Salut à tous !
Tout d'abord, merci à toutes celles qui m'ont envoyé des reviews!
Voici la 2ème partie de mon OS, j'espère qu'elle vous plaira autant que le début, bien que ce soit très différent. J'ai décidé de l'écrire sous le point de vue de Severus, du coup je demande pardon aux puristes parce que je crois que, malgré mes efforts, mon Severus est devenu un peu OOC…
En espérant que cela vous plaise autant que le début, j'ai conscience que le changement de point de vue peut être déroutant, mais autant dans la 1ère partie je voulais montrer les ressentis de chacun, autant dans la deuxième les sentiments de Severus seraient plus authentiques ainsi.
Viel Spaß !
Elle était restée pendant près de trois mois dans sa geôle au Manoir Malefoy, jusqu'à ce que Potter et son idiot d'ami ne daignent enfin venir la délivrer.
Il ne lui était rien arrivé depuis ce jour impardonnable où je lui avais fait cette blessure qui ne guérirait jamais.
Chaque jour j'étais allé la voir, chaque jour je lui apportais un supplément au peu de nourriture auquel elle avait le droit. Chaque jour je prenais cinq minutes, risquant ma couverture, pour lui donner des nouvelles de l'extérieur, pour lui faire garder espoir.
Alors elle me remerciait d'un regard, rapidement, avant de se détourner. C'était tout ce que je pouvais espérer d'elle, mais c'était déjà beaucoup pour moi.
Malgré tout, son mutisme et son indifférence n'avait d'égal que mon désespoir de voir cette guerre interminable, mon désespoir de la voir, elle, n'être plus que l'ombre d'elle-même.
Mon seul réconfort était de me dire qu'elle m'écoutait lorsque je lui parlais et que, restée seule après mon départ, elle mangeait ce que je lui avais apporté. Ainsi savais-je qu'elle n'était pas totalement désintéressée de la vie, qu'elle espérait peut-être revoir un jour ses amis.
Je me souviens que, jour après jour, mon étonnement avait grandit de voir que le Seigneur des Ténèbres ne se servait pas d'elle pour proférer une quelconque menace ou accomplir une vengeance envers ses ennemis. J'appris plus tard que Potter avait été mis au courant de la séquestration de sa meilleure amie en ce lieu, et que le Maître n'avait fait qu'attendre patiemment mais fermement sa venue. Car tôt ou tard, il serait venu, à n'en point douter.
C'est d'ailleurs ce qu'il fit, un beau matin de juillet. Le Manoir Malefoy avait alors été conquis par l'Ordre, bien que difficilement.
De lourdes pertes avaient été à déplorer dans les deux camps, mais Hermione Granger avait enfin été libérée.
Au cours de l'attaque, personne n'avait osé s'en prendre à moi, aussi avais-je aidé l'Ordre du mieux que je pouvais en tentant de garder mon statut d'espion intact.
Tout au long des deux mois qui suivirent la libération d'Hermione, j'avais continué à œuvrer secrètement pour l'Ordre du Phénix, tout en clamant mon allégeance au Seigneur des Ténèbres. Celui-ci avait été dans une rage incontrôlable pendant une bonne semaine suite à sa défaite. Il avait d'ailleurs du partir se réfugier dans le manoir de ses ancêtres, suivi de ses mangemorts qui avaient survécus à l'attaque.
Puis il avait minutieusement et secrètement programmé l'assaut de Poudlard dont la victoire l'aurait enfin définitivement débarrassé des derniers résistants.
Cependant l'Ordre, par mes soins informé des sombres machinations adverses, avait pu s'organiser et se préparer à la défense.
Je n'avais pas revu Hermione depuis sa libération. Elle m'évitait comme la peste, c'était évident et bien entendu naturel de sa part, mais j'avais tant espéré revoir un de ses si beaux sourires… Il m'aurait donné ce courage typiquement gryffondorien que j'exécrais auparavant, mais qui me faisait maintenant cruellement défaut.
A présent, je tachais d'apercevoir une dernière fois le ciel bleu à travers les volutes de fumée s'élevant du champ de combat. Une dernière fois avant d'expirer enfin. Ce serait la délivrance, après toutes ces années à souffrir pour tenter de venger la mort de Lily et maintenant pour payer l'affront impardonnable que j'avais fait à Hermione.
J'avais grandi seul, rejeté de tous, j'avais vécu seul, me construisant ce masque de glace et de méchanceté et je mourrai bientôt seul, mon corps meurtri écrasé par les vestiges de la Grande Salle de Poudlard. Celle-ci était en ruines, la violence des combats que l'école avait accueillis en son sein avait été sans précédent. Dévastatrice.
Je sentais mon sang s'écouler lentement d'une plaie créée par un bout de table en bois, enfoncé en travers de ma cuisse. Mais je ne pouvais ni la voir ni la toucher, car mon buste et mes bras étaient immobilisés par une masse importante de gravats de pierre.
Mes forces me quittaient peu à peu et je serrai le poing tout en fermant les yeux, seuls mouvements qu'il m'était permis de faire.
Quelle ironie ! Moi qui avais depuis longtemps souhaité mourir, je tentais désespérément de retenir le mince filet de vie qui s'échappait de moi, pour survivre un instant de plus.
J'allai finalement sombrer dans l'inconscience lorsque, à travers mes paupières fermées, j'aperçu une ombre sur mon visage. Péniblement, j'arrivai à ouvrir les yeux. Une personne se tenait là, derrière ma tête, de sorte que je ne puisse la voir. C'était une femme : je voyais l'ombre de ses cheveux agités par le vent, et sa silhouette était fine.
Elle était immobile, et de son identité dépendait pour moi l'issue de la guerre.
- Pensiez-vous vraiment vous en tirer ainsi, professeur Rogue ?
C'était Sa voix. Mon corps se tendit de bonheur en l'entendant. Un soubresaut d'espoir m'envahit. Elle était vivante. Sa présence signifiait-elle que l'Ordre avait triomphé et que Potter avait détruit le Mage Noir ?
- Ce doit être la première fois où je ne vous entends pas me dire de me taire, professeur, continua Hermione.
Le ton qu'elle employait pour me nommer était bien loin de celui qu'elle avait utilisé des mois auparavant lorsqu'elle m'interpellait doucement de mon prénom. Cette indifférence envers moi de sa part était encore pire que la haine qu'elle aurait du ressentir. Tout mais pas ça ! Son froid dédain me serait intolérable ! Je me rendis alors compte du changement que sa présence avait opéré chez moi. Je l'aimais. Mais il fallait bien que je lui réponde :
- Je ne mérite pas de vivre après toutes les atrocités que j'ai commises, Hermione. Je ne suscite que dégoût et répulsion autour de moi, légitimement. Vous le savez autant que moi.
- Oh non, professeur. Vous ne mourrez pas maintenant. Le monde magique a encore besoin de vous, même si ni lui ni vous ne voulez le reconnaître.
Son ton détaché ne me disait rien qui vaille. La douleur devenait d'ailleurs de plus en plus forte et j'étais las d'attendre enfin la délivrance. Je fermai les yeux. Mais je les rouvris brusquement lorsque je sentis qu'elle s'était approchée de moi et qu'elle tenait ma baguette dans la main. Je tournais avec peine la tête vers elle, pour enfin la voir. Elle était belle. La maigreur de sa captivité avait presque disparut et je souris imperceptiblement.
- C'est pourtant ce que je suis en train de faire, mourir. Ce que j'ai toujours espéré au plus profond de mon âme, soufflais-je difficilement.
Et je voulu fermer les yeux encore, définitivement cette fois, en emportant le souvenir de son visage gravé dans ma mémoire.
Mais je ne le fis pas, car dans son autre main, sa propre baguette s'agita et le poids des pierres disparut de ma poitrine oppressée. J'inspirais profondément avant que la poussière ne me fasse légèrement tousser. Tentait-elle vraiment de me sauver, ou me soignait-elle seulement pour mieux me tuer ensuite ?
Libéré de mon carcan de pierre, je pus lever légèrement la tête pour apercevoir mes robes noires poussiéreuses et tachées du sang de mes ennemis ainsi que du mien. Plus bas, la vision du tronçon de bois dépassant fièrement de ma cuisse me fit abandonner l'idée de regarder mon corps et ma tête retomba lourdement à son emplacement initial.
- Vilaine blessure, professeur, commenta-t-elle, blasée, avant d'utiliser de nouveau sa baguette.
Le résultat fut que le morceau de table disparut, mais qu'ainsi le sang n'en coula que plus abondamment. Je me tendis d'un coup et, instinctivement, tentai de réguler de mes mains le flux rouge.
Mais un sort d'Hermione m'en empêcha.
- Non non non, professeur Rogue, je vous pensais plus intelligent que cela.
D'un grognement, je lui rappelai que je n'aime pas qu'on m'insulte de cette façon là.
J'optai alors pour une troisième option : elle voulait simplement me voir me vider de mon sang, lentement. Une mort atroce, en somme. Exactement à la hauteur de l'ignoble personnage que je suis.
- Vous n'êtes pas ignoble, professeur. Vous êtes un mangemort.
Merde. Elle avait réussi à lire dans mes pensées. Je devais vraiment être très faible pour ne plus pouvoir me protéger correctement.
J'érigeais alors de nouveau les barrières de mon esprit tout en l'écoutant du mieux que je pouvais. La perte de sang devenait importante et mon cerveau ne semblait plus assez oxygéné pour pouvoir continuer à tourner. Néanmoins, je devais admettre que son avis sur ma pauvre personne m'intéressait quelque peu.
J'essayai de me concentrer sur sa douce voix :
- Un mangemort, et également un membre de l'Ordre du Phénix. Vous n'aviez pas le choix, professeur.
Parlait-elle de mon état de mangemort ou de ce que je lui avais fait quelques mois avant ? Mais elle continuait, imperturbable :
- Mais je ne peux oublier ce que vous m'avez fait. Je vais vous soigner, vous allez vivre. Mais ne cherchez pas à me revoir.
A ces mots, elle se servit de sa baguette une nouvelle fois et la blessure se referma lentement.
La douleur disparut peu à peu et c'est lorsqu'elle me força à boire une potion de régénération sanguine que je compris le sens de ses dernières paroles.
Non ! Elle ne pouvait pas me faire ça !
L'indifférence est bien pire que la haine, elle le savait. Elle voulait me faire souffrir.
- Si vous aviez touché la plaie de vos mains, il y aurait eu de fortes chances qu'une infection apparaisse, à cause des résidus magiques.
Ah oui, j'avais oublié ce détail aussi. Je me sentis vieux, tout d'un coup.
Elle me rendit ma baguette et m'aida à me relever, j'étais encore très faible.
Comme la peau de ses mains était douce ! Mais sa ferme poigne sur mon bras ne me rappela que trop bien le moment où les rôles étaient inversés, où j'avais été, bien malgré moi, le dominant et elle la dominée.
Aujourd'hui la situation était tout autre et je ne pu m'empêcher de penser qu'à cet instant, elle aurait pu faire n'importe quoi de moi.
J'étais à sa merci. Pourtant, lorsqu'elle me lâcha et qu'elle partit rapidement sans un regard en arrière, je ne pu m'empêcher de tenter de la retenir.
Elle ne pouvait pas me laisser ainsi ! Et je sentais que je me devais de lui montrer mon désir de la garder auprès de moi.
- Attends, dis-je.
Alors je plongeais mon regard dans le sien, et pour la première fois depuis 18 ans, j'abaissais volontairement les remparts de mes pensées et lui montrai tous les sentiments qui m'avaient étreint ces derniers mois.
Oui moi, Severus Rogue, mangemort froid et connu pour mon manque de capacité émotive, Serpentard jusqu'au bout des ongles, j'étais tombé irrévocablement amoureux d'Hermione Granger, jeune femme brillante de vingt ans ma cadette, Gryffondor incontestée.
Après un lourd silence, une lueur de compréhension s'alluma dans son regard. Je ne voulais ni de sa pitié, ni de sa compassion, mais je savais qu'il ne fallait surtout pas le lui faire remarquer. La lionne indomptable me sourit alors.
Nous nous prîmes la main. La vie pouvait continuer.
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