Non loin de là, une petite communauté au nord de Cleveland ne se souciait guère des divers évènements qui pouvaient arriver dans la grande métropole. C'était une petite ville des États-Unis tout à fait tranquille, les seules occupations qu'elle pouvait avoir était durant l'été où la plupart des touristes venaient pour faire du camping près du lac. Mais en plein mois de mars il n'y avait pratiquement plus personne et le motel de la ville était vide. Cependant, quelqu'un occupait actuellement une des chambres du motel, assis seul à son ordinateur, Sam faisait des recherches sur l'amulette dont lui avait parlé Bobby et qui était censée se trouver ici.

Les seules informations qu'il put trouver furent sur un certain Mr Daniel qui tenait une boutique d'Antiquité, et qui avait apparemment des objets rares, et qui, si on lui montrait la bonne carte de visite, laissait entrer les gens sans aucun problème. Mais l'ennui c'est que Sam était sur qu'il ne lui ouvrirait pas, ni à lui, ni à Dean. Car en poussant ses recherches un peu plus loin, il découvrit que ce Mr Daniel connaissait Gordon, et qu'il lui avait parlé de Sam. Il allait falloir la jouer plus finement, et c'est pour cela que Sam continuait à faire ses recherches car la finesse n'était pas la première qualité de son frère.

En parlant de Dean, le voilà qui rentrait avec le déjeuner, Sam se demandait toujours où son frère arrivait à trouver les endroits les plus répugnants pour ramener la nourriture, rien qu'à l'odeur et à la texture grasse du sac, il était facile de prévoir que le diner dépasserait largement les 10 000 calories :

« Où est ce que tu es encore allé chercher à manger, maugréa Sam.

Attends avant de râler, selon les gens du coin il s'agit du meilleur resto que l'on puisse trouver dans les vingt kilomètres.

Je ne veux même pas savoir à quoi peuvent ressembler les autres restaurants.

Tu peux dire ce que tu veux de toutes façon j'ai réussi à trouver ta salade immangeable donc pas besoin de te plaindre !

Merci. »

Sam commença à ouvrir les paquets, il tendit le hamburger extra-bacon à Dean et commença à préparer sa salade. Cependant, Dean ne se mit pas à manger, il regardait Sam mélanger la sauce à tous les ingrédients en ne touchant pas à son sandwich ce qui était extrêmement bizarre, et pas forcément bon signe :

« Quoi ? Demanda Sam.

Rien, pourquoi il y aurait quelque chose ?

Parce que tu ne manges pas, et quand tu ne manges pas, il y forcément quelque chose, alors craches le morceau tout de suite on ne va pas y passer des heures.

Eh du calme grincheux, ce n'est rien, c'est juste que... Je repensais à cette histoire que j'ai lu dans les journaux ce matin, cette fille est morte d'une manière...

Dean, soupira Sam.

Quoi !

On ne va pas encore repousser la recherche de cette amulette pour une autre de tes lubies, je te rappelle que c'est ta vie qui est en jeu et pour l'instant c'est la seule chose qui peut sans doute te sauver de ce stupide deal.

Oui et pourquoi je l'ai fait ce stupide deal déjà ? s'énerva Dean.

Okay je sais, tu m'as sauvé la vie et je t'en suis reconnaissant mais maintenant essayons de trouver un moyen, ensemble, d'éviter d'aller en enfer.

D'accord, très bien, mais cette histoire de meurtre est vraiment bizarre, et ça pourrait tuer encore d'autre personne. Moi je ne vais mourir que dans un an, mais cette fille elle est morte hier et personne n'arrive à déterminer pourquoi, il y a quelque chose de bizarre dans cette histoire. En plus, ce n'est qu'à 100km d'ici. On pourra revenir aussi vite que l'on aura vérifié qu'il n'y a rien de surnaturel dans ce meurtre.

Encore une fois, Sam céda au caprice de Dean, non seulement parce que, effectivement, il y avait quelque chose de bizarre dans ce meurtre, mais également parce qu'il se sentait affreusement coupable de ce qui arrivait à son frère. Évidemment, il le blâmait pour l'avoir réveiller de son sommeil mortel car au fond, il préférait milles fois la mort plutôt que de voir son frère aller en enfer. Mais d'un autre côté, il lui en était reconnaissant, parce que cela lui permettait de passer encore plus de temps avec lui.

Il repartir donc immédiatement après le déjeuner, vers Cleveland, où apparemment quelque chose de surnaturel s'y passait.

Arrivé à Cleveland, devant le centre commercial en question, les deux frères sortirent leurs costumes, leurs plaques du FBI et se changèrent rapidement dans la Impala. Évidemment, le corps avait déjà été enlevé, la police était repartie et la vie quotidienne avait repris pour tous les habitants de Cleveland. Au moment de rentrer dans la boutique, Sam et Dean eurent la même réaction : « Qu'est ce que c'est que ça ? », la maison des oursons était à nouveau remplie d'enfants, qui couraient dans tous les sens en hurlant leur peluche à la main, les parents essayaient en vain de les rattraper mais la foule les empêchait de vraiment pouvoir leur donner la punition qu'ils méritaient :

« Qu'est ce que... murmura Sam, je croyais qu'il y avait eu un meurtre pas plus tard que ce matin ?

Ne me regardes pas comme ça, lui répondit Dean, je n'en sais pas plus que toi, mais cet endroit est vraiment flippant.

Bonj-OURS ! Clama une jeune fille lorsqu'elle vit entrer Sam et Dean dans la boutique, vous venez chercher un ami pour la vie ? Aujourd'hui c'est promotion sur toutes les vestes arc-en-ciel car ce n'est pas parce que c'est le printemps qu'il ne faut pas se couvrir ! »

Oh mon Dieu, on serait tombé au pays des Bisounours, chuchota Dean en se retournant vers Sam qui lui se retenait de rire. Non, en fait nous sommes du FBI, agent Miller et agent Prick, nous voudrions vous parler du meurtre qui a eu lieu ce matin et dont apparemment tout le monde se fiche. »

La vendeuse changea alors immédiatement d'attitude, elle leur fit signe de la suivre derrière pour aller vers le bureau de la directrice qui avait trouvé le corps le matin même. Quand ils rentrèrent dans le minuscule bureau où se trouvait Margareth la veille, ils virent une femme d'une cinquantaine d'années, assis à son bureau en train de taper des chiffres sur son ordinateur, encore une fois comme si rien ne s'était passé. Elle les invita à s'assoir pendant qu'elle se préparait une tasse de café :

« Pauvre Margareth, c'était une si gentille fille, elle travaillait dure pour pouvoir rejoindre ses parents cet été en Angleterre.

Vous voulez dire que c'est pour cela qu'elle s'est retrouvée à cette heure de la nuit encore au bureau, demanda Sam.

Oui, je lui avais demandé de finir des dossiers en lui disant pourtant que ce n'était pas pressé et qu'elle pouvait prendre son temps, mais elle en a décidé autrement et je suppose que c'est pour cela qu'elle est morte.

Vous sauriez si Margareth aurait eu des ennemis, des gens qui lui auraient voulu du mal ?

Oh non, elle était adorable, tout le monde l'aimait bien malgré qu'elle soit très sérieuse et ne parle pas beaucoup au gens.

Aucune idée de la cause de la mort ? Demanda Dean, un peu agacé par l'attitude de la directrice.

Non, évidemment que non, même la police n'a rien trouvé, ils ne comprennent absolument pas comment elle a pu mourir, à un moment elle est vivante face à une peluche, la seconde d'après elle était morte.

Comment ça devant une peluche ? Interrogea Sam, comment connaissez-vous ce détail ?

Et bien, grâce à la vidéo de sécurité bien sur, je pensais que vous l'aviez vu puisque vous travaillez avec la police.

Vous pouvez nous la montrer ?

La vidéo était d'une qualité médiocre mais l'on pouvait facilement reconnaître les personnes qui se trouvaient dessus, de toute façon il n'y avait que Margareth, et les détails de l'image était assez précis même s'il n'y avait aucun son. On pouvait y voir Margareth sortir du bureau et se diriger vers la sortie quand tout à coup elle s'arrêta et se retourna vers une chose que l'on ne pouvait pas voir, quand elle revint une peluche s'était posée là en une fraction de seconde, une lueur maléfique dans ses yeux globuleux. Ensuite il y eut de la grisaille sur la vidéo et la seconde d'après Margareth était allongée par terre, la bouche remplie de mousse.

Sam et Dean se fixèrent d'un regard interrogateur, mais ils avaient tous les deux compris qu'il y avait définitivement quelque chose de surnaturel derrière tout ça et ils allaient découvrir quoi.