mais les choses ne sont pas toujours aussi simple. Le chemin vers le véritable bonheur ne se suit pas sans se risquer à quelques égratignures en cours de route.
Chapitre 2
And Suddenly, I Realise
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Ils disent que parfois,
il faut avoir faillit perdre ceux auxquels on tient le plus
pour ce rendre compte de leur véritable importance dans notre vie et notre cœur.
Hôpital de Ste Mangouste – 5 Juin 1998, 14h30. La Deuxième Guerre des Sorciers est officiellement terminée depuis le 2 Mai. Le monde des Sorciers panse lentement ses plaies et peine à se remettre. Le Ministère est en pleine réforme et encore paralysé par toutes les enquêtes internes que le nouveau Ministre, Kingsley Shacklebolt, ordonna pour s'assurer que plus aucun Sorcier encore fidèle au Seigneur des Ténèbres ne siège en ses murs. Il était grand temps de faire peau neuve et c'était pour lui, l'occasion idéale. En sa qualité de Ministre de la Magie, il s'acquitta de sa toute première tâche en nommant Minerva, Directrice de Poudlard. Une responsabilité que la vénérable sorcière, dut accepter sans en avoir réellement le choix. En ces jours troublés, elle demeurait la seule à être en mesure d'endosser ce rôle et remettre le château en état. Kingsley savait que c'était beaucoup lui demander alors, mais ils n'avaient pas le choix. Pour que tout se remette en marche et prenne la bonne direction, Poudlard devait ouvrir ses portes et accueillir de nouveau élèves même si leur nombre était dérisoire. Savoir l'école, lieu de cette terrible bataille, à nouveau sur pieds et diriger par nul autre que Minerva McGonagall, redonnerait de l'espoir à tous. Elle était, après tout, la mieux placée pour succéder à Albus Dumbledore. Il avait été son ami et mentor de très nombreuses années et même si certain discutait encore les choix de ce mystérieux personnage, personne ne remettait en doute sa qualité de grand sorcier. Pour cette raison, Minerva devait prendre la relève. C'était une nécessité, plus qu'une simple nomination.
Seulement, le professeur de Métamorphose avait bien des choses à l'esprit et si peu de temps à leur consacrer, elle n'en avait même pas du tout. A peine eut-elle le temps de gérer et faire le deuil de ce vieux fou qu'elle affectionnait tant, que d'autre obsèques venaient s'ajouter à la liste. Des élèves, sorciers et sorcières de tout âges … Plus que son devoir de simple professeur ou de nouvelle Directrice, Minerva avait assister à chacun d'eux et envoyé ses condoléances aux familles. Elle les avait vu grandir et devenir des adultes sous ses yeux, pour la plupart, quand d'autre n'auront malheureusement pas cette chance. Sans oublier la lourde tâche de reconstruire l'école, qui lui prenait tout son temps et toute son énergie. Bien qu'elle puisse compter sur toute l'aide possible, cela n'en restait pas moins éreintant physiquement et moralement. Vraiment, la pauvre sorcière n'avait plus une minute à elle mais ce qui lui préoccupait d'avantage l'esprit … à s'en faire d'autant plus de cheveux blanc et un véritable sang d'encre, restait l'état préoccupant de sa propre progéniture. Lexia, gravement blessée durant ce terrible affrontement, ne s'était toujours pas réveillée. Malgré les efforts acharnés de Poppy pour la maintenir consciente, sa nièce avait perdue connaissance après une épreuve particulièrement difficile.
Ils disent vrai.
J'ai cru te perdre et mon monde s'est effondré.
Je ne veux plus jamais ressentir cette douleur, cette … agonie.
Alertée par des médicomages qui se relayaient l'information, Minerva accourut au chevet de sa nièce aussi vite qu'elle le put. Elle ne voulait pas y croire et pourtant … Lexia était bel et bien là, inerte et à peine consciente. Il y avait tellement de sang, cette pauvre Miss Granger en était imbibée. Poppy hurlait que ses hémorragies reprenaient et qu'il fallait les stopper de toute urgence mais Minerva était incapable de bouger. Du déjà vu qui lui engourdissait les sens. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine et malgré la douleur presque déchirante d'un tel rythme, elle ne le sentait plus. Pour elle, il s'était arrêter à la seconde où elle posa les yeux sur la silhouette familière d'un corps qu'elle peinait à reconnaître. Poppy était bien trop occupée à garder Lexia en vie pour avoir le luxe de faire quoique ce soit d'autre. Elle ordonna qu'on lui prête assistance et qu'on lui fasse de la place pour travailler. Mais Hermione ne voulait pas lâcher sa main et même si au fond d'elle, elle savait qu'il était impératif de laisser des professionnels s'en charger, son cerveau n'obéissait plus à rien. Elle se débattit lorsqu'un homme tenta de l'éloigner par la force et s'accrocha d'autant plus à la jeune femme, la suppliant de ne pas mourir maintenant. Qu'elle avait quelque chose d'important à lui dire, qu'elle ne pouvait pas l'abandonner et dans son état de panique, Minerva pouvait comprendre que dans un moment pareil, les secrets n'ont plus lieu d'être. Quand bien même il lui était difficile de l'admettre, l'état de Lexia était plus qu'inquiétant. Sa vie ne semblait plus tenir qu'a un fil. S'il était des révélations à faire, ce serait certainement maintenant ou plus jamais elle ne pourrait le faire et cela, tout le monde le savait. Poppy tenta pourtant de la raisonner et réussit enfin à l'éloigner.
Sans trop savoir comment, le professeur se retrouva avec la jeune femme dans les bras. Elle la tenait fermement, pour éviter qu'elle ne vole en éclat. Elle était bien plus âgée et, oserait-elle le dire, habituée à ce genre de situation alors si quelqu'un devait resté solide comme un roc pour deux, son ancienneté et son expérience voudraient que ce soit elle. Mais dans l'état actuelle des choses, c'était elle qui s'accrochait à Hermione pour ne pas tomber en morceau. Lexia était tout ce qui lui restait. Si elle disparaissait, elle ne s'en remettrait jamais.
« Je suis désolée … Je suis désolée, professeur ! J-J'ai fais tout ce que je pouvais … Je suis désolée ! »
Hermione, tout aussi choquée par les événements, tremblait dans son étreinte. Comment pourrait-elle lui en vouloir ? Ce n'était pas de sa faute. Elle aurait voulu le lui dire mais sa voix lui faisait défaut. Alors, pour la rassurer, elle resserra doucement son emprise autour d'elle.
« Il me faut immédiatement du Poussos et que quelqu'un arrête ce maudit saignement ! »
Les deux médicomages présent, s'efforçaient de les stopper mais il y en avait tellement, internes et externes. Poppy s'essuya le front rapidement avant de reprendre sa tâche.
« Lexia, m'entends-tu ? Lexia ? »
Mais n'ayant aucune réaction de sa part, elle lui secoua l'épaule sans ménagement pour la maintenir éveillée. La jeune femme gémit alors faiblement, s'accrochant désespérément au peu de conscience qu'il lui restait. La vieille femme savait que les prochaines minutes allaient être les pires. Le Poussos ne ferait jamais effet si les os à reconstruire ne se trouvaient pas à leur place initiale, ce qui était malheureusement le cas. Les siens étaient, pour la plupart, broyés en millier de petits morceaux et le seul encore plus ou moins entier, lui transperçait la peau sur plusieurs centimètres. Il fallait donc les replacés un à un, en commençant par celui-ci pour arrêter le saignement et refermer la plaie. Mais avant d'en arriver à ce stade, encore fallait-il « nettoyer » toute la jambe. Tout ces minuscules éclats, éparpillés dans les muscles, les nerfs … Les dommages étaient de taille. Qui sait les conséquences que cela pourrait avoir, une fois qu'ils en auraient terminé. C'était de la folie. Jamais dans sa carrière d'infirmière à Poudlard, elle n'avait traiter un cas comme celui-ci et Merlin seul savait, qu'elle en avait pourtant vu de toute les couleurs. Un travail de longue haleine les attendait et cela n'allait pas être une partie de plaisir. Avec ironie, elle repensa à ce charlatant de Gilderoy Lockhart. Si seulement il pouvait être là et se montrer enfin utile à faire disparaître les os de cette pauvre Lexia. Il était certain que cela lui aurait retiré une sacrée épine du pied. Malheureusement, elle n'avait pas cette chance. Ce travail minutieux allait devoir être fait à la baguette et certainement à la main. Il n'y avait plus une seconde de plus à perdre. Si la jeune femme lui mourait dans les mains, Minerva serait dévastée et elle ne pourrait pas se le pardonner. Déterminée comme jamais, elle se mit au travail et exposa son plan d'action avant de donner ses directives.
« Tu ne mourras pas aujourd'hui. Moi en vie, jamais je ne laisserais une telle chose se produire, sois en sûre ! »
Et comme elle le pensait, ce n'était vraiment pas une tâche aisée. Bien qu'ils fassent de leur mieux pour retirer le plus de morceaux possible, la douleur que cela devait provoquer, sortit soudainement la jeune femme de son état catatonique. Elle ouvrit alors brusquement les yeux et sentit tout ses membres se crisper les uns après les autres. Son corps se cambra violemment sur le lit tandis qu'elle hurla à s'en casser la voix. Poppy, consciente que cela puisse arriver, sursauta néanmoins.
« Je vais remettre le fémur en place, maintenez-là fermement en place. Elle ne doit pas bouger ! »
Les deux médicomages s'exécutèrent. L'un immobilisa sa jambe et son bras droit. L'autre, le bras gauche et le bassin. Ne pouvant rester simple spectatrice, Hermione se précipita vers eux et tomba à genoux, prenant le visage de la brune dans ses mains. Son cri lui avait glacé le sang et la voir ainsi, elle qui était pourtant si forte et fière, lui était insupportable. Elle lui parlait, réclamant son attention mais Lexia, cherchant désespérément à ne sombrer dans l'inconscience, n'arrivait à se focaliser que sur la souffrance extrême qui déchirait son corps de toute part lorsque la vieille femme remit son os en place. C'était insoutenable. Elle pleurait, tremblait et criait sans pouvoir se contrôler. Cette douleur était abominable. Elle ne tiendrait jamais, elle le sentait et Hermione le ressentait elle-aussi. Lexia lui filait entre les doigts. Elle la serra et colla sa joue contre la sienne, ses lèvres proche de son oreille.
« Je t'en pris, tiens bon. C'est presque terminé. Restes avec moi. »
Mais elle avait beau le lui demander, la jeune femme lâcha un soupire fébrile avant de perdre connaissance. Alerter, l'un des médicomages s'empressa de vérifier ses signes vitaux. Son pouls restait faible, elle avait perdue beaucoup trop de sang. Les hémorragies avaient peut-être cessées mais elle n'était toujours pas hors de danger. Leur priorité était avant tout de stopper les saignements. A présent chose faite, elle était prête pour être transporter d'urgence à l'hôpital. Il restait encore à soigner ses plaies et lui injecter une bonne dose de potion de Régénération Sanguine. Poppy soupira et s'essuya les mains, alors pleine de sang, en regardant la brune être installée sur une civière. Elle avait fait tout ce qu'elle pouvait, le sort de Lexia ne dépendait plus d'elle. Les médicomages la soulevèrent et étaient déjà prêt à l'évacuer mais avant qu'ils ne l'emmènent, Minerva les arrêta quelques secondes. Elle caressa simplement les cheveux de sa nièce et l'embrassa tendrement sur la joue, une larme discrète perlant sur la sienne. Bien qu'elle ne désirait que ça, elle ne pouvait la suivre. On avait encore besoin d'elle ici. Elle se redressa et leur laissa le champ libre, l'angoisse logée au fond de ses entrailles. Hermione n'avait pas bouger, encore accroupie près du lit qu'avait occupée Lexia, tête baissée et les mains crispées sur son jean. Ses épaules tremblait légèrement et Minerva savait qu'elle faisait de son mieux pour ne pas pleurer. Compatissante, elle l'aida à se remettre sur pieds et lui frotta le dos avec douceur en priant Merlin pour que le nom de son enfant ne s'ajoute pas à la liste des victimes.
Si tu m'abandonnais maintenant,
à quoi bon vivre ?
Mon cœur ne pourrait jamais le supporter.
Cette scène la hantait encore et en être témoin, lui avait déchiré le cœur et l'âme. Elle avait bien cru la perdre elle aussi. Pour cette raison et même avec un emploi du temps chargé comme le sien, Minerva se libérait toujours pour venir lui rendre visite. Aujourd'hui, n'était pas une exception.
Fatiguée par tant de choses à gérer, la vieille femme soupira en caressant affectueusement les longs cheveux bruns de la jeune femme couchée sur le lit, dans l'une des nombreuses chambres de l'hôpital. Une sensation de déjà vu qu'elle n'appréciait guère. Les yeux clos, cette enfant ressemblait beaucoup trop à sa mère, alors à peine plus âgée qu'elle le jour maudit où elle la perdît. Layla n'avait que 25 ans, toute la vie devant elle et pourtant … Le jour des obsèques de son frère Robert Junior et de sa femme, elle s'était juré de prendre soin de leur précieuse petite fille. Le destin était-il vraiment si cruel, si déterminé à lui prendre ceux qu'elle aimait le plus ? Lexia avait elle aussi, toute la vie devant elle. Mais pourquoi diable était-elle présente sur le champ de bataille alors qu'elle lui avait promis de partir pour Ilvermorny ?! C'était justement pour éviter un drame comme celui-ci, qu'elle l'avait éloignée du pays aussi souvent. Albus … Ça ne pouvait être qu'un de ses plans ! Ce vieux fou … Lexia lui était beaucoup trop dévoué, elle aurait du s'en méfier d'avantage. Mais que pouvait-elle bien y faire à présent ? Sa nièce n'était plus une enfant depuis longtemps et s'était toujours montrée particulièrement méticuleuse dans ses choix. Ses actions, n'étaient jamais exécutées sans un but précis et bien qu'elle ne possède pas encore tout les détails, Minerva soupçonnait de plus en plus son implication dans l'Ordre. Cette sorcière … était plus que capable d'assurer un rôle qu'elle aussi, avait endossé par le passé. Après tout, ils s'étaient tout les deux chargé de son éducation et même si Minerva souhaitait lui offrir une vie d'étudiante « normal », ni Albus, ni elle, ne pouvait ignorer l'énorme potentiel sommeillant en elle.
Elle soupira une nouvelle fois, regardant avec douceur et tristesse, ce visage marqué par la guerre. Il était inutile de se mentir, elle le savait et soudain, elle réalisa … Albus avait façonné Lexia, années après années, pour qu'elle remplisse un rôle qu'il lui avait visiblement déjà choisit alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Bien sûr, les événements avaient quelque peu changés ses plans de départ, il lui fallut s'adapter mais le résultat était tout de même là et elle n'avait rien vu venir … Comment avait-il pu mettre en danger des enfants, qu'il prétendait aimer ? Elle ne saurait le dire maintenant, tout était si confus dans sa tête. Lexia était dans le coma et peu lui importait de savoir à qui revenait la faute. La sienne, celle d'Albus, ce fou de Tom Riddle, la guerre. Peu lui importait en cet instant. Minerva ne souhait qu'une seule chose : qu'elle se réveille. Elle ne pouvait pas la perdre. Pas de cette façon et par la barbe de Merlin, certainement pas maintenant !
Le cœur lourd, la nouvelle directrice de Poudlard ferma les yeux et se faisait fureur pour ne pas perdre espoir. Lexia se réveillerait bientôt, il le fallait et pas seulement pour elle. Elle les rouvrit lentement et les posa sur l'autre visiteur. Recroquevillée dans un fauteuil, Hermione s'était enfin endormie. Depuis que sa nièce avait été admise, la jeune femme n'avait pas quitté son chevet un seul instant. Elle les savait proches, ce n'était donc pas si surprenant mais quelque chose l'interpellait pourtant. Elle repensa alors à ses paroles, lancés avec angoisse et désespoir. Minerva avait eu son propre lot d'expérience pour reconnaître les signes, le comportement d'Hermione ne la trompait pas. Prudemment, elle s'approcha d'elle et remonta la couverture sur ses épaules en fronçant légèrement des sourcils. Elle ne savait pas vraiment quoi en penser puisque rien n'était encore sûre mais si c'était bien ce à quoi elle pensait, alors le chemin s'annonçait difficile et l'inquiétait d'autant plus. Cependant, tout n'était pas si noir à l'horizon. Le vent du changement soufflait déjà vivement et à son âge, la directrice ne pouvait qu'en être le témoin et non l'un des acteurs. Sa génération avait eu son heure et ses propres batailles pour faire évoluer le monde magique, place au sang neuf. Si sa nièce et son ancienne élève s'aventuraient sur ce chemin, emprunté tant de fois par d'autre avant elles … Son devoir avait toujours été de guider et il en resterait ainsi jusqu'à la fin.
Et soudain, je réalise
que l'amour est un chemin douloureux à emprunter.
Hôpital de Ste Mangouste – 25 Juillet 1998, 20h45. La tête posée sur le lit, Hermione soupira une énième fois en fixant la poitrine de Lexia, monter et descendre au rythme lent de sa respiration. A minuit, elle serait officiellement dans un coma traumatique depuis 2 mois et 3 semaines. Bien qu'elle réagisse partiellement aux stimuli extérieurs, il n'y avait aucun signe témoignant un possible réveil. Elle était pâle et amaigrit. Ses blessures s'étaient toutes refermées, ne laissant que des cicatrices sur sa peau d'albâtre. Grâce au Poussos, les os brisés de sa jambe et de son bassin avaient repoussés. Son état général, d'après les médicomages, n'était plus préoccupant. Son corps s'était parfaitement remis. Une affirmation qui l'avait mise hors d'elle. Son amie ne se réveillait toujours pas et ils ne jugeaient pas sa condition « préoccupante » ! Mais peut-être avaient-ils raison … Ce n'était sans doute pas « préoccupant » mais définitivement « alarmant » ! Si tout allait bien alors pourquoi n'ouvrait-elle pas les yeux ? Personne ne semblait avoir de réponse à cette question, qu'elle se posait sans cesse. Se réveillerait-elle seulement un jour … ? Son cœur se serra à cette pensée. Elle ne voulait pas l'envisager mais une petite voix dans sa tête, lui soufflait tout bas que c'était une possibilité à prendre en compte et elle la maudissait.
Le soleil couchant plongeait la pièce dans une atmosphère mélancolique, ce qui ne l'aidait pas beaucoup à garder le moral. Une scène un peu trop cliché, tiré d'un film quelconque à l'issue tragique. Elle soupira de nouveau et se redressa avant de prendre place sur lit. Assise à hauteur de sa hanche, elle prit la main de la jeune femme endormie dans la sienne et la lui caressa doucement.
« Quand vas-tu enfin te réveiller, paresseux animal ? Le professeur se fait beaucoup de soucis alors réveille-toi. » souffla-t-elle alors. Le personnel soignant lui avait conseillé de lui parler et lui faire la lecture car même plongée dans la noirceur de l'inconscience, une voix familière pourrait sans doute l'atteindre, la rassurer et l'encouragerait à reprendre connaissance. Alors chaque jour, Hermione lui contait ses histoires préférées et lui faisait la conversation, sans grands résultats. Lexia restait de marbre face à ses petites provocations. Elle en sourit un peu malgré tout et s'attendait presque à entendre son rire, à voir ses yeux pétillant de malice et un sourire amusé se dessiner lentement sur ses lèvres mais … le silence fût sa seule réponse. Les yeux de la jeune femme restaient clos et il n'y avait aucun sourire pour redonner vie à son visage trop paisible. Son manque de réaction pesait lourd sur son cœur, grandement affecté par les émotions et sentiments contradictoires qu'elle ressentait. Seule avec ses interminables pensées, Hermione ne parvenait toujours pas à déterminer ce qu'elle éprouvait pour son amie de longue date. De l'affection, sans le moindre doute, mais il y avait autre chose. Une sensation qu'elle n'avait encore jamais ressentit où du moins, pas aussi nettement, et qu'il lui était difficile d'identifier. Les seules qu'elle était encore en mesure de reconnaître, étaient la douleur, le chagrin, l'angoisse, la peur et tant d'autre sentiments négatifs. Elle souffrait, silencieusement, et se languissait un peu plus chaque jour de la voir s'éveiller enfin.
Elle se rapprocha alors un peu plus et se pencha vers la brune, soutenant son poids de ses mains, posées de chaque coté de son visage. Installée ainsi, Hermione sentait son souffle paresseux, lui caresser la peau avec douceur. Comme une étrange impression de déjà vu, cette position lui rappelait le jour où elle tomba dans un escalier avec la préfète-en-chef, lors de sa première année. Une mauvaise collision dans le dortoir des filles. Lexia l'avait tout de suite enveloppée dans une étreinte protectrice mais s'était cognée la tête en arrivant en bas. Hermione n'avait jamais eu le courage de lui avouer, que durant cette chute, leurs lèvres s'étaient frôlées un bref instant. Pas plus qu'elle ne pouvait lui avouer, être resté bloquée au dessus de son visage, comme maintenant, allongée sur elle, peau contre peau. Elle en frissonna soudainement, perturbée par les réactions de son corps et s'interrogeait de plus en plus. Ce baiser n'était qu'un accident, un geste malencontreux et innocent. Pourtant, se le remémorer faisait vibrer son cœur d'une envie nouvelle. C'était douloureux mais pourquoi ? Ce souvenir en entraînant d'autre, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à tout leur moment partagés. Les bons, comme les mauvais. Du plus insignifiants, au plus importants.
Bientôt submergée par toutes ces images du passé, Hermione sentait ses émotions lui échapper. Si Lexia ne s'éveillait jamais … Si elle n'avait jamais plus l'occasion de se perdre dans le bleu si expressif de ses yeux, de la voir sourire, de l'entendre rire et l'appeler … Si elle cessait de vivre alors … Une partie d'elle mourrait aussi. Cette réalisation, douloureuse et frappante, venait de lui transpercer le cœur et la brisait lentement. Même la torture de Bellatrix, ne l'avait pas autant anéanti. Plus que sa peau, le plus intime recoin de son être volait en éclat. Bouleversée et à fleur de peau, l'ancienne préfète se laissa aller sans bruit, le visage à présent enfouis dans le cou de la jeune femme.
Et soudain, je réalise
que malgré tout, j'y marche déjà à grand pas.
Le Terrier – 31 Juillet 1998, 13h. Après une bataille acharnée, Harry avait enfin réussit à convaincre son amie Hermione, de quitter le chevet de Lexia pour se nourrir un minimum, prendre une douche et s'aérer l'esprit. Ce fut difficile, elle disposait d'argument de choix pour justifier sa présence constante à l'hôpital. Minerva était beaucoup trop occupée pour veiller sur sa nièce, elle le faisait donc à sa place. Le château étant reconstruit depuis longtemps, elle pouvait s'y atteler pleinement. Le professeur McGonagall semblait d'ailleurs avoir l'esprit un peu plus tranquille en la sachant tout les jours au chevet de sa nièce et pouvait se concentrer sur ce qu'elle avait à faire pour que l'école soit prête à temps. Hermione en avait même profiter pour confirmé sa réinscription en 7ème année. Elle était déterminée à finir son parcours scolaire à Poudlard afin d'obtenir ses ASPIC et n'avait pas encore partager l'information avec son entourage. Elle attendait impatiemment que Lexia se réveille pour le lui annoncer.
Pour son plus grand soulagement, la jeune femme réagissait de plus en plus aux agressions extérieur. Son médicomage l'avait grandement encouragé à avoir des interactions physiques avec elle, en plus de lui parler. Il était visiblement primordial qu'une voix familière continue de la solliciter à ouvrir les yeux. Elle s'était donc chargé de ce rôle, pour diverses raisons. La première, parce qu'elle était son amie, La deuxième, le médicomage avait clairement spécifié que la personne qui pourrait sortir cette princesse de son long sommeil, devrait être connecté à elle par un lien suffisamment fort. La troisième, elle était une amie vraiment proche. La quatrième, imaginer Lexia être réveillée par une voix autre que la sienne, piquait un point particulièrement sensible. C'était idiot mais plus fort qu'elle. Son esprit s'était même déjà focalisé sur un prétendant : Charlie Weasley. Il avait grandi avec elle et jouissait donc de l'ancienneté. Hermione avait remarquer sa façon de regarder Lexia, la première fois qu'elle les avait vu interagir tout les deux, au Tournois des Trois Sorciers. La jeune femme s'était montrée détendue et réceptive à son contact. Elle pensait, naïvement, être la seule avec qui elle l'était. Comme si voir Fleur, être aussi tactile avec elle ne suffisait pas … Bien que cela ne la dérange plus vraiment puisque que Miss Delacour était à présent une Weasley et heureuse en mariage avec Bill. Le deuxième né de cette longue lignée, en revanche, était célibataire … Celui-ci mangeait d'ailleurs en face d'elle, et bien qu'il soit charmant à lui sourire avec douceur, il faisait également bouillonné sa colère. Elle se mordit la lèvre, rougissant peu à peu de frustration et baissa les yeux dans son assiette. Il était parfait pour Lexia et l'admettre alimentait d'autant plus cette dernière. Il était gentil, attentionné, amicale, bienveillant, doux, patient, avait le sens de l'humour mais par dessus tout, il était aimant et affectueux. Tout comme elle, il passait beaucoup de temps à l'hôpital et le silence qui régnait entre eux, était très maladroit mais chaque fois qu'il posait ses yeux sur la brune, le monde autour n'avait plus d'importance. Seule Lexia comptait et aussi difficile était-ce à constater, il semblait en être très amoureux. Il lui parlait de tout ce qu'il faisait en Roumanie, de ses dragons, des noms affreusement stupides et mignons qu'il leur donnait, évoquait parfois leur souvenirs lorsqu'ils étaient étudiants à Poudlard, la réprimandait affectueusement en lui demandant de se réveiller bientôt pour que Minerva arrête de se faire des cheveux blancs par sa faute. Il lui prenait la main, la lui embrassait parfois, toujours avec timidité et emprunt d'un profond respect. Elle était peut-être présente mais détournait les yeux, lorsqu'il le faisait. Charlie … aimait la seule femme que son cœur ne souhaitait pas partager. Il était bel homme et cela suffisait à l'agacer. Grand et bien bâti, avait une longue chevelure, fine et couleur de feu, un peu de barbe, soyeuse à première vue. Il possédait bien sûre, quelques cicatrices et autre marque de brûlure en raison de son travail mais cela ne faisait qu'en rajouter à son charme. Il avait tout pour la séduire.
D'une humeur soudainement massacrante, elle termina son repas et remercia Molly avant de nettoyer sa vaisselle. Elle se trouvait ridicule et devrait en avoir honte. Lexia méritait d'être heureuse, d'être aimer et tellement plus encore. Si le Dragonologiste pouvait le lui offrir alors elle devrait plutôt s'en réjouir et être heureuse pour elle mais son cœur, capricieux, ne pouvait l'accepter. Frustrée et exaspérée par son propre comportement, ses propres réflexions, elle quitta le Terrier pour transplaner directement à l'hôpital. Habitué à prendre toujours le même chemin, elle se dirigea vers la chambre de Lexia. Devant sa porte, elle inspira et expira un bon coup pour se calmer puis, entra. La pièce était vide de tout visiteur mais le bouquet de fleur fraîchement découpé, indiquait que Minerva était passée avant elle. Elle se déshabilla de sa veste et la posa sur le fauteuil qu'elle occupait pour dormir. La température étant douce aujourd'hui, un peu d'air frais ne lui ferait pas de mal. Elle ouvrit la fenêtre, sentant alors une légère brise s'engouffrer dans la pièce avant de s'asseoir sur le lit et commencer son petit rituel quotidien. Elle se pencha sur le visage endormie de la brune et glissa ses mains sur ses joues.
« Lexia, tu m'entends ? Le médicomage insiste pour que nous ayons plus d'interactions physique. J'ai le droit de te pincer si je le souhaite alors réveille toi si tu ne veux pas avoir les joues en feu très rapidement. »
Mais aucune réaction, pas le moindre petit rictus. Étrange, elle avait pourtant fait des progrès ces jours-ci. Le moindre petit contact, suffisait à la faire grogner faiblement mais pas aujourd'hui visiblement. Elle fronça légèrement des sourcils, intriguée.
« Debout, tu es trop vieille pour jouer la belle au bois dormant. »
Lexia, cependant, restait de marbre. La belle au bois dormant … Elle soupira et sentait son calme lui filer entre les doigts en imaginant Charlie, embrassée amoureusement et avec passion, l'objet de son affection, juste sous son nez … Elle en rougit soudainement, cachant son visage dans le cou de la brune pour mieux étouffer le cri de sa frustration grandissante. Il en était hors de question ! Personne ne prendrait les lèvres de Lexia alors qu'elle se trouvait dans un état de faiblesse et incapable de refuser.
« Je ne le laisserais pas t'embrasser ! »
Tu es à moi. Mais alors qu'elle se perdait dans ses divagations, Hermione n'entendait pas la petite voix dans sa tête qui lui exprimait soudain tout haut, ce qu'elle ressentait tout bas, depuis si longtemps. La jalousie … était une si vilaine chose.
« Jamais de la vie ! »
Ne succombe pas à ses avances. Son emprise sur la chemise d'hôpital de la jeune femme, se resserra tandis qu'elle fermait les poings.
« Qu'il soit beau, gentil et insupportablement charmant ! »
Tu es à moi. Son cœur, débordant alors de ce je-ne-sais-quoi, battait douloureusement dans sa poitrine. Elle en avait les larmes aux yeux.
« Réveille-toi, je t'en pris. Lexia ! »
Je t'en pris … Regardes-moi …
Une douce pression sur sa tête, la surprit alors. Elle en sursauta légèrement, écarquilla les yeux et retint son souffle, n'osant y croire. Pourtant, ce geste, bien que maladroit, était répéter une nouvelle fois. Ses pleurs avaient soudainement cessés, apaisée et réconfortée par la sensation de cette main légèrement tremblante, glissant avec paresse dans ses cheveux. Une main se faufila difficilement dans son dos avant de la serrer d'avantage. Son corps se détendit lentement, elle ferma les yeux et libéra enfin ce souffle qu'elle retenait. Par Merlin, faites que ce soit vrai.
« Lexia … » gémit-elle dans son oreille.
Le corps sous le sien, frissonna en réponse, accompagnée d'un faible gémissement enroué.
« 'mione. »
Il n'en fallait pas plus à Hermione, elle releva brusquement la tête pour voir son visage. Par Merlin, faites que ce soit vrai ! Et comme elle en avait si souvent l'habitude, elle se perdait à nouveau dans ses yeux d'un bleu terne et fatigué. Lexia était réveillée.
Et soudain, je réalise
que ma récompense au bout du chemin,
c'est toi.
