Pairings: Natsume/Kanzaki/Himekawa
Disclaimers : Les personnages appartiennent à Ryūhei Tamura.
Finalement, le chapitre 2.
Une brise s'infiltra par une des vitres anéanties du lycée et gonfla les deux côtés de la chemise toujours ouverte d'Himekawa. Immobile tel le plus droit des gardes de sa Majesté d'Angleterre, il semblait en contemplation sur le mur. On pourrait presque se demander s'il était conscient en se relevant, où s'il ne s'agissait pas que de réflexes.
« Je ne peux pas… L'acheter ? Je ne peux pas… L'obtenir ? Mon argent m'a… Trahi ? » Ces phrases tournaient dans l'esprit torturé de notre riche hérité. Déjà, il ne supportait pas l'idée de ne pas pouvoir l'acheter. Ensuite, il allait perdre son pari avec Natsume. Finalement, il ne battrait jamais Oga grâce à Natsume. L'argent ne résolvait irrémédiablement pas tout. C'est tout ce qui importait à ce moment dans sa tête. Il ne pensait absolument pas au fait qu'il ne l'aurait jamais lui, sa peau, son odeur, ses murmures, son être. N'est-ce pas ?
Le soleil se dissimulait déjà derrière les montagnes, et l'obscurité commençait son règne sur le Japon. L'ombre sur le visage d'Himekawa descendait le long de son corps. Le froid de la nuit s'abattit sur lui, mais, déjà glacé à l'intérieur, il ne le sentit même pas. Ce ne fut qu'en entendant la sonnerie de son téléphone qu'il sortit un peu de sa torpeur . Dans un élan d'une infime motivation, il décrocha :
« Tatsuya-sama ! C'est Hassui, vous étiez sensé finir tôt aujourd'hui, et nous devions rencontrer des personnes d'une importante société avec Madame votre Mère ! J'ai crû que vous vous amusiez avec vos amis, j'ai donc demandé à Kanzaki-sama en le croisant à la sortie du lycée…
Kanzaki ? Comment était-il ? Il avait l'air perturbé ? »
Ce fut comme si son simple nom avait la puissance d'une trompette : à peine l'avait-il entendu que la vie lui revint.
« Ça s'est déroulé il y a bien quatre heures, je lui ai demandé où vous étiez, il m'a assuré ne pas vous avoir vu, il semblait préoccupé. Alors que j'allais lui demander où vous alliez généralement, un homme nommé Natsume l'a emmené je ne sais où. »
Le nom de ce dernier avait directement refroidit le gris, qui replongea une fois encore dans ses pensées sombres.
« Toujours est-il que je vous ai finalement observés via votre radar, vous êtes resté au même endroit suffisamment longtemps pour que ça en devienne louche ! J'ai donc pensé que vous aviez des ennuis ! Voulez vous que je vous cherche ?
…
Tatsuya-san ?
…
Je vais venir. »
Le majordome raccrocha finalement, et se précipita hors de son hélicoptère, posé sur le toit du lycée, pour chercher son maitre.
Kanzaki aurait voulu disparaître à cet instant. Himekawa avait toujours été un être incompréhensible pour lui, mais là, c'était le « pompon ». Depuis que Natsume s'était confessé, il avait déjà du mal à accepter sa propre homosexualité, mais encore celle de l'autre « Idiot à la banane » ça lui était impossible. Natsume. Kanzaki, en s'éloignant du lycée, se demandait s'il l'avait trompé en admirant le torse de son rival. Pas qu'il jouait les sensibles, mais Natsume... Il tenait vraiment à lui. Il ne savait pas exactement comment, mais il ne pouvait en tout cas plus considérer sa vie sans la présence du brun à ses côtés. Bien sur, il ne lui dirait jamais. Alors qu'il pensait enfin être sur d'être gay et d'aimer Natsume, voilà qu'un « abruti de première » vient le faire douter. Peut être s'intéressait-il à tous les hommes et que s'il aimait le corps de Natsume, ce n'était que parce que ce dernier n'avait rien à envier aux gravures de mode.
Kanzaki n'aimait pas se prendre la tête. Vraiment pas. Donc après trente secondes de réflexion, il décida que tout était de la faute d'Himekawa. De sa faute s'il était perturbé. De sa faute s'il avait des problèmes dans sa vie. De sa faute s'il y avait des guerres dans le monde.
« Kanzaki-sama? Dites-moi, vous auriez vu Tatsuya-sama ?
Non, dit le blond, à présent sûr que le gris le harcelait.
Dans ce cas, vous ne sauriez pas où il a l'habitude de...
Kan-chan ! On a à faire je te rappelle, s'écria Natsume en apparaissant derrière son amant.
Natsume? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'es pas parti après la fin des cours?
Pourquoi toutes ces questions? Tu me cacherais quelque chose Kan-chan? Et vous, qui êtes vous? Demanda le brun en observant Hassui.
Le majordome de Tatsuya Himekawa.
Vous nous excuserez, mais je dois parler avec Kan-chan, sur ce, au revoir ! »
Natsume saisit Kanzaki par le bras, et l'entraina avec lui.
« Natsu' ! Me tiens pas comme si j'étais un gosse !
Dis moi Haji-chan, il ne s'est rien passé d'étrange après les cours?
N... Non voyons ! Répliqua le blond »
Natsume, qui le fixait, lui donnait l'impression de passer au scanner. Rester concentré sur le ciel semblait être sa seule option pour ne pas avoir à le regarder. En effet, il évitait le contact visuel, comme s'il craignait que ses yeux puissent lire encore plus loin que lui-même dans son esprit. D'ailleurs, quand il se permit un coup d'œil sur lui, il remarqua que pour une fois, il ne souriait pas. Leur regards se captèrent et ne se lâchèrent pas. Un nuage qui passait devant le soleil assombrissait encore plus la ruelle sinueuse dans laquelle le couple s'était engagé.
Pendant une seconde, Hajime crut voir une lueur d'une pervertie qu'il ne connaissait pas chez Natsume. L'instant suivant, sans comprendre le pourquoi du comment, il se retrouvait immobilisé contre un mur rugueux. Le brun avait posé son coude au dessus de la tête du blond, afin que ce dernier ait encore plus une impression de soumission. Shintaro savait très bien que le membre du TKKH ne le supportait pas. C'était bien ce qui l'amusait le plus.
« Kan-chan, sourit-il en approchant son visage du sien, tu es vraiment... Adorable comme ça. »
Il combla finalement la distance qui les séparait, savourant les gémissements de son amant. Le forçant presque violemment à ouvrir la bouche, il y a passa sa langue, mordant au passage sa lèvre inférieure.
Kanzaki ne pouvait pas dire qu'il n'aimait pas cela. Il adorait avoir l'odeur de Natsume sur lui, son corps collé au sien, sa chaleur réchauffant toutes les parties de son corps. Mais pas comme ça, et le brun en était très bien conscient. Kanzaki savait très bien comment ça allait se passer : il allait râler comme quoi il n'aimait pas être « en dessous », Natsume allait lui sourire et le laisser faire ce qu'il voulait sans broncher. Et après lui avoir fait autant de bien qu'à lui même, Kanzaki se sentira tout de même soumis, car Natsume aurait pu le « retourner » n'importe quand. Tout ça, c'était de la faute d'Himekawa. Hajime ne savait pas pourquoi il pensait à lui tout à coup, ni en quoi il serait en faute, mais il fallait bien un bouc émissaire. D'ailleurs, pourquoi pensait-il à Himekawa alors que Natsume l'embrassait?
Cette dernière pensée le gêna tant qu'il décolla brusquement Shintaro de lui, lui administra un chassé abdominal avant de lui hurler :
« Te fous pas de moi idiot ! »
Il s'en alla finalement acheter suffisamment de yaourt à la liqueur pour s'alcooliser.
Natsume de son côté riait dans sa barbe (inexistante.). « Ça te perturbe donc tellement, Kan-chan? ».
Debout dans la chambre de son employeur, Hassui fixait ce dernier qui depuis l'ultime effort qu'il avait fait pour entrer et sortir de l'hélicoptère restait allongé sur son lit. Si son torse ne s'élevait pas périodiquement, on l'aurait cru mort. Le jeune domestique n'appréciait vraiment pas de voir quelqu'un qu'il estimait autant dans cet état. Surtout pas Tatsuya-sama. Après un long soupire de désespoir, il osa finalement tenter de dire quelque chose :
« Tatsuya-sama, il vous est arrivé quelque chose?
… Hum
Je suppose que cela veut dire oui. Vous savez, quand j'ai subit un choc, je vais me balader, ça met les idées au clair, et je pense que vous en avez besoin. Regardez hier soir, après que vous m'aillez embras... »
Hassui s'était arrêté, car au souvenir de la veille, Himekawa avait relevé la tête. L'argent qu'il versait à son domestique lui avait permis de l'embrasser, malgré la partie déshonorante de cet acte. L'argent peut tout acheter. Un sourire apparu sur le visage du gris.
« Hassui-san, tu me sauves la vie. Je serais rentré pour le diner ! »
Himekawa s'empara de sa veste, se sourit devant la glace et fini par sortir, avant même qu'Hassui ne puisse lui préciser que le diner était déjà servi depuis trois heures. Il observa la porte osciller quelques instants, les yeux dans le vague. Le souvenir de leur baiser l'avait vraiment touché? Ce signe signifiait vraiment quelque chose pour lui?
Le riche héritier quant-à lui ne savait pas où il avait, mais il sentait le besoin de récupérer de cette journée forte en émotions. Finalement, peut-être l'argent n'achetait pas tout, mais déjà beaucoup. Après tout, il avait parié avec Natsume qu'il aurait Kanzaki. Il lui suffisait donc de le prendre une fois. Mais comment convaincre un idiot pareil de se prostituer ? Himekawa tourna cette question dans tout les sens dans ça tête. Il dut marcher pendant un long moment, puisque quand enfin il leva ses yeux de ses pieds, le ciel était sombre. Autour de lui se dessinait un paysage qu'il n'avait encore jamais vu. Des maisons qui ne lui rappelait rien, des ruelles, sinueuses, sinistres qui s'enfonçaient dans les ténèbres qui ne lui étaient en rien familières. Alors qu'un silence morne donnait à cette atmosphère nocturne une tournure lugubre, un cri attira son attention.
Il détourna la tête vers la droite, et, après que ses yeux se furent adaptés à l'obscurité, deux silhouettes trapue, et une autre plus chétive, sur le sol. Himekawa s'approcha et pu clairement distinguer deux hommes, qui tirait avec force les cheveux d'un enfant. Ce dernier les fixait avec férocité, et, alors qu'il devait recevoir une énième menace de guerre, cracha au visage du plus proche. Ce dernier lui affligea un coup puissant, décrochant presque la mâchoire du gamin. Pourtant l'expression effrontée de ce dernier restait la même. Cette expression plût à Himekawa, qui s'approcha.
« Vous n'êtes pas un peu vieux pour lui ? Une bande de nuls qui s'attaque aux gosses. Même à Ishiyama on ne voit pas ça. Vous êtes lamentables.
T'es qui déjà toi ? Répliqua un des hommes, aux cheveux blonds.
Mon nom ne vous servira à rien, je ne traite pas avec les petites merdes dans votre genre. Laissez partir ce jeune.
Bien sur, soupira ironiquement le brun en effaçant les traces du mollard que lui avait craché le benjamin. Écoute, tu t'occupes de ton cul et nous du sien, ça te va banana split ? »
Le gris s'approcha, sortie son teaser, le colla sur la poitrine du blond et l'activa. Le malabar s'effondra directement, de la fumée s'échappant de tout son corps. Le blond lâcha le gamin et recula, effrayé.
« Tu parlais d'Ischiyama avant ? Je suis un ami à Kanzaki, un membre du TKKH, tu connais surement ? Il va te botté le cul si tu me laisses pas tranquille ! T'as pas idée à quel point il peut être fort ! »
« Encore Kanzaki. Il va me saouler jusque dans les ruelles les plus paumées celui-là ! » Pensa le riche dans un soupire. Alors qu'il s'approchait pas à pas du blond, qui reculait de plus en plus, il lui expliqua :
« Bien sur que je connais Kanzaki. Dis-moi, tu dois connaître la signification de l'abréviation TKKH non ? Tout d'abord, Tojo, s'exclama-t-il en frappant violemment le lâche au visage. Puis Kanzaki, mais il semblerait que tu le connaisses ? Ajouta-t-il en le frappant du pied. Ensuite viens Kunieda, notre reine, expliqua-t-il en lacérant son visage avec son teaser éteint. Et finalement, H pour Himekawa, celui que tu as devant tes yeux, demi-portion, hurla-t-il en l'électrisant. »
Le brun gisait au sol, ensanglanté, inconscient. Himekawa tenta de retirer le sang de ses vêtements mais il semblait être imprégné. Hassui allait encore râler. Il se tourna finalement vers celui qu'il venait de secourir. Ce dernier le fixait, avec un mélange d'admiration et de méfiance.
« Ton nom, demanda le gris.
Takeshi. T'as pas besoin d'en savoir plus.
Pourquoi ils t'en voulaient ?
Ils me devaient de l'argent. Il refusait de me le rendre. »
Takeshi s'approcha des restes de son dernier adversaire, bougea sa veste et s'empara des 10000 yens qui séjournait dans son portefeuille.
« Magnifique. Chaque jour je suis allé les saouler en demandant toujours plus d'argent, et finalement, j'ai tout avec les intérêts. L'argent est vraiment incroyable, t'en dit quoi Banana ?
Tous les jours ? Sans jamais douter ?
Si tu harcèles suffisamment les gens, ils cèdent. »
Voilà la réponse à toutes les questions que se posait l'Himekawa. Proposer toujours plus à son rival, jusqu'à ce qu'il ne cède. Et c'est un enfant châtains clair, débraillé, ensanglanté et venant surement d'une famille douteuse qui lui avait fait remarquer. Il ne pouvait que s'agir d'un signe divin. Dieu lui disait : « Mon fils, tu paieras cet homme pour vaincre Natsume. ». Magnifique.
« Sinon Takeshi, comment on va à Saint Ischiyama d'ici ? »
Après quelques explications, Himekawa le remercia, lui ébouriffa les cheveux avant de commencer à marcher.
« Attends, s'écria le garçon. »
Il glissa dans la poche de son ainé une chaine pour jeans en argent, avant d'ajouter :
« Manque plus que ça à ton style pour avoir l'air cool. Et si tu n'aimes pas, dis-toi que c'est un remerciement. »
Finalement le gris s'éloigna dans le noir. Après un quart d'heure de marche, il arriva devant son école de fortune, bien décidé à proposer son premier prix à Kanzaki. Seulement une fois arrivé, quelque chose frappa son esprit. Il se saisit de son I-phone, tapa rapidement un numéro, et attendit quelques sonneries.
« Tatsuya-sama ?
Hassui, il y a pas cours ou quoi ? Saint Ischiyama est vide !
Il est trois heures du matin monsieur, les gens dorment. Vous êtes au lycée ? Je viens vous chercher ? »
Celui prit quelques minutes avant que Himekawa réalisa qu'il venait d'avoir l'air « très con » sur ce coup là. Il commença alors à rire d'un rire totalement faux, en s'exclamant :
« Qu'est-ce que tu raconte ? Je… Suis dans ma chambre et je me demandais si tu dormais ! Dans une demi-heure, apporte-moi un thé au lait, d'accord ?
B… Bien monsieur. »
Heureusement qu'il n'avait pas appelé ses parents.
Beelzebub Beelzebub Beelzebub Beelzebub Beelzebub Beelzebub
Bon... eh Bien j'espère que ce second chapitre vous a plut ! Je suis longue à publier, mais je publie toujours les suites tôt ou tard. En plus à partir de juillet, j'aurais beaucoup plus de temps !
