Merci mille fois à ceux qui ont laissé une chance à mon histoire en la lisant et en la commentant, ou juste en la suivant. Je suis vraiment ravie qu'elle vous ai plu. J'ai trouvé un regain d'inspiration parce que je regarde la saison 2 que je n'ai encore jamais vu (ah, le temps béni où le coiffeur de Sam n'était pas encore mort en prison) et que Jo, Ash, et toute cette bande de badass me ruinent l'esprit avec leur epicness.

Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira ! N'hésitez pas à laisser un petit mot, ce sera apprécié.

La musique de ce chapitre est : Knockin' On Heavens Door - Bob Dylan


Beauty I'd always missed
With these eyes before, just what the truth is
I cant say anymore.

Jo, malgré les apparences, n'est pas la personne la plus sociable du monde. Quand on grandit élevée par les Winchester, on peut cependant se targuer d'avoir des circonstances atténuantes. Alors la perspective de se retrouver dans une fraternité, entourée d'autres filles, et obligée de partager son intimité avec elles, ne la réjouit pas exactement. Mais Jo Winchester a été élevée pour accepter les imprévus et les situations désagréables, alors elle se tait et pousse la porte de sa chambre. À première vue, sa colocataire n'est pas encore arrivée.

La blonde choisit arbitrairement le lit derrière le paravent posé en biais près de la porte. Première arrivée, première servie. Elle jette son sac à dos usé sur les couvertures et son gros bagage de voyage dans la penderie, en attendant d'avoir le courage de le défaire. Avec un soupir, Jo se laisse choir sur son lit, grimaçant quand les boucles de métal de son sac rentrent dans son dos. Elle décide d'ignorer qu'il n'y a pas que les boucles qui la blessent, mais également les lames et le revolver qui s'y trouvent.

Un soupir las lui échappe. Jo est ravie d'être à Stanford, là n'est pas la question. Mais comme tous les enfants de son genre, elle a rêvé à un moment ou à un autre de rentrer dans une école normale, de pouvoir sortir dans la rue sans qu'on ne fuit son trottoir. Mais les Winchester vont à Stanford, ils réussissent leurs études et ils deviennent des Gardiens ou des Traqueurs. Comme leur famille l'a toujours été. Ces considérations n'empêchent pas la jeune fille de regretter la vie qu'elle n'aura jamais et à laquelle sa condition l'a condamnée.

Jo sort de sa poche son vieux walkman dans lequel tourne un CD de Éric Clapton et met son énorme casque rembourré sur les oreilles. Il est ridicule, mais il est confortable, et dédicacé par le chanteur de Metallica. Que du bonheur. Elle démarre l'appareil et sent avec plaisir la vibration du disque qui se met à tourner alors que Layla résonne dans ses oreilles et que Clapton lui raconte comment elle l'a mis à genoux. La blonde n'entend pas la porte s'ouvrir, parce que les riffs de guitare l'ont endormie. La nouvelle venue lui adresse à peine un regard, ne voulant pas la réveiller tout comme elle souhaite se faire oublier.

Avec ses cheveux roux coupés en un carré ébouriffé et ses larges cercles de crayon bleu pétrole autour des yeux, elle a une allure électrique. Son corset rouge moule ses formes charmantes et se perd dans un short de latex noir si serré qu'on la croirait nue. Ses collants sont brillants, chromés, d'une vive couleur argent qui contraste avec ses bottes cuissardes noires. Elle est provocante, elle est belle, elle est fière. Mais là, elle est juste une jeune femme éreintée par le voyage depuis Los Angeles, avec un corset trop serré et des bottes qui lui font mal aux pieds.

La rousse s'affale sur son lit, laisse tomber son sac à main d'un mouvement d'épaule et expire bruyamment. Ses yeux se perdent dans le plafond crème, si brillant qu'elle peut presque y voir son reflet. La fatigue noue ses articulations et l'empêche de se détendre sur le matelas mou tant elle a mal au dos. Dès qu'elle essaye de s'allonger correctement, des éclairs de douleurs traversent le bas de son dos jusqu'à ses épaules. Alors elle reste à moitié cambrée, tentant d'oublier la douleur dans ses reins.

Lorsque la blonde à ses côtés ouvre les yeux en sursaut avec une brusque inspiration, elle bondit de son lit, fléchit les genoux et se prépare au combat. Avant de se détendre et de rouler des yeux face à sa propre stupidité. Les habitudes ont la vie dure. La rousse se rassoit avec le réflexe de calmer sa respiration, avant que l'absurdité de son geste ne la frappe. Se calmer pour quoi ? Ménager son cœur ? Bonne blague. Elle sent le regard de la blonde sur elle, fixe, scrutateur. Mais elle ne juge pas. Ça, la rousse s'en rend compte. Le jugement fait mal, brûle la peau, et lui donne envie d'éternuer. Là, elle sent juste la curiosité. Alors elle replace le masque sur son visage et tend la main à sa colocataire.

« Abaddon Knight. Surnaturelle. Enchantée. » dit-elle d'une voix blanche, fixant la blonde droit dans les yeux.

– Jo Winchester. Paranaturelle. De même. » répond la blonde avec un sourire tendu. Visiblement, le sommeil dont elle vient de se réveiller n'était pas des plus agréables.

Abaddon a déjà entendu parler des Winchester. La plus grande famille de Traqueurs des États-Unis, avec les meilleurs Gardiens qui soient. Ils ont toujours produit des paranaturels de niveau B, instables mais acceptables. Cette Jo doit être en première année. Abaddon a un excellente mémoire, et elle se souviendrait de la blonde si elle l'avait déjà vue dans l'université auparavant. Tout dans la nouvelle transpire le Winchester. La lueur de défi provocateur dans ses yeux, les muscles fins de ses bras, les quelques cicatrices qui tranchent sa peau bronzée. La rousse retient une grimace, ne voulant pas paraître plus antipathique que son statut de surnaturelle et son visage dur en le font déjà.

« Abaddon, tout va bien ? » s'entend-elle demander.

Elle s'aperçoit que ses crocs pointent et que sa vision s'est acérée. Oh, génial. Il faut se calmer maintenant. Avec un sourire contrit, bardé de dents aiguisées, elle se dirige vers la salle de bain pour s'asperger le visage d'eau. Les Winchester lui font souvent cet effet-là. La métamorphose n'est pas assez récente pour que la rousse réussisse à se contrôler de manière satisfaisante. Mais que peut-elle y faire, si ce n'est s'asperger d'eau et prier pour que ça passe.

Abaddon entend Jo frapper à la porte de la petite salle de bain et lui demander si elle a besoin de quoi que ce soit. La vampire retient un rire sans joie mais répond d'une voix qu'elle espère claire que ça finira par aller mieux et qu'elle ne tarderait pas à sortir de là. La rousse n'écoute pas la réponse de Jo et se concentre sur sa respiration, attendant patiemment que ses nombreux crocs veuillent rentrer dans ses gencives.


Sam et Dean retrouvent avec plaisir leur chambre. La vie hors de Stanford, quand on a pas encore le statut de professionnel, mais qu'on est plus un enfant, est un vrai cauchemar. Les gens regardent les étudiants comme des bêtes de foires, loin du respect qu'inspirent les professionnels. Du respect, ou de la crainte, mais on préfère ne pas y penser. Les deux frères partagent l'une des plus grandes chambres de la fraternité, puisqu'ils sont trois. Leur colocataire est un paranaturel, petit, blond, casse-pied et bavard. Mais tous les trois se supportent puisque personne d'autre ne le fait.

Apparemment, Gabriel n'est pas encore arrivé, parce que son lit n'est pas défait et qu'aucun paquet de bonbons ne traîne sur le sol, dans les tiroirs, dans la salle de bain, ou sous le bureau. Nulle part, en fait, puisque le blond a tendance à étaler ses sucreries partout où un espace dégagé lui fait de l'œil. Les Winchester s'installent rapidement, comme on leur a apprit à le faire depuis qu'ils sont tous jeunes. Dean, plus encore que son frère, puisque cela fait trois ans qu'il est à Stanford.

Sans attendre l'arrivée de Gabriel qu'ils savent avoir une propension pour les entrées fracassantes – ils ne manquerons pas de le remarquer quand il arriverait – les frères planifient le repas, commandent des pizzas et lancent un café jamaïcain. Avec une dextérité qui témoigne d'années de pratique, Sam rappe du chocolat qu'il avait emporté, verse les copeaux dans trois mugs, rajoutent deux carreaux de sucre dans chacun et verse une rasade de rhum charrette. Quand le livreur sonne à la porte, le café se met à bouillir et Gabriel n'est toujours pas arrivé.

Dean paie rapidement et ramène les cartons chauds vers son lit pendant que Sam verse le café brûlant sur le mélange dans les mugs. Une odeur sucrée s'élève dans la chambre et Gabriel débarque à ce moment-là. Débarquer est vraiment le mot. Il ouvre la porte du bout du pied, l'envoie claquer contre le mur et se jette dans la pièce en fredonnant un roulement de tambour avant de tournoyer et d'offrir aux Winchester un sourire éclatant. Sam secoue la tête en riant et Dean sourit narquoisement.

« Salut les ploucs ! J'vous ai manqué ? dit Gabriel d'une voix claire.

– Pas une seconde, le nain, répond Sam avec un sourire.

– Continue comme ça, tu me flattes, kiddo. »

Le cadet Winchester attire Gabriel dans une étreinte joyeuse que le plus petit lui rend avec plaisir. Puis Sam se détache et va chercher un mug pour le blond, alors que Dean le remplace dans les bras de Gabriel. Les vacances ont été longues, et ce n'est un bonheur pour personne de retourner à la vie des normaux quand ils savent qu'ils n'en feront jamais partie. Alors l'annonce du retour à Stanford est toujours une joie, tout comme la perspective de revoir les autres étudiants, en particulier ceux de la trempe de Gabriel, qui semblent accepter leur avenir comme d'autre une poignée de main.

Le blond plonge avec plaisir ses lèvres dans le café jama brûlant. Lui aussi est ravi de rentrer à la fraternité. Et les Winchester sont des colocataires géniaux, ça il s'en est aperçu. Perdu dans ses pensées, il perd un instant la concentration qui est toujours demandée aux étudiants de Stanford. Sa main perd toute consistance et le mug se serrait écrasé au sol si Dean ne l'avait pas rattrapé. Alors qu'il était à l'autre bout de la pièce.

« Gabriel, j'apprécierai si tu faisais un peu plus gaffe à ce que tu fais, soupire Dean.

– Désolé kiddo, j'avais la tête ailleurs.

– Oui, j'ai vu ça. Qu'est-ce que tu te ferais sans moi ?

– Un autre café jama. »

Dean laissa échapper un petit rire. C'était la manière de Gabriel de s'excuser. En deuxième année, ce genre d'accidents ne devraient pas arriver. Mais le chef de fraternité, lorsqu'il avait agencé les chambres, avait bien prit soin de mettre les bonnes personnes ensemble. Ainsi, Gabriel, dont la principale caractéristique est sa capacité à se dématérialiser, est contrebalancé par les frères Winchester qui, à eux deux, totalisaient un ensemble d'habiletés assez impressionnant.

Dean est destiné à devenir un Traqueur. Tout le monde dans leur famille le sais, et tous les paranaturels également. Il en a toutes les caractéristiques. Il ne possède que des habiletés physiques, associées à son affinité élémentaire pour la terre. Dean court vite. Et vite est un euphémisme. L'année précédente, il avait été interdit de tournoi à cause de ça. Forcément, quand on parcourt cent mètres en deux secondes quarante-cinq... En plus de ça, il a une habileté régénérante. Toute blessure de moins de trente centimètres de long et dix de profondeur se soigne instantanément. Quelques minutes suffisent pour les autres. La douleur, par contre, il n'y échappe malheureusement pas.

Sam, lui, est un peu à part. Le rôle de Gardien pourrait lui convenir, mais il s'obstine à s'entraîner à être un Traqueur, comme son frère. Pourtant, son habileté ne lui est d'aucune aide dans cette tâche. Sam est un télépathe. Il communique par la pensée et peut les lire. Il a la même vitesse que son frère, mais courir vite ne lui empêcherait pas d'être tué. Quant à son affinité, l'air n'est pas non plus l'élément le plus utile pour un Traqueur. Mais si on doit reconnaître une qualité parfaitement naturelle à Sam, c'est son obstination. Pire qu'un âne bâté.

Les deux frères possèdent des habiletés puissantes qui, combinées, permettent d'éviter la majeur partie des ennuis provoqués par la dématérialisation de Gabriel. Le blond n'arrive pas à la gérer totalement, du moins pas en permanence, et des détails comme passer à travers le plancher pour se retrouver un étage en dessous ou se prendre soudain une porte parce qu'on est redevenu dur ne passent pas spécialement inaperçus. Heureusement pour lui, Gabriel est incassable. C'est sa deuxième habileté, et elle ne lui a encore jamais fait défaut. Les muscles se déchirent, la peau se brûle, mais les os restent en place. C'est un élémentaire d'eau, ce qui le rend parfaitement compatible avec Sam. Lors des cours destinés aux paranaturels, on les met toujours ensemble.

« Okay, Gabriel, si tu nous disais où tu étais ? demande Sam.

– J'accompagnais mon frère jusqu'à sa fraternité. Le pauvre, il est terrorisé.

– Ton frère, Cassiel ? intervient Dean.

– Castiel. Le niveau A, tu te souviens ?

– Oh, oui. Tu nous en as parlé.

– Hum, donc il a un peu du mal avec le côté virilité-et-poils des Têta Epsilon, donc je l'ai emmené pour veiller sur ses fesses.

– Comme c'est mignon, ricane l'aîné.

– Moque-toi, Dean-o, mais p'tit frère te botterait le cul.

– On verra ça. »

Some try to tell me
Thoughts they cannot defend, just what you want to be
You will be in the end,