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Shafaqa

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Kagaho était réputé pour son asociabilité ainsi que sa rudesse. Depuis la disparition de son idole, plus rien n'avait de saveur aux Enfers. Bien entendu, il servait le dieu des Ténèbres avec dévotion, cependant la flamme d'ardeur qu'il portait dans son cœur s'était éteinte.

Son étoile ne brillait plus dans le ciel noir morcelé de carmin. Rares se manifestaient les fois où il prenait du bon temps. Le Bénou préférait rester en retrait, à penser aux secrets de son monde intérieur. Sa rancœur passée envers son commandant s'estompait au fil des ans, dorénavant il acceptait son statut de spectre et non de juge promu subitement.


Son allure bourrue et ses crises de colère qu'il maîtrisait mieux, impressionnaient ses semblables, tous l'évitaient. Tous sauf un. Son supérieur direct évidement. Une espèce de guerre froide subsistait entre Eaque et son subordonné. Les deux s'agaçaient mutuellement. Le troisième juge aimait par-dessus tout provoquer l'Egyptien, le pousser à la faute. Il espérait pouvoir avoir quelque chose à lui reprocher et le mettre en porte à faux, seulement l'étoile de la Violence n'était pas dupe. Malgré son caractère volcanique, sa contenance s'avérait surprenante. Lui aussi ne donnait pas sa part en faisant preuve de rébellion envers Eaque, discutant son raisonnement de manière subtile ou en le contre disant devant sa garde. L'électricité passait d'un homme à l'autre.


Hadès qui voyait d'un mauvais œil la mésentente dans ses rangs, n'aimait pas cette atmosphère délétère surtout en période de Noël. Il veillait à ce que tous ses soldats vivent dans une ambiance de quiétude, encore plus à l'approche des fêtes. Il savait pertinemment qu'en tant que spectres défunts, la plupart se voyait gagner de mélancolie. Leurs souvenirs refaisaient surface plus abruptement que d'ordinaire. Ce fut la raison qui le fit convoquer Kagaho pour le raisonner. Il fallait qu'un des deux hommes mette sa fierté de côté pour une trêve hivernale.

Forcément, le convoqué ne fut pas ravi de coopérer, s'en suivi un tas de question sur le fondement de cette démarche et la raison qui amenait sa déité à le désigner lui plutôt que l'autre. Hadès argumenta longuement afin de convaincre le spectre, insista sur le sentiment de honte d'Eaque à se voir banni de son rôle en titre et sur sa fierté exacerbée. Au cours de ce débat à sens unique, Kagaho ne changea pas d'expression : dubitative et un peu exaspérée. Pourtant, en quittant la salle du trône, il reconnut que le dieu avait raison. Cette querelle ne pouvait plus durer. Il n'allait pas en vouloir au Garuda éternellement, en plus l'Egyptien admit en son for intérieur que son commandant avait souffert aussi. Chacun portait sa part de confusion au fond de lui, inutile d'en rajouter. Et puis, à Noël, la compassion est un don de soi.

Kagaho se radoucit les semaines précédentes la fête de la Nativité, n'objectant plus ni ne discutant les ordres du juge. Il l'aida même plus d'une fois à gérer le troisième tribunal ainsi que les diverses prisons. A regarder le juge travailler, le Bénou se surprit à voir un homme sérieux, prenant à cœur le bien être de ses hommes. Un soir, il trouva une boîte de chocolats pralinés de grande marque sur le bureau d'Eaque avec un petit mot au dessus.

شكرا لك على مساعدتك

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أعيادا سعيدة

مع امتناني

En lisant ce texte écrit dans sa langue natale, le cœur du Bénou s'illumina de chaleur comme à l'époque où sa dévotion se tournait sur Alone.

Hadès avait totalement raison : en oubliant ses rancœurs, en faisant preuve de compassion, en dépassant son orgueil, on découvre bien plus sur nous que sur les autres. Il n'est pas si mal de revoir ses principes sur une autre échelle…


Note :

« Merci pour ton aide

Tournons la page et repartons sur des bases saines

Bonnes fêtes

Avec toute ma gratitude. »