Et voilà le deuxième chapitre de cette fic !
Merci à Lamy, contente que ça te plaise et pour Rufus Barma, ça me traversait déjà l'esprit avant que tu n'y fasse allusion. Avec un peu de chance, il s'ajoutera à notre bande de joyeux lurons !
Merci à Rose-Eliade !
DISCALIMER: Pandora Hearts ne m'appartient pas, tout comme ses personnages, mais l'histoire est de moi.
RATING: K+
Alors, voyons, plongeons plus en profondeur dans les pensées de Break...
Bonne lecture !
La sonnette retentit encore deux fois, insistant bien sur les pauvres oreilles des occupants du manoir Rainsworth. Agacé, Reim criait des « j'arrive, j'arrive ! » de plus en plus virulents, sauf que Break le devança, encore plus en colère que lorsqu'il s'était rendu compte qu'il était allongé seul sur le sol au petit matin, constatant que son ami Reim l'avait laissé seul sans même le caler plus confortablement. Aussi, furax que l'invité surprise leur casse à ce point les pieds, il ouvrit la porte dans un rauque « QUOI ? » très peu aimable. Surtout lorsqu'il se rendit compte que c'était des agents de Pandora qu'il appréciait tout particulièrement par leur obstinance à essayer de le coincer sans arrêt dans un quelconque méfait, même le plus mineur. Il les fit entrer et les conduisit à Sharon, les laisser à ses bons soins, pour repartir aussi sec sur ses tâches quotidiennes, un peu impatient au fond de lui de retrouver son partenaire pour aujourd'hui, à savoir, Reim Lunettes. Lui au moins était de bonne compagnie, pensait l'albinos en ruminant. Il rejoignit donc son meilleur ami dans les cuisines pour terminer de faire l'inventaire (au combien passionnant) de la nourriture, profitant au passage de quelques sucreries en trop, que Reim, amusé, faisait semblant de ne pas avoir vu.
La liste en main, une cuillère en bois dans l'autre pour « tester » les aliments, Break s'en donnait à cœur joie. A ses côtés, son éternel ami râlait pour la forme, avec un infime sourire aux lèvres, la liste suivante dans les mains et un crayon perché sur son oreille. Ils jouèrent le jeu ainsi pendant une petite heure, jusqu'à ce que Break décide qu'une petite distraction s'imposait. Alors, il se tourna vers son cher Reim et sauta sur un plan de travail, croisant ses jambes avec un air taquin, tandis que Reim haussait les sourcils, s'attendant au pire de sa part. Il ne fit que croiser ses mains et observer longuement Reim, l'œil rieur. Celui-ci fit comme si de rien n'était et haussa les épaules, continuant de cocher la liste des aliments. Mais quand il eut la mauvaise idée de passer trop près de son ami, Break en profita pour l'attraper par le col et le faire se stopper juste devant lui.
- Oui ? demanda Reim.
Il ne répondit pas et se contenta de prendre le stylo que Reim avait coincé entre son oreille et sa tempe pour le faire rouler de ses doigts agiles juste devant le nez de Reim, l'air songeur. Reim, un peu habitué à l'étrange comportement de Break, attendit bien sagement qu'il décide lui rendre son outil de travail provisoire. Ce que fit Break, délicatement, tout en profitant du contact pour caresser sa joue de sa main glacée, ce qui eut pour résultat de faire frissonner Reim, comme l'attendait Break. En fait, le contraste qu'il y avait entre leurs deux peaux l'amusait énormément. Et, fallait-il dire, que ce contact était également une bonne occasion pour lui transmettre un peu d'affection, même très infime. Mais aussi pour profiter de la douce caresse de sa peau brûlante sur celle pâle et froide de l'albinos, le réchauffant dans tous les sens du terme.
- Dis-moi, Reim, commença Break.
- Oui ? répéta le brun une nouvelle fois.
- J'ai envie d'essayer quelque chose…
Il plaqua ses deux mains sur les joues de Reim, qui sursauta, ne s'attendant, mais alors pas du tout, à cette réaction-là de la part de Break.
- Qu'est-ce qui te prends ? s'exclama le serviteur des Barma en posant ses deux mains sur celles de Break, tentant de les retirer.
- Ah lala, quelle chochotte tu fais ! rit Break.
- Tu es vraiment gelé !
- C'est bel et bien pour ça que j'ai appliqué mes mains sur tes joues, sourit son ami en penchant la tête de côté.
- Je te déteste…
Break retira aussitôt ses mains et put observer la délicate rougeur qui s'installait sur les joues à la fois brûlante et glacées de Reim, qui grimaçait sous la sensation désagréable de chaud-froid.
- Nous sommes décidemment incompatibles, fit Break en secouant la tête, l'air accablé.
- On dit que les contraires s'attirent, sourit Reim.
Break lui retourna son plus beau sourire en le remerciant intérieurement. Il adorait ces moments-là. A chaque fois, il sentait cette petite flamme chaleureuse s'allumer dans sa poitrine. C'était devenu si rare et si précieux depuis qu'il était sorti de l'Abysse.
- C'est assez comique, tout de même.
- De quoi ? fit Break.
- Et bien… j'ai l'impression que tu es deux personnes à la fois. Un peu comme si il y avait Break, l'éternel loup solitaire, et Kevin, le louveteau blessé qui cherche de l'affection.
Break prit très mal la remarque.
- Kevin est mort, déclama t-il calmement, bien que son ton ai prit la chaleur de sa peau. C'est terminé. Mon nom est Break.
- Peut-être, il n'empêche que tu as ce côté-là. Et, que tu le veuille ou non, j'ai décidé de te prendre en affection, petit louveteau.
Des sentiments contradictoires envahirent Xerxes. A la fois la répulsion, l'humiliation, mais aussi la chaleur de ses paroles réconfortantes, le soulagement de savoir que quelqu'un le soutiendrait toujours. Et de savoir que Reim l'appréciait pour ce qu'il était réellement. De savoir que Reim l'appréciait tout court. Pour le pire comme le meilleur. Break ne put se retenir de pouffer.
- Heu… ? Xerxes ?
« Pour le pire comme le meilleur » ! Ta-dam ! Reim, tu es déclaré mari ! Finalement, il cessa de s'étouffer de rire, se faisant la remarque qu'il l'air d'un parfait idiot à rigoler tout seul.
- Bon… si tu veux, finit par capituler Reim.
- Laisse-tomber, crois-moi. Dis-moi, Reim, qu'est-ce que ça veut dire « amour », pour toi ?
- Gné ?
Reim vira au rouge, l'air particulièrement gêné. Et puis son meilleur ami avait une fâcheuse tendance à passer du coq à l'âne. Et puis… depuis quand ce genre de questions sortaient de sa bouche ? Le pire, c'est qu'il avait l'air parfaitement détendu, même pas un tout petit peu embarrassé, la tête penchée de côté, l'air interrogateur. Il est trop mignon, comme ça, ne put s'empêcher de penser Reim, ce qui accentua la rougeur de ses joues.
- Alors ?
- Et bien… heu… tu entends bien « aimer quelqu'un » par là ?
Il hocha la tête, et Reim eut l'impression d'un élève devant son professeur. Sauf que jamais il n'avait vu une telle expression sur le visage de Xerxes. Pour une fois, il semblait même avide de savoir quel serait l'avis de son meilleur ami sur la question. Qu'avait-il encore en tête ?
- Tu sais que c'est affreusement délicat comme genre de question ?
- Si par là tu veux dire embarrassant, alors oui je le sais. Dis, tu réponds ?
- P… pourquoi est-ce que tu me poses une question pareille ?
- Je ne sais pas, moi, juste pour savoir, répondit-il en haussant les épaules.
Reim remarqua la délicate teinte de rose sur les joues de son ami, ce qui se discernait aisément grâce à sa couleur de peau très claire. Et il eut comme un choc. Nooon ? Quand même pas ?
- Xerxes ?
- Oui ?
- Tu ne serais pas un tout petit peu amoureux de quelqu'un ?
- Moi ?
Il éclata de rire. Non, disons plutôt qu'il se tenait les côtes, écroulé sur le plan de travail sur lequel était posé son postérieur. Après de longues minutes visiblement hilarantes, il se redressa et se tourna vers Reim, un immense sourire encore fiché sur ses lèvres.
- Tu pensais sérieusement ce que tu as dit ?
- Et bien oui ! Tu rougissais !
- Tu te fais des films, mon grand !
Reim, un peu déçu tout de même, se dit qu'il avait dû rêver et Break pensait très fort « ce n'est pas passé loin, merci mes talents de comédien ancestraux » ! Il décida d'abandonner sa question, étant donné que ce terrain devenait un peu trop sensible. Mais il n'empêche qu'il aurait bien aimé savoir ce que pensait Reim de ce sentiment. Pour sa part, Break pensait que l'amour était un sentiment très volatile et surtout trop compliqué à garder, ou même à partager. Il aurait bien voulu avoir un avis extérieur sur la question. Il avait beaucoup de mal encore à cerner un sentiment aussi puissant. Surtout que la dernière fois que ça lui était arrivé devait remonter à l'école, ce qui impliquait un petit bout de temps et une tonne de sensations en moins. A vrai dire, il aurait encore mieux aimé que la personne concerné donne son opinion.
- Reim ? appela doucement Break.
- Xerxes ?
- Dis, est-ce que tu aimes quelqu'un ?
- Q… quoi ? Mais qu'est-ce qui te prends aujourd'hui ?
- J'en conclus que ça veut dire oui ?
- M… mais non !
Break prit une expression boudeuse irrésistible.
- Tu peux me le dire à moi, juste oui ou non, allez, insista t-il.
- Bon, très bien. La réponse est non.
- Non ? Ah.
- Ah, quoi ?
- Rien.
Et il descendit du plan du travail, ayant visiblement décidé que la distraction était terminé et qu'il était temps de se remettre au travail. Après cette tâche-ci, chacun dut reprendre son emploi du temps habituel et se séparer. Break voulut tout d'abord aller rejoindre sa maîtresse pour savoir la raison pour laquelle ces fichus agents de Pandora étaient venu la voir, puis il se ravisa. Il avait besoin d'un peu de calme.
Alors il s'appuya sur le mur et soupira, se laissant imperceptiblement glisser, jusqu'à se retrouver assis sur le sol, les jambes ramenées à lui. Son œil se borna à observer ses chaussures, l'air triste. Mais peut-être que Reim ne lui avait pas dit la vérité. Pas si ça le concernait… si ? Reim était honnête, mais il avait aussi un petit côté d'ombre. Il gardait certaines choses pour lui, évidemment. Il aurait bien aimé savoir, mais il savait qu'il aurait dû s'attendre à cette difficulté. Bien évidemment, ç'aurait été trop beau si ça avait été aussi simple. C'est vrai, il l'avait espéré, un peu comme dans les romans, mais il n'était tout de même pas niais à ce point. Il savait que la question de tout révéler à Reim sur ses sentiments allait être ô combien dure. C'était une vraie torture. Il enfoui son visage dans ses mains, à moitié désespéré, à moitié amusé. Depuis quand ce genre de pensées à l'eau de rose le tracassait ? Depuis peu, bien sûr. Juste le temps qu'il se rende compte que ce n'était pas tout à fait de l'amitié qu'il ressentait pour Reim. Les étranges pensées qui le traversaient et les nouvelles sensations qu'il ressentait lorsqu'il le touchait l'avaient un peu aidé, certes…
- Xerxes ? Mais… qu'est-ce que tu fiches par terre ? Est-ce que ça va ? Tu veux que je t'aide ? Tu as une faiblesse ?
Inutile de relever la tête pour reconnaître cette voix si chaleureuse.
- Oui, je veux bien, merci, marmonna Break tandis que la main chaude de Reim l'aidait à se relever.
Bien évidemment, il avait menti. Mais il adorait cette peau si chaude qui se frottait contre la sienne… C'était tellement enivrant. Il fit également semblant de trébucher pour se retrouver dans ses bras et pouvoir frotter sa joue contre son cou. Il profitait de chaque occasion pour sentir le contact de son cher Reim. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui comme son Reim. Il dut se retenir de ne pas sourire tandis que Reim l'observait sous toutes les coutures, inquiété par cette soudaine et étrange « faiblesse ». Si tu savais, songea Break.
Reim, quant à lui, fut interpellé par la lueur mutine dans l'œil de Break. Il n'avait pas de faiblesse. Bien sûr que non. Il se fichait de lui, là ! Ce n'était pas croyable. A moins qu'il ne trouve amusant le fait qu'il s'inquiète à ce point pour lui. Le connaissant, ça n'aurait rien de surprenant.
Finalement, Break prit appui sur Reim et ils traversèrent le couloir bras dessus bras dessous, légèrement titubant, ce qu'exagérait Break par moments, histoire d'embêter un peu Reim.
Le dilemme naissait dans l'esprit de Break.
Tout de même, l'enjeu était de taille. C'était comme lancer des dés. Soit on avait le montant suffisant pour avancer et continuer, soit on perdait toute la mise. Et la mise en question, c'était Reim.
- Alors, c'est oui ou c'est non ?
- Hein, de quoi ? Qui ça ? Non, pas maintenant ! s'écria Break.
- Heu… je te demandais juste si tu voulais qu'on aille se balader dans les jardins, pour prendre un peu l'air. Mais tu ne m'écoutais pas, c'est ça ?
- Et bien… j'ai dû m'évader un petit instant. Mais je suis d'accord pour la balade.
Balade qui promettait, avec toutes les occasions qu'il pourrait y avoir de lui déclarer sa flamme. Enfin, pas tout de suite, hein, pas de précipitations. Après tout, ce n'était pas pressé, il pouvait encore avoir quelques petites faiblesses passagères avant ça… et puis, le fait qu'ils se retrouvent seuls était également assez alléchant.
J'espère que ça vous a plu ! Merci de m'avoir lue et par ici les reviews !
Mais que va t-il se passer pendant cetet fichue balade ?
Break: tout dépend de ton esprit tordu.
Breakzel: raaah, t'as tout gâché !
