Par temps de pluie.
Voilà le deuxième (très) court texte qui complète cette « mini fic ». N'hésitez pas à me donner votre avis à travers une review ! Bonne lecture !
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La période des orages est passée, l'été est terminé. Fini les instants passionnés, les impressions de fin du monde. Fini les échanges sensuels répétés avec Sirius, ces échanges sans conséquence. Tant mieux, j'aurai pu en devenir dépendante et aurai pu stupidement retomber amoureuse de cet ami.
Seulement à la suite des orages sont arrivées les averses. Il ne cesse plus de pleuvoir et toutes ces journées pluvieuses ont un impact sur moi. Etrangement je me sens lasse et déprimée. Ca n'est pas pour rien que l'automne est la saison durant laquelle on constate le plus de suicide. Etant déjà naturellement sujette à la nostalgie et à la mélancolie, je ne parviens plus souvent à retrouver le sourire ou la sérénité. Une angoisse sourde vit en moi et rien ne réussit à la détruire.
Aujourd'hui, une fois de plus, je me suis assise sur le rebord de la fenêtre de la salle commune des Gryffondors et j'observe ces torrents de larmes inonder le magnifique parc de Poudlard. Songeusement je lève la tête vers le ciel aussi inconsolable que moi. Il est tôt encore, je suis quasiment seule dans la salle mais je n'y fais pas attention. Dans mon esprit le vide se fait envahissant, je ne pense à rien. J'observe, j'attends.
Une main qui se pose sur mon épaule me détourne de ma contemplation du dehors. Cette main glisse le long de mon bras et vient s'arrêter sur ma hanche. Je tourne la tête de façon à observer la personne qui se trouve à mes côtés et ne m'étonne pas lorsque je me rends compte que c'est Sirius qui m'enlace ainsi. Dans ses yeux je vois le vide qu'il doit retrouver dans les miens. Il est là, comme moi, un peu désorienté. D'un même geste nous fixons à nouveaux cette déprime du ciel, et d'un même souffle nous soupirons. L'été nous semble bien loin et l'impression que la pluie durera toujours se manifeste en nous. L'ennui aussi fait des ravages, il nous rend esclave de cette contemplation douloureuse et nous oblige à réfléchir et à penser à des choses que l'on préférerait oublier. D'ailleurs voilà qu'à présent je pleure, comme si l'eau ne m'agaçait pas encore assez. Sirius m'observe, sèche ma joue d'une légère caresse et me serre un peu plus contre lui, comme si à deux nous étions plus fort, comme si à deux nous pouvions mieux nous protéger de l'impact qu'à sur nous la punition des Dieux.
Silencieux, nous restons là sur le rebord de notre fenêtre, le regard dirigé vers le dehors, mais l'esprit perdu bien plus loin. Quelques fois je ne surprends à fermer les yeux, c'est que je me sens un peu mieux grâce à la présence de mon étonnant ami. Partager les mêmes émotions, c'est se soulager mutuellement.
Puis James descend du dortoir avec Remus, et Sirius qui se prépare à les rejoindre relâche déjà son étreinte. Avant de partir il me dépose un baiser sur le front et m'encourage à tenir bon par un sourire sans joie. Cela me fait du bien, mais quelques secondes ensuite l'effet de ce geste affectif a disparu.
Je me retrouve alors seule, sans compagnon pour vivre ce long et pénible moment, sans compagnon pour m'offrir un peu de sa chaleur, son compagnon pour faire enfin accélérer les battements de mon cœur.
Assise au bord de la fenêtre je partage les chagrins du ciel.
