Merci à Alia-karasu et Lainedemouton pour leur reviews. C'est vrai que le début reste assez classique, mais j'espère que vous trouverez l'intrigue plus intéressante par la suite. ^^

N'hésitez pas à me donner votre avis ^^ ça fait toujours plaisir.

Sur ce, bonne lecture ^^.


La demeure dans laquelle il s'étaient à présent logés ne remplissait guère ses promesses. Grande certes, mais tant peuplée ! La centaine de congénères de basse classe qui polluait leur salle commune étaient insupportable, bruyante, nauséabonde. Lunard s'étonnait que les Ladies n'aient guère protesté devant un tel étalages de comportements incommodes. Lui, en tant que Duc, tentait désespérément de remettre quelques uns de ses inopportuns à leur place, et aujourd'hui s'était le tour de ce sale gryffon, Cornedrue. Son ennemi juré : le messager de l'affreux James.

S'il perdait, sa mort ne suffirait pas à effacer son déshonneur. Il l'avait fait comprendre au Scout Boy qui, septique comme l'humain qu'il était, lui avait donné quelques unes de ces délicieuses gâteries en guise d'encouragement.

Maintenant, en haut du plus haut perchoir du domaine, il s'apprêtait à montrer ce qu'un rapace comme lui possédait comme instinct de chasseur. Caquetant de défi face au tapageur hibou des marais, il se mit en position et attendit le signal.

***

Il y avait des renfoncements dans la salle commune, cachées derrières les tentures, ne s'ouvrant que si la place était libre. Rien que pour ça, il aimait cette maison. C'était bien de pouvoir être seul, et de pouvoir se dérober au cas où. Ca remplaçait bien un grenier. Seul Lunard manquait à l'appel, mais l'absence de fenêtre signifiait aussi l'absence de hiboux.

Par un trou dans la tapisserie, il observait ses camarades. Il n'y en avait pas beaucoup, c'était sûrement la maison la plus démunie d'élèves de Poudlard. A la répartition il l'avait aussi remarqué, cette absence. Pas de sons, aucun applaudissements, rien, comme s'ils n'existaient pas. A part quand ça avait été son tour. Les professeurs avaient même dû demander le silence.

Mais pour le reste du temps, ce devait sans doute être un geste exceptionnel. Il n'était là que depuis deux jours - et comme c'était le week-end les cours n'avaient pas commencés - mais il ne se souvenait pas avoir entendu leurs voix une seule fois. Ils parlaient à voix basse, tous. Des fois ils le faisaient en le fixant du regard, alors il devenait gêné et s'en allait.

Dans son dortoir il y avait trois autres gars, dont le fils Malfoy qu'Albus connaissait de nom : son père était l'ennemi juré du sien à l'école. Oncle Ron l'appelait la fouine. Même s'il ne faisait pas très confiance au jugement de son oncle, le jeune sorcier devait avouer qu'il y avait un truc louche chez lui. Par exemple, hier soir, il était monté se coucher et Malfoy avait tout de suite planqué un truc sous son oreiller. Le mouvement louche par excellence, mais avec un frère comme James Albus avait appris à n'être pas trop curieux des types seuls dans leur chambre qui planquent soudainement des magazines quand on entre. Si Malfoy était précoce, c'était pas son problème.

Puis y avait aussi ses amis qui étaient bizarres. Mais franchement bien. D'abord il y avait Auguste Marchebank, qui était bien baraqué et mitraillait du regard à peu près tout ce qui passait. Puis la fille, Magdalène Rosier, qui avait été répartie juste après lui à serpentard. Elle, elle ne parlait pas, n'avait pas d'expression, et ne faisait aucun bruit à part quand elle triturait le pendentif qu'elle avait au cou. Elle s'était fait huée à la répartition, mais là, les professeurs n'étaient pas intervenus, même si certains se trémoussaient mal à l'aise. Albus, lui, ne se souvenait plus où il avait entendu son nom.

A cet instant ils étaient tous les trois réunis près du feu. Ils étaient toujours ensemble.

Il y avait aussi deux autres personnes de son année. Un gars dont le prénom était Dimitri, très mât de peau, avec un gros nez. Et une fille au cheveux court qui réussissait l'exploit de rester digne tout en ayant l'air complètement paumée. Mais ils ne discutaient pas ensemble. Ils étaient seuls, comme lui. Mais Albus avait trop peur de se faire rejeter pour aller leur parler. Les élèves des années supérieurs ne l 'avait pas accepté après tout, le préfet lui avait dit « Tu vas seulement nous apporter des problèmes, alors tiens-toi à carreaux. »

Alors il restait seul, et se dépêchait lorsqu'il devait descendre manger. Son frère ne lui avait pas adressé la parole, Rose le regardait sans oser aller vers lui, seul Fred l'avait salué bien que ses amis soit restés en arrière.

C'était fatiguant, en fait. Il avait vraiment stressé le lendemain de la répartition, en pensant à leur réaction, il s'attendait à des hurlements ou des coups. Il aurait préféré. Au moins ç'aurait été clair.

Ca faisait un moment qu'il ne regardait plus vraiment ce qu'il voyait, finalement. Il préféra sortir de son renfoncement. Le flux magique de la tenture le fit frissonner. C'était comme passer à travers un fantôme, mais en plus chaud. Ca n'en était pas plus agréable pour autant. Il resta planté là un moment, sans savoir ce qu'il devait faire. Il en avait marre de lire, alors il décida d'explorer le château. Mais il devrait traverser la salle commune et il n'en avait pas le courage. On ne pouvait pas marcher à pas feutrés sur un sol de pierre, et on le fusillerait du regard s'il troublait le silence des autres. Finalement le dortoir c'était mieux.

Il n'y avait qu'à descendre une volée de marches pour l'atteindre. Les vitres magiques offraient un soleil terne qui contaminait la pièce. Il fermerait ses rideaux, il n'aimait pas cette région qui oscillait toujours entre pluie et beau temps. Il devait tirer une sale tronche, car un ricanement retentit derrière lui. C'était celui du gros nez Dimitri, assis sur son lit et entourés de cartes. C'était des joueurs de quidditch dessus, mais Albus ne reconnaissait pas les couleurs du maillot. Ca devait être une équipe étrangère, mais il pouvait se tromper : il préférait les bavboules.

Il ne répondit pas à la provocation, et se dit que les bavboules s'était cool. C'était de la technique, très subtil, tout se passait dans le mouvement du poignet, dans la prise d'élan. Comparées à ce sport de brutes qui durait toujours trois heures avant qu'il ne se passe enfin quelque chose... Mais c'était peut-être parce que toute sa famille aimait ça qu'il le détestait. Sa mère et son père l'avait fichu dessus depuis qu'il avait trois ans. Trop de sport tue le sport. Les bavboules s'était bien, il se serait inscrit au club s'il avait pu.

De l'autre coté de la pièce, le fana de balais sifflotait. Il le faisait sans doute exprès parce qu'il lui jetait des regards en coins amusés.

« Il fera beau demain. » assura-t-il.

C'était une perche, il le sentait. Mais c'était peut-être lui qui en voulait une, de perche. Parce que à force d'être seul depuis deux longues journées, on s'imagine forcément qu'il y a des perches là où il n'y en a pas. Ca ne pouvait pas être une perche.

« Ah… » fut ce qu'il fut capable de répondre intelligemment. Un compromis bizarre entre le désintérêt et l'espoir mal placé. Il ne se retourna pas pour voir si l'autre avait compris, et s'allongea sur son lit. Du coin de l'œil, il vit son congénère continuer à coller ses cartes. A moitié soulagé, à moitié frustré, il ferma ses rideaux. Il se dit aussi que gros nez Dimitri avait une façon bizarre de commencer une conversation. S'il avait vraiment voulu la débuter… Peut-être n'était-ce qu'à titre indicatif… Mais personne ne pouvait assurer avec autant de certitude la météo, si ?

Encore un type étrange. Mais le lendemain matin, il avait fait beau.

***

Ce ne fut que mercredi matin qu'il reçu une lettre de ses parents. Il l'avait attendu plus tôt et avait presque songé à une beuglante, mais il n'en était rien. Son père l'informait qu'il passerait ce vendredi voir Hagrid, et lui demandait de le rejoindre si ça le tentait. Il le félicitait aussi, et lui souhaitait que les cours se passent bien.

C'était laconique mais c'était son père : il ne disait jamais rien de plus que le nécessaire. Le contraire aurait été inquiétant, là, Albus ressentait plutôt un intense soulagement. Il remarqua tout de même que sa mère, elle, n'avait rien écrit. Peut-être qu'elle n'avait pas eu le temps. Fourrant le parchemin entre deux pages de « Milles herbes et champignons magiques », le jeune sorcier quitta la grande salle pour prendre la direction des serres. Il se demanda sur le chemin si c'était une bonne idée d'aller à ce rendez-vous au cas où son frère y serait. Mais il avait aussi envie de voir Hagrid, qu'il n'avait plus revu depuis son arrivée. Il avait déjà entendu parlé de cette légendaire tradition : la première semaine de septembre, tous les élèves depuis la troisième année rencontraient Graup. Albus n'avait jamais tellement compris ce qu'il y avait tellement d'extraordinaire là-dedans, mais c'est vrai que, lui, il y était habitué. Quoi qu'il en soit, pour ce festival spécial, le professeur de soins aux créatures magiques passait son temps dans la forêt.

Quand il arriva enfin, les autres serpentards étaient déjà là, réunis au fond la serre. Dimitri gros nez lui fit signe, alors il le rejoint à sa table. Depuis le début des cours c'était comme ça, même si franchement, Albus ne comprenait absolument pas le comportement de ce type. Il semblait juste avoir décidé que le cadet Potter serait « la chaise d'à coté », alors il lui gardait une place, sans un mot. Quand Albus tentait de parler, les conversation prenait une tournures tellement bizarres que depuis il préférait s'abstenir.

Contrairement au cours de la veille, Morgane Holland - la fille aux cheveux courts - était installée à leur table. Au comportement de Dimitri, Albus compris qu'il avait décidé de qui serait « sa chaise d'en face ». Marmonnant un vague « Salut », il prit place.

La fille ne paraissait pas très à l'aise, très tendue même, mais avait le don de vous regarder dans les yeux. Au bout de cinq minutes échanges intermittents, il se promit de ne plus jamais lever les siens de la table. Quant le professeur Londubat commença enfin le cours après l'arrivée des gryffondors, il en fut à bénir qu'il n'en soit à trier les herbes vénéneuses des communes qu'individuellement.

« Bien, bien, bien… Je vois que certains d'entre vous sont très rapides, mais n'oubliez pas que l'important est qu'il n'y ait pas d'erreur ! »

C'était difficile de ne pas faire la différence entre une bestiole qui mord et un brin d'herbe. Pourtant certaines faisait le moldu et ne bougeait pas : il fallait souvent tapoter dessus pour vérifier et s'en suivait un long combat entre la plante et les élèves. Holland, qui ne semblait n'avoir aucun don pour amadouer la flore, retenait avec peine des gémissements plaintifs. Si bien qu'en voyant son élève en si grande difficulté, le professeur se résigna à envoyer un gryffondor pour l'aider.

Ca devait être la première fois que l'un d'eux les approchait à moins de trois mètres. A son air, Albus se demanda s'il pensait mourir dans d'atroces souffrances. Mais ç'aurait été très lâche de refuser la demande du professeur. Les gryffondors et leur sens de l'honneur était plutôt effrayant. Bizarrement, la classe entière semblait maintenant s'intéresser plus à leur table qu'aux monstres qui leurs dévoraient le doigt.

« Eh bien Mr Ackerley, aidez Miss Holland avant qu'elle ne se fasse dévorer la main ! »

Mais il n'avait pas l'air convaincu lui-même. Albus se demanda si c'était sa présence qui forçait Neville à s'occuper de ses élèves verts et argents. A ses cotés, Dimitri cachait mal son rictus, et il se prit lui-même à s'amuser de l'embarras du gryffon. Sa camarade, elle, commençait sincèrement à s'énerver :

« Alors ? Comment fait-on pour se débarrasser de ça ?

- Tu… c'est là…

- C'est mieux de leur chatouiller les racines. » intervint Dimitri. « Elles seront incapables de ne pas rire. »

La jeune sorcière s'exécuta et la brindille fut effectivement secouée de soubresaut. Elle jeta un regard noir à son camarade.

« Tu aurais pu me le dire avant !

- Ca aurait été moins drôle. » affirma Dimitri en offrant soudainement à Acka… Ackerl… au rouge et or un sourire éblouissant. « On n'aurait pas vu le courage des gryffondor à l'œuvre. »

Le gryffon blémit à sa remarque. Albus pouvait entendre derrière lui les réactions de ses camarades et se dit qu'il était carrément inconscient. Pourquoi avait-il accepté de s'asseoir à coté de lui ?

« Ne m'utilise pas ! » s'exclama Holland alors qu'… Acky tapait presque du poing sur la table :

- Fais pas ton malin parce que Potter est ton pote ! »

Le dénommé Potter sursauta soudainement et répondit au tas au tac :

« Je n'ai rien à voir là-dedans, moi !

- Formidable. » ricana Holland. « Finalement tu sais parler, toi.

- Tu croyais que j'étais quoi ? Une chaise ?

- Si on te laisse tranquille c'est uniquement à cause de ton père… » continait le gryffon

- Je t'aimais bien en chaise. » intervint Dimitri.

- La ferme. » coupèrent les deux autres.

- Espèce de traître !

- Pour quoi c'est moi qui prend ? » s'insurgea Albus en désignant son voisin. « C'est de sa faute à lui !

- C'est parce que je suis ton pote. » assura Gros nez.

- Je suis pas ton pote !

- Qui en voudrait ?! » s'exclama Holland d'un ton dédaigneux.

- …sinon on aurait jamais accepté qu'un Potter soit pas à gryffondor !

- MAIS JE NE VOULAIS PAS ETRE A GRYFFONDOR !

- CA SUFFIT ! »

La voix du professeur Londubat claqua comme un fouet. D'un même mouvement les quatre jeunes élèves se recroquevillèrent sur leur chaises. Rouge de colère, l'enseignant leur montra la porte :

« Dès la première semaine de cours… C'est inadmissible ! Sortez d'ici ! Je vous veux dans mon bureau dès la fin du cours !

- Mais professeur… »

Ne prenant même pas la peine de protester, les trois serpentards filèrent en abandonnant le rouge et or à sa cause. En chemin, Albus croisa le regard choqué de sa cousine, Rose. Et se maudit en pensant au rapport qui allait tomber dans les mains de sa mère.

Là c'était sûr : la beuglante n'était pas loin.

Il continuèrent de marcher jusqu'à s'être éloignés des serres. Une fois arrêtés, Albus prit la peine de regarder ses deux camarades. Dimitri semblait très calme, comme s'il avait tout prévu - le contraire l'aurait étonné. Holland, quant à elle, était encore rouge de colère mais semblait se contenir dignement. La situation était sous contrôle, semblait-il. Reprenant son souffle, Albus posa la question que sûrement tous se posaient :

« Et maintenant on fait quoi ? »

Sa camarade le regarda les yeux plissés avant de soupirer :

« On attend que le cours finisse, que veux-tu qu'on fasse d'autre ?

- On peux devenir amis. » suggéra Dimitri avec un sourire moqueur.

- Même pas en rêve, idiot. »

Ca ne sembla pas vexer l'idiot qui se contenta de s'asseoir en tailleur à même le sol.

« Vous savez… » fit-il après un moment de silence. « Je suis quand même content que mes deux chaises parlent…

- Tu mériterais que je te tue. » grommela Albus entre ses dents. « Grâce à toi je vais me faire assassiner.

- Maman va pas être contente ? » devina Holland en ricanant. « Ou peut-être Papa ?

- Mon p… Ah !

- Quoi ? » s'enquit Dimitri que leur échange passionnait visiblement.

Mais Albus ne l'écoutait pas. Il se souvenait juste d'un morceau de parchemin qu'il avait reçu ce matin même. Dans deux jours, son père serait à Poudlard ! Et il saurait parce que d'une manière ou d'une autre… soit Rose soit Neville… Arghh !

Holland, qui s'était elle aussi installée dans l'herbe, l'observait avec un intérêt certain.

« Tu es un spécimen plutôt unique… On peut savoir ce qui te met dans cet état ?

- Ca te regarde pas…

- Si c'est pour la colle qui va nous tomber dessus, en internat je sais pas trop ce que tu risques…

- Mais le professeur Londubat est un proche de ses parents. » corrigea Dimitri. « Il pourrait les faire venir.

- Il va pas faire ça juste parce qu'on a un peu crier en cours. » fit Holland. « Quoique, un peu… JE NE VOULAIS PAS ÊTRE A GRYFFONDOR !!! » imita-t-elle avec une voix de crécelle qu'Albus trouva très mal placée.

La mine renfrognée, il se détourna subitement vers les deux autres qui se tordaient de rire.

« Ca n'a rien de drôle. » marmonna-t-il. « J'aimerais bien vous y voir vous ! Avec ce malade d'Acky qui me traitait de traître ! »

Ses deux camarades s'arrêtèrent un instant puis leurs rires redoublèrent d'intensité, et bientôt Holland s'affaissait sur le sol.

« A-Acky… C'est… quoi ça ?

- A-Ackerley. » répondit Dimitri entre deux inspirations.

- Vous allez arrêtez de rire oui ? » ordonna Albus maintenant rouge de honte. « C'est pas drôle ! »

Mais ils leur fallut tout de même trois bonnes minutes, durant lesquelles Albus se demanda sérieusement s'il n'allait pas les planter là. Finalement ils se redressèrent tous les deux tout en défroissant leurs uniformes.

« Tu sais. » commença Gros nez. « J'aurais pas pu prédire que tu serais si drôle.

- Je ne suis pas drôle.

- Allons-y. » intervint Holland en s'avançant en direction du château. « Où le professeur et Acky vont nous attendre. »

La mine sévère, Albus suivit les pas Dimitri qui réprimait un nouveau fou rire. Ils leurs fallut un certain temps pour retrouver le bureau professoral, perdu en plein territoire Gryffondor. Et, sous les regards peu amène qu'on leur lançait, ils perdirent momentanément leur gaieté et rasèrent les murs.

***

Le bureau du directeur de Gryffondor était une serre. Une serre dangereuse dotée d'arbustes de plus de trois mètres, dont les murs et les meubles disparaissaient sous le lierre. Albus reconnu le Mimbulus Mimbletonia qui trônait sur le bureau. C'était une jeune pousse : elle ne faisait pas plus de quelques centimètres. Neville en avait offert un à sa sœur, pour son anniversaire. Bizarrement, elle était toujours en vie.

Ackey avait choisit de s'installer le plus loin possible d'eux, sans doute dans l'espoir que sa sentence serait différente. Albus ne savait pas si le professeur Londubat était partial ou non, mais pour une fois, il comptait sur son nom pour l'aider. Les deux autres devaient sûrement avoir eux aussi cette idée en tête car ils l'entouraient comme deux bons vieux amis.

« Bien. » fit leur professeur en s'installant à son bureau. « J'aimerais d'abord que l'on m'explique pourquoi vous vous êtes mis à crier ainsi. Miss Holland ? »

Albus se demanda se qu'elle allait dire, mais la serpentarde semblait savoir ce qu'il fallait répondre :

« Nous n'avons répondu qu'à la provocation d'Ackerley, Professeur. »

Albus se força à rester impassible tandis que le Gryffondor poussait un cri d'étonnement :

« Je n'ai pas…

- Attendez Mr Ackerley. » le coupa le professeur Londubat en haussant les sourcils. « J'aimerais entendre la version complête de Miss Holland. Continuez…

- Ackerley critiquait ouvertement Serpentard. Il a traité Albus de traître et a l'a menacé. »

Albus nota qu'il était maintenant reconnu par son prénom. Tout en écoutant, le directeur de Gryffondor lança un regard peu amène à son élève mais ne lui laissa pas le temps de protester :

« Puis-je savoir de quoi Mr Ackerley vous menacé Mr Potter… »

BANG !

Il y eut un brusque silence et un sursaut que quatre personnes présentes dans la pièce. Qu'est-ce que c'était ? Albus avait soudain envie de partir. Ca venait de l'armoire juste à coté de lui ! Il en était sûr ! Ils jetèrent un regard à leur professeur qui répondit légèrement plus pâle qu'à l'habituel :

« Je suis désolé. Il y a certaine plantes dans cette armoire qui sont un peu vivaces. Elles sont en âge de faire la fête voyez-vous. Mais continuons, » affirma-t-il en tapotant des doigts sur la table. « Je vous écoute Mr Potter. »

Albus n'avait dorénavant plus aucune envie de parler mais se força quand même :

« Il… Il me disait qu'on me laissait tranquille uniquement à cause de mon père, qu'un Potter devait être à Gryffondor. »

C'était assez agréable de pouvoir enfoncer son adversaire sans même avoir à mentir. Un peu moins de constater, que le professeur Londubat ne semblait pas totalement en désaccord. Il serait partial, décida Albus, si le nom de Potter ne l'avait pas retenu. A ses cotés, l'armoire poussait des bruits de coups de plus en plus appuyés, il décala sa chaise.

« Mais, mais ! Professeur ! » s'exclama brusquement Ackey. « Ils m'ont provoqués eux aussi ! Ils ont mis en doute le courage de Gryffondor ! »

Il ne semblait pas s'apercevoir que son argument était ridicule fasse à leurs accusations de menaces. Mais le professeur ne semblait plus très concentré sur la conversation. Il paraissait de plus en plus pâle et s'agitait de plus en plus nerveusement.

« Je… je crois que nous devrions nous en arrêtez là. Ackerley, rien ne justifie votre comportement, vous aurez une retenue. Et vous trois, » ajouta-t-il subitement, « votre comportement coûtera à chacun dix points en moins pour Serpentard. Maintenant sortez, la récréation est presque terminée. »

Qui se souciait de perdre des points lorsque sa maison n'en collectait jamais depuis dix ans ? S'empêchant de sourire, les trois verts et argents se levèrent d'un même mouvement. Albus s'apprêtait à partir lorsqu'il entendit dans un souffle :

« Potter… »

Il se retourna vivement, mais le professeur discutait avec Ackey. Il se tourna alors vers la seule source de bruit qui les accompagnait depuis dix minutes. Il se laissa faire quand Holland le saisit par la manche et le traîna dans le couloir, puis jusqu'à la classe de sortilèges.

Il y avait un truc dans cette armoire. Et ce n'était définitivement pas une plante.