Chapitre 2 : L'impromptu de Kabuki
Ikumatsu empila ses documents, alla retourner la pancarte qui affichait désormais « ouvert » et monta à l'étage pour ranger les papiers dans l'étagère de sa chambre. Elle allait redescendre en salle pour commencer à éplucher ses légumes quand elle entendit toquer à la porte-fenêtre du balcon. Elle ouvrir le rideau et aperçu un jeune homme aux longs cheveux noirs, qui se cachait tant bien que mal sous les vêtements qu'elle avait étendus. Elle fit glisser la fenêtre qui les séparait et s'adressa à lui :
Ikumatsu : Bonjour, Katsura-san.
Katsura : Bonjour Ikumatsu-dono.
Ikumatsu : Puis-je savoir ce que vous faites ainsi sur mon balcon en ce début de soirée ?
Katsura : Comme tout le monde, je profitais du beau temps pour me balader mais j'ai été surpris par la pluie.
Ikumatsu : J'ai entendu dire…
Katsura : Est-ce que vous accepteriez que je vienne m'abriter à l'intérieur ?
La jeune femme lui sourit et se décala pour lui laisser la place d'entrer.
Ikumatsu : Juste le temps que l'averse passe alors.
Le samurai pénétra dans la chambre et c'est alors qu'Ikumatsu aperçut le grand éclaire rouge qui zébrait son dos. Elle se figea et souffla « Le Shinsengumi ? ». Bien que ce fut une question rhétorique, Katsura se retourna vivement, à la fois pour la soustraire à cette vue et lui offrir un regard coupable. Elle reprit rapidement son sang-froid, se redressa, et fronça les sourcils.
Ikumatsu : Comme tout le monde, c'est bien ça ?
Katsura, surpris de cette réaction, rougit et bafouilla.
Katsura : Ce… Non… Enfin… C'est-à-dire que…
Ikumatsu : C'est moyennement convaincant, comme défense…
Katsura (rougissant de plus belle) : … J… Je…
Ikumatsu : Pas la peine. Contentez-vous de vous retourner et de vous déshabiller.
Katsura : Ikumatsu-dono ! Une femme ne devrait pas dire des choses comme «Contentez-vous de vous retourner et de vous déshabiller» !
Ikumatsu : Idiot ! Faites juste ce que je vous dis ! (Katsura obtempéra) Mais non ! Pas le bas ! Enlevez seulement votre haori et les manches de votre kimono espèce de… pervers !
Ikumatsu était à son tour rouge comme une pivoine et grognait d'énervement. Elle était sûre qu'il l'avait fait exprès pour la mettre mal à l'aise, cet abruti de samurai … Ce n'étaient vraiment pas des gens fréquentables ! Elle sortit de la pièce en fracas, marmonnant qu'elle allait chercher la trousse de premiers secours et qu'il avait bien de la chance que son restaurant soit aux normes en matière de sécurité.
Lorsqu'elle revint, le terroriste était sagement assis en tailleur sur le futon, la poitrine nue mais le reste de ses vêtements en place. Ikumatsu soupira, soulagée, et entra dans la pièce. Elle posa sa boite à pharmacie à coté de Katsura, alla rapidement tirer les rideaux (on est jamais à l'abri d'un débile qui se balade sur les toits, la preuve vivante était dans sa chambre) et vint s'asseoir derrière lui. Tandis qu'elle pansait sa plaie, il lui parlait du dernier jeu qu'Elizabeth et lui avaient inventé et de sa dernière visite chez les Yorozuya. En retour, elle lui expliquait que ses affaires allaient de mieux en mieux et qu'elle songeait à investir dans du nouveau matériel de cuisine. Une fois le bandage terminé, elle attrapa les cheveux du jeune Noble de la Fureur.
Katsura : Ikumatsu-dono ! Que… Que faites-vous ?
Ikumatsu : Je vous fais une tresse. Vos cheveux sont tellement longs qu'ils pourraient se coller dans la plaie sinon.
Katsura : Mais c'est un trait caractéristique de mon personnage et…
Il fut interrompu par un bruit de porte au rez-de-chaussée : un client venait d'entrer. Ikumatsu reposa la chevelure à moitié tressée sur l'épaule de Katsura avec beaucoup de délicatesse (il tenait beaucoup à ses cheveux) et se leva. Elle épousseta rapidement son tablier pour enlever les bouts de bandage et se dirigea vers la porte. Avant de la fermer, elle passa la tête dans l'embrasure et s'adressa au blessé.
Ikumatsu : Je reprends du service. Pendant ce temps, reposez-vous sur le futon et pas de mouvements brusques ! Je vous apporterais un bol de soba une fois les clients partis.
Elle referma doucement la porte des deux mains et descendit en salle pour accueillir les clients.
