Dans le dernier chapitre, Gin a découvert qu'il a voyagé dans le temps, Kagura a disparu, Shinpachi l'a oubliée, et Sougo téléphone pour annoncer qu'il a des ennuis! La suite... c'est maintenant~ =D
Quand il ouvrit les yeux, Sougo avait un terrible mal de crâne, et des nausées. Il se demanda un court instant s'il était possible qu'il soit enceint…. Puis se rappela que c'était impossible : il était certain qu'il s'était protégé la dernière fois qu'il avait trainé à Yoshiwara. Ça venait probablement du fait que la veille, alors qu'il poursuivait un Hijikata larmoyant dans toutes les pièces, habillé en esprit vengeur maculé de sang, il s'était mangé une raquette de badminton dans le bas du ventre.
-Capitaine Okita ! Je sais bien que votre plus grand plaisir dans la vie est de faire peur au vice-commandant, mais faites-le à des heures décentes, pas au milieu de la nuit !
Assommé après le coup bas de Zaki (bas dans divers sens du terme…), Okita avait rampé jusqu'à sa chambre pour s'endormir.
Mais c'était là que commençaient les choses étranges. Lorsqu'il ouvrit les yeux, malgré la migraine qui lui sciait le crâne, il comprit qu'il y avait un problème. Tout d'abord, il ne portait plus le déguisement de fantôme il ne s'était pas changé, il pouvait le jurer. Ensuite, il n'était pas dans sa chambre. Il était dans une chambre, certes, mais absolument pas à la résidence du Shinsengumi. Pourtant, il avait l'impression que cette pièce était familière. Et puis, au fond, il pouvait distinguer un autel avec une photo de sa sœur. Et, enfin…
-Quand est-ce que mes cheveux ont… ?
Effectivement, sa chevelure descendait le long de son dos. Et il n'avait jamais entendu parler de cheveux poussant aussi vite en une nuit… (En fait, si, mais seulement quand les Yorozuya étaient impliqués, parce que ça finissait toujours mal avec eux).
Groggy, il se leva et tituba jusqu'à des vêtements posés au sol. Etaient-ce les siens ? Il supposa, et les enfila. Un gi rouge vif, un hakama gris. Cette association de couleur lui plaisait bien. Il ne comprenait pas tout, mais il se disait que c'était parfaitement le genre d'habits qu'il mettrait.
Il noua ses cheveux en une queue de cheval haute et se mit à inspecter la pièce. Sans trop savoir pourquoi, son premier geste fut d'allumer de l'encens pour le déposer devant la photo de Mitsuba. Il lui adressa une prière puis se redressa. Il y avait une armoire au fond de la pièce. Il l'ouvrit : des vêtements soigneusement rangés, et son uniforme du Shinsengumi, usé, et probablement pas porté depuis bien longtemps. A droite de l'armoire, un grand miroir. Il prit le temps de s'observer : il avait de toute évidence vieilli. Il ne comprenait pas tout, mais il avait vieilli, c'était certain. La pièce était plutôt vide, mis à part un bouquet de fleur posé sur une commode. Il haussa un sourcil : il n'était pas le genre de mec à décorer avec des fleurs. Il s'étonnait même de ne trouver aucun animal empaillé ou autre décoration un peu glauque.
Il quitta la chambre pour la cuisine. La pièce était plutôt classique, rien à signaler sinon deux cuiseurs à riz dont un qui était vraiment gigantesque. Il haussa les épaules : pas le temps de se soucier des détails.
Le salon, en revanche, était bien plus intéressant car plus rempli. Des journaux trainaient sur le sol (il vérifia la date : voir qu'il avait fait un bon de cinq ans dans le futur ne le choqua pas tant que ça, il l'avait plus ou moins compris) et des livres trainaient sur la table. Ce qui le surprit fut qu'il ne s'agissait pas exactement de son genre de lecture : c'était une pile de shôjo manga.
Il remarqua ensuite le buffet imposant contre le mur, et eu un sourire nostalgique : ce meuble venait de chez lui, du temps où il vivait avec Mitsuba, il en était certain. Il ouvrit les tiroirs un à un : un véritable bazar s'y trouvait, des ciseaux, des balles de fusil, des clefs, de la petite monnaie, un jeu de cartes, des piles, ainsi qu'un tout petit objet, à peine plus grand qu'une pièce de monnaie. Sougo s'en saisit et l'examina, le souffle coupé. Comment cet objet avait pu se trouver là ?
Il continua son exploration du buffet, quand soudain, il aperçut, cachée par un second bouquet de fleurs, une photo dans un cadre. Il s'agissait d'une photo prise dans un purikura (note : photomaton japonais où les photos sont personnalisables) de deux personnes. L'une de ces personnes était lui, qui regardait la deuxième personne avec un regard faussement agacé alors qu'il lui faisait des oreilles de lapin. La deuxième personne était en train de planter son doigt dans la joue de Sougo avec une moue amusée. Un cœur avait été dessiné en bas de la photo. Sougo cligna des yeux à plusieurs reprises, croyant à un rêve. Car la jeune fille sur l'image n'était autre que…
-China ?!
Il reposa doucement le cadre. Rien ne pouvait laisser planer le doute : le cœur en bas de la photo, le regard qu'ils échangeaient, le parapluie appuyé contre le mur plus loin dans la pièce, les deux cuiseurs à riz, les deux brosses à dents dans la salle de bain, la brosse avec des cheveux couleur sable et roux mêlés…
Il était plutôt choqué. Il ne l'avait jamais regardée comme une femme, ni même une fille. C'était pour lui une rivale, une personne contre qui il pourrait se battre sans arrêt. Il ne l'avait jamais vue autrement.
Il remarqua que sur la table, son téléphone clignotait. Il appuya fébrilement sur un bouton pour le déverrouiller et vit qu'il avait un message vocal. Expéditeur : China. Il se permit un sourire. Au moins, certaines choses étaient restées les mêmes. Il démarra le message.
« Sougo ? C'est moi. »
Elle marqua une pause. Sougo remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elle parlait d'une petite voix, comme si elle était terrifiée, et il était persuadé d'avoir entendu un sanglot. Inconsciemment, il serra le poing.
« Je crois qu'ils m'ont retrouvée. Les effaceurs. J'ai dû partir précipitamment, excuse-moi. Ne fais rien d'inconsidéré. Il est possible qu'ils t'épargnent : très peu de gens savaient. Si tu as ce message, je suppose qu'ils ne t'ont rien fait… Sougo, je… Je ne veux pas être effacée. Mais puisque c'est inéluctable, promet moi quelque chose : fais en sorte de ne pas l'être. Je t'en supplie. En cas de souci, vas voir Gin-chan. Il saura quoi faire. Il sait toujours quoi faire. »
Elle s'interrompit brusquement et rajouta.
« Ils arrivent. Je dois partir. Assure toi de rester vivant suffisamment longtemps pour qu'un jour, on puisse se retrouver ! »
Le message se coupa ici. Il remarqua que sa paume était en sang : il avait serré ses poings si forts que ses ongles avaient traversé sa peau. Peut-être que pour lui, elle n'était qu'une rivale, mais il ne pouvait laisser passer tout ça. Aller voir Danna en cas de souci ? Il en avait un, et de taille. Parcourant le répertoire du téléphone, il trouva le numéro qu'il souhaitait. On décrocha rapidement.
« Danna, je crois qu'on a un grave problème. »
Gin marqua un blanc avant de répondre.
« A qui le dis-tu, Souichirou-kun. Je ne sais pas ce qu'il t'arrive, mais je pourrais certifier que ma journée est pire que la tienne. »
« Vraiment ? Pire que d'avoir voyagé 5 ans dans le futur ? »
Gin se tut une fois encore.
« Okita-kun, je pense qu'il serait utile qu'on se rencontre. Et j'ai à mes côtés Pattsuan et Hijikata-kun qui seront enchantés de répondre à quelques questions. Mais tout d'abord : si je te dis «Kagura » à quoi tu penses ? »
« A une Chinoise mal élevée qui a actuellement de gros problèmes ? »
« Okita-kun, voyons nous VITE. Dans cinq minutes dans la pâtisserie à l'angle du cinéma. »
Sougo se saisit de son sabre, l'enfila à sa ceinture et raccrocha. Il ouvrit rapidement la porte, et, à grandes enjambées, rejoint le lieu du rendez-vous.
Gin était là, à manger des parfaits. Il n'avait pas changé du tout. Même regard mort, même cheveux permanentés, même ses vêtements ne changeaient pas, même le parfait devant lui était le même que d'ordinaire. Assis à côté de lui, Shinpachi jetait des regards nerveux autour de lui. On aurait presque dit un garde du corps. Et, en face, dégustant un bol de quelque chose couvert de mayonnaise, Hijikata avait somme toute peu changé. Quand il vit Sougo, il se déplaça pour lui laisser un siège.
-Sougo ! Justement, je te cherchais, j'aurais besoin que tu nous débarrasse de…
-Danna, l'interrompit Sougo, qu'est-ce qu'il se passe ?
Gin le regarda, et on pouvait lire une certaine détresse dans ses yeux.
-Ils ont tous oublié Kagura. A ce que j'ai compris, toi aussi, tu viens de ce passé où il y a quelques jours tu t'es battu contre elle parce que tu lui avais volé une brochette de dango ?
Sougo hocha la tête silencieusement.
-La question est, pourquoi nous deux seulement ? Y a-t-il d'autres gens dans notre cas ? As-tu appris des choses, de ton côté ?
-J'ai appris des choses que je n'aurais pas voulu savoir, en effet… China m'a appelé hier soir, j'ai eu le message en me réveillant. Elle était paniquée, disait qu'elle allait se faire attraper. Hijikata-san, qu'est-ce qu'un effaceur ?
La pâtisserie plongea dans un profond silence, pesant. Plusieurs personnes leur lancèrent des coups d'œil en coin. Hijikata serra les dents et murmura
-Tu es cinglé ? Tu tiens vraiment à parler de ça ici ? Allons dans un endroit moins fréquenté… Oi, on retourne dans ton bureau. Je t'ai payé ta glace alors tolère au moins ça.
Ils quittèrent la boutique. Shinpachi et Hijikata marchaient devant, alors Gin fit un débriefing de ce qui lui était arrivé. Quand il demanda à Sougo de faire de même, ce dernier se mit à parler à voix basse.
-Elle m'a dit que personne ne devait savoir… Mais elle m'a aussi dit que vous étiez digne de confiance. En plus, vous avez les mêmes souvenirs que moi, alors les choses sont moins compliqués. J'ignore comment cela a pu se produire, mais il semblerait que dans ce monde, elle et moi soyons… Ensemble.
-Pardon ?
-Je sais, je n'y ai pas trop cru non plus, mais entre son message où elle m'appelait par mon prénom, des preuves évidentes qu'elle réside de temps à autre chez moi et une photo de nous deux décorée d'un cœur, j'ai dû me rendre à l'évidence.
-Maintenant que tu dis ça… Je n'ai vu aucune photo d'elle. Sur mon bureau, j'ai une photo de Shinpachi, Kagura et moi qu'on a prise peu de temps après que notre trio se soit formé. Je ne pense pas que je l'aurais retirée, sauf pour en mettre une plus récente. Mais il n'y avait rien. Comme si elle n'avait jamais existé chez moi… Mais pourquoi chez toi ?
-Elle m'a dit que personne ne devait savoir pour nous deux. Peut-être est-ce pour ça ? Aucun lien n'a été fait entre elle et moi, alors ils n'ont pas pensé à vider ma maison.
Gin hocha la tête. Tout cela commençait à devenir vraiment compliqué. Qui les avait envoyés dans le futur ? Etait-ce une dernière action de Kagura, avant de disparaître ? Alors qu'il franchit le pas de sa porte, il sentit que sa migraine n'était pas prête à disparaître.
-Les effaceurs, hein ? Personne n'aime parler d'eux. Même à moi, ils me filent la chair de poule.
Ils étaient installés en face à face sur les deux canapés : les deux ayant voyagé dans le temps d'un côté, les deux originaires de ce monde de l'autre.
-A ce que j'ai pu comprendre, commença Sougo, il s'agirait de personnes chargées de faire disparaître une personne, en récupérant tout objet qui pourrait les lier à cette personne. Est-ce correct ?
Hijikata se permit un sourire.
-Pas loin, pas loin du tout. Bon, depuis que les Amanto ont réussi leur coup d'Etat et fait emprisonner le Shogun, le Shinsengumi a été dissous. Déjà, nous ne pouvions plus supporter les ordres qui étaient de plus en plus injustifiés, comme arrêter pour trahison les marchands qui avaient vendu ne serait-ce que du pain aux membres du Joui. Finalement, il semblerait qu'on en fasse partie à notre tour. Ils ont alors créé deux forces de police qu'ils manipulent comme des pantins. La première est simplement chargée de punir les crimes mineurs, vols, infractions, des idioties du genre. Mais la seconde faction…
Il frissonna.
-Les gens les surnomment les effaceurs. Très peu ont été témoin de leur existence, ou plutôt, très peu sont encore là pour en parler. Tout ce qu'on sait sur eux sont des rumeurs, mais… En gros, les effaceurs sont des Amanto chargés de faire disparaître des gens. Pas de les éliminer, non, de les effacer. Tout souvenir de cette personne disparait de la mémoire des autres. Les objets liés à elle, les photos, les dessins, jusqu'aux cheveux tombés au sol, tout disparait, comme si cette personne n'avait jamais existé. Bien sûr, ils n'interviennent que très peu. Ils sont chargés de trouver les terroristes qui ont tenté quelque chose contre le gouvernement. Ils s'occupent des grands noms, les petites frappes ne les intéressent que modérément.
-S'ils effacent tout souvenir, comment des gens ont-ils pu raconter ça ? Comment a pu se former cette histoire ?
-Il arrive que des gens se souviennent. Certains n'ont pas été affectés, leurs objets en rapport à cette personne n'ont pas disparu. Et d'autres, à la vue de certains objets, se rappellent. Tout simplement, comme ça, ils se souviennent de la personne, parce qu'ils ont vu un manteau qui ressemblait au sien, un enfant qui lui ressemblait, même un film qu'ils auraient vu ensemble.
Gin était pâle, il serrait les poings.
-Te fous pas de moi ! Les terroristes ? Kagura était peut être une gosse qui avait un avis sur tout, mais elle ne serait jamais devenu une terroriste ! Quoiqu'elle ait fait, ça ne méritait pas un tel sort ! Et toi, Shinpachi ? Comment as-tu pu l'oublier ! On passait notre temps ensemble ! Quel genre de monstre sans cœur es-tu devenu pour l'oublier ? Que font ils des gens effacés ?
Shinpachi avait rentré la tête dans les épaules. Gin était furieux, mais Shinpachi n'arrivait pas à se sentir coupable. Comment pourrait-il ? Il ne se rappelait pas de cette Kagura. Il n'avait aucun souvenir, bon ou mauvais, d'elle. Comment regretter une parfaite inconnue ?
-Gin-san, calme-toi s'il te plaît. Passer tes nerfs sur moi ne changera rien à la situation, mais être aussi bruyant pourrait tous nous mettre en danger. Et concernant ta dernière question… Nul ne sait ce qu'ils font des effacés. Vont ils dans le passé pour les éliminer ? Les éliminent-ils dans ce présent, avant d'utiliser des capacités extraterrestres pour laver le cerveau de tout le monde ? Les gardent-ils captifs quelque part ? Personne ne le sait.
-Hijikata-san… Je suis conscient du danger que cela représente, mais au nom de nos anciennes valeurs du Shinsengumi, accepterais-tu de nous aider à découvrir ce qui se trame vraiment ?
Hijikata réfléchit à peine.
-Je n'ai plus de famille. Alors même si savoir que mes camarades, anciens comme actuels, m'oublieront m'énerve, je n'ai pas grand-chose à perdre. Bien évidemment que j'en suis.
-Je pense que Zaki pourrait nous être utile aussi. Il n'est pas mauvais pour les filatures. Sa présence serait un véritable atout.
Silence. Puis :
-Zaki ?
Ce fut au tour de Sougo de serrer les poings.
-Yamazaki. Yamazaki Sagaru. Un des hommes les plus fiables et fidèles aux règles du Shinsengumi.
Hijikata secoua lentement la tête en signe de négation.
-Je ne… le connais pas.
Sougo grinça des dents avant d'empoigner Hijikata par le col.
-Certains se souviennent grâce à des objets, n'est-ce pas ? Crois-moi, je vais t'assommer de stimuli visuels jusqu'à ce que tu te rappelles de lui. Quel genre de Vice-Capitaine peut oublier ses hommes ?!
Hijikata plissa les yeux. Le nom de Yamazaki lui évoquait quelque chose… La simple idée d'oublier un de ses hommes le rendait malade.
-Danna, je vous propose qu'on tente de se renseigner au maximum autour de nous. Hijikata fait partie du Joui, ils peuvent avoir des infos. De votre côté… La sœur du binoclard est au courant de plein de choses, peut-être a-t-elle entendu quelque chose. Peut-être que quelqu'un se souvient de China. Rendez-vous ici demain matin.
Gin hocha la tête, et ils se séparèrent.
Toute la soirée, Gin interrogea des passants, les hôtesses des bars. Otae ne se souvenait pas de Kagura, mais certaines hôtesses, certains habitants se souvenaient de la jeune femme et de son chien, mais Gin constata que c'était ceux qui n'avaient jamais eu le moindre contact avec elle, ce qui corroborait ce que Sougo et lui pensaient : si une personne n'avait pas eu de réelle interaction avec l'effacé, si elle n'était pas susceptible de remarquer la disparition de l'effacé, alors elle était épargnée.
De son côté, Sougo emmena Hijikata dans un magasin d'équipements sportifs : la vue des raquettes de badminton lui donna mal au crâne mais rien ne lui revint vraiment.
Sougo était sur le point d'abandonner. Il racontait tous les souvenirs qu'il avait de Zaki, et, au fur et à mesure qu'il parlait, il se rendait compte qu'il considérait son camarade comme un ami, et qu'il refusait d'être le seul à se souvenir. Il s'autorisa une dernière tentative. Un dernier essai pour ramener Hijikata à la raison.
-Et donc… Pourquoi on est dans cette pâtisserie miteuse ?
-Cet endroit était son endroit préféré. Plus de la moitié de son salaire était dépensée ici chaque mois.
Hijikata inspecta l'endroit et haussa les épaules. Rien ne lui était familier. Il n'était probablement jamais entré ici. Soudain, il regarda les pâtisseries en vitrine, et il se rappela. Les souvenirs ne revinrent pas au compte-goutte, mais tous d'un coup. Zaki, son art de sortir une raquette de badminton au lieu de son katana au beau milieu d'un combat, sa passion malsaine pour les anpan… Car ce fut bien la vision des petits pains fourrés à la pâte de haricot rouge qui lui fit revenir la mémoire. Il tituba un moment, et Sougo vint le soutenir. Pendant deux minutes, les souvenirs continuèrent d'affluer à un tel point qu'il avait le souffle coupé. Plus de dix ans de souvenirs, comme envolés, revenaient à leur place.
Une fois qu'il parvint de nouveau à réfléchir normalement, Hijikata frappa le mur du poing, le plus fort possible, sous le regard effrayé de la vendeuse.
-Putain ! Comment j'ai pu l'oublier ? Comment j'ai pu accepter de l'oublier ?! Sougo ?
-Hijikata-san ?
-On retrouve ces enfoirés et on leur fait la peau.
Nul ne mentionna les larmes qui coulaient sur ses joues. C'était comme s'il retrouvait un ami qu'il pensait mort. Ils achetèrent un anpan et se promirent de l'offrir à Zaki à l'instant où ils le retrouveraient. Puis ils quittèrent la boutique, une aura maléfique autour d'eux. Les ennemis devraient payer, et payer cher.
Ils passèrent la nuit à se renseigner auprès du Joui, auprès d'informateurs, au sujet des effaceurs.
Au lever du soleil, quatre visages épuisés, mais au regard déterminé, se firent face sur ces canapés qu'ils avaient quittés la veille.
Ils mirent leurs informations en commun : Gin et Shinpachi avec leur explication de pourquoi certaines personnes n'avaient pas la mémoire effacée, Sougo et Hijikata avec leur solution pour faire retrouver la mémoire des gens. Ils avaient en outre appris à reconnaître un effaceur. Les témoins étaient peu nombreux mais tous s'accordaient : il s'agissait d'êtres humains, d'apparence humaine en tout cas, vêtus d'un grand manteau gris. De plus, ils se contentaient de surprendre leur victime pour la rendre inconsciente, plus ou moins violemment, et ne faisaient rien d'autre que de l'emmener. Ils ne revenaient pas à son domicile plus tard. Et pourtant, dès le lendemain matin, les gens avaient oublié.
-S'ils les assomment plutôt que de les tuer, commenta Sougo, il y a des chances qu'ils les gardent captifs quelque part. Mais où ?
Alors qu'ils étaient tous silencieux, ayant regagné un peu d'espoir, le téléphone de Sougo sonna. Son cœur manqua un battement : China.
Kagura va-t-elle bien? Shinpachi et Hijikata vont-ils se souvenir d'elle? Gin et Sougo pourront-ils l'aider? Vous le découvrirez lundi prochain dans le chapitre 3!
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