Résumé : Au premier chapitre, Abus-Severus partait pour l'école des petits sorciers, non sans difficulté pour ses parents puisque le garnement avait fait venir par magie son « jumeau » de naissance, Scorpius… J'espère que ce premier jour d'école vous inspirera un petit message d'encouragement ! En attendant, bonne lecture à tous et à bientôt pour un autre chapitre, Lilywen…

OPERATION : Quand les enfants s'en mêlent

(Suite de 'OPERATION : Marions le' et 'OPERATION : Quand bébé arrive')

Chapitre 2 : Quand Albus-Severus rencontre Mercutio

Bien conscient qu'il risquait d'aggraver encore sa situation s'il interrompait une nouvelle fois ses deux papas, Albus attendait à la porte du salon, ses petites mains profondément enfouies dans les poches de sa robe de sorcier. Son papa 'Ry haussait très rarement la voix alors quand ce dernier lui avait clairement signifié que s'il continuait à les importuner, il serait privé de balai miniature pendant trois interminables journées, il s'était éclipsé de la cuisine, mortifié.

Lorsqu'après de longues secondes d'attente, il entendit le bruit caractéristique du raclement des chaises sur le carrelage, signe de l'arrivée imminente de ses parents, il baissa les yeux. Finalement, trouvant un peu de courage en lui, le petit garnement lança un regard furtif vers eux quand ils entrèrent dans le salon. Son papa Harry lui adressa alors un petit clin d'œil amusé, signe qu'il n'était déjà plus vraiment fâché contre lui et il en soupira de soulagement. Peut-être que s'il se montrait vraiment très, très sage aujourd'hui pour son premier à l'école de petits sorciers, il obtiendrait une remise de peine et ne serait privé de son balai miniature qu'une seule journée.

Harry s'agenouilla devant le petit garçon au regard de poussin abandonné et replaça tendrement une mèche de cheveux rebelle.

« Al, tu promets de ne pas tenter de faire venir à toi Scorpius quand tu seras avec ta maîtresse Sammy, d'accord ? »

Le garnement hocha frénétiquement de la tête, faisant sourire bien malgré lui Harry.

« Bien. Ton papa et moi comptons sur toi, mon poussin… Et dis-moi, Al, où as-tu mis ton joli cartable que tata Hermione et moi t'avons acheté sur le chemin de traverse ? »

Une main sur la bouche, le garçon s'excusa. Il courut aussitôt vers sa chambre pour récupérer ses affaires oubliées pendant qu'Harry se relevait. En voyant le regard consterné de son homme face à la scène qui venait de se jouer, le joli brun aux yeux d'émeraude ne put s'empêcher de grogner et demanda d'un ton quelque peu acerbe au célèbre maître des potions :

« Quoi encore ? Qu'ai-je fait qui mérite une telle désapprobation, amour ?

- Cinq secondes devant son regard de poussin abandonné et tu lui accordes toute ta clémence, encore une fois.

- Magie instinctive. Cela t'évoque quelque chose, dis-moi ?

- Oh, vaguement... Très vaguement… Que m'as-tu dit la dernière fois ? Ah, oui, je crois que je me rappelle… »

Severus poursuivit en contrefaisant exagérément la voix de son gryffondor :

« 'Mais, enfin, amour, tu sais bien qu'il n'est pas vraiment responsable de la situation, il souhaite faire venir à lui Scorpius et sa magie fait le reste.'

- Oh… Je suppose qu'on avait donc déjà vaguement abordé le sujet…

- Oui, c'est ça, Potter, vaguement…

- Potter-Sna… »

Comme pour clore ce futile et répétitif débat, Severus posa sa bouche sur celle de son époux tandis que le dit-poussin au pouvoir incontrôlable revenait dans les robes de son papa Harry et interrompait leur charmant tête-à-tête.

« Suis là…, marmonna le garçon.

- Difficile de l'oublier vu que tu t'agrippes aux jupes de ta mère comme Dobby à sa première paire de chaussette.

- Sev !

- Pardon, votre majesté… Si votre seigneurie voulait bien se donner la peine de prendre dans ses bras son précieux héritier, nous pourrions maintenant utiliser la cheminée et rejoindre enfin l'école de Pré-Au-Lard. »

Alors qu'Harry soulevait le petit bonhomme du sol et le calait habilement contre sa hanche, Severus se pinça l'arête du nez, quelque peu épuisé par les deux hommes de sa vie et leurs facéties perpétuelles.

« S'il te plaît, Sev chéri, pourrais-tu t'occuper de la poudre de cheminette ? »

Interloqué devant le ton un peu trop courtois pour être honnête de sa petite terreur, le maître des potions jaugea le brun d'un œil suspect et demanda :

« Qu'est-ce que tu manigances encore, Potter ?

- Oh, amour… Insinuerais-tu que j'ai quelques idées indécentes en tête ? Moi ? »

Le gryffondor souriait moqueusement au maître des potions qui marmonna de dépit :

« Avance, Potter... Tu me fatigues. »

Alors que le gryffondor prenait place dans l'âtre magique avec son petit bambin, Severus s'avança à son tour au milieu des flammes vertes et lança finalement la poudre de cheminette en annonçant clairement leur destination :

« Ecole des petits sorciers de Pré-Au-Lard. »

Comme à l'accoutumée, le maître des potions usa de toute sa force à leur arrivée pour retenir sa tendre moitié par le col de sa robe de sorcier et éviter qu'il ne se retrouve misérablement vautré par terre au milieu du long corridor de l'établissement scolaire.

« Que ferais-je sans toi, amour…, susurra Harry dans un sourire malicieux.

- Il serait dommage que le séduisant visage du survivant soit affreusement esquinté parce que tu es incapable de voyager par cheminée.

- Je savais bien que seul mon physique t'intéressait en réalité.

- Tu n'as pas idée à quel point… »

Severus s'était rapproché de son époux et commençait à passer une main taquine au bas de ses reins. Cependant, c'était sans compter sur le garnement que portait Harry qui se manifesta bruyamment, rompant ainsi leur discussion :

« Papa 'Ry… Papa 'Ry… Suis un grand garçon. Je veux marcher tout seul !

- On se calme, poussin. Je te pose, mais, je te préviens… »

Harry marqua une pause délibérée pour être sûr d'avoir toute l'attention de son fils :

« Interdiction de courir et surtout pas de magie !

- Mais, fais pas exprès, papa 'Ry…

- Al, ton père vient de te dire quelque chose ! Alors, tu écoutes et tu obéis. »

Bien conscient qu'il était inutile de discuter davantage, le petit garçon baissa les yeux et marmonna un « Vi, papa Sev… », en entendant la voix grondante de son second père. Harry se pencha alors et posa au sol son adorable fardeau.

« On va parler avec ta maîtresse, tu n'as qu'à nous attendre dans la cour avec les autres enfants. Pas de bêtises, n'est-ce pas ? »

Le « promis » hurlé par le garçonnet mourut dans le corridor car l'enfant disparaissait déjà par l'entrée pour jouer avec les autres jeunes sorciers de son âge qui attendaient comme lui leur premier jour d'école. Harry se retourna vers Severus et se haussa sur la pointe des pieds pour embrasser son homme un instant :

« Tu crois que cette merveilleuse promesse perdra tout effet au bout de combien de minutes…

- Je parie sur quatre, cinq si nous sommes très chanceux. Juste le temps que l'on présente nos salutations à cette chère Sammy, que nous nous enfuyions pour passer notre dernière journée de vacances, seuls au château et que je te prouve à quel point l'interruption de ce matin m'a laissé… Insatisfait.

- J'adore le programme, amour. Dépêchons-nous… »

Et ainsi, le couple se dirigea vers la salle bleue des petits lapins bondissants – autrement appelée classe préparatoire de l'école des petits sorciers de Pré-Au-Lard. Le brouhaha des conversations animées des parents d'élève, anxieux de laisser leur progéniture pour la toute première fois les assaillit dès qu'ils franchirent le seuil de la vaste pièce aux murs colorés dans un savant dégradé bleuté.

Une jeune demoiselle d'une petite vingtaine d'années à la chevelure rouge flamboyante vint alors vers eux :

« Messieurs Snape et Potter, vous voilà… Je suis ravie de vous revoir et votre cher petit… Où donc se cache cet amour d'enfant ? »

Si Harry rougissait de fierté au compliment de la jeune maîtresse d'Albus, Severus haussa un sourcil pour le moins circonspect et murmura doucement à l'oreille de son époux :

« Une journée à le surveiller et je doute qu'elle réitère toujours son commentaire élogieux au sujet de ton si précieux petit poussin…

- Sev ! », grogna le joli brun, en donnant un coup de coude bien peu discret pour faire taire les remarques désagréables de son époux au sujet de son petit ange.

Il n'en fallut pas plus pour déclencher un phénomène d'une ampleur inégalée. Ainsi, dans cette salle de classe et sous les regards médusés des personnes présentes, la terreur des cachots de Poudlard, légende vivante ayant effrayé des générations de jeunes étudiants poudlardiens à ses cours de potions, se mordit d'abord les lèvres, secoués d'étranges soubresauts, avant que ne résonne un éclat de rire puissant et fort.

« Il faut toujours que tu exagères ! Albus est un petit garçon dynamique, curieux et enthousiaste…

- Et un brin machiavélique et manipulateur, Potter… Admets-le !

- Potter-Snape, Sev chéri. Moi, c'est Potter-Sna…

- Mince, alors, on avait beau m'avoir prévenu, je n'arrivais pas vraiment à y croire et là… de voir de mes propres yeux les célèbres Potter-Snape ! »

Dans un même élan, Severus et Harry se retournèrent vers la voix masculine qui venait de les interrompre dans leur sempiternelle scène de ménage. Ce fut le joli brun qui sembla réagir le premier, son visage s'éclairant de joie avant qu'il se précipite vers le sorcier :

« Dean… Merlin, tu es parti à Salem depuis au moins…

- Sept ans. Salut Harry… Professeur Snape.

- Monsieur Thomas.

- Hé ! Par Godric, Dean, tu oublies immédiatement le professeur Snape. Je te présente Sev, mon époux. Quant à toi, inutile de jouer au méchant et inaccessible directeur des Serpentards !

- Seam m'avait expliqué… enfin, je veux dire… Mais comment par les couilles de Voldemort… Enfin, vous deux, c'est…

- Dément, hein ? Et avoue que j'ai bien caché mon jeu quand je m'éclipsais du dortoir lors de notre septième année ! Même toi, tu n'aurais pas parié une chocogrenouille sur le fait que chaque soir, je m'envoyais en l'air comme une bête avec la terreur de Poudlard !

- Potter, je doute que les détails scabreux de notre relation intéressent réellement ton ami.

- Ah bon, tu crois…, ricana moqueusement Harry pour toute réponse, moi, je suis certain du contraire. »

Face au regard espiègle de son ancien camarade de chambre, Dean ne put s'empêcher de sourire :

« Par Merlin, je crois que je n'avais pas réalisé à quel point l'Angleterre et les copains de Poudlard m'avaient manqué ces dernières années, mais maintenant que nous sommes de retour… Au fait… »

Alors que le sorcier métis sifflait de sorte que la très grande majorité des parents présents dans la salle interrompirent leur conversation, une silhouette blonde éthérée se retourna vers le trio. Elle s'avança dans leur direction avec cette douceur rêveuse qui la caractérisait déjà à l'adolescence :

« Oh, bonjour, Professeur Snape… Harry…

- Luna, s'exclama avec enthousiasme le joli sorcier aux yeux d'émeraude… Je suis tellement heureux de te revoir… De vous revoir tous les deux ! Mais, au fait, vous comptez rester ici longtemps ?

- Plus que tu ne l'imagines, en fait… Cette fois, c'est définitif. Je te l'ai dit… L'Angleterre me manquait trop… nous manquait trop, en fait…, rajouta Dean, en adressant un clin d'œil complice à la jeune fille blonde.

- Ca veut dire que… Oh ! C'est absolument…

- Respire, Potter… Tu deviens hystérique comme une femme, asséna la terreur des cachots dans un sourire moqueur.

- Ah, ah… Très drôle, Sev ! », rétorqua Harry avec humeur.

Le jeune sorcier métis fixait, quelque peu abasourdi, le couple mythique de Poudlard dans une des ses chamailleries légendaires quand Luna précisa, d'un ton éthéré :

« Cette jeune maîtresse est réellement adorable, elle a bien voulu inscrire Mercutio sur les listes au tout dernier moment.

- Votre petit garçon a donc intégré la classe bleue des petits lapins bondissants ! Comme notre Albus…, s'exclama Harry dans un cri joyeux.

- Oui, nous venons de louer une petite maison à la sortie de Pré-Au-Lard, près de la cabane hurlante… Tu vois, celle aux volets rouges… En fait, Mickaël Corner a accepté de prendre la place de Luna en tant que rédac' chef pour l'antenne américaine du « Chicaneur ». Nous lui avons laissé l'entière direction du journal pour reprendre celle de Pré-Au-Lard à la place de mon beau-père. Xenophilius veut absolument profiter de son temps libre pour observer les Ronflaks Cornus dans leur milieu naturel.

- Papa est tellement impatient de partir pour la Suède.

- J'imagine… », murmura dans un sarcasme le maître des potions, ce qui lui valut un coup de coude bien peu discret de sa petite terreur.

Ce dernier allait répliquer quand une tornade brune d'à peine un mètre se jeta dans ses robes en criant à tue-tête :

« Papa 'Ry… Papa 'Ry… »

Harry se mit à genoux pour se trouver à hauteur du regard émeraude si semblable au sien et observa son petit poussin qui haletait d'avoir couru aussi vite :

« Al… »

Le survivant s'interrompit en découvrant derrière Albus un autre bambin aux traits métissés qui tranchaient agréablement avec des yeux immenses d'un bleu presque translucide. Le garçonnet était le portrait craché de ses deux parents, sans nul doute.

« Papa 'Ry… Mercutio… »

Il attrapa assez rudement le tissu de la chemise blanche du garçon à ses côtés avant de poursuivre d'un ton enflammé :

« Mercutio, c'est mon ami ! Mon meilleur ami… »

Visiblement, Albus était passé d'une humeur chagrine à quelque apothéose hystérique en l'espace de cinq minutes. Pas que cela surprenne outre mesure Harry, mais tout de même, son poussin jurait fidélité absolue à Scorpius depuis tant d'années que ce revirement le laissa plus que perplexe et il ne put retenir la question qui lui brûlait les lèvres :

« Mais enfin, mon poussin, je croyais que Scorp' était… »

Le petit garnement souffla comme si devoir donner une explication si évidente était une sorte de corvée insurmontable :

« Mercutio, c'est comme tonton Ron et tata Mione avec toi, papa… Même que je sais que quand tu étais une princesse, tonton Ron et tata Mione, et tonton Georges et Fred, et tonton Charlie, ils t'ont aidé à faire des bisous à Papa Sev… Mercutio, il va m'aider aussi, il a promis… »

Le petit métis hochait frénétiquement de la tête, signe de sa totale approbation tandis qu'Harry, toujours plus perdu, demanda avec une certaine fébrilité :

« Mercutio a promis de t'aider, mon poussin, mais pour quoi doit-il t'aider ? Papa Sev et moi t'avons déjà mis en garde : si tu fais des bêtises, tu seras privé de balai miniature… Et pour une semaine entière cette fois ! »

Le roulement du regard de son fils manqua de le faire rire ce qui aurait probablement ruiné quelque peu son discours empli d'autorité, digne de son Sev :

« Mercutio, i' va m'aider pour que Scorpius, il me fasse des bisous comme Papa Sev avec toi et un jour, on se mariera tous les deux ! »

Au temps pour lui. Il devait avoir mal interprété… N'est-ce pas ? Harry releva un regard éperdu vers son Sev dont les yeux noirs semblaient habiter d'une horreur abyssale. Peut-être n'avait-il pas mal interprété, alors ! Merlin, Salazar… L'opération à la conquête de Scorpius Malefoy-Finnigan s'annonçait d'ores et déjà comme l'épreuve de leur vie.

A suivre…