Le jour après la balade nocturne, le professeur de potion avait donné cours au survivant et aux autres cornichons de son année. Encore une fois l'enfant béni de la nation avait parut très intéressé par son cours, il avait tout suivit scrupuleusement, avait été attentif et particulièrement précis dans ses dosages et autres mesures donnant comme résultat une potion tout à fait correct, il n'aurait pas fait mieux à son âge.
En plus Neville Londubat suivait l'exemple de son camarde et était très attentif, écoutant ses remarques et suivant les conseils du Potter, résultat, lui aussi s'en sortait relativement bien comparé aux autres. Même ses Serpentards n'arrivaient pas à réaliser des potions aussi correctes que le duo de Gryffondors. Pourtant il avait déjà donné des cours à Drago il y a quelques temps. Mais apparemment celui-ci avait tout oublié. Enfin, il aurait du s'en douter, il avait vite vu que son filleul ne s'intéressait pas vraiment aux potions.
Par contre Harry... Severus Rogue avait du mal à se faire à l'idée, mais le Survivant était vraiment intéressé par sa matière. Cela faisait longtemps que le maître de potions n'avait pas eu un élève un peu doué dans sa branche. Cela faisait d'ailleurs tellement longtemps qu'il avait cru ne jamais trouver quelqu'un comme lui qui aurait un intérêt aigu pour les potions. Malgré tout il ne parvenait pas encore à se réjouir d'avoir peut-être trouvé un futur maître, c'était Harry Potter après tout, le Survivant, il ne pouvait pas l'apprécier, pas encore, il lui faudrait un peu de temps, le temps de détacher l'image de son père.
Mais bon, le potionniste qu'il était ne pouvait s'empêcher d'être un tout petit peu réjouit d'avoir enfin quelqu'un d'intéressé devant lui. Seulement il ne l'admettrait jamais.
Donc l'intérêt du Survivant pour les potions l'avait déjà perturbé, mais l'attitude en général de celui-ci perturbait toutes ses idées préconçues. L'enfant ne se mélangeait à personne contrairement aux autres Gryffondors qui étaient ouverts et jovials. Pas lui, il restait toujours dans son coin, très calme, lisant la plupart du temps ou se promenant dans les couloirs avec sa chouette. Seul Neville parvenait à le faire parler de temps en temps, mais uniquement lui. Quelques autres élèves de son année étaient parvenus à lui arracher quelques mots, mais ça avait été au prix de nombreux efforts. La plupart des étudiants plus âgés l'ignoraient et ne voulaient pas lui parler, le jalousant la plupart du temps ou ne le trouvant pas digne de plus d'intérêt que ça finalement. Néanmoins leurs regards se tournaient toujours vers lui lorsqu'il passait quelque part.
Au début, Severus c'était dit que le Potter refusait de se mêler aux autres parce qu'il se sentait trop bien pour eux. Mais il avait du vite abandonner cette idée. Il avait observé le comportement du plus jeune et ce n'était pas du tout de l'arrogance qu'il voyait. Il avait plutôt l'impression que l'enfant faisait tout pour fuir les autres personnes. Il se glissait toujours comme une ombre dans les couloirs, essayant de se faire le moins remarquer. Il semblait mal à l'aise dés qu'on lui portait trop d'attention comme si il n'en avait pas l'habitude.
Ca par contre le professeur de potion n'y croyait pas une seconde, même si c'était ce qu'il voyait. Il ne parvenait pas à voir le Survivant autrement que comme un enfant adulé constamment pour son exploit d'il y a onze ans. D'ailleurs de ça aussi il évitait de parler. Pourtant il aurait du s'en vanter. Mais non, il changeait très vite de conversation ou se fermait comme une huitre quand le sujet arrivait sur le tapis. Autre chose bizarre avec le Survivant, c'était ce béret qu'il portait continuellement. Il ne l'enlevait jamais à part quand un professeur le lui demandait. Alors à ce moment il faisait tout pour que ses cheveux continuent de cacher son front et ses yeux.
Apparemment personne à part Hagrid n'avait jamais vu les yeux qu'il cachait en dessous de ses boucles noires sauvages. Et ça intriguait tout le monde. Pompom ne cessait de harceler le directeur pour qu'il l'autorise à ausculter la cicatrice de l'enfant et que si il se cachait ainsi c'était parce qu'il y avait une raison. Dumbeldore n'avait pas encore accepté, se disant que l'enfant était juste timide, qu'un jour il retirerait ce chapeau et que l'infirmière serait soulagée en ne voyant qu'un petit éclair. Mais elle était plus inquiète et Severus savait que bientôt elle prendrait les devants avec ou sans l'autorisation de son supérieur.
D'ailleurs même Severus ne croyait pas à de la timidité. Il y avait quelque chose d'autre derrière l'attitude de l'enfant, quelque chose sur lequel il ne parvenait pas à mettre le doigt. Soudain, le professeur s'arrêta dans le couloir, se rendant compte que cela faisait pas mal de temps qu'il pensait au Survivant et surtout il se rendait compte à quel point il l'avait observé. Il reprit sa marche en râlant contre lui-même. De mauvaise humeur il retira pas mal de points aux différentes maisons qu'il eut durant ses cours. A part Serpentard bien sûr, quoi qu'il avait faillit le faire après qu'un abruti de sa maison ait encore fait fondre son chaudron.
C'était toujours de mauvaise humeur qu'il avait rejoint ses collègues pour le repas du soir. D'ailleurs ceux-ci avaient décidés de l'embêter encore plus puisqu'ils discutaient de Celui-Qui-A-Survécu. McGonagall et Flitwick étaient les principaux acteurs de la discussion.
- Harry Potter a énormément de mal en transformation et beaucoup de retard comparé aux autres. Il lui faut beaucoup de temps et de concentration pour faire les plus basiques des changements. Il lui a fallut plus d'une semaine pour changer son allumette en aiguille. Et maintenant il a du mal à passer au niveau supérieur.
- Pour les enchantements aussi il a du mal. La théorie il n'y a aucun soucis, j'ai l'impression qu'il connaît déjà tout. Mais la pratique est presque impossible pour lui. C'est comme pour vous McGonagall, il lui faut beaucoup de temps et d'efforts comparés aux autres. C'est comme si sa magie avait du mal à sortir de sa baguette. Pourtant il ne manque pas de volonté.
- Peut-être sa magie a-t-elle été endommagée lors de l'attaque de Vous-Savez-Qui il y a dix ans? Qu'en pensez vous professeur?
Les regards convergèrent vers le directeur de l'établissement. Celui-ci avait écouté la conversation et réfléchissait longuement. L'infirmière finit par être plus rapide à briser le silence.
- Je continue de dire Albus qu'il devrait venir me voir pour un examen complet! vous avez entendu, il a des soucis avec sa magie, il est tout petit et j'ai l'impression que trop maigre aussi. Mais je n'en suis pas sûr à cause de ses larges capes de sorciers.
- Peut-être que l'attaque de Voldemort l'a plus affecté que je ne le pensais. Bien Pompom, je vous l'enverrais un jour pour un examen.
- C'est quand ça un jour?
- Quand j'estimerais que ce sera nécessaire. Laissons passer encore un peu de temps pour voir si sa magie ne se débloque pas, c'est déjà arriver qu'il faille un peu de temps à un élève avant que son potentiel ne se développe. Et puis il attire déjà assez l'attention comme ça et apparemment il n'aime pas du tout. Alors si il se fait convoquer chez vous sans aucune raisons il attirera encore plus les regards. Je ne crois pas qu'il appréciera.
- Mouais. Mais je veux qu'il passe chez moi avant Noël! C'est ma date limite Albus!
- Bien Pompom.
Le repas reprit, plus silencieux. Severus jeta un rapide coup d'oeil à la table des rouge et or. Le Survivant les regardait en se tortillant, comme si il était mal à l'aise que l'on parle de lui. Mais il n'avait pas put les entendre, il se faisait sûrement des idées. C'est en pensant qu'il devait prendre un peu de repos pour arrêter d'être obsédé par cet enfant que le professeur de potion reprit son repas, finissant son assiette.
A la table des Gryffondors, Neville remuait sa nourriture sans vraiment y toucher, le regard un peu perdu.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Neville?
- Rien Harry, ça va...
- Ne mens pas, il y a quelque chose qui t'embête depuis deux jours et je n'arrive pas à trouver quoi.
Le sang-pur soupira, c'étant douté que le plus petit aurait remarqué son attitude. Discrètement ils s'écartèrent un peu des autres, se retrouvant au bout de la table comme ils en avaient pris l'habitude quand ils voulaient être seuls.
- Vas-y, racontes.
- Et bien chez ma grand-mère j'ai une serre dont je m'occupais tous les jours. J'adore m'occuper de plantes et j'en avais de pleins de sortes, et là ça me manque. J'ai besoin de m'occuper les mains. Et puis je sais que ma grand-mère ne saura pas s'en occuper aussi quotidiennement. Certaines vont sûrement mourir. Et dire que j'étais enfin parvenus à faire quelques mélanges intéressants.
- Tu mélanges plusieurs sortes de plantes, mais c'est génial!
- J'aime beaucoup la botanique, mais ici je ne peux plus en faire autant qu'avant. Bah, c'est pas grave, je reprendrais mes expériences à Noël en espérant que mes plantes ne soient pas toutes mortes avant, avec mon grand-oncle on n'est jamais sûr de rien.
Neville repartit dans son assiette, mangeant du bout des lèvres alors qu'Harry réfléchissait. Le lendemain matin, lors de sa promenade matinale il fit une demande à Poudlard. Les tableaux le guidèrent ainsi que son instinct. Finalement il parvint à un endroit qui était parfait pour ce qu'il voulait faire.
La semaine passa tranquillement, Neville avait encore quelques coups de nostalgies, mais Harry semblait impatient de quelque chose alors ça lui changeait les idées. Malgré son insistance le plus petit n'avait rien voulut lui dire. Mais il finit par connaître la raison de son agitation durant le week-end.
Harry l'avait réveillé très tôt alors qu'ils pouvaient faire la grasse-matinée. Mais Neville n'avait pas eu le courage de briser le bonheur évident qui se lisait sur le visage de son ami en se plaignant. Jamais il ne l'avait vu arborer un tel sourire alors il l'avait suivit sans rien dire, voulant connaître la raison d'une telle joie.
Mais durant tout le trajet il n'avait eu droit qu'à un " Je vais te faire une surprise, j'espère que ça te plaira!".
Ils avaient marchés longuement dans les couloirs du château, Neville découvrant celui-ci dans le calme pour la première fois et ça lui plaisait. Les tableaux les saluaient sur leur passage, semblant bien connaître le Survivant. Ils empruntèrent quelques passages secrets avant de finalement arriver dans une cour intérieur de Poudlard. Celle-ci n'était pas très grande et complètement perdue dans la végétation. Les quelques statues qui trônaient là étaient brisées et recouvertes de lierre.
Apparemment cette partie du château était complètement délaissée, même les quelques couloirs alentours étaient en piteux états. Poudlard était tellement grand qu'il était normal de se dire que certains morceaux étaient à l'abandon. Mais Neville n'eut pas plus le temps d'observer l'endroit que son ami l'entraînait au bout de cette cour devant une large tour qui semblait elle aussi en mauvaise état.
Il n'y avait aucune porte, elle était complètement murée, aucune ouverture ne permettait de pénétrer. Le Londubat était plutôt perdu, se demandant ce qu'ils faisaient ici dans une partie à l'abandon. Alors qu'il allait lui poser une question Harry l'arrêta d'un sourire, lui demandant d'approcher. Celui-ci venait de poser une main sur les vieilles pierres. Pendant quelques instants il ne se passa rien, puis une faible lueur bleue sillonna entre les pierres, les faisant disparaitre au fur et à mesure, laissant apparaitre un arche un peu comme au chemin de traverse.
Harry invita son ami à entrer. Celui-ci mit quelques instants à se décider, il faisait assez sombre et il n'avait pas vraiment envie de rentrer dans une tour qui semblait prêt à tomber en ruine tout seul. Mais le Survivant semblait confiant, alors il pénétra, vite suivit par le garçon à la chouette. Celle-ci était arrivée quand ils avaient pénétrés dans la cour.
Il faisait assez sombre, mais ils parvenaient à distinguer deux escaliers suivant la courbe de la tour. L'un montant, l'autre descendant. Harry commença à grimper, forçant Neville à le suivre puisqu'il ne voulait pas rester seul. L'escalade fut assez laborieuse, les escaliers ne bougeaient pas mais étaient en assez mauvais états. Mais après, les deux sorciers purent se dire que ça en valait la chandelle.
Quand ils furent arrivés en haut des escaliers une porte en bois vermoulu se dessina devant eux. Harry l'invita à l'ouvrir, disant que sa surprise était derrière. Après quelques instants d'hésitation, le jeune sorcier finit par pousser l'imposante porte. La lumière le surprit après l'escalade dans le noir. Il du cligner quelques instants des yeux avant de retrouver une vue correcte.
Quand il se rendit compte de où il était un cri de surprise lui échappa. Ils étaient apparemment en haut de la large tour, sous une imposante coupole très haute et au diamètre impressionnant. Cette coupole semblait faite de triangles de métal courbés qui se chevauchaient. Le métal était rouillé et il y avait pas mal de trous dans la toiture, laissant filtrer des cercles de lumière. Deux des triangles semblaient avoir été poussé sur le côté laissant une grande ouverture sur l'extérieur.
De celle-ci on avait une vue plongeante sur le lac qui ne semblait pas très loin, ni très bas, à peine quelques mètres en-dessous d'eux. La forêt interdite se dessinait aux bords de celui-ci. L'endroit ressemblait à un vieil observatoire immense.
Dans les airs se déplaçaient des plateformes de différentes tailles, elles flottaient tranquillement, bougeant lentement sur plusieurs niveaux. Une vieille échelle qui semblait encore assez solide était accrochée à la coupole, donnant sur une petite plate-forme fixe qui permettait sûrement de rejoindre les autres.
Mais ce n'était pas l'architecture du lieu qui avait plu à Neville, c'était ce qu'il y avait à l'intérieur. Tout était envahi par la végétation. Une herbe folle et sauvage avait recouvert tout le sol et les plateformes. différentes plantes se disputaient l'espace, certaines pendaient le long des îlots volants.
La pluie avait creusé un trou dans le sol avec le temps, créant un petit lac peu profond dans lequel s'épanouissaient des plantes aquatiques. A côté de ce lac un saule pleureur laissait ses branches effleurer la surface de l'eau, bougeant au gré du vent.
Neville restait ébahi devant tout ça, il avançait prudemment, ne sachant plus ou se donner de la tête. sans même qu'il s'en rende compte un immense sourire vint barrer son visage à la plus grande joie de Harry qui fut heureux que sa surprise plaise à son ami. Après de longues minutes de silence il parvint finalement à dire quelques mots.
- Ha...Harry c'est magnifique! Où est-ce qu'on est?
- Dans une zone de Poudlard qui a été laissée à l'abandon depuis plusieurs centaines d'années maintenant. Il y avait trop peu de salles et trop petites qui pouvaient servir de classes. Ne voyant aucun intérêt dans cette partie, les anciens directeurs l'ont fermées et se sont concentrés sur le reste du château. Après ça plus personne n'est parvenu à accéder à cette zone et ne le voulait alors elle est restée à l'abandon jusqu'à tomber dans l'oubli. Ici c'est là où étaient donnés les cours d'astronomie et astrologie. Apparemment les élèves allaient par groupe de dix sur les plateformes avec leurs lunettes, le professeur ouvrait la coupole et ils observaient le ciel d'ici. Bon, maintenant elle est tellement rouillé que plus rien ne bouge, il n'y a que ces deux panneaux qui sont ouverts. Mais c'est pas grave, les trous laissent passer pas mal de lumière.
Apparemment le garçon au crapaud n'était pas le seul à être enthousiaste face à cet endroit, jamais Harry n'avait parlé aussi longtemps.
- Mais comment tu sais ça? Et puis comment tu as pu arriver jusqu'ici?
- Alors il y a un deux passages secrets qui permettent de venir dans la cour qu'on a passé tout à l'heure, mais un est presque impraticable. Et si je le sais, c'est parce que c'est elle qui m'a indiqué le chemin.
L'enfant sortit du sac qu'il avait prit un objet emballé dans du papier kraft ayant la taille d'un petit carnet d'écriture. Lorsqu'il le déballa, Neville se rendit compte qu'il s'agissait d'un tableau, un petit tableau qui n'avait même pas de cadre et dont les bords étaient assez abimés, la peinture était écaillée. Au milieu de celui-ci se tenait une femme qui agitait gentiment la main en guise de bonjour. Elle était assez replète, avait des cheveux roux et des yeux bleus pétillants de malice.
Neville n'avait vu qu'un dessin d'elle sur une carte de chocogrenouille, mais il sut tout de suite à qui il avait affaire.
- Bonjour la jeunesse, enchanté de te rencontrer Neville, Harry m'a beaucoup parlé de toi, surtout de toi, il n'aime pas parler beaucoup de lui. Vu ta tête je suppose que tu m'as reconnue?
- Vous...Vous êtes Helga Poufsouffle?
- c'est bien moi! Enfin ce qu'il en reste. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureuse de pouvoir discuter avec quelqu'un. Cela fait tellement longtemps que je n'avais plus parlé à personne. Mon Dieu j'a l'impression de rajeunir tellement je suis excitée. Harry je ne te remercierais jamais assez de m'avoir sortit de mon trou. Je n'en pouvais plus de cette obscurité constante, de ce silence quotidien et tout ça pendant des siècles tu m'as dis! Par Merlin, je suis si contente!
Si elle l'avait put, elle aurait sauté dans tout son cadre, mais il était si petit qu'elle restait simplement assise, ses yeux rieurs. Neville n'en revenait toujours pas qu'il avait une des quatre fondateurs de Poudlard face à lui. Mais quelque chose le dérangeait.
- Mais, comment pouvez-vous être dans ce tableau? J'ai lu quelque part que tous les tableaux bougeant des quatre fondateurs avaient été détruits lors d'une attaque.
- C'est vrai, on a essayé de me détruire, ils avaient réussis d'ailleurs, j'ai sentit ma magie se détacher de la peinture où j'étais. Mais quelques instants après j'ai été attiré dans cette toute petite toile et j'y suis resté toutes ses années sans jamais pouvoir en sortir ou me déplacer. Mais Harry est venu me sortir de là, d'ailleurs où est-ce que tu m'as trouvé?
- J'explorais les passages secrets de Poudlard quand le château m'a ouvert plusieurs portes que je n'avais jamais prises. J'ai laissé sa magie me guider et je suis arrivé dans un des passages secrets qui mène dans la petite cour de toute à l'heure, mais c'est celui qui est impraticable. Alors que j'allais faire demi-tour après être arrivé là où il y a eut un éboulement, des briques se sont écartées sur le mur de droite. Poudlard m'a laissé rentrer dans une petite pièce qui a servit à entreposer pleins de tableaux inachevés, ou des tableaux qui n'avaient pas encore d'occupants. C'était très poussiéreux. C'est en déplaçant quelques toiles que je vous ai trouvés. vous étiez coincée entre plusieurs tableaux. Vous ne bougiez pas quand je vous ai pris, mais j'ai sentit qu'il y avait de la magie. Alors je vous ai ramené avec moi et j'ai essayé de vous réveiller. Il m'a fallut quelques heures avant de vous sortir de votre sommeil magique.
- Mais comment ai-je put me retrouver dans ce débarras? Mon tableau était dans la grande salle avec celui de Godric et de Rowena.
- Je pense que c'est la magie qui vous a cachée là pour vous protéger.
- J'ai patienté des siècles complètement seule dans le noir, je me serais bien passée de ce sauvetage!
- Peut-être, mais la magie ne fait jamais rien au hasard. Enfin bref, Neville, depuis que je l'ai réveillée j'ai discuté avec elle et je lui ai demandé où il y aurait dans Poudlard un endroit pour cultiver des plantes. Elle m'a parlé de la petite cour qu'il y a dehors, mais c'était trop petit, finalement j'ai put entrer dans cette tour et c'est l'endroit parfait!
- Je... Je ne comprends pas.
- Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es. Tu as dis que chez toi tu avais des plantes qui t'attendaient. Et bien on peut les amener ici et les cultiver quand on aura remit un peu d'ordre dans cet endroit. En plus, les escaliers qui mènent en bas donnent sur une salle aussi grande qu'ici avec aussi des plateformes volantes et un grand lac assez profond créé à cause des fissures dans la roche, laissant l'eau du lac de dehors couler à l'intérieur. Il fait humide et sombre, c'est parfait pour des plantes qui ne poussent que la nuit ou des plantes aquatiques qui poussent sans lumière. Tu vas pouvoir continuer ici tout ce que tu faisais chez toi!
Harry était très enthousiaste et Nevile aussi, mais il avait du mal à croire qu'il pouvait vraiment faire pousser ce qu'il voulait ici. Et puis ça ne changeait pas son problème de plantes mourantes dans sa serre.
- Mais les plantes?
- On va les faire venir ici!
- Co...Comment?
- Et bien en début de semaine j'ai envoyé un message à ta grand-mère avec l'aide d'Hedwige en lui demandant de mettre en pot tes plantes qu'on peut déplacer et de regrouper toutes les graines que tu avais. Elle m'a répondu très vite qu'elle faisait ça, ça la débarrassait d'une charge qu'elle ne parvenait à accomplir. Maintenant elle doit avoir finit alors on va aller les chercher.
- Toujours la même question, comment?
- Suis moi. Madame Helga, vous venez aussi?
- Bien sûr! Hors de question que je reste toute seule maintenant que je peux discuter avec des gens! Je veux voir ce qu'est devenu Poudlard après toutes ces années!
Les deux sorciers refirent le même trajet en sens inverse, gardant le portrait en main, sachant qu'ils ne croiseraient personne à une heure pas beaucoup plus matinale que quand ils c'étaient levés. La fondatrice ne cessait de s'émerveiller devant tout ce qu'elle voyait, parlant sans cesse comme si elle voulait rattraper ses années de silence. De temps en temps elle racontait une anecdote de sa vie quand elle voyait un endroit qui lui ramenait des souvenirs.
Finalement Harry les entraina jusqu'à la volière du château. C'était une salle assez impressionnante dont le sol était couvert de paille alors que des centaines de perchoirs étaient accrochés aux murs ainsi que quelques petites maisonnettes. La lumière qui passait à travers les vitraux faisait danser des points de couleur un peu partout alors qu'au dessus de ceux-ci des ouvertures de toutes les tailles en forme de cercles donnaient sur l'extérieur.
- Comme c'est beau! Par Merlin vous avez vu toutes ses chouettes! Combien y en a-t-il? a mon époque nous n'en avions que dix qui distribuaient le courrier pour tout le monde. Elles revenaient toujours épuisées!
La fondatrice avait des raisons d'être surprise, la salle était remplie de chouettes et hiboux en tout genre ainsi que quelques autres rapaces. Tous les perchoirs étaient occupés. Les volatiles entraient et sortaient sans interruption. Certains avaient des lettres dans leur bec ou accroché à leurs serres, des paquets étaient disposés sur le sol, surveillés étroitement par des hiboux. Apparemment tout ceux qui étaient chargés attendaient le petit-déjeuner pour aller distribuer les nouvelles.
Le Survivant s'avança vers un groupe d'animaux qui n'avaient encore rien et qui patientaient calmement qu'on leur demande d'aller chercher quelque chose.
- Qu'est-ce que tu va faire Harry?
- La majorité des chouettes qui sont ici appartiennent à Poudlard. En fait il y a peu d'élèves qui comme moi on une chouette, souvent elle appartient à leur famille. Alors les élèves qui n'ont pas de moyens de communication peuvent leur donner leur courrier ou leur demander de l'aide pour une course. On va demander à celles-ci d'aller chercher tes plantes.
A peine eut-il dit ça qu'il se tourna vers les animaux, leur donnant le nom de la personne chez qui ils devaient se rendre et le nombre qu'il avait besoin. Immédiatement une trentaine de chouettes et hiboux s'envolèrent partant chercher les colis.
- Quel beau spectacle mes amis, quel beau spectacle! Cela m'avait tellement manqué de voir les choses bouger!
Maintenant que c'était fait, Harry entraina son ami chez Hagrid. Le garde-chasse les accueillit avec joie, c'était un matinal, déjà prêt à travailler et partir dans la forêt interdite alors que tous les élèves et la majorité des professeurs dormaient encore. Le plus petit lui demanda s'il pouvait emprunter du matériel de jardinage.
- V'nez, madame Chourave laisse toujours trainer plein d'outils partout. Je les ramasse et les stock ici. Comme ça si elle a besoin de quelque chose elle peut venir prendre ce qu'elle veut. Y'a tellement d'outils que vous pouvez vous servir.
Effectivement, la cabane où il les avait amené était remplie d'outils de jardinage en tout genre. Les enfants se servir repartant vite dans le château, les bras chargés alors qu'une certaine sorcière ne cessait de parler dans la poche du plus petit, se plaignant de ne pouvoir rien voir ou racontant tout et n'importe quoi. Elle avait définitivement besoin de parler.
Maintenant que Neville connaissait le chemin, tout se fit plus rapidement. En quelques minutes ils étaient de nouveau dans la cour abandonnée. Ils remontèrent difficilement les marches avec tout leur barda et se laissèrent tomber dans l'herbe une fois arrivé en haut.
- Harry...
- Oui?
- J'ai faim...
- Maintenant que tu le dis, ça doit être l'heure du petit-déjeuner.
- On va dans la grande-salle?
- Tu veux?
- Je ne sais pas. Je suis bien ici. Et puis il y a beaucoup de travail.
- Alors on reste. Zaniah?
Un petit "pop" retenti laissant apparaître une elfe de maison. Celle-ci tritura quelques instants le vieux tissus qui lui servait de vêtement.
- Bonjour monsieur Harry, vous voulez quelque chose?
- Oui, est-ce que tu peux nous amener ici deux petits déjeuner? Si tu n'es pas occupée bien sûr.
- Non, j'ai finis les autres petits-déjeuners et ce n'est pas encore le moment de débarrasser les tables. Je vous ramène ça tout de suite.
- Merci.
La petite elfe repartit comme elle était arrivé les sorciers seuls. Harry en profita pour sortir le portrait qu'il avait rangé dans sa poche. Délicatemet il posa l'oeuvre déjà bien abimée contre un petit caillou pour qu'elle puisse les voir et qu'ils puissent discuter.
- Tu connais une elfe de maison?
- Oui, Zaniah est une des elfes de Poudlard, on a sympathisé. Si tu veux je te présenterais aux autres un jour.
- Mais où sont ils? On ne les voit jamais.
- Neville tu ne sais pas ça? Ils sont toujours dans leurs quartiers, dans la cuisine ou dans les couloirs quand il n'y a pas d'élèves. Je te ferais visiter les cuisines bientôt.
Le jeune sorcier n'eut pas le temps d'approuver que déjà l'elfe revenait avec deux plateau recouverts de nourriture et de jus. Les deux enfants mangèrent, proposant un bout de temps en temps à l'elfe qui prenait sa pause en leur compagnie. Celle-ci avait eu du mal à accepter, mais les sorciers avaient été insistant, l'assurant que ce n'était pas quelque chose de mal d'accepter de la nourriture.
Lorsqu'ils eurent finis, Zaniah repartit vaquer à ses occupations et eux se retroussèrent les manches. La séance jardinage commença. Tous les deux retirèrent leurs capes de sorciers, gardant simplement leurs vêtements de tous les jours. Neville remarqua un étrange bracelet au poignet de son ami, il crut voir deux anneaux croisés, l'un rouge et l'autre vert. Mais il n'eut pas le temps de l'observer plus longtemps que le Survivant le rangeait dans sa cape.
Lorsque celui-ci se pencha un collier sortit de son pull gris. Il s'agissait d'une émeraude taillée en ovale, retenue par une bande de fer assez fine sur laquelle semblait être gravé quelque chose. Le bijoux était retenu par une chainette assez épaisse en argent. Dés qu'il se rendit compte que son collier était sortit, Harry le cacha à nouveau dans son col.
- Tu aime bien les bijoux Harry?
- Non, pas particulièrement, mais ce collier est important. C'est tout ce qu'il me reste de ma mère.
- Et ton bracelet?
Neville avait préféré changer de sujet en voyant le regard peiné de son ami à la mention de sa défunte mère. Mais à sa deuxième question il ne reçut qu'un sourire énigmatique.
Maintenant qu'ils étaient débarrassés de vêtements encombrants, ils retroussèrent leurs manches. Neville s'apprêta à commencer, attrapant une bêche pour retirer les mauvaises herbes et autres plantes qui ne pouvaient rester là. Mais il vit à ce moment son ami retirer son précieux béret pour le poser avec le reste de ses affaires, laissant ses boucles sauvages lui tomber sur les épaules.
De quelques gestes de mains il regroupa ses cheveux en une petite queue de cheval qu'il attacha avec un lien vert. Maintenant il n'y avait plus que que les mèches plus courtes qui venaient lui chatouiller les joues et le haut du front. Mais pour la première fois Neville vit les yeux de son ami.
Ceux-ci avaient la même couleur que l'émeraude qu'il avait vu plus tôt, ils étaient aussi brillants que des pierres précieuses. Un anneau de feu se dessinait autour de sa pupille, semblant danser comme des flammes.
Mais il n'y eut pas que le regard qui surprit le sorcier, il y avait aussi la cicatrice. Non, ça ne pouvait pas porter le nom de cicatrice. C'était une marque étrange. Il y avait bel et bien un éclair, mais celui-ci était d'un noir d'encre, stylisé, à côté de celui-ci commençaient à se dessiner des runes celtiques aux traits épais, toutes liées et d'un noir aussi profond que l'éclair. L'étrange tatouage couvrait son front à partir de l'éclair et descendait jusqu'un peu en dessous de son oeil.
- Je sais que tous les livres sur moi parlent d'une cicatrice. J'en ai eu une en forme d'éclair c'est vrai, mais pas très longtemps, ça a vite prit cette apparence là. C'est pour ça que je garde mes cheveux longs et mon béret, c'est le seul moyen que j'ai de cacher ce tatouage... Il te dégoûte?... Je te dégoûte?
Neville resta perdu quelques instants avant de s'approcher. Harry recula de quelques pas, mais son ami fut plus rapide. Les doigts du sorcier vinrent effleurer la marque, retraçant les contours des runes.
- Harry pourquoi est-ce que tu me dégouterais? Cette marque... C'est la preuve que le mage noir est mort et puis je la trouve plutôt pas mal.
Un léger sourire fleurit sur les lèvres du plus petit.
- Tu sais cette marque est un peu plus complexe que ce que tu dis... Mais ça me rassure que tu ne t'en aille pas en courant comme avait l'habitude de le faire ma tante Marge quand elle voyait ça. Bon si on s'y mettait!
La bonne humeur revint vite et ils se mirent enfin au travail. Neville apprécia vite le fait de voir les yeux de son ami, beaucoup de choses passaient dedans et il trouvait dommage de ne pas pouvoir les voir plus souvent.
Une bonne partie de la matinée fut passée quand ils se rendirent compte du peu d'avancement de leurs travaux.
- C'est vrai que juste à deux...
- Ca va nous prendre un temps fou Harry!
- Peut-être... Sauf si on demande un peu d'aide. Zaniah?
Encore une fois le "plop" caractéristique retentit, laissant l'elfe apparaitre.
- Vous avez encore besoin de moi monsieur Harry?
- En fait j'aurais besoin de plusieurs elfes. Nous aimerions remettre cet endroit en état pour qu'il puisse accueillir différentes sortes de plantes. Est-ce que vous voulez bien nous aider? Ce serait un bon endroit où vous pourriez vous reposer aussi.
- Mais avec plaisir! On est plusieurs à ne rien faire pour l'instant, on doit s'occuper du repas du soir alors on a encore le temps. Je vais chercher les autres!
Elle disparu pour réapparaitre quelques instants plus tard en compagnie de plus d'une vingtaine d'elfes de maison. Neville siffla, impressionné.
- Combien y a-t-il d'elfes à Poudlard?
- Plus d'une centaine, je dirais presque 150.
- Waouh.
Sur cette dernière intervention tout le monde se mit au travail. Neville était celui qui répartissait les tâches, aidé par Helga Poufsouffle qui s'y connaissait visiblement très bien en botanique. Ainsi tout ce beau monde eut rapidement de quoi faire.
En tout cas Harry avait eu une très bonne idée cette fois là. Les elfes travaillaient rapidement, aidés par leur magie ils faisaient en quelques instants ce qui aurait prit des heures aux deux sorciers. Ainsi l'herbe fut tondue en un claquement de doigt. Les mauvaises herbes furent retirées, les quelques pierres brisées ou non qui traînaient dans la végétation furent déplacées et utilisées pour fabriquer des petits murets entre les parcelles que Neville avait demandé à créer.
Pendant que les elfes s'agitaient en bas guidés par la fondatrice, Harry et Neville montèrent l'échelle, confirmant sa solidité, et se posèrent sur la petite plateforme fixe. Ils regardèrent quelques instants les autres qui flottaient toujours dans la coupole, se demandant comment les rejoindre sans balai. Finalement c'est le Survivant qui tenta quelque chose.
- Accio.
Il avait simplement tendu son bras en prononçant ses quelques mots vers un des îlots. Celui-ci s'arrêta avant de venir vers eux. Ils purent monter dessus et il repartit dans son errance. Les deux sorciers avaient une vue imprenable sur ce qu'il se passait en bas. Ils prirent quelques instants pour admirer ce qui serait leur jardin secret avant d'observer les différentes plateformes. Celles-ci étaient plutôt en bon état et semblait capable de voler encore longtemps, il fallait juste les dépoussiérer un peu et leur trouver une utilité.
- On pourra mettre dessus toutes les plantes qui doivent être dans des pots ou des bacs.
- Pas bête, je ne voyais pas vraiment comment on aurait put faire pousser du gazon ici. Bon, je crois que les plantes que ta grand-mère doit nous envoyer vont bientôt arriver.
- Ah bon?
- Oui, Hedwige est partie, elle a sûrement rejoint les autres chouettes pour leur montrer le chemin pour venir ici.
- Tu crois vraiment qu'elle pense à ça?
- Elle est plus intelligente qu'il n'y parait. C'est pour ça que je l'ai prise dans ce magasin. Elle était la seule avec ce regard rempli d'intelligence, comme si elle comprenait tout. Et je suis sûr que c'est le cas. Regarde, la voilà.
La chouette des neiges entra dans la coupole, suivie par toute une horde de hiboux et autres, chacun portant des pots de différentes tailles d'où émergeaient pleins de plantes de toutes les sortes. Certains pots étaient portés par deux oiseaux ou plus. Tout fut déposé très délicatement et les deux sorciers descendirent vite pour jeter un oeil sur les arrivages.
Une toute petite chouette s'avança vers Neville, lui tendant une lettre. Le brun se dépêcha de la lire, reconnaissant sans mal l'écriture de sa grand-mère. Il lit rapidement avant de se tourner vers son ami.
- Grand-mère dit que certaines plantes étaient gros grandes ou trop lourdes pour être portée par les hiboux. C'est dommage, j'aurais bien aimé récupérer celles-là.
- Attends, j'ai peut-être une solution. Zaniah, Dana, vous devez bientôt rejoindre les cuisines?
- Non, nous avons encore un peu de temps. Que voulez-vous?
- Je sais que je vous en demande beaucoup, mais est-ce que vous seriez capable de transplaner chez Augusta Londubat et ramener les plantes qu'elle vous désignera?
- C'est tout à fait possible, et puis n'ayez pas peur de nous demander de l'aide, ça nous change de la cuisine et du ménage, c'était vraiment une chouette journée. Bon, Dana on y va?
Les deux elfes partirent, vite suivis par leurs congénères qui retournèrent en cuisine après avoir salué les deux sorciers, les remerciant pour cette journée de distraction. Neville et Harry se retrouvèrent vite seul, admirant le travail accomplis en si peu de temps. Il n'y avait plus aucune herbe folle, ni de mauvaises herbes. De petits murets de pierres avaient été construits, délimitant des espaces bien précis. Les abords du lac avaient été réaménagés et le saule un peu retaillé.
Maintenant il n'y avait plus qu'à installer toutes les plantes qui attendaient dans leurs pots. Des pots qui étaient assez nombreux, même très nombreux.
- On aura beaucoup de boulot Neville, je ne savais pas que tu avais autant de plantes! Tu es vraiment plein de surprise.
Le brun rougit jusqu'aux oreilles. Il était très fier de sa collection de plantes qui était très fournies et comprenait pas mal d'espèces rares. Et il savait qu'il pourrait bientôt en rajouter d'après ce qu'il avait vu aux abords de Poudlard et de la forêt maudite. Pendant qu'ils observaient tout ça, des "pop" répétitifs se faisaient entendre derrière eux, signe que les deux elfes faisaient des allers-retours.
Une heure plus tard, d'imposants bacs et des boites de toutes les tailles avaient rejoints les pots de terre cuite, prenant toujours plus d'espace. finalement, les elfes firent leur dernier voyage, ramenant une petite boite carrée et un sac de cuir assez usé et assez gros. Neville et Harry remercièrent les deux voyageurs mille fois avant que ceux-ci ne partent préparer le repas.
Les deux enfants se retroussèrent les manches, se préparant à déplacer toute cette végétation. Ils mangeraient plus tard, les elfes leur avait promis de leur amener des plateaux repas. Mais avant de se salir les mains, Neville montra la boite que les elfes lui avaient donnés. Il défit le petit loquet, l'ouvrit et la jeta plus loin.
En quelques secondes un meuble se déploya, apparaissant comme s'il sortait d'un trou noir. Ainsi, à la place de la boîte il y avait une grande armoire carrée posée sur un épais tapis oriental, celui-ci s'étendait devant, couvrant le sol pour une table basse sur laquelle était posé plusieurs feuillets.
Harry siffla d'admiration avant de s'approcher, contemplant la moitié de l'armoire qui se trouvait être une bibliothèque contenant des livres de botaniques ou des fardes remplies de feuilles griffonnées. L'autre moitié de l'armoire était remplie de tiroirs de toutes les tailles. Neville en ouvrit un, montrant les nombreuses fioles qu'il contenait.
- Ce sont des fioles magiques qui permettent de conserver les graines ou les pousses beaucoup plus longtemps. Dedans c'est comme si le temps est figé. C'est pour ce genre de gadget que je suis content de venir d'une riche famille de sang-pur. Je n'aurais jamais put les acheter sinon. Enfin, dans ces tiroirs il y a les graines de toutes les plantes que je possède et même quelques unes que je n'ai pas encore eu le temps de faire pousser.
- C'est quoi toutes les feuilles dans les classeurs?
Le sorcier rougit jusqu'à la racine des cheveux, assez gênés de dévoiler son travail à quelqu'un de son âge.
- Ce sont toutes les notes que j'ai prise concernant mes plantes et des notes sur les expérimentations que je fais ou que je veux faire.
- Mais c'est génial! Il faudra que je regarde ça! Je pourrais?
- Bien sûr!
Ayant finit sa démonstration, Neville ramassa la boite qu'il avait jeté plus tôt. Dés qu'il l'eut prise, la bibliothèque, le tapis et la table furent aspirés à l'intérieur.
- Pas mal ce reducto. Très pratique.
- C'est ma grand-mère qui l'a mit en place comme ça j'ai toujours ma bibliothèque avec moi quand je voyage. Et puis il y a un accio dessus aussi. Ca me permet de faire apparaitre ce à quoi je pense quand je touche la boite. comme ça je ne dois pas sortir tout le meuble à chaque fois.
- Je connais.
Le silence revint. Encore une fois Harry ne dit rien de plus, laissant planer le mystère. Neville fut déçu qu'une fois de plus son ami ne lui fasse pas assez confiance pour lui dire des choses un peu plus personnel. Pourtant lui, il était sûr qu'il serait capable de laisser sa vie entre les mains du Survivant. Mais celui-ci n'avait apparemment pas encore un tel lien avec lui. Quelque chose semblait bloquer le plus jeune, quelque chose qui le rendait méfiant, prudent. Quelque chose que Neville ne parvenait pas à saisir. Il espérait juste qu'un jour il serait capable de comprendre et que Harry lui ferait assez confiance pour lui parler vraiment sans tout ces secrets.
Alors que l'ambiance c'était un peu alourdie, elle fut vite allégée par les cris d'une fondatrice bien connue.
- Non mais c'est pas vrai, qu'est-ce que vous attendez pour ranger tout ce bazar?! Et puis... Oh par Merlin! Ma toile est toute sale! C'est définitif j'en ai besoin d'une nouvelle et d'une plus grande! Non mais, je suis tout de même Helga Poufsouffle, une des fondatrices de Poudlard, je mérite mieux que ce tableau miteux! Je vois bien un petit salon avec une bibliothèque comme fond, comme ça je pourrais enfin m'assoir sur quelque chose de confortable à la place de cette chaise en bois miteuse. Et puis il faudra qu'il soit grand comme ça je pourrais enfin bouger. Avec un joli cadre doré et décoré. Oh et des gros rideaux qui encadreront une fenêtre qui donnera sur une vue de Poudlard ce sera bien. Et puis un deuxième tableau qui servirait de chambre et...
La dame potelée continuait de discourir sur les aménagements qu'elle voudrait dans ses nouveaux tableaux. Harry et Neville l'écoutaient sans la voir. Le Survivant finit par se glisser entre différentes pots de terre cuite, serpentant agilement sans en faire tomber un seul. Après quelques instants il plongea sa main entre deux d'entre eux, sortant le portrait de la Poufsouffle qui avait été complètement oublié entre les plantes.
Celle-ci boudait qu'on l'ait ainsi laissée alors que cela faisait des siècles qu'elle était seule. Mais elle ne restait pas de mauvaise humeur bien longtemps, forçant les enfants à reprendre le travail. Ceux-ci retroussèrent donc leurs manches, commençant à dépoter les différents végétaux et les planter à des endroits bien précis sous la direction de Neville et d'Helga.
Celle-ci en profitait d'ailler pour étaler son savoir en botanique, racontant tout ce qu'elle savait sur chaque plante que les sorciers déplaçait, expliquant le meilleur endroit pour les planter, le meilleur moment pour les récolter. Et ainsi de suite. Ils ne prirent qu'une pause pour manger le plateau repas que leur avait amené Zaniah. Avant de recommencer leur laborieux travail.
Finalement, ils durent s'arrêter en voyant la lune apparaitre et surtout en voyant l'heure du couvre-feu se rapprocher dangereusement. Fourbus par le travail de la journée et couverts d'un peu de terre, ils rejoignirent la partie occupée du château, Helga dormant dans la poche d'Harry, celui-ci avançant plus à l'instinct alors que ses yeux semblaient vouloir se fermer seul. Neville était dans le même état et suivait son ami au radar.
Ils passèrent rapidement à la douche avant de rejoindre leur dortoir. Là, les autres occupants de la chambre jouaient aux échecs. Ils furent d'ailleurs surpris de voir réapparaître les deux sorciers qui avaient été introuvables de toute la journée. Ils avaient voulus les inviter à venir voir les entrainements de quidditch mais dés le matin ils avaient disparus de la tour et n'étaient jamais venus à un seul repas.
Maintenant, ils allaient enfin pouvoir leur demander ce qu'ils avaient faits, mais ils n'eurent pas le temps de demander grand-chose que les deux sorciers c'étaient changés, couchés et avaient tirés les rideaux de leur lit avant de s'endormir comme des masses, laissant leurs colocataires avec leurs questions.
Le lendemain matin, Harry réveilla de nouveau son ami de bonne heure. Ils rejoignirent le vieil observatoire, recommençant le même travail que la veille. Il leur restait encore beaucoup de plantes, mais ils espéraient finir dans la journée pour faire leurs devoirs le soir. Et c'est ce qui arriva avec l'aide de la fondatrice. Celle-ci les avait bien conseillé, évitant de longues minutes de réflexion afin de savoir où placer les choses. Un peu avant le repas du soir ils purent admirer leur travail terminé.
L'observatoire semblait avoir retrouvé une deuxième vie. L'herbe ondulait lentement au gré du vent qui s'infiltrait par les panneaux ouverts. Les plantes remplissaient l'espace de couleurs et de vie alors que déjà quelques oiseaux semblaient avoir trouvés l'endroit à leur goût. La plupart des îlots flottants étaient encore vide, mais certains accueillaient déjà des plants de jeunes mandragore ou des bacs fermés où attendaient les plantes qui avaient besoin d'obscurité et d'humidité. Neville n'avait pas encore eu le courage de s'aventurer dans la pièce d'en bas qui pourtant avait aussi été remise en ordre par les elfes.
Maintenant que le travail était finit ils prirent quelques instants de pause au pied du saule, observant les animaux qui prenaient doucement leurs marques dans l'endroit. Hedwige volait tranquillement alors que Trevor avait trouvé une place sur un nénuphar qui semblait trop petit pour lui. Des petits moineaux avaient déjà commencés à faire leur nid dans l'imposant lierre qui recouvrait une partie de la coupole et qui montait assez haut.
- C'est endroit est incroyable...
- Tout à fait d'accord avec toi Neville.
- C'est génial que tu aies put le trouver... Dire qu'il n'est rien qu'à nous...
Harry sourit, laissant ses yeux et son esprit vagabonder dans ce jardin. Neville préférait observer les expressions de son ami avant que celui-ci se cache de nouveau sous ses mèches et son bonnet. En deux jours il l'avait beaucoup observé, se disant que durant la semaine il n'en aurait plus l'occasion alors il avait voulut graver ses traits dans sa mémoire pour toujours les deviner derrière les mèches bouclées.
Celles-ci étaient encore retenues en une couette par ce petit fil vert, juste quelques mèches encadraient son visage. Un visage aux traits doux, fins et toujours calme, d'une couleur qui commençait doucement à se réchauffer après ces heures à travailler au soleil. Ses grands yeux verts ressortaient énormément et c'était sûrement la partie qui hypnotisait le plus le jeune sorcier.
Ces grands yeux verts émeraudes qui semblaient toujours briller comme si quelque chose les illuminait de l'intérieur et ce cercle de feu qui dansait rendait son regard captivant.
La marque noir qui lui mangeait une partie du visage ne le défigurait pas du tout, au contraire, elle semblait à sa place. Au début Neville n'avait put s'empêcher de la fixer dés qu'il parlait à son ami. Mais le temps passant, elle avait finit par ne plus le déranger, les yeux verts l'attiraient plus.
Là maintenant, le plus petit semblait détendu, calme, un léger sourire au coin des lèvres, une de ses mains caressait sa chouette qui c'était posée sur ses genoux. Ses yeux semblaient fixer tout et rien en même temps, comme perdu dans un autre monde, une autre vision. Neville ne put s'empêcher de le comparer à un enfant de famille noble, ce qu'il était mais il n'avait visiblement pas reçu l'éducation qui allait avec et n'avait pas vécu dans ce milieu.
Pourtant là maintenant il ressemblait à un noble, une présence douce, calme et surtout puissante l'entourait, même le maladroit Neville pouvait la sentir. Malheureusement cette ambiance un peu étrange fut brisée par Helga qui avait respecté leur silence jusque maintenant mais qui se devait de leur rappeler que le repas allait bientôt commencer.
Tous les deux se relevèrent, récupérant leurs capes et autres affaires, déposant le portrait dans une des poches du plus petit. Neville y avait jeté un enchantement afin que la fondatrice puisse voir à travers le tissus. Celle-ci restait toujours très silencieuse dans le château, ne voulant visiblement pas que d'autres personnes connaissent son existence pour l'instant. Mais ça la tuait de rester silencieuse, alors elle récupérait après quand elle était sûr d'être seule avec les deux sorciers. Ceux-ci ne c'étaient jamais plains d'elle, ils ne lui avaient jamais reproché d'être trop bavarde, pourtant elle savait qu'elle l'était, ils comprenaient sa situation et la respectait. Pour ça elle ne pouvait s'empêcher de les remercier intérieurement.
Actuellement elle observait la grande salle de Poudlard pendant que les deux jeunes mangeaient. Elle avait été surprise par le plafond et surtout très heureuse. Il était magnifique! Après elle c'était concentrée sur les élèves, appréciant découvrir les sorciers qui appartenaient à sa maison. Ensuite venaient les professeurs. Harry les lui avait présenté avant de dire quels cours ils donnaient. Elle avait été heureuse de voir que sa successeur à la tête des Poufsouffle était une femme aimant la botanique, comme elle.
Le reste du repas passa sans soucis. Le lendemain les cours reprirent, toujours aussi difficile pour Harry lorsqu'il s'agissait d'utiliser une baguette. En potion ou dans les cours théoriques il n'avait aucun soucis. Severus le laissait tranquille, ayant bien comprit qu'il ne pourrait jamais rien lui reprocher au niveau des potions, mais ça ne l'empêchait pas de tenter une remarque sarcastique de temps en temps.
Le professeur de potion était retourné à plusieurs reprises dans la forêt interdite pour chercher ses ingrédients. A chaque fois il était retombé sur le griffon qui semblait vraiment l'apprécier. Celui-ci l'accompagnait toujours lors de ses promenades nocturnes, lui montrant le chemin, lui faisant découvrir les différents territoires des créatures magiques.
Severus Rogue c'était laissé faire, appréciant cette présence un peu étrange et ces balades. Mais deux semaines plus tard ce ne fut pas avec joie qu'il se rendit dans la forêt.
C'était un vendredi et il n'avait pas prévu d'aller chercher des plantes ce soir là, mais plutôt de corriger les devoirs de ses cornichons d'élèves. Seulement il fut interrompu par des tambourinements à sa porte. Râlant sur l'opportun qui venait le déranger, c'est de mauvaise humeur qu'il ouvrit. Ce fut pour tomber nez à nez avec un Albus Dumbeldore au regard sérieux.
- Que se passe-t-il Albus?
- On a besoin de vous dans la forêt. Maintenant.
Le professeur ne dit rien, ayant très bien sentit l'ordre derrière les paroles anodines. Il devait y aller maintenant et il n'y échapperait pas. Rapidement il rassembla des dizaines de fioles dans un grand sac qu'il passa en bandoulière avant de suivre son supérieur. Celui-ci fit un rapide crochet par l'infirmerie, demandant à Pompom de le suivre également avec de quoi soigner quelqu'un.
Lorsqu'elle fut prête, ils sortirent enfin du château, se dirigeant vers la cabane d'Hagrid. Au pied de celle-ci attendait son molosse noir, Crockdur. Celui-ci aboya en les voyant arriver, leur faisant signe de le suivre. Les sorciers s'enfoncèrent dans les bois, guidés par le chien. Ils se rendirent vite compte qu'ils prenaient la direction de la Clairière. Dumbeldore avançait d'un bon pas dans le silence, n'ayant rien dit depuis qu'ils avaient quittés Poudlard.
Finalement ils aperçurent au loin la percée dans les arbres. A partir de ce moment ils entendirent clairement des cris de rapaces étrangement mêlés avec ceux d'un félin. Severus ne mit pas longtemps à comprendre qu'elle créature criait ainsi. il accéléra le pas, arrivant dans cet endroit qu'il avait apprit à apprécier depuis quelques temps.
Là il remarqua vite l'imposant griffon qui se cabrait au milieu de la plaine, battant frénétiquement des ailes. Quelque chose clochait. L'animal avait toujours été très calme et là il semblait complètent fou. En y regardant mieux, une des ailes semblait moins actives que l'autre. La créature semblait tituber dés qu'elle posait ses quatre pattes au sol.
Hagrid était devant elle, à une certaine distance de sécurité, agitant les bras en essayant de la calmer. Mais ça ne servait à rien jusqu'à maintenant, le griffon s'agitait de plus en plus, encore une fois il se cabra, menaçant le géant de ses imposantes griffes, mais lorsqu'il les rabattit sur le sol, ses pattes semblèrent se dérober sous lui. L'animal s'écrasa au sol, tremblant.
Il tenta de se relever, mais cela semblait difficile. Severus s'approcha, profitant de ce calme relatif. Immédiatement les yeux émeraudes de l'animal se posèrent sur lui.
- Doucement, c'est moi.
Prudemment le professeur s'agenouilla devant la bête, tendant calmement sa main vers elle sous le regard inquiet des autres sorciers. Le griffon jugea ce qui venait d'arriver dans son champ de vision pendant quelques instants avant de tendre sa tête vers la main, venant s'y frotter.
Severus s'approcha un peu plus, lui caressant la tête comme il en avait prit l'habitude. L'animal se calma immédiatement, ses tremblements cessèrent alors que ses ailes reprenaient leur place contre son corps, arrêtant de s'agiter dans tous les sens. Il se coucha sur le sol, ne bougeant plus, laissant l'humain caresser ses plumes. Prudemment la main descendait, inspectant la peau.
Les autres sorciers c'étaient approchés en voyant la bête se calmer. L'infirmière finit par rompre le silence, demandant ce qu'il c'était passé. Le garde-chasse désigna une forme allongée plus loin dans la clairière. Le corps sans vie d'une licorne.
- J'ai entendu les cris de l'Opinicus, chuis venu voir et il se battait contre quelque chose. J'ai pas bien vu, ça c'est enfui dés que je suis arrivé. Apparemment cette chose a bu le sang de la licorne et lui il a essayé de la protéger, résultat il a été blessé.
- Quel sacrilège, boire du sang de licorne! Mais qui est assez désespéré pour en arriver là?!
- Tout un troupeau est déjà mort comme ça. Mais cette fois c'est le mâle qui avait un petit, la femelle et le gosse sont plus exposés au danger maintenant qu'il n'est plus là pour les protéger.
- Ne vous inquiétez pas Hagrid, l'Opinicus les protégera comme il vient de le faire, même si cette fois ce ne fut pas suffisant.
- J'espère que la prochaine fois ça le sera professeur parce qu'à cette allure là il n'y aura plus aucune licorne dans ces bois avant la fin de l'année.
Les professeurs parurent scandalisés par l'idée. Pendant ce temps, celui de potion continuait son inspection, ne cessant ses caresses alors que le regard du griffon était rivé sur la forme sans vie de la licorne. Mais celui-ci eut un violent soubresaut agitant tout son corps quand Severus toucha un endroit bien précis d'une de ses pattes avant. ses ailes s'agitèrent alors qu'il tenta de se relever, mais il ne fit que se soulever de quelques centimètres avant de s'écrouler à nouveau dans l'herbe, poussant des cris plaintifs.
Le professeur de potion c'était rapidement éloigné face à une telle réaction. Doucement il tenta de s'approcher à nouveau, recommençant ses caresses, attendant qu'il se détende. Après de longues minutes l'animal semblait somnoler, Severus finit par appeler sa collègue qui les avait accompagné.
- Pompom, venez.
L'infirmière prit son sac et vint se placer aux côtés du sorcier qui caressait toujours la tête du griffon. Celui-ci lui prit sa main, l'approchant du bec ébène. Lorsqu'elle le toucha, elle sentit immédiatement quelque chose fouiller son esprit, ne sentant aucun danger elle laissa faire. Après quelques instants elle sentit cette présence se retirer alors que le griffon à ses côtés se détendait, fermant les yeux qu'il avait gardé braqué sur elle depuis le début.
- C'est bon Pompom, il vous a accepté. Vous allez pouvoir l'approcher, mais je ne sais pas comment il va réagir quand vous toucherez ses blessures, faites attention.
- Je le ferais. Bon, voyons voir ce qu'il a.
Alors qu'elle allait se mettre au travail, elle sentit des plumes lui frôler la main. Apparemment l'animal se frottait à elle, demandant des caresses comme il le faisait avec Severus. Heureuse d'avoir la confiance d'une créature pareil elle n'hésita pas à lui flatter les plumes sous les ronronnements de contentements.
- Me laisseras-tu te toucher? J'ai besoin de m'occuper de tes blessures.
Comme si il avait comprit, le griffon lui fit un petit signe de tête avant de se coucher de tout son long, reposant sa tête sur le sol, ses ailes s'étendant aussi, laissant apparaitre le corps musculeux de félin.
Severus recommença ses caresses d'inspection, retombant sur la blessure qu'il avait sentit. Cette fois l'animal n'eut qu'un léger tremblement avant de se laisser faire. Le professeur fit un petit lumos, laissant la boule de lumière éclairer un peu mieux la blessure alors que l'infirmière se penchait dessus, écartant les poils ébènes pour constater une longue coupure partant de l'épaule jusqu'au coude de l'animal. Celle-ci saignait toujours tâchant le pelage couleur de nuit.
La médico-mage sortit ses flacons et ses bandes, laissant son collègue chercher d'autres blessures éventuelles. Prudemment elle versa le désinfectant, faisant attention à chaque mouvement de l'animal, ne voulant pas se faire blesser par une réaction un peu trop violente comme celle qui était arrivée plus tôt. Mais rien ne se passa, le griffon se laissait faire alors elle alla plus loin, refermant du mieux qu'elle put la blessure et la bandant.
Quand elle eut finit, Severus l'appela pour soigner autre chose. Il lu désigna une des ailes de l'animal et l'impressionnante coupure qui la traversait. Beaucoup de plumes avaient été sectionnées et la blessure se finissait proche de l'articulation. Pompom se concentra surtout à cet endroit là, sachant que les plumes repousseraient assez rapidement et que celles qui avaient été abimées ne l'empêcheraient pas de voler.
Doucement elle tâta l'os et la chair autour, soupirant de soulagement quand elle se rendit compte que rien n'était cassé, il y avait juste une fine griffure sur l'os qui avait été touché par la coupure. Une coupure faite par un sort sans aucun doute. Encore une fois elle désinfecta, soigna et posa des compresses.
Son travail terminé, elle retourna vers la tête du griffon, le caressant une dernière fois.
- Ce n'est rien de trop grave, tu devrais rapidement t'en remettre si tu me laisse venir désinfecter tes plaies pendant encore au moins trois jours.
L'animal acquiesça avant de se relever prudemment, s'appuyant sur ses pattes valides, repliant ses ailes. Il fut chancelant pendant encore quelques instants avant de reprendre toute sa prestance. Il s'inclina devant les sorciers avant d'aller vers le corps mort de l'autre animal. Il marcha comme un roi, la tête haute, la magie s'agitant sous ses pas.
Lorsqu'il fut à proximité du cadavre, il s'inclina le plus respectueusement possible, rendant un dernier hommage à la licorne. La magie sembla pulser dans l'endroit comme un coeur dans une poitrine. Les sorciers n'osaient plus faire un geste, ils n'osaient pas même respirer en sentant tant de puissance.
Calmement le chef des lieux posa son bec sur l'encolure froide de la créature magique. Le corps de celle-ci se mit à briller, avant de commencer à se décomposer en millier de petites paillettes scintillantes.
Celles-ci se détachèrent pour s'envoler et remplir toute la Clairière, ne laissant aucun corps derrière. Les différentes créatures de la forêt c'étaient regroupées autour de l'endroit, assistant au moment.
Une voix étouffée murmura.
Que ce qui a appartenu à la magie lui soit rendu... Que le cycle continue et ne s'arrête jamais.
Le griffon se releva, s'avançant au centre de la plaine toujours remplie de ces points lumineux. Ses ailes s'étendirent alors qu'un grognement qui ressemblait plus à un doux ronronnement s'élevait de sa gorge.
Les paillettes commencèrent à descendre, semblant aspirées par le sol qui commençait à briller d'une lumière argentée. Lorsque plus rien ne vola dans l'air, toute la Clairière brillait, même les arbres avaient pris cette teinte argentée. Le griffon observa le résultat d'un oeil protecteur.
Après quelques instants de contemplation, il replia ses ailes, la lumière décrut jusqu'à disparaitre. Mais tout le monde pouvait encore sentir la magie pulser dans la terre.
Toutes les créatures magiques présentes s'inclinèrent avant de retourner dans leur territoire. Seuls restèrent le griffon et deux licornes. Celles-ci se tenaient à la lisière des bois, leur regard fixé sur le maître des lieux. La femelle s'inclina dans une forme de profond respect, laissant tomber une larme sur le sol suite à la mort de son compagnon. Son petit l'imita maladroitement.
L'Opinicus répondit à leur salut avant qu'elles ne s'évaporent dans la nature. Le dernier animal s'avança là où c'était tenu le duo. Là où était tombé la larme commençait à apparaitre une petite pousse qui se développait rapidement, passant du stade de tige à bourgeon en quelques secondes. Finalement, celui-ci s'ouvrit, laissant apparaitre une fleur blanche légèrement luminescente aux bords irisés de doré ayant la forme d'une petite étoile.
Prudemment, le griffon coupa la tige, prenant dans son bec le plus délicatement possible le végétal. Il revint vers le groupe sorcier, s'avançant plus particulièrement vers le professeur de potion. D'un coup de tête il l'incita à ouvrir la main. Main dans laquelle il déposa le fleur.
Severus n'osa pas bouger, se demandant pourquoi un animal comme celui-là lui offrirait un cadeau pareil. Une plante encore inconnue jusqu'à aujourd'hui, née des larmes d'une licorne, l'être magique le plus pur. Le sorcier se sentit un peu désarçonné, ne sachant pas quoi faire d'un tel présent.
Voulant le rassurer, le griffon se frotta à lui comme il en avait l'habitude, lui transmettant divers images par pensée.
- Je dois juste la garder dans de l'eau? Et qu'est-ce que j'en fais? Je ne vais pas utiliser quelque chose d'aussi rare pour une potion, surtout que je n'en connais pas les effets.
une petite voix dans son esprit lui dit qu'il saura en temps et en heure quoi faire de cette fleur, il devait simplement la conserver à l'abri. Le sorcier acquiesça avant de se reculer, laissant de l'espace à la bête qui dépliait ses ailes. Celle-ci ne perdit pas de temps avant de s'envoler entre les arbres immenses de la forêt.
Le silence se fit dans la plaine. Un silence étrange après tout ce qui venait de se passer. Finalement, les sorciers se décidèrent à rentrer. Pompom collait le maître de potion, ne cessant d'admirer la fleur qu'il tenait. Tous les deux se demandaient qu'elle pourrait bien être ses effets et cela fut leur sujet de discussion durant tout le trajet de retour.
Arrivé dans les couloirs du château, ils se dispersèrent vers leurs appartements alors que Pompom leur criait une dernière fois dessus pour ne pas lui avoir dit qu'un griffon c'était installé à côté de Poudlard. Elle fut néanmoins rassurée de savoir que les autres professeurs n'étaient pas au courant. Pour une fois qu'elle savait quelque chose qui se passait dans le château et que Minerva ignorait. C'est cette pensée qui la rendit de bonne humeur, lui permettant de rêver d'un paquet de jolis choses dont pouvait rêver une infirmière.
