Hello, j'espère que vous avez été suffisamment intrigué pour poursuivre votre lecture ;), si oui bienvenue et merci de ne pas avoir directement zappé l'histoire !
Bisous !
2. La grenouille hors de l'eau
Jiraya, allongé encore dans le noir, tentait d'ouvrir les yeux. Il voulait voir Minato, voir sa famille. Il se sentait bien, comme si un flux d'énergie pure se mouvait dans son corps et l'invitait à se réveiller. À découvrir une nouvelle vie. Des voix faibles lui parvinrent, elles étaient comme étouffées, insaisissables. Il n'avait plus mal.
La clairière était couverte d'herbes folles et de fleurs sauvages, le soleil timide ne chauffait rien et le vent soufflait, faisant danser la végétation. Sous un grand arbre, dont les branches blanches et tordues s'étendaient dans le ciel, reposait son corps. Il n'était pas seul. Ils étaient cinq à genoux autour de sa personne, de leurs mains s'écoulaient un chakra à vive allure, il y en avait tant qu'un bruissement étrange emplissait la clairière.
- Je sais que ce n'est pas facile, Senshi, nous n'avons pas beaucoup entraîné cette technique, tu peux le faire, d'accord ? Concentres-toi bien, tu es à une place importante… ses poumons ne doivent pas lâcher, sinon il est condamné.
La fille acquiesça, sa sensei avait raison. Elle se concentra au mieux et son flux augmenta un peu. L'homme que sensei avait ramené avec Takuma était mort, ou presque. Les instructions rapides et clairs furent donnés dès leur arrivée et, à présent, ils étaient tous en train d'essayer de le sauver. C'était un vieil homme à qu'il manquait un bras et il était tellement brisé que s'il survivait cela relèverait d'un miracle. Elle jeta un regard de biais à son maître, celle-ci avait attaché sa longue chevelure et une main posée sur le cœur de l'homme, tentait désespérément de lui sauver la vie. Les élèves d'Hayato-sensei, l'homme à sa gauche, observaient la scène en silence. Ils n'apprenaient pas les techniques de soin que son équipe avait rapidement abordé. Sensei souhaitait que ses élèves peaufinent leur art de soigner durant leurs années communes, non dans le but d'en faire une spécialisation mais pour avoir suffisamment de technique pour être capable d'aider. "Il y aura toujours des vies à sauver lors de votre chemin en tant que ninja.", avait-elle dit lors de leur deuxième entraînement, il y a quelques mois de cela à peine. Cela s'avérait être vrai.
- Jiraya-sama, est-ce que tu m'entends ? La demande de la femme s'était transformée en murmure, elle sentait les larmes monter en elle, ce n'était pas ainsi qu'elle devait le revoir. Son ami d'enfance, Hayato, était toujours médusé et soignait patiemment le bras de l'ermite.
- Où l'as-tu trouvé, Sayanelle ? Mais qu'est-ce qui lui est arrivé ? s'interrogea-t-il les mains recouvertes de sang, c'est avec difficulté qu'il tentait de soigner la blessure. Une de ses élèves lui avait chauffé un kunaï à blanc qu'il appliquait sur l'immense plaie.
- Au Village Caché de la Pluie. Elle leva les yeux vers son élève Takuma qui, tremblant, s'occupait de la gorge broyée. Il était encore sous le choc. Il n'était pas prêt à porter un homme, presque un cadavre, à ce point détruit et il ne s'attendait pas à voir sensei fondre en larmes à la vue de cet individu. Ils échangèrent un court regard que Sayanelle ponctua avec un sourire d'encouragement: Tenez bon, les gars. Je sens son flux de chakra, on va le sauver, vous faites un travail génial, ayez confiance et continuez comme ça. Tu es parfaite Senshi, vous êtes entrain de sauver quelqu'un d'important.
Une fois cette certitude assimilée, les genin ne souhaitant pas décevoir leur maître, puisèrent dans leurs ressources pour que le ninjutsu médical fasse effet en profondeur.
Des perles de transpiration ruisselaient sur le front découvert de Sayanelle, son chakra avait une teinte verte et, de sa main libre, elle effectuait des signes incantatoires. Elle sentait le sang qui vibrait à l'intérieur et qui relançait le cœur mourant, des palpitations de plus en plus fréquentes secouait le torse large et musclé de l'ermite. Elle était tellement concentrée qu'une veine ressortait légèrement sur son front, il fallait qu'elle le sauve.
- Takuma… si tu as de la peine, visualise ton énergie comme si c'était de l'eau et que celle-ci recouvre et pénètre la peau, d'accord ? corrigea-t-elle avec fermeté, il semblait perdre le contrôle de son flux d'énergie et il était nécessaire que la gorge soit soigné, sinon Jiraya ne pourrait respirer.
La large main de Jiraya s'ouvrit très lentement et doucement, il la tendit faiblement en avant et la posa sur la cuisse de son ancienne élève. Ses paupières papillonnèrent un instant puis, finalement, il ouvrit les yeux. Ses iris noires se posèrent sur le visage humide de la Jônin, le cœur de celle-ci manqua un battement. Il revenait à lui…
- Magnifique les enfants, on continue comme ça ! Il est en train de reprendre conscience. Takuma, son cœur fonctionne à présent alors je vais te remplacer à la gorge, continue ainsi jusqu'à ce que je te dise de te retirer.
Sayanelle se décala légèrement et approcha ses mains pâles vers la gorge broyée, elle les étendit et les glissa doucement sous celles de son élève. D'un regard, elle lui permit de se retirer. Takuma recula assez rapidement et s'appuya sur l'arbre aux côtés des élèves d'Hayato, la fatigue marquait son visage. Une élève d'Hayato posa une main réconfortante sur l'épaule du jeune genin qui ferma les yeux, épuisé.
- T'as de la chance qu'on passait par là, tu serais mort sinon, t'es vraiment stupide ! C'est pas parce que t'es célèbre et un ninja d'exception que tu es capable de détruire un tel adversaire, elle continua de le sermonner par le regard.
Un sourire triste s'encra aux lèvres ensanglantées de Jiraya, il les ouvrit et d'une faible voix s'adressa à Sayanelle. Cela faisait dix ans qu'elle n'avait plus entendu sa chaude voix et elle faillit fondre en larmes :
- Désolé…
Hayato sourit doucement alors qu'il finissait de bander le moignon déchiré et meurtri de Jiraya, car il savait que son sensei ne venait pas de s'excuser pour son manque de lucidité mais pour ce qu'il avait fait… il y a dix ans de cela.
