Voici finalement le second chapitre ! J'ai trouvé ma bêta-lectrice, finalement (merci Lyanna Saint-Ange) alors les quelques erreurs que je faisais devraient disparaître. N'hésitez pas à reviewer pour me dire ce que vous en pensez. Le chapitre trois est déjà bien avancé, et il devrait paraître dans peu de temps, si tout va bien, et si j'ai assez de temps !

Bonne lecture,

Minigo'


Elle en était à la moitié de son voyage, déjà plus de deux jours passés à cheval, avec pour seules pauses des nuits de cinq heures à l'auberge. La route vers Markarth avait toujours été une des choses qu'elle appréciait le moins. Elle se remit en place sur la scelle et donna du talon dans les flancs du cheval pour le faire avancer plus vite. Le paysage avait beau être magnifique, elle n'avait fait que très peu d'agréables rencontres. Entre loups, géants et autre ragnards désagréables...

Après son repas avec le Jarl, Alya était allée à la taverne, et avait pris une bouteille d'hydromel qu'elle avait vidée en compagnie d'Elda. En sortant du Candelâtre pour aller prendre son repas du midi chez elle, elle s'était fait accoster par un messager. La mère de la nuit avait à nouveau parlé, et avait commandé un nouvel assassinat. Alors un de ses collègues de la Confrérie Noire avait fait parvenir un message jusqu'à elle, afin qu'elle s'en charge. Cela était bien tombé, car elle n'aurait pas supporté un mois à ne rien faire. Alors elle avait pris sa tenue Sibylline et s'était mise en route le jour même. Ulfric serait de toute façon probablement bien top occupé pour remarquer son absence. Elle soupira et fit craquer son dos, l'arquant en arrière. C'était assez régulièrement qu'elle repassait dans sa tête des conversations. Surtout celles qu'elle avait eues avec Ulfric. Elle pensait sans arrêt au moment où il lui avait dit qu'elle était indispensable, et qu'elle était de la famille. Mais surtout au fait qu'il la trouvait indispensable. Elle, qui avait commencé comme une elfe destinée au billot, comme une moins que rien, état devenue indispensable au Jarl de Vendeaume. Elle se souvenait qu'il ne lui avait pas fallu très longtemps pour savoir qu'elle serait du côté des Sombrages, et non de l'empire. Peut-être était-ce parce que l'Empire avait essayé de lui couper la tête. A l'époque, elle ne savait pas encore qu'Ulfric était à la tête de la rébellion. Elle se souvenait aussi du premier jour où elle avait revu Ulfric, après Helgen.

XXX

C'était un jour venteux, et comme souvent, la neige tombait à gros flocon sur Vendeaume. La ville était intimidante, toute en pierre. L'ambiance déserte lui avait donné froid dans le dos. A peine arrivée, on l'avait prévenue que les elfes n'étaient pas les bienvenus ici. Tout particulièrement les elfes noirs.

« - Ça tombe bien, je suis une elfe des bois. » Avait simplement répondu Alya, forçant son entrée dans la cité venteuse. Ne voulant pas apparaître devant le Jarl pour la première fois dans son état actuel, elle avait fait un tour par l'auberge et s'était reposée pour la nuit. Le lendemain matin, elle avait pris un bain rapide, avait avalée une collation et s'était mise en route pour le Palais des Rois, ignorant totalement que cela deviendrait l'endroit qu'elle verrait le plus souvent de sa vie, très bientôt. Elle avait pris une longue inspiration avant de passer la grande porte de bois. Lorsqu'elle mit pied dans la grande salle pour la première fois, elle regarda autour d'elle un moment avant de finalement poser ses yeux sur le trône. Là se tenait Ulfric Sombrage, en toute sa splendeur, avachi sur son trône, parlant à Galmar. Elle était restée là, immobile, regardant le Jarl parler, comme hypnotisée. A ce moment précis, une seule pensée avait traversé son esprit : Je servirais cet homme, même si je dois y laisser la vie. Une fois qu'elle eu repris ses esprits, elle s'était avancée jusqu'à lui, et l'avait salué, comme s'il était une connaissance de longue date. Elle lui avait ensuite raconté qu'elle était à Helgen le jour où il avait manqué de se faire trancher la tête. Il fut alors assez surprit de la voir en vie, mais agréablement. Il lui dit que si elle souhaitait rejoindre les rangs des Sombrages, elle devait alors s'adresser à son second, Galmar. Il ne lui avait pas fallu plus de quelques secondes pour se pointer devant Galmar et lui demander si elle pouvait joindre les Sombrages. Ce dernier semblait sceptique, mais accepta... A condition qu'elle aille tuer un spectre de glace, loin au nord-est de Vendeaume. Plus que le monstre, Alya redoutait le froid qu'il faisait dans cette région de Tamriel. Déjà que Vendeaume était une ville dans laquelle personne ne porterait jamais de manches courtes, alors encore plus au nord... Le froid polaire, le désert de glace, vide et silencieux, tous les bruits étouffés par la neige épaisse tombant continuellement. Ou presque. Elle avait prévu son départ pour dans un mois. En se promenant dans la ville, elle avait hérité d'une quête la chargeant de tuer quelqu'un à Faillaise. Et un mois serait même presque trop court pour faire l'aller-retour. Mais elle devait se charger de cela avant de toute façon. Elle devait s'équiper pour le grand froid, et l'or lui manquait. Hors, la récompense offerte par Aretino était plus que généreuse. Lorsqu'elle avait remis les pieds à Vendeaume, une fois le mois écoulé et sa mission accomplie, plusieurs choses étaient différentes. Elle avait rejoint la Confrérie Noire, et acquit pour la première fois son armure Sibylline. Gratuitement. La récompense du jeune Aretino n'avait alors servit que pour acheter quelques bonnes flèches supplémentaires, et un peu d'hydromel pour se réchauffer une fois dans les hauteurs. Elle avait passé la nuit à l'auberge, et s'était mise en route au petit matin. Une semaine plus tard, elle était de retour à Vendeaume, victorieuse. Elle avait rapporté avec elle la tête de glace du spectre, en guise de preuve. Elle était arrivée dans le Palais des Rois, les restes de la bête dans une main, et les avait jetés aux pieds du trône, devant Ulfric, et Galmar qui se tenait alors à ses côtés. Il n'en avait pas fallu plus pour prouver ses compétences.

XXX

Un ronflement se fit entendre dans une chambre de l'auberge du Sang d'Argent. Elle était arrivée en ville deux heures plus tôt, et n'avait pas traîné pour louer une chambre et dormir. Le voyage avait été épuisant. Après ses cinq heures de sommeils à présent quotidiennes, Alya se leva et prit un petit-déjeuner. Elle regarda distraitement les annonces placardées sur le mur des mercenaires. Elle était là pour toute une semaine, et son assassinat ne lui prendrait qu'une journée, maximum. Bien que l'or ne lui manque pas, elle ne renonçait jamais à un peu de monnaie en plus, histoire de se faire un peu plaisir. Histoire d'acheter un nouveau livre, ou du métal pour faire de nouvelles flèches. On la regardait du coin de l'œil, mais le regard ne s'attardait jamais plus de quelques secondes. Comme si ils étaient tous persuadés qu'elle pouvait les tuer juste avec son regard. Certes, elle travaillait pour la Confrérie Noire, et tuait des gens sur contrat sans particulièrement se poser de questions, mais c'était uniquement sur contrat, et uniquement quand on la payait. Elle ne se considérait pas comme une tueuse, ni comme un monstre, juste comme quelqu'un qui travaillait. On la respectait pour ça, mais parfois, on la craignait aussi. Elle vivait avec, et puis de toute façon, le nombre de gens au courant était très restreint.

Elle finit son jus de fruit, faisant glisser le dernier morceau de pain jusque dans son estomac. Elle laissa deux pièces d'or sur la table pour la peine de l'aubergiste, et attrapa son arc qu'elle mit dans son dos, à côté de son carquois de flèches d'ébonite. Elle se leva et mit sa cagoule en place sur sa tête afin que seuls ses yeux soient visibles. Alors qu'elle s'avançait vers la porte, les gens s'écartaient, lui laissant un passage. Une fois dehors, elle se mit en route pour la maison de sa prochaine victime. A une cinquantaine de mètres de la demeure, elle commença à se cacher, afin d'approcher sans être vue par quiconque. Les gardes avaient beau être des Sombrages dans cette ville, ils ne lui feraient pas de faveur. Qu'elle soit le thane d'Ulfric ou non, la prison serait sa demeure pendant quelques mois si elle se faisait repérer.

Cependant, après plus de trois ans passés en tant que recrue de la Confrérie Noire, elle maîtrisait parfaitement l'art de la dissimulation et de la furtivité. Et de toute façon, aussi surprenant que cela puisse paraître, il avait toujours été plus facile de tuer en ville. Les gens ne font pas attention. Ils ne se soucient que d'eux-mêmes. Ne regardent pas les autres. Cela lui rendait la tâche plus facile. Elle arriva finalement à la maison en question. Elle trouva la fenêtre donnant sur le salon, et regarda au travers. Sa victime était là, dos à elle, assise sur une chaise, appréciant son petit-déjeuner. Plus pour longtemps. Alya ouvrit la fenêtre de l'extérieur, sans un bruit, passant une fine lame entre le carreau et le bois. Elle attrapa son arc dans son dos et prit une flèche. Elle la positionna et banda son arc, ferma un œil pour viser, et décocha la flèche. Un bruit sourd se fit entendre lorsque le corps inerte de la jeune femme s'écrasa sur la table. Alya referma la fenêtre comme elle put, remit son arc dans son dos et s'en retourna à la taverne. Même pas une demi-journée de travail.