Coucou mes loulous comment ça va ?

Je tiens tout d'abord à vous remercier pour les reviews que vous avez envoyés pour donner votre avis sur ce premier chapitre. Comme certains le savent, j'ai beaucoup hésité avant de poster cette trad car elle sort de l'ordinaire, elle est beaucoup plus dure et traite d'un thème abominable. Certains m'ont dit que ce n'était pas leur genre de fic mais qu'ils liraient quand même la suite pour voir l'évolution de l'histoire et de Stiles en particulier.

Merci donc à vous lecteurs, de lire ce nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. En tout cas on avance dans l'histoire. Toujours du PDV du shérif Stilinski. Et désolé du retard mais impossible pour moi de poster hier.

Bonne lecture à vous.


- 8 -

C'était un drôle de bébé. Une minuscule petite chose toute pâle avec des yeux sombres aussi gros que des soucoupes.

« Tais-toi » te dit Claudia « Ce n'es pas un alien ! »

C'était le premier né de la nouvelle maternité de l'hôpital de Beacon Hills. Quelques gars du journal voulaient te photographier avec le bébé pour une histoire qu'ils écrivaient sur cette maternité.

« C'est juste une couverture de journal » dis-tu à Claudia « Je parie qu'en fait, il est du National Enquirer (1) »

« Tais-toi John ! » Elle sourit au drôle de bébé dans ses bras « Tu seras désolé quand il appellera le vaisseau mère et qu'il vaporisera tes fesses ! » (2)

Le gars du journal entra pour vous retrouver tous les deux en train de glousser comme des sales gamins.

Tu pouvais encore te rappeler de tête du pauvre gars quand tu épelas le nom entier du bébé pour l'article.

- 9 -

Il ne dort pas. Ses yeux sont à moitié fermés mais ils te suivent doucement alors que tu t'avances pour te tenir debout près de son lit. Tu peux voir son visage maintenant. Il a un œil au beurre noir et une lèvre fendue. Il enroule ses doigts autour du haut de la couverture.

Il semble… brisé.

Tu ne peux pas interroger ton propre fils. Pas officiellement. Donc tu fais ce que tous les autres parents font dans de pareilles circonstances. Tu t'assoies près de lui et tu essayes de ne pas réagir à la terreur, à la détresse et à la culpabilité qui se dégagent de son corps par vagues. Tu veux l'envelopper dans une étreinte et ne jamais le laisser partir mais il est déjà recroquevillé comme s'il essayait de disparaître. Tu veux lui dire que ça ira mais bien sûr, c'est pas le cas. Il est loin d'être bien, aussi loin qu'il ne l'ait jamais été.

Ce matin, il était bruyant, effronté et un sale gamin. Ce matin il pensait qu'il pouvait avoir le monde. Ce soir, le monde l'avait écrasé et il t'avait aussi écrasé.

« Hey Stiles » dit Parrish en lui offrant un petit sourire.

Stiles fait un mouvement brusque « H-hey adjoint Parrish »

« C'est Jordan » dit Parrish.

« Jordan » murmura Stiles.

Parrish ne te regarde pas. Tu en es heureux.

« Je vais te poser quelques questions sur ce qui s'est passé ce soir ok ? » dit-il.

Il tire une chaise près de la tienne.

Stiles acquiesce, en baissant les yeux. Il empoigne le bord de la couverture dans sa main et des larmes te piquent les yeux quand tu vois ses poings éraflés. Il s'est battu. Ton garçon s'est battu.

« Peux-tu me dire où tu allais ce soir ? »

Stiles cligne des yeux et fronce les sourcils comme s'il n'arrivait pas à accorder ses choix de plus tôt dans la nuit (de sortir pour aller chercher un milkshake d'urgence, ou une pizza, ou de passer voir Scott, ou de faire quelque chose typiquement inutile pour un adolescent) à ce qui est arrivé.

« Je suis allé… » Il secoue la tête « Moi et Scott, on allait réviser. Je suis allé chercher des sodas »

« A quelle heure était-ce ? »

« Um… 19h ? 19h30 ? »

Tu fermes brièvement les yeux. Les ambulanciers l'ont amené à plus de minuit.

« Je… je revenais à la Jeep » Il ferme soudainement sa bouche, la mâchoire tremblante.

La voix le Parrish est calme « Est-ce que tu peux me dire combien ils étaient ? »

« Q-quatre ? » Il devient soudainement pâle, se tord soudainement et vomit par-dessus le lit. C'est en grande partie liquide. Ca heurte le sol et éclabousse un peu partout, répandant l'odeur dans toute la pièce « Je suis désolé ! Je suis désolé ! »

« C'est bon » lui dis-tu, les mains sur ses épaules, le ramenant bien sur les oreillers.

« Tes bottes ! »

« Ne t'en fait pas pour mes bottes »

« Papa » Il enroule une main tremblante autour de ton uniforme « Papa, ils étaient quatre »

« Ok » lui dis-tu parce que, qu'est-ce tu peux dire d'autre ? « Ca va aller, Stiles »

C'est pas le cas.

Ca va d'abord empirer.

Melissa entre et nettoie le vomi, murmurant à Stiles de ne pas s'en faire quand il se met à s'excuser pour les dégâts, les yeux larmoyants.

Cela prit un long moment pour le calmer pour que Parrish puisse continuer à lui poser des questions. Tu les détestes toutes et juste parce que c'est ton enfant qui est couché là. Tu détestes toujours ces questions mais elles sont diablement nécessaires.

Stiles ne peut pas décrire les hommes. Non, pas même leurs voix. Mais il ne peut pas le regarder quand il le dit à Parrish et tu te demandes s'il est en train de mentir. Puis tu te détestes pour t'être demandé ça.

Il ne peut pas décrire l'endroit où ils l'ont amené. Une sorte d'entrepôt mais il n'est pas sûr.

Il ne se souvient pas de grande chose. Quatre hommes mais seulement deux, l'ont violé.

Ses mots : seulement deux. Comme s'il essaye en quelque sorte d'un petit peu se consoler. Comme si cela fait une différence.

« Hey Stiles » dit Parrish « Ecoute, je dois te demander quelque chose, d'accord ? »

Ce n'est pas comme ça que tu aurais dû avoir cette conversation.

Stiles est immédiatement méfiant, il s'enfonce dans ses oreillers. Peu importe la faible lueur qui est doucement revenue dans son regard effrayé, elle s'est de nouveau éteinte

Parrish est solennel « Est-ce que tu es gay Stiles ? Ou, est-ce qu'ils ont dit quelque chose qui indiquait qu'ils le pensaient ? »

Stiles sursaute « Pou-pourquoi ça serait… qu'est-ce ça… »

« Gamin » Tu lèves le bras et attrape sa main moite et tremblante. Celle qui n'est pas recouverte d'un plâtre « On doit savoir si c'est un crime de haine »

« J'suis presque… presque sûr qu'ils ne m'aimaient pas beaucoup » Stiles dégage sa main.

Bien sûr que c'est ton enfant qui signale à quel point le terme 'crime de haine' est ridicule. Même dans le pire, son esprit est tranchant.

« Pourquoi… pourquoi est-ce que vous me posez cette question ? »

Parrish te regarde.

« Ils t'ont entaillé » dis-tu et putain comment ça se fait que ta voix soit toujours neutre « Ils ont gravé un mot dans ton dos »

« Un mot ? »

« Quel mot ? » demande-t-il, sa voix se brisant « Quel mot ? »

Tu ne veux pas le dire. Ils devaient le savoir et tu ne veux pas qu'il l'entende sortir de ta bouche aussi.

« Pute » dit Parrish d'une voix douce et tu es tellement reconnaissant du fait qu'il n'attende pas que tu lui dises « C'est pute »

Stiles pleure tellement qu'il vomit de nouveau.

Dr. Frederickson entre et le sédate de nouveau.

- 10 -

Ton enfant pouvait parler sous l'eau avec la bouche pleine de bulles. Il avait dit son premier mot à huit mois et demi et à partir de ce moment là, il ne s'était plus jamais tût.

Son premier mot était 'Buh' et toi et Claudia avaient débattu pendant des jours pour savoir ce que ça avait voulu dire. Elle avait dit que c'était évidemment son mot pour elle et tu lui avais dit que c'était évidemment son mot pour toi. Mais au final vous vous êtes mis d'accord sur le fait que c'était évidemment son mot pour 'Putain ! J'ai des orteils !'

Tu lui as promis de prendre soin de lui.

-11-

« Shérif ? »

Stiles est endormi. Il le sera pendant encore quelques heures ce qui veut dire que tu as besoin d'aller au boulot.

« Shérif ? » Parrish semble effrayé « Vous voulez que je vous ramène chez vous pour que vous puissiez lui ramener quelques vêtements propres ou autre chose ? »

Les vêtements de Stiles. Les vêtements qu'il a porté ont dû être emballé par le personnel de l'hôpital. Mélissa a dit qu'ils lui ont fait un kit de viol, ce qui veut dire qu'ils ont prit tous les prélèvements. Ils ont besoin d'être expédié au laboratoire de Sacramento tout de suite. Demain, quand Stiles sera réveillé, il devra faire photographier ses blessures. C'est toujours mieux d'attendre que les hématomes sortent. C'est mieux pour les jurys.

Il devra aussi être réinterrogé. Par les détectives cette fois. Parce qu'il peut se dire qu'il ne se rappellera de rien mais tu connais ton enfant. Il est vif. Quand il se sera reposé, quand il ne sera plus choqué, il se rappellera de plus.

Tu commences à compter sur tes doigts pour savoir le nombre d'adjoints dont tu auras besoin pour ça et au diable le dépassement de budget. Tu veux au poste tous le voisinage de là où la Jeep de Stiles à été retrouvée. Tu veux les cassettes des vidéos surveillances de l'endroit où il a acheté les sodas. Tu veux les caméras des feux de circulation. Tu veux tout.

Et, peut-être que ce n'est pas un crime haineux. Peut-être que Stiles a été ciblé parce qu'il est ton fils. 'Pute' est un ragot de prison bien sûr. Peut-être que quelques cons ont mis en scène leurs sales fantasmes de revanche sur Stiles parce que tu les as mis en prison. Tu devras vérifier chaque lettre de menace que tu as reçue et tu auras besoin d'une liste des récentes libertés conditionnelles que tu as mis derrière les barreaux pour commencer.

« Shérif ! » Parrish t'attrapes par le poignet « Je suis sur le coup »

« Quoi ? »

« Je suis sur le coup » répète Parrish « Si vous voulez que quelqu'un d'autre s'en charge, c'est bon mais vous ne pouvez pas gérer tout seul »

« Je sais » Tu le sais, rationnellement. Bien sûr que tu le sais. Mais émotionnellement, tu veux être dehors, faire quelque chose. Traquer les monstres qui ont fait ça à ton garçon « C'est un conflit d'intérêt »

« Oh, au diable tout ça » dit Parrish et tu te dis que tu ne l'as jamais entendu jurer jusqu'à maintenant « Monsieur, vous devez être là quand Stiles se réveillera »

Tu ne sais vraiment pas pourquoi c'est à ce moment là que tu t'effondres mais tu le fais.

Tu pleures comme tu n'as jamais pleuré depuis des années. Depuis que tu as perdu Claudia.

Et Parrish se contente de poser son bras autour de tes épaules, de t'amener dans une pièce vide de l'hôpital et attend avec toi jusqu'à ce que ca passe.

- 12 -

Tu rentre à la maison pour préparer un sac pour Stiles.

Tu es debout dans sa chambre et tu repenses à tous les mensonges qu'il t'a dit ces dernières années et à la distance qui s'est creusée entre vous.

Un crime de haine. Peut-être.

Une attaque gratuite. Peut-être.

Une attaque contre toi par son intermédiaire. Peut-être.

Tu penses à l'adjoint Garcia et à la 'violation de domicile' dans laquelle il s'est trouvé la semaine dernière. 'Violation de domicile' avec des guillemets. L'allocution est bien connue de toutes les personnes du poste.

« Mon Dieu » avait-il dit en passant la porte « le nombre de fois où des étrangers aléatoires ont éclaté ma porte en demandant de l'argent pour des raisons inconnues n'est-ce pas ? »

Tu avais aussi pouffé parce que ouais, bien sûr que c'était une dette de drogue.

Et maintenant tu te demandes si ces secrets que Stiles te cache, ont un rapport avec ce qui lui était arrivé ce soir.

Tu démontes la chambre de Stiles, cherchant quelque chose, n'importe quoi. Le magazine sous son matelas est, selon toi, moins choquant que ce que Stiles puisse imaginer. Tu as deviné il y a bien longtemps que Stiles est bi. Il a le béguin pour cette Lydia depuis la maternelle mais tu as vu la façon dont son regard traquait un garçon à travers la rue comme s'il n'était pas vraiment sûr de pourquoi il regardait mais ne pouvait pas détourner les yeux. Il a seize ans. Il a le droit d'être confus à propos de sa sexualité mais il n'est pas autorisé à en avoir honte. Tu pensais lui dire quelque chose comme ça il y bien longtemps. Et maintenant, toute conversation que tu essayeras d'avoir avec lui sera entachée par ce qui s'est passé.

Un thérapeute. Il aura besoin d'un thérapeute. Tu trouveras le moyen d'en payer un.

Les hommes nus dans le magazine ne font rien pour toi mais ça n'est plus aussi dérangeant que de trouver un magazine plein de femmes nues sous le matelas, ce que, oh, d'accord tu trouves de l'autre côté. Ton fils gardait l'esprit ouvert.

Probablement une autre chose détruite cette nuit.

Mon Dieu. Comme si tu voulais penser à ton fils en train d'avoir une relation sexuelle ou de se masturber mais c'est un garçon de seize ans. Au moins 90% de son cerveau est câblé pour ne penser qu'au sexe.

Ils ont ruiné tout ça.

Il n'y a rien dans sa chambre qui soit soupçonneux. Pas de drogues. Pas même une cigarette. Son ordinateur à un mot de passe.

Il n'y a rien.

Bien sûr qu'il n'y a rien. Stiles est un bon garçon.

C'est un garçon fantastique.

Tu as promis à Claudia que tu le protégerais et regarde ce qui arrive.

Putain tu veux un verre.

Tu en veux un comme tu n'as jamais voulu en avoir depuis des mois. Des années probablement.

Mais tu n'en a pas.

Tu ne ressens pas vraiment ça comme une victoire.


(1) The National Enquirer est un magazine people américain.

(2) J'ai eu du mal à traduire cette phrase et j'espère que vous la comprendrez. Je pense qu'il fait référence au National Enquirer et que la mère de Stiles à beaucoup d'humour ici…

Alors votre avis sur ce chapitre ?

Je vous promets du Sterek dans le chapitre suivant. A dans deux semaines et n'hésitez pas à laisser un commentaire.