Et voici maintenant le premier chapitre qui explique l'arrivée de la fille tombée du ciel ! Bonne lecture ^^


Atterrissage de choc

- AUTODESTRUCTION ACTIVEE !

- Quoi ? Quoi ? Quoi ? Comment ça « autodestruction activée » ? Non mais ça va ne pas ?

Un autre bip strident vint s'ajouter à la cacophonie ambiante, tout l'appareil ayant décidé, semblait-il, de la rendre dingue.

- Non non non non ! On va beaucoup trop vite !

- AUTODESTRUCTION DANS DIX MINUTES.

- Machine de merde ! Jura la jeune pilote en shootant violemment dans le tableau de bord. Aïe !

Se tenant le pied avec les mains, elle se mit à sautiller sur sa jambe encore intacte.

- Maman m'avait prévenue qu'il ne fallait pas jurer.

La situation était des plus inquiétantes mais elle gardait un sang-froid redoutable et à toute épreuve. De toute façon, elle était sortie de l'hyper espace, elle n'était plus dans le vide mais dans une galaxie et l'ordinateur de bord avait trouvé une planète où l'air était respirable. Certes la planète n'était pas dans la base de données, ce qui signifiait qu'elle était probablement dangereuse mais pour le moment elle n'avait pas trop le choix, son vaisseau étant trop endommagé pour aller où que ce soit d'autre. D'après les mesures de l'ordinateur de bord, la planète était gigantesque, elle contenait de l'eau et de l'air viables pour elle et des espèces vivantes y habitaient.

Le cœur d'Alix battit plus fort dans sa poitrine alors qu'elle s'asseyait de nouveau aux commandes.

- Bon… on se calme. Qu'est-ce que je peux récupérer comme commande ?

- AUTODESTRUCTION DANS HUIT MINUTES.

- Oui je sais, ferme-la, je réfléchis.

Le vaisseau très très endommagé par un disfonctionnement stupide puis une pluie d'astéroïde et enfin son passage trop près d'une étoile rouge entra dans la haute atmosphère de la planète où Alix espérait se poser. Les boucliers protecteurs étaient à leur minimum et la pilote n'avait pas la puissance nécessaire pour protéger la structure de l'appareil. Il prit donc feu, devenant une comète géante qui se précipitait toujours plus rapidement vers le sol. Une demi douzaine de sirènes différentes hurlaient dans les oreilles d'Alix alors qu'elle tentait de garder un minimum de contrôle sur l'engin.

Après quelques interminables minutes, le petit vaisseau cargo qu'elle pilotait se posa au milieu d'une plaine, même si l'on peut plus dire qu'il se scratcha qu'autre chose. Malgré ses protections et ses ceintures de sécurité, le choc lui fit perdre connaissance au moment de l'impact.

- ALERTE, ALERTE ! La réveilla la voix artificielle de l'appareil, VEUILLEZ EVACUER. DANGER IMMINENT. AUTODESTRUCTION DANS TROIS MINUTES. ALERTE, ALERTE.

La jeune fille jura et se détacha rapidement. Elle n'avait pas le temps de tenter d'arrêter d'autodestruction – qui s'était d'ailleurs enclenchée toute seule ! – elle n'avait que le temps de courir, très très loin, le plus loin possible. D'un mouvement, elle ouvrit la porte arrière de chargement du cargo spatial qui s'ouvrit sans protester. Au passage, la jeune fille récupéra ses trois armes, son couteau, sa ceinture et son sac de survie. Elle rajouta en passant rapidement quelques trucs et bidules, des technologies qui pourraient toujours lui servir. Elle sentait qu'elle allait passer un long, très long, moment sur cette planète.

En espérant que les autochtones soient accueillants. C'est beau de rêver.

- AUTODESTRUCTION DANS DEUX MINUTES.

Jurant de nouveau, Alix courut sur la terre ferme, le plus loin possible du cargo. Les autodestructions étaient conçues pour l'espace, sur terre ferme, les détonations n'en étaient que plus spectaculaires. Le sac jeté sur son épaule, ses armes sans l'autre main, elle courait tête baissée dans cette espèce de désert. Elle détaillerait plus tard la vue.

Elle comptait les secondes qu'il lui restait.

Une minute.

Elle n'était pas assez loin.

Trente secondes.

Elle allait être soufflée par la déflagration.

Le vaisseau explosa une seconde avant la fin de son décompte. Le souffle coupé, Alix fut propulsée sur plusieurs dizaines de pieds avant de retomber sur le sol, inconsciente.

OoO

Alix ouvrit difficilement les yeux. La première chose qu'elle remarqua fut sa migraine. Une barre traversait son front et l'arrière de son crâne n'était pas en reste. Difficilement, la jeune fille ouvrit les yeux.

Elle était dans un espace clos. Mauvais signe.

La pilote tenta de s'asseoir mais tous ses muscles protestèrent, douloureux. Il lui fallut quelques minutes pour s'asseoir sur la paillasse miteuse et reprendre ses esprits. La pièce était pas bien grande : une porte en bois avec un judas grillagé sur sa gauche et une fenêtre sans vitre avec des barreaux sur sa droite. La lumière du soleil était pauvre, elle devina que l'on atteignait la fin de la journée. Pourtant, en descendant de son vaisseau, le soleil était haut dans le ciel, il avait eu le temps lui réchauffer la nuque durant sa courte course folle. La jeune fille grimaça lorsqu'elle se souvint de son accident et elle toucha son visage de ses mains. La droite sentit du sang coagulé, sans doute une petite trace de son accident. Si elle avait plus de force, elle serait capable de faire son propre diagnostique et de se guérir seule, malheureusement, elle n'avait pas suffisamment les idées en place ni assez de force en réserve pour tenter l'expérience. Il lui faudrait attendre au moins quelques heures. Alix soupira et reprit son observation de ce qui l'entourait. Des pierres grises presque noires du sol au plafond, une humidité persistante, un silence oppressant, pas de toute, elle était en prison. Et guère dans la plus développée.

Génial, elle avait atterri chez les Pierrafeu. Ils lui avaient laissé sa combinaison qui – en mode normal – était complètement noire. Elle n'avait plus ses armes mais elle possédait toujours ses gants. Avec une grande prudence, la prisonnière se leva et alla jusqu'à la porte. Ses yeux atteignaient facilement le juda et elle observa ce qu'il se passait de l'autre côté. Une pièce circulaire avec cinq portes comme la sienne. Au centre se tenait une pierre sculptée en un genre de table ou d'autel de sacrifice, elle ne savait pas bien (et n'était pas certaine de vouloir le savoir). A gauche, à la limite de son champ de vision, s'ouvrait une arche – toujours avec ses pierres grises – qui devait être l'entrée mais qui ne laissait voir que l'obscurité.

Reculant légèrement, Alix soupira. Elle pourrait facilement sortir d'ici, mais pour aller où ? Elle ne connaissait pas les lieux, n'avait aucune idée de l'intention de ses hôtes, elle ignorait où ils étaient, qui ils étaient, combien ils étaient… non, le plus sûr était de rester où elle se trouvait pour le moment. Toujours avec difficulté, la visiteuse indésirable se rendit à la fenêtre. Par contre, elle dut se mettre sur la pointe des pieds pour distinguer quelque chose. Elle était en hauteur, guère très haut par rapport à ce qu'elle connaissait mais plus haut que tout ce qu'il se trouvait dans la ville où elle était. Ce qu'elle discernait d'ailleurs n'était pas très joyeux. L'architecture était simple, classique et géométrique. Les bruits de la vie l'assaillirent soudain ainsi que les odeurs, comme si on avait retiré d'un coup un filtre qui l'aurait protégée. Alix grimaça et plaqua ses mains contre ses oreilles et plissa le nez. Il lui fallut quelques minutes pour s'accoutumer.

- Pas de vitrage, pas d'insonorisation, je sens que je vais vite regretter la civilisation moi. Bon, ce n'est pas le tout mais j'aimerais quand même qu'on m'explique maintenant…

Retournant devant la porte, elle tourna son regard vers l'arche et commença à taper à la porte en appelant :

- HEY ! Il y a quelqu'un ? Youhou ! Je voudrais voir quelllllllllllllqu'unnnnnnnnnnnnnnnn ? Allo !?

Alix persévéra plusieurs minutes avant d'abandonner. Lasse et blessée, elle retourna s'asseoir sur la paillasse pourrie qui lui servait de couchette et se rallongea. Avec une grimace, elle posa une main sur son ventre. Elle songeait qu'elle avait probablement une hémorragie interne. Mais la jeune fille ne pouvait pas se guérir pour le moment, cela demandait trop d'énergie et elle était trop fatiguée, sans compter la faim et la soif qui commençaient à se faire sentir.

- Oille, bah ce n'est pas gagné.

La peur commença à se faire sentir. Non, elle devait se soigner tout de suite, au moins les lésions internes sinon elle risquait de ne pas se réveiller.

Le peuple des Azthias développait leur esprit et leur corps depuis des milliers d'années. Ils éteignaient aujourd'hui l'apogée de leur puissance et ils se contrôlaient plus que n'importe quelle espèce qu'ils avaient rencontrée jusque-là. Ainsi leur corps s'était-il renforcé. Tous leurs sens s'étaient affinés même si leur résistance à la douleur ainsi qu'au chaud et au froid s'était développée. Les Azthias utilisaient au repos près de soixante-dix pourcent de leur capacité cérébrale et ils pouvaient aller jusqu'à quatre-vingt-dix pourcent lorsqu'ils le désiraient. La découverte de l'utilisation de télékinésie, de télépathie et de soigné résultait de leur maîtrise de leur corps et de leur cerveau d'après les recherches. Ils pouvaient aussi vivre très longtemps ; et lorsqu'ils pensaient que le moment était venu, ils convertissaient leur organisme en pure énergie, devenant ainsi à leur tour des éthers plus ou moins omniscients. Les enfants azthias apprenaient dès leur plus jeune âge cette technique car personne n'était à l'abris d'un accident.

Alix s'allongea et calma sa respiration. Bientôt, la jeune fille eut une conscience aiguë de son organisme et elle put sentir les lésions qui l'abîmaient. Doucement, elle déplaça sa main sur son ventre en se concentrant sur ses blessures qui cicatrisèrent. Heureusement, l'hémorragie fut vite résorbée mais réparer les dégâts causés par la perte de sang prit plus de temps. Lorsqu'elle termina, Alix vit que la nuit tombait. Le cœur battant à tout rompre à cause de l'énergie qu'elle venait d'utiliser, elle attendit quelques minutes que sa respiration se calme puis elle essuya d'une main tremblante la perle de sueur glacée sur son visage. L'Azthia ferma finalement les yeux et décida de dormir. Elle n'était épuisée, cela faisait en plus des jours qu'elle n'avait pas pris de véritable repos. Elle était en prison et blessée, elle ne pouvait rien faire d'autre que se reposer… autant en profiter.

Et puis, la nuit porte conseil.


Premier chapitre pas très long, j'en suis désolée.

Je mettrai rapidement la suite.

En attendant, laissez-moi vos premières impressions s'il vous plaît !

A bientôt