Je vais le voir. Je vais le voir. Je vais le voir ! Oui, moi, Roxas, le petit pd blondinet, je vais voir Axel, le pur beau gosse que j'aime depuis toujours ! D'abord, revenons quelque année en arrière, lors de ma première année de maternelle. Je me souviens, j'étais assis sur le banc et je faisais des bisous à mon « copain », il s'appelait Tiku, ou un truc dans le genre... Puis, j'ai vu un petit garçon, tout timide, au long cheveux rouge comme ceux d'un hérisson mais à qui on aurait foutu le feu. Avec ses yeux verts éclatant de curiosité... trop craquant, ce bambin ! Rapidement, j'étais descendu en laissant mon amoureux pour aller le voir et l'observer en cachette. Depuis, je n'ai jamais eu personne, toujours à l'aimer secrètement... Je suis pitoyable. N'est-ce pas ?
Bref. Lors de ces cours, je ne pensais qu'à ce que j'allais lui dire, faire et tout ça... Et si je disais une bêtise ? Et si je FAISAIS une bêtise ? Je m'en fais trop. C'est juste boire un pot entre mec. C'est tout. C'est un rendez vous amoureux entre Brandon et Hélène ! Bref. Je crois que Naminé a repéré que j'étais tout excité, et que je tenais pas en place. Peut-être qu'elle l'a remarqué parce que je suis excité et que je tiens pas en place. Euh...
- Dis-donc, tu te remues beaucoup toi ! Qu'est-ce qu'il y a, Roxas?, me lança-t-elle.
Zut! Ca se voyait tant que ça?! En même temps, c'est pas si simple! Dans une heure, ce bel étalon allait venir me chercher, et nous allions voir un verre ensemble! Ouai, nan, en fait, c'est très simple, c'est juste un bel étalon qui va me chercher pour boire un verre ensemble. Rien de plus. Rien de moins. Il faut que j'arrête de me faire des idées. Quand on est trop optimiste, on finit pessimiste !D'après mon père. Mais lui, il sort des phrases philosophique que quand il a 1 gramme dans le sang.
- Absolument rien, Naminé !, lui répondit-je avec ses foutues pommettes qui ne purent s'empêcher de devenir rose.
Elle fit la moue. Cette belle blonde n'était pas idiote, elle savait qu'il y a quelque chose. Elle est comme ça, Naminé. Avec ses grand yeux, j'ai l'impression qu'elle peut lire dans tout le monde, comme dans un livre ouvert. Même moi, qui suit une personne difficile à cerner!... Bon d'accord, je suis tellement prévisible que s'en est lassant, mais bon. C'est quand même étrange !
~Dring.
Ça y est. L'heure était passé. Axel m'attendait surement. J'arrive pas à y croire ! Sans attendre, je rangea mes affaires, pris mon sac et partit limite en courant. J'arrivai devant le lycée, à la sortie, décoiffé, enfin, encore plus que d'habitude, le cœur battant la chamade, essoufflé. Je regardais partout. Ou es-tu ? Je ne le vois pas.
Alex, ou es-tu? Je ne te vois pas, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur. Je vais t'attendre sur ce banc, ouai. Ça y est, je t'attends. Je sors mon portable, et je tape nerveusement partout, sans savoir ce que je fais. Le retard, je n'aime pas le retard. Ouai, c'est un de tes défaut, d'arriver en retard ! Depuis la primaire, je m'en rappelle... Tu arrivais toujours, avec ton cartables à roulette, essoufflé, d'un air perdu. Parfois, tu pleurais, quand la maitresse te hurlait dessus d'arriver plus tôt. A chaque fois, tu hurlais « Appelez pas ma maman madame, elle va me mettre la fessée! ». A cette pensée, je ne pus retenir un petit rire, un léger sourire. Depuis la maternelle, tu ne connais même pas mon prénom? Mais moi, je connais tellement de chose de toi. Je t'ai tellement observé. Dans ce foutu monde, rien ne m'intéresse. J'avais appris que tu faisais du hip-hop. Je m'y suis inscrit, j'y étais, et tu ne m'as jamais vu. Puis, tu as fais du cirque. Je me suis inscrit, et là encore, tu ne m'as pas repéré. Et ainsi de suite, du solfège au basketball. Même quand la balle a atterri sur ma tête et que j'avais a moitié perdu connaissance, tu n'y as jamais prête attention. Tu es le pire. La pire personne dont on puisse tomber amoureux.
Je le vis. Ce rouquin, il courrait vers moi, essoufflé, décoiffé, avec un sourire débile sur les lèvres. Axel est magnifique comme toujours. Comme Naminé. Comme cette belle fille qui court vers lui et qui s'élance vers lui, tout en l'embrassant. Autour de moi, tout le monde s'extasie, ils sont heureux de voir le petit couple du lycée ensemble, comme ça. Ça fait mal, mesdames et messieurs ! Vous savez, je ne l'avais jamais vu embrassé qui que ce soit. C'est la première fois. Je savais que ça allait arriver un jour ou l'autre, je pensais m'être bien préparer. Le pire n'est pas de le voir embrasser quelqu'un, le pire c'est l'instant d'après. Quand ce garçon vint me voir pour me sourire, me tendre sa main grande et rêche, que je sois obliger de la serré, prêt à me mettre à pleurer à la seconde suivante, d'être obliger de me retenir, tellement que ca me brule les yeux, d'être obliger de sourire, de lui parler. Et de supporter ces paroles. Ces paroles qui m'ont définitivement déchirer le cœur :
- Hey, au fait, Roxas... Tu es nouveau dans ce lycée, non? Je ne t'avais jamais vu !
Non. Trop c'est trop. La je dis merde, quoi ! Il peut baiser ta copine au milieu de la route, sous mes yeux, en chantant la marseillaise, mais là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase! Oui, mesdames et messieurs, j'en ai ras le bol ! Ras le cul de devoir toujours sourire, mentir, et refouler ce que je ressens !
- JE NE SUIS PAS NOUVEAU !, hurlais-je tout en attrapant son col que je tirais contre moi, J'ETAIS DANS TA PUTAIN DE CLASSE DEPUIS LA MATERNELLE ESPECE D'IMBECILE ! TU L'FAIS EXPRES OU QUOI?! DEPUIS LE DEBUT, MEC, DEPUIS LE DEBUT!
Bon. Okey, j'avais pété les plombs. Mais il y a de quoi ! C'est justifiable, oui, c'est justifiable. Enfin, pour ne pas voir cette expression que je devinais rien qu'après lui avoir tourner le dos, une expression d'incompréhension assurément, je me dépêchais de sortir, en lâchant son col que j'avais surement froissé.
Courir. C'est ce que je faisais. Je ne faisais que parcourir les rues sans penser, sans pleurer, sans hurler, sans rien faire, dans l'espoir de tout fuir. Encore une fois, fuir. Demain, je n'irai pas à l'école... Et je tins parole. Puisque que le lendemain, je me trouvais dans mon lit, à, cette fois-ci, pleurer bêtement dans mon oreiller tel une gamine après son premier chagrin d'amour avec « l'homme de sa vie, le père de ses enfants ». Malgré cette douleur et cette déception, je voulais le voir... C'est pathétique, n'est-ce pas ? Surement, sans doute... Mais c'est ainsi. L'Amour nous fait perdre la raison, et nous rends si pathétique... En quelque année, en quelque jours, ou même en quelque heures.
Cette envie de le voir fut tellement forte que je me levais, essuya mes larmes d'un coup sec, puis me figea devant le miroir. Quel dégaine... Les cheveux pas coiffés, les yeux, le nez, et les joues cramoisies, ainsi que mes vêtements de la veilles était froissées, me collant à la peau. Ah... Je puais, aussi. Rapidement, je me déshabillais et me glissais sous ma douche, histoire de pas avoir l'air d'un malade mental qui sort d'une poubelle quand j'irai en cours. J'avais déjà raté la matinée, je veux pas être remarqué l'après-midi !
Je ressortis, toujours nu comme un verre. J'attrapais un boxer propre, une simple chemise et un jean des plus banals. Mettant mes cahiers dans mon sac tout en me fourrant une brioche dans la bouche, mes pieds rentraient automatiquement dans mes chaussures a scratch. Je sortais de chez moi. J'allais l'affronter, lui, sa réaction, Axel. Putain d'bordel de merde... Ça fait chier.
J'arrivais donc, devant la grille, et entra enfin. Personne ne me vit. Comme d'habitude, en fait...
Je le vis, le rouquin, avec sa belle dans les bras, entouré de sa bande d'amis... Je vais partir, ça fait si mal de le voir ainsi... Quoi que... Non ! Je dois plus fuir, je dois faire face à cette putain de réalité. Je ne l'aurai jamais, et alors ?! Il est tant pour moi de faire une croix pour tout ça. Je ne fis pas demi-tour, mais l'ignora juste, partant directement à la bibliothèque, ayant deux superbes livres à rendre de Joseph Delaney. Mon auteur préféré ! Après cela fait, je partis voir les autres romans, espérant en dénicher un quelque chose chose d'intéressant. Roman d'aventure ? Mh, une autre fois... Roman policier ? Naaaan... Roman à l'eau de rose ? … Oh bah tiens celui-là je l'ai pas lu ! Après cette trouvaille, je partis l'emprunter. Ce roman se nommait « Un dernier Espoir » et la synopsis était plutôt intéressante. Cela parlait d'une personne atteinte d'atrophie spinocérébelleuse, vivant seul, ne faisant qu'attendre la mort. Alors qu'elle devait aller à l'hôpital pour une nouvelle radio, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie ! Pas besoin de lire le livre pour comprendre que c'était une comédie romantique affreusement triste comme je les aime !
Je ressortis alors, avec la belle trouvaille, quand je tombais nez à nez avec un grand jeune homme et ses long cheveux en pique, de couleur rouge. C'était toujours la même personne habitant mon cœur ; Axel. Non. Je ne fuirais pas. Il s'approcha de moi, avant de dire de sa voix qui m'avait toujours fait fondre :
- Roxas, excuse-moi. J'avais jamais remarquer que tu étais dans ma classe, pendant toute ces années... Ça doit être dur qu'un mec comme moi puisse ignorer un mec comme toi pendant tout ce temps. On peut retourner à zéro et devenir ami ?
Aucun mot ne sortit de ma bouche, aucune onomatopée, rien, nada. Ce mec... il avait dit qu'on pouvait devenir ami ? Pourquoi, qu'est-ce qu'il à en tête?! C'est louche. Pourquoi un mec comme lui voudrait devenir pote avec le putain d'intello du lycée, qui passait inaperçu jusqu'à aujourd'hui ? Ça n'a pas de sens ! Enfin, vous voulez que je réponde quoi à ça ? « Non désolé, tout cela me semble louche ». Ça a encore moins de sens ! Donc, bêtement, j'hochais la tête, tout en souriant bêtement. Car oui, cela me rendait heureux qu'Axel me prête enfin attention, et qu'il me demande ainsi de devenir son ami. Cette rentrée n'allait peut-être pas être si vide, comme les autres ?
Je ne suis pas encore prêt. Pas prêt a abandonner tout ce que je ressens pour toi. Je veux t'avoir, Axel, plus que tout au monde. Je veux me démarquer, et te faire tomber amoureux de moi. Laisse moi une chance, si cette année, je n'y arrive pas... J'abandonnerai. Je dois paraître complètement fou, irréaliste, et désespéré. Certes, il faut parfois viser la lune, pour atteindre les étoiles. Je veux être ton étoile, Axel, malgré tout cette souffrance que j'ai pu ressentir toute ces années, à être ignoré.
- Axel !, dis-je avant qu'il ne parte en court. Tu voudrais qu'on aille boire un pot après les cours ?
- Bien sur, pourquoi pas !
À tout à l'heure...
