Bonjour,

tout de suite le deuxième chapitre.

Chapitre 2 : Elle l'aime (Lolita Lempika)

Naru ouvrit les yeux. Très paresseusement. Il allait se rendormir quand en inspirant profondément, il respira un parfum qu'il ne sentait pas d'habitude au réveil. Un parfum féminin qu'il appréciait tout particulièrement.

- Mai…, soupira-t-il.

La jeune fille avait bougé dans son sommeil et elle était maintenant dos à lui, collée à lui. Il resserra sa prise, le cœur gros, et les hormones en pagaille. Le jeune homme venait de se réveiller d'un rêve particulièrement… plaisant.

Et l'objet de son rêve était justement contre son corps. Il dut se retenir vraiment fort pour ne pas bouger ses mains, ses doigts et surtout de ne pas poser ses lèvres sur la peau de sa nuque. Il profita encore de sa chaleur quelques minutes avant qu'il ne se jète vraiment sur elle et perde tout contrôle.

Il se leva, en prenant soin d'éviter de réveiller Mai, qui gémit dans son sommeil lorsqu'il se releva. Naru se figea et respira un bon coup pour ne pas se pencher au-dessus d'elle et l'embrasser pour la réveiller. Il se dépêcha de sortir du lit et de s'échapper de la chambre.

Au même moment, Mai ouvrit les yeux et soupira. Elle enfouit son visage dans l'oreiller pour éviter de se mettre à crier.

- Bien dormi ?

Naru leva les yeux sur Bô-san, qui avait un sourire entendu au visage. Le jeune homme fronça les sourcils.

-Beau rêve ?

Cette fois, le moine se fichait clairement de lui. Ayant l'impression qu'il avait lu dans son esprit, le jeune homme sentit son sang quitter son visage, avant de revenir tel un ras de marée, le chauffant jusqu'aux oreilles. Suivant le regard de son ami, il baissa les yeux et se rendit compte de l'effet que son rêve avait produit sur son corps.

- Bô-san… menaça-t-il d'une voix sourde. Ca ne te regarde pas, oui je suis un homme, enfin, ce n'est pas le moment.

- Je sais, mais excuse-moi de vouloir penser à autre chose. Et de voir que tu es comme n'importe quel mec de ton âge, ça me rassure et me fait du bien… Eh t'enfuis pas !

Agacé et gêné, Naru s'était retourné pour aller directement dans la salle de bain et se glisser sous la douche pour se calmer, mentalement et physiquement.

Quand il revint, Mai était à la table du petit déjeuner, un verre de jus d'orange devant elle, des céréales devant elle. La jeune fille regardait les aliments sans y toucher. Naru eu l'impression de revenir quatre ans en arrière et de voir la petite adolescente timide d'avant. Mais elle avait l'air éteinte.

Dévastée par la mort de celui qu'elle aimait. Bô-san avait rapproché sa chaise d'elle et la couvait d'un regard paternel. Il n'entendait pas ce qu'il lui disait, mais il avait sourire doux. Le moine abattit avec douceur une des planches à pain qui lui faisait office de main, sur la tête de sa petite protégée, avant de lui caresser tendrement les cheveux. Les grands yeux bruns de Mai étaient rouges et gonflés, ce qui lui donnait une tête de petite fille.

Le jeune homme dut se mettre une baigne mentale pour arrêter de fantasmer sur son assistante. Malgré tous ses efforts, à chaque fois qu'il la voyait… hum… il ne pouvait pas s'en empêcher !

Il vit le visage de Mai se crisper et tout à coup, elle fondit en larmes. Le moine la serra contre lui et la berça. Mais Mai se défit vite de son étreinte et essuya son visage, en leur disant d'une voix très enrouée :

- C'est bon, vous inquiétez pas, ça va passer.

Sans vraiment savoir pourquoi, Naru se sentit tout à coup un peu gêné, mal à l'aise. En fait il pensait à chaque fois qu'il était parti et qu'il l'avait laissée derrière lui, elle avait pleurer, d'après ce que lui avait dit Bô-san.

Il s'éclaircit la voix, attirant l'attention de ses amis :

- Je vais sortir, j'ai besoin d'aller au change et de faire quelques courses, comme tu m'accueilles chez toi…

- Vas-y aussi Bô-san.

- Je ne vais pas te laisser toute seule !

- Si, j'en ai besoin.

Elle avala son jus d'orange sans les regarder. Les deux hommes sortirent donc, non sans inquiétude.

Une fois complètement seule, elle se leva et commença à trembler, avant d'éclater en sanglots. La jeune fille s'effondra sur le sol, complètement détruite, le cœur si lourd que ça devenait insupportable. Elle finit allongée sur le sol froid, à pleurer sans s'arrêter. L'idée d'en finir lui avait plusieurs fois traverser l'esprit, mais elle n'était pas assez courageuse pour aller jusqu'au bout, et espérait toujours qu'il revienne. Qu'il lui revienne.

- Oh mon dieu, je l'aime tellement ! gémit-elle.

Elle l'aimait tellement que ça devenait douloureux, son cœur menaçait sans cesse d'exploser tellement elle avait envie de l'aimer, d'être auprés de lui, de le serrer dans ses bras, d'être dans sa chaleur, de plonger son regard dans le sien…

Mai se perdait dans sa crise d'hystérie et n'arrivait plus à avoir une pensée cohérente. La sonnette résonna dans l'appartement, mais la jeune fille ne réagit pas.

- Mai ! Mai !

La voix d'Ayako, à travers la porte était très inquiète. Mais bientôt, elle entendit une clé tourner dans la serrure et la miko entra, en cherchant sa protégée du regard.

La prêtresse la redressa et l'attira contre elle. Elle l'aida à se lever et elles s'installèrent sur le canapé.

- Dis-moi ce qui ne va pas… C'est Yasuhara ? C'est normal, mais un jour ça ira mieux…

- Je l'aime.

- Oh je sais bien, Mai.

- Je l'aime tellement, je veux plus qu'il parte.

Ayako fronça les sourcils. Elle n'était pas sûre que Mai parlait de son fiancé descédé.

- Mai, tu me parles bien de Yasu ?

La jeune fille secoua la tête.

- C'est Naru ? Mais… Pourquoi ?

Elle se redressa, mais n'osa pas regarder son amie dans les yeux.

- Il t'a laissé tomber comme une chaussette, deux fois en plus ! Il est même désagréable parfois avec toi !

- Ayako, je l'aime, je ne peux pas expliquer pourquoi, mais je l'aime, depuis le début, depuis quatre ans.

- C'était la première fois que tu tombais amoureuse, il y a eu Yasu, je comprends pas.

- Même quand j'étais avec Yasu je pensais à lui. Tout le temps.

Ayako se rendit compte que son amie était vraiment accro à cet imbécile. Elle était amoureuse malgré tous les défauts qu'il avait. Voilà un nouveau problème.

- Oh, ma petite Mai. Tu vas voir, ça va te passer. Tu trouveras un garçon plus intéressant que lui, qui voudra toujours te faire plaisir, te rendra heureuse…

- C'est ce que je me suis dit avec Yasu, mais il est incrusté tellement profond en moi. Quand je le vois, je me sens mieux, quand il me serre dans ses bras… je me sens si bien. Et quand je respire son odeur, je me sens protégée et apaisée.

Ayako crut que sa machoire allait tomber. Cette fille aurait visiblement tout fait pour lui et Naru ne voyait rien de tout ça. La miko savait que les deux jeunes gens s'étaient rapprochés, que Mai l'avait enfin humanisé, mais à quel point pour que la voix de son amie soit si passionnée ?

- Naru et toi, c'est que de l'amitié, pas vrai ?

- Je crois, dit-elle après une longue hésitation.

- C'est-à-dire ? demanda la miko, de plus en plus inquiète sur ce qu'elle allait apprendre.

- Bah tu vois, il y a des moments où il me prenait dans ses bras, et me serrait tellement fort que c'était comme si mon cœur allait exploser… et ce matin…

La jeune fille repensa à la sensation de son corps contre le sien, la preuve de son désir, dure, contre ses reins, cette façon qu'il avait eu de la maintenir contre lui, la chaleur brûlante de son souffle dans son cou… Mai rougit profusément.

- Quoi ? Tu me fais peur là.

- Je voudrais me réveiller dans ses bras comme ça tous les jours, avoua la jeune fille, en baissant la tête, ses cheveux formant une barrière pour ne pas affronter le regard de son amie.

La miko inspira à fond, pour se donner le courage de lui poser la question qui lui trottait dans la tête depuis un moment.

- Jusqu'où tu es allée avec lui ?

Le rougissement de la jeune fille ne fit que s'agraver et elle se mit à bafouiller :

- Euh… je sais pas… tu euh…

- Bon, je vais te poser la question autrement. Est-ce que vous avez déjà couché ensemble ?

Avec le temps, Naru avait changé beaucoup de choses à la SPR depuis son retour d'Angleterre, après les funérailles de Gene, environ trois ans avant la mort de Yasu. Il avait embauché Bô-san, qui ne gagnait plus bien sa vie avec son groupe de musique et qui avait fait ses preuves en tant qu'investigateur tout comme Lin qui était maintenant le bras droit de Naru. Le jeune homme avait aussi embauché Yasuhara, en tant qu'assistant à temps partiel, comme Mai. Les demandes devenaient plus importantes, c'est pour cela que le jeune patron avait jugé bon de grossir ses rangs. Et bien sûr, le fait que l'affaire marchait très bien l'avait conforté dans son choix. Cela lui permettait de faire un roulement, car ils étaient ouverts toute la semaine ainsi que le dimanche matin. Enfin il pouvait se reposer, et Mai aussi par la même occasion. Elle en profitait pour lui redonner le goût de la vie, en le traînant dehors, le faire sortir entre mecs avec Yasu, aller en soirée.

Ce fut lui d'ailleurs, qui fila au jeune génie la maladie dont tous les jeunes hommes souffrent à leur âge. Le réveil des hormones. À force de l'écouter et de le suivre, Naru ne regardait plus les filles avec seulement de l'ennui, mais aussi avec de l'intérêt. Il rattrapa bien vite le temps perdu, sans pour autant se poser avec quelqu'un. En fait l'objet de tous ses désirs, les vrais, ceux qui ne se tarissaient pas, était tous les jours dans son agence. Lorsqu'il était rentré au Japon, il l'avait trouvée changée, alors qu'il n'était parti que peu de temps.

Cette coupure lui avait permis de se rendre compte des changements, après un an. Elle gardait toujours cette coupe un peu courte sans vraie structure mais qui lui allait si bien. Elle conservait cet air d'adolescente, alors que son corps changeait. Pas beaucoup, elle restait toute fine et élancée. Ses jambes, qu'elle dévoilait sans pudeur et qui faisaient se retourner pas mal d'hommes, ce à quoi elle ne prêtait pas attention, contrairement à Naru, étaient parfaites, fines comme celles d'un top model. Cette quasi maigreur lui allait bien, parce qu'elle était bien dans sa peau.

Il adorait la voir depuis son bureau, se balader en jupe, se concentrer devant son ordinateur, se mordiller les lèvres. Lorsqu'ils sortaient, il ne pouvait s'empêcher de voir le regard des autres sur elle, et dans ces moments-là, le jeune homme avait juste envie de la faire s'arrêter, de la prendre par les hanches et de lui rouller la pelle de sa vie, pour que tous puissent voir qu'elle était intouchable. Mais il n'osait pas. Il avait eu de la chance qu'elle soit restée son amie après son départ un peu trop précipité. Naru n'avait pas l'espoir qu'elle s'intéresse à lui. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de calmer ses ardeurs, et la dévorer du regard de loin, quand elle ne le voyait pas.

S'il y en avait bien un qui avait remarqué les regards appuyés de Naru pour son assistante, c'était Yasu. Lui aussi avait remarqué que Mai était une très jolie fille et s'en amusait en se permettant des gestes qui faisaient juste bouillir son patron et ami. La jeune fille était si innocente qu'elle ne se rendait compte de rien.

De son côté, elle était toujours amoureuse de Naru. Elle savait très bien que les filles qui s'intéssaient à lui et qui l'intéressaient à son tour, finissaient dans ses bras. Même si elle comprenait que ce n'était jamais sérieux, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la jalousie, une douleur au cœur. Mai faisait en sorte d'ignorer ce fait, pour ne pas craquer, puisque visiblement, il ne ressentait pas grand-chose pour elle. Jamais il avait essayé de la toucher. Lors des enquêtes, les seuls moments où elle pouvait sentir son corps étaient quand il la protégeait.

Voilà dans quelle situation ils se trouvaient, chacun ignorant tout des désirs de l'autre. Ce fut Yasu qui commença à mettre la pression sur Naru. Il lui dit que s'il ne se dépêchait pas, un autre mec allait réussir à l'avoir. Le jeune homme comprit immédiatement sous cette menace, que Yasu était lui aussi très intéressé par la jolie brune. Une certaine tension se développa entre eux. Naru commença à se montrer plus attentionné. Il lui proposait de sortir, de boire un café, de manger ensemble le midi. Sur les enquêtes, il faisait tout pour être prés d'elle, et s'intéressa notamment plus à son travail. Le jeune homme lui souriait, riait avec elle.

De son côté, elle percevait toutes ses attentions comme une avancé de leur amitié et rejetait autant que possible l'idée qu'il puisse s'intéresser à elle. Yasu, de son côté, se comportait comme Naru, et obtenait les mêmes résultats si ce n'est que Mai ne le voyait vraiment que comme son ami. Dans leur groupe, personne ne semblait remarquer quoi que ce soit, mis à part Bô-san, qui se gardait bien de tout raconter et qui secrètement couchait avec Ayako.

Un après-midi, Naru reçut l'appel de sa vie. Celui qu'il attendait depuis toujours. Son père, qui était maintenant directeur du département sciences du paranormal et de la parapsychologie dans une des universités les plus influentes d'Angleterre, avait réussi à lui obtenir le job de ses rêves. Professeur-chercheur. La formation était unique au monde, prestigieuse de part son corps professoral, qui comptait donc Martin Davis. Le jeune homme ne pouvait donc pas refuser. Malgré Mai.

Il réfléchit longtemps à la manière dont il allait lui annoncer la nouvelle. Le jeune homme eut l'idée de demander à Lin, mais se dit que c'était une mauvaise option. En effet, Lin lui dirait de se débrouiller tout seul, qu'il était adulte. Et qu'il ne voyait pas vraiment pourquoi c'était gênant pour le garçon de l'annoncer à Mai.

La situation se désamorça d'elle-même quand un samedi après-midi, Mai lui proposa une virée au musée, le lendemain. Il accepta. Naru mit tout en œuvre pour lui faire plaisir. Comme la douceur du printemps commençait à réchauffer l'air, il abandonna son habituel costume trois pièces pour un jean et un tshirt, noirs évidemment, mais beaucoup plus décontractés. Il ne cacha plus ses sourires.

Lorsqu'ils se retrouvèrent, ce fut l'électrochoc. Mai en resta les jambes tremblantes. Ses côtés bad boy et prétencieux ressortaient encore plus que d'habitude et le rendait encore plus séduisant. Mais il souriait, ce qui atténuait cette sensation. Il était décidément diablement beau. Le jean lui allait à la perfection et le tshirt le faisait paraître moins menu que dans ses costumes. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi décontracté. Les filles qui posaientles yeux sur lui le reluquaient sans vergogne.

Le sourire de Mai trembla. Elle était heureuse qu'il ne soit là que pour elle, et à la fois complètement affolée car elle avait soudain peur de perdre tout contrôle et de faire une bourde. Il était beaucoup trop séduisant pour son pauvre cœur déjà malmené. Bizarrement, elle se sentit ridicule dans sa petite robe rose pâle, en mousseline synthétique doublée, serrée à la taille, ce qui donnait l'impression que la robe était toute légère. Mai baissa un instant les yeux sur ses petites chaussures noires pour reprendre discrètement contenance.

Naru, de son côté, la trouva plus mignonne que jamais, avec cette tenue de jeune fille classe et modèle. Ses doigts, accrochés à la bandoulière de son sac, témoignaient d'une certaine nervosité. Il n'osa pas la toucher, du moins pas encore, pour ne pas la rendre plus nerveuse.

Il visitèrent l'expo tranquillement. Mai papillonait, commentait ça ou ça, parfois se penchait au-dessus du plexiglass, ses cheveux tombant comme un rideau pour cacher son expression, tantôt émerveillée, tantôt concentrée. Elle parlait moins que d'habitude et jetait fréquemment des regards en arrière pour voir s'il la suivait bien. Et comment ! D'un pas tranquille, il avançait et se rapprochait de plus en plus à chaque fois qu'elle s'arrêtait.

Ils finirent par sortir et se promenèrent dans un parc tranquille de Tokyo. Il devait lui dire. Le jeune homme les dirigea vers un banc, sous l'ombre d'un arbre bien placé. Mai était intimidée par son changement d'attitude. Il faisait attention à elle et quelques fois, elle avait perçu un regard sur elle, destabilisant, comme s'il la carressait des yeux. Elle se dit qu'elle devait halluciner. Il s'assit et sans comprendre vraiment, elle se retrouva contre lui. Assis côte à côte, leurs corps se touchaient et elle sentait sa chaleur. Ils s'étaient déjà retrouvés proches comme ça, mais ce n'était pas pareil. Ensorcelée par sa douceur, elle se laissa aller contre lui. Naru inspira discrètement puis ouvrit la bouche.

- Mai… Il faut que je te dise quelque chose.

- Hum, vas-y.

- Dans la semaine, j'ai eu un appel important. Je vais devenir professeur-chercheur.

- C'est génial.

- Oui, c'est pour ça qu'il faut que je reparte en Angleterre.

Il la fixa pour jauger sa réaction. Ses yeux se détournèrent de lui, il la vit se mordre les lèvres puis hocher la tête.

- D'accord.

Naru s'étonna de la voir le prendre plutôt bien.

- Je pars dans deux semaines.

Toujours aucune réaction.

- Le temps que je règle la gestion et les papiers du bureau, et mon appartement.

- Pendant combien de temps ?

- Un bon moment… je crois que je ne vais pas revenir.

Silence.

Mai soupira.

- Si c'est ce que tu veux. Tu sais que tu vas avoir encore plus de problèmes avec les médias ?

Son ton était moqueur. Lui qui s'attendait à des cris et des larmes. La dernière fois qu'il était parti, il se souvenait de ses yeux brillants de larmes retenues. Et là rien.

En fait, elle était tout simplement dévastée, avait juste l'impression que son cœur allait exploser. La jeune fille se retenait pour ne pas montrer sa déception et surtout de ne pas penser au fait qu'elle allait sûrement jamais le revoir. Et puis elle n'avait pas le droit de l'empêcher de partir. Visiblement il ne ressentait rien pour elle. Mai savait aussi qu'il ne s'attachait pas facilement aux gens, trop accaparé par sa vie professionnelle, contrairement à elle. Elle se résigna donc.

La jeune fille fut surprise en sentant un bras passer autour de sa taille. Elle rêvait juste de se laisser aller dans ses bras, mais se retint.

- J'aimerais qu'on en profite pour se voir le plus possible.

Etonnée n'était pas le mot. Elle haussa un sourcil, et il lui dit comme si c'était naturel (de sa part) :

- Tu es mon amie et je ne t'ai pas consacré beaucoup de temps ces derniers temps.

Ah ça oui ! Mai avait préparé un examen blanc pendant les trois dernières semaines pour être sûre de réussir. Le jeune homme lui avait gracieusement offert sa liberté (mais toujours payée ! c'est dans les rêves que ça arrive ça, non ?), comprenant parfaitement. Silence radio pendant trois semaines, chacun occupé par ses propres affaires, d'autant plus que Naru avait reçu une enquête qui se révélât plus compliquée que prévu, ce qui le rendit plus qu'excécrable. Bref, impossible de se voir. Il lui avait terriblement manqué.

C'était ce qu'elle voulait. Profiter au maximum du temps qu'il pourrait lui accorder. Mai savait que si elle acceptait, elle en souffrirait, et que si elle refusait… ce serait en core pire. Elle était amoureuse, c'était aussi bête et compliqué que ça.

Elle tenta un sourire et hocha doucement la tête.

- D'accord.

Naru se leva, ses yeux bleus pétillants (on a jamais vu ça dans GH !) de malice, l'aida à son tour, pour la prendre par la taille et l'entraîner dans les allées du parc. Elle essaya de se défaire de son bras mais il resserra sa prise, avec un sourire qui disait clairement qu'il se fichait d'elle.

- T'es chiant des fois quand tu t'y mets.

- Je sais, répondit-il avec éloquence, un sourire diabolique faisant remonter les coins de sa bouche, qu'elle avait de plus en plus envie d'embrasser.

Mai se contenta de lever les yeux au ciel avant de capituler. Ils se redirigèrent vers le centre ville, en prenant leur temps, relançant leurs joutes verbales. Un peu plus loin, ils décidèrent de se poser quelque part.

Elle s'assit sur un muret, ses pieds ne touchant pas le sol. Il était debout, face à elle, et la regardait toujours avec cette même expression. Elle se sentait fébrile et commençait à avoir un peu chaud. Elle avait tellement envie qu'il la touche. C'était incontrôlable. Il s'avança plus prés, se callant entre ses jambes, et la serra contre lui. Oh lala. Sentant qu'elle ne le repoussait pas, il posa son front sur son épaule, avant finalement de se poser dans son cou. Oh lalalalalala ! La jeune fille se retrouva incapable d'aligner une pensée cohérente. Alors elle l'étreignit à son tour, se laissant aller. Son souffle chaud provoquait des frissons incontrôlables et irrésistibles.

Un moment après, il releva la tête, ses lèvres frôlant son oreille. C'était délicieusement agréable. Son souffle se fit moins régulier. Il effeura sa joue, laissant une traînée brulante sur sa peau, en s'écartant un tout petit peu. Le jeune homme plongea son regard dans le sien, mais il était si intense qu'elle baissa les yeux. Leurs nez se frôlèrent avant que ses lèvres n'effleurent les siennes. Il attendait patiemment de voir ses réactions, et lorsqu'elle remua un peu en sentant sa bouche, Naru n'hésita plus une seule seconde.

Il entrouvrit légèrement les lèvres pour capturer l'une des siennes. Doucement, tendrement, sans précipitation, testant toujours ses réactions. Le jeune homme commença à bouger contre les lèvres de Mai, qui répondit presque tout de suite. C'était son premier baiser et c'était merveilleux. Elle n'avait pas l'impression que c'était vraiment Naru qui était avec elle, et en même temps, cette douceur n'avait plus rien d'étonnant après ces derniers mois. Complètement molle, la jeune fille s'agrippa au dos de son tshirt, avant de remonter vers sa nuque. C'était bon. Son cœur battait fort, elle retenait son souffle, tandis qu'une douleur agréable se répendait dans son ventre et dans tout son corps, quand Naru aggrippait sa taille pour la rapprocher encore plus prés. Elle répondit en s'avançant vers lui. Ils étaient complètement collés l'un à l'autre.

Mai hésita une seconde quand elle sentit sa langue se frayer un chemin dans sa bouche. Elle ne résista pas. C'était vraiment trop bon. Ils continuèrent de s'embrasser, sans se préoccupper des passants qui les dévisageaient, avec choc pour certains, gêne ou ammusement. Il réussit à lui faire oublier où elle était.

Manquant d'air, Mai rompit leur baiser en prenant soin d'éviter le regard de Naru qu'elle savait brûlant. Elle n'arrivait pas à y croire. C'était sûrement un rêve.

Naru chercha son regard, mais elle semblait tellement gênée qu'il n'osa pas lui relever le menton.

- Ça va ?

Sa voix était sourde et basse, masculine, irrésistible. Elle hocha simplement la tête. Après un moment, le front posé sur son épaule, elle avoua, à voix basse :

- C'était mon premier baiser.

- Quoi ? s'exclama-t-il, incrédule.

- C'est mon premier…

- Vraiment ? Ce n'est pas l'impression que j'ai eue. Attends… Aucun garçon a déjà voulu t'embrasser ?

- Si, mais c'est moi qui ne voulait pas. En fait il n'y en a qu'un qui a essayé mais je ne voulais vraiment pas.

Le jeune homme eu un sourire en coin, et il la fit trembler en prenant sa joue dans sa main. Il se mordit la lèvre en passant son pouce sur sa peau douce. Mai rougit, ensorcelée. Naru n'eut pas besoin de beaucoup se pencher pour déposer un baiser rapide sur les lèvres de Mai. La jeune fille voulut lui répondre, mais il s'écarta rapidement, la laissant sur sa faim. Il fut plus que satisfait du pouvoir qu'il avait visiblement sur elle. Il la ressera contre lui, se laissant aller contre son corps chaud, et ses formes qu'il devinait à travers sa robe. Mai était dans un état proche du bonheur inconditionnel, son cerveau en fuite. Son odeur, sa chaleur, sa force… elle ne voulait pas quittait ses bras, c'était parfait.

Les jours qui suivirent furent comme dans un rêve. Elle découvrit un Naru au naturel, beaucoup moins froid et distant que laissait supposer sa carapace de froideur. Et beaucoup plus passionné. Mai avait tellement envie d'être avec lui, de le voir. Elle ne se le refusa pas.

Ils passèrent leurs soirées ensemble et les premières fois qu'elle dormit chez lui, il fit tout pour ne pas la froisser, la rendre nerveuse. Un calin, des bisous, des caresses… La jeune fille avait très vite compris qu'il faisait tout pour ne pas se jeter sur elle, même si elle savait qu'il était tendu.

Elle aussi d'ailleurs. Son souffle chaud, dans son cou, contre son oreille, sur sa nuque, ses doigts brûlants, frôlant ses côtes, sa poitrine, son dos, son ventre, et ses lèvres tentantes qui la rendait encore plus folle. Mai savait très bien qu'elle perdrait à ce jeu-là, même si parfois, elle espérait qu'il change d'avis, qu'il reste rien que pour elle. La jeune fille n'en pouvait plus. Elle avait envie de plus, son cerveau complètement dirigé par son cœur.

N'y tenant plus, elle déclara forfait et s'abandonna à lui. Il y alla doucement, la rassurant du mieux qu'il pouvait. Elle lui avoua qu'elle avait peur d'avoir un excés de panique et de se raviser au dernier moment. Naru lui confia qu'il préférait qu'elle le lui dise plutôt qu'elle subisse.

Dire qu'elle n'eut pas mal serait un mensonge. Elle eut l'impression d'être complètement écartelée. Dans sa tête, elle le traîta de tous les noms, et elle ne pleura pas. La jeune fille lui fit quelques remarques acides auxquelles il sourit, comprenant qu'elle se fichait de lui pour tenter de garder contenance. Son regard était toujours aussi brûlant, ses yeux bleus magnifiques, sa respiration avait changé, plus lourde, témoignant de son excitation.

Tout ce qu'elle ressentit fut à la grande majorité… la douleur. 98% de douleur et 2% de plaisir. Ce n'était pas aussi fun que ce à quoi elle s'était attendue. Mai savait qu'elle allait avoir mal, mais pas qu'elle ne ressentirait presque rien. Qu'importe, après tout, ce n'est pas pour rien que les filles appréhendent leur première fois.

Quoiqu'il en soit, Naru s'était montré quand-même doux, avec une certaine tendresse dans ces gestes, comme ses baisers sur sa tempe, les caresses sur son visage. Ils s'étaient endormis dans les bras l'un de l'autre. Il l'avait serrée dans se bras presque à l'étouffer. Malgré cela, Mai se sentait bien, trop bien… heureuse. Son espoir qu'il éprouve quelque chose pour elle augmenta malgré elle, et elle commença à espérer qu'il reste.

Espoir vain. Il partit quand-même et Mai le loupa à l'aéroport, à cause des cours. C'est la boule au ventre qu'elle réalisa qu'il était parti, en regardant les aiguilles de l'horloge accrochée au mur de la salle de classe. Les larmes commencèrent à monter, ainsi elle baissa la tête, pour que personne ne la voit, tentant de contrôler sa respiration. Il lui avait promis qu'il reviendrait, qu'ils se verraient par internet et qu'il lui écrirait. Mais rien de tout ça pourrait remplacer sa présence physique.

Le temps passa, les jours, les semaines aussi, et aucune nouvelle de Naru. Plus les jours passaient, plus elle perdait espoir, alors que son petit cœur se serrait entre ses côtes. La jeune fille perdait toute envie, mais faisait bonne figure devant ses amis. En cotoyant Yasu, qui draguait à tout va, elle se rappela que Naru avait passer beaucoup de temps avec lui, et beaucoup de filles. Elle se demanda donc si les hommes étaient capables d'avoir des sentiments amoureux, et pas juste l'envie de satisfaire un besoin primaire, utilisant tous les subterfuges pour parvenir à leurs fins.

- Mai, réponds-moi, il faut que je sache.

La jeune fille se contenta de ramener ses jambes contre sa poitrine, et étreignit fortement ses genoux, comme si elle voulait se créer une carapace. Les mots ne voulaient plus franchir la barrière de ses lèvres, pétrifiée à l'idée de révéler un tel secret.

-… oui, murmura-t-elle, en fondant à nouveau en larmes.

- Oh non c'est pas vrai. Il t'as laissée tomber juste après, c'est vraiment une pourriture ! s'énerva Ayako en prenant Mai dans ses bras. Tu vas voir, tu vas rencontrer un garçon qui voudra vraiment de toi et qui ne te laissera jamais être malheureuse.

- Mais… Ayako, je… pourrais pas… je l'aime trop…, sanglota la jeune fille.

- Mai…

Ayako ne termina pas ce qu'elle voulait dire. A vrai dire, les larmes commençaient à monter pour elle aussi, car elle vivait une situation dans le même genre sans savoir sur quel pied danser, alors que ça durait depuis des mois, sans qu'aucun ne fasse un pas l'un vers l'autre. La miko était amoureuse aussi, vraiment très amoureuse, mais ne le disait à personne.

- Pourquoi tu pleures Ayako ?

- Parce que je n'aime pas te voir dans cet état, répondit la jeune femme, en chassant quelques larmes traîtresses.

- Tu n'en parleras à personne ?

- Je te le promets.

Ayako eut l'idée de ramener deux couvertures, et resta confortablement installée sur le canapé, la tête de Mai sur les cuisses qui s'endormit profondément. La miko fixait l'écran de la télévision qui diffusait une vieille série qu'elle aimait bien, tout en caressant les cheveux de Mai. La jeune fille ronffla un peu, sûrement à cause de sa crise de larmes.

Les hommes rentrèrent quelques heures plus tard, les bras chargés de courses. Le regard sévère de la miko les figèrent sur place, puis elle désigna silencieusement Mai, toujours endormie. Ils comprirent et firent le moins de bruit possible.

La jeune fille se réveilla quelques heures plus tard, les yeux gonflés, rougits et un peu collants, d'avoir tant pleurer. Bô-san et Naru étaient là aussi. Le moine regardait tranquillement la télévision et Naru somnolait dans un fauteuil, toujours pas remis du décalage horaire visiblement. Ayako sentit qu'elle s'était réveillée, et demanda au moine d'aller faire un thé, d'une voix toute douce (il s'était beaucoup amélioré). Après, Ayako partit préparer un truc à manger. Ils mangèrent au rythme des discussions entre la miko et Bô-san. Mai tentait un vague sourire aux blagues du moine.

Mai et Ayako prirent leurs bains ensembles, papottant de tout et de rien. La jeune femme restait avec elle, car elle comprenait que Mai était dans un état très dépressif et redoutait quand-même qu'elle fasse quelque chose de stupide. Après, la jeune fille ne tarda pas à s'éffondrer sur le lit, et s'enfouit rapidement sous ses draps. Un moment plus tard, Naru vint pour se coucher à son tour. Mai se détourna de lui quand il se coucha, sa conversation avec la miko encore fraîche dans la tête. C'est dos à lui qu'elle s'endormit, quelques larmes s'enffuyant de ses yeux.

Naru comprenait qu'elle pleure beaucoup, mais là, il ne comprit pas pourquoi elle se détourna. Il s'inquiéta un instant à propos de ce que Mai et Ayako avaient bien pu parler. C'est donc avec une sensation bizarre au ventre et au cœur qu'il s'endormit, tournée vers elle.

Et voilà,

Si il y a des problèmes avec le texte (orthographe, mots qui manquent, …) n'hésitez pas à me le dire.

En espérant que ça vous ait plu

A la prochaine.