Blaise Zabini était quelqu'un de bien. Malgré la guerre et les horreurs qu'il y avait vues, il conservait une âme d'enfant. Contrairement à Drago, il était sensible à la misère humaine, aux histoires d'amour dignes du Titanic (film qu'il vénérait), à la magie de Noël, à la chaleur d'un foyer,… Il était même étonnant que ces deux êtres si opposés soient devenus les meilleurs amis du monde. Peut-être était-ce parce que chacun trouvait chez l'autre ce qui lui manquait : Drago trouvait en Blaise une sensibilité et une douceur qui apaisait sa vie chaotique alors que Blaise puisait en Drago un soutien inébranlable lorsqu'il n'avait pas assez foi en lui.
En revenant du boulot, Blaise songea à sa vie jusqu'ici. Malgré leurs nombreux différents, sa famille l'avait richement doté et s'était uniquement grâce cela qu'il s'en sortait pour l'instant. En effet, il avait toujours été incapable de montrer sa vraie valeur lors des entretiens d'embauche et avait réussi à obtenir de justesse le poste de cireur de chaussure dans le grand hôtel du coin appelé le Catillésime, emploi qui ne lui permettait pas de subvenir à ses besoins primaires. Coté vie privée, le calme plat. Il vivait dans l'immense appartement de sa grande tante décédée avec Drago et son domestique, Vincent Crabbe. Aucune conquête, le néant ce qu'il expliquait assez facilement par sa difficulté à parler aux femmes sans rougir ou bégayer. Un problème que Drago n'avait pas, lui qui ramenait une jeune fille différente dans son lit chaque nuit. Même si il devait avouer qu'il enviait la facilité de son meilleur ami à parler aux femmes, il ne jalousait aucunement son mode de vie. Lui, il rêvait d'une femme qu'il aime et qui l'aime en retour, pas d'une stupide aventure d'un soir basée uniquement sur le physique et le pulsionnel. Il rêvait du grand amour, le seul et l'unique, celui qui le rendrait heureux pour le restant de ses jours.
Alors qu'il remontait l'avenue dans laquelle il habitait, Blaise aperçut, au loin, un corps étendu près d'un réverbère. Affolé, il se mit à courir. Lorsqu'il arriva près de cet être étendu sur le sol, il s'agenouilla. Il vit que c'était une femme. Très belle. Et très maigre aussi. Elle respirait encore. Paniqué, les larmes aux yeux devant cette pauvre petite sans défense, il se mit à crier, à appeler à l'aide, regrettant amèrement d'avoir laissé sa baguette chez lui. Personne ne répondit. Soudain, dans un éclair d'illumination, il se souvint que Pansy, qui vivait dans le monde moldu, leur avait fait acheter un téléphone portable, à lui et à Drago, et leur avait par la même occasion, formellement interdit de s'en séparer. Il remercia intérieurement son amie et ses idées étranges et, les mains tremblantes, il chercha le numéro du SAMU.
- Allô ? Je euh enfin, je suis sur l'avenue Foch, et, eh bien, il y a, près d'un lampadaire, une femme. Je ne sais pas qui c'est mais elle a besoin d'aide… Elle respire encore…
- Nous arrivons, mettez là sur le côté et vérifiez régulièrement si elle respire toujours. Ne paniquez pas, tout ira bien.
La femme raccrocha et Blaise regarda la jeune femme d'un air désolé. Il l'allongea délicatement, la mit sur le côté droit et la couvrit de son manteau. Là, assis au milieu de la neige, il la contempla. Si elle n'avait pas la respiration saccadée, on aurait pu croire qu'elle était morte. La neige autour d'elle tissait son linceul. Elle avait l'air d'avoir une vingtaine d'années, ses cheveux étaient bruns et particulièrement négligés, elle avait les bras couverts de bleus et de lourdes cernes sous les yeux. Elle portait un pantalon craqué à de nombreux endroits et un pull ample sans doute pour cacher la maigreur de son corps.
Il la reconnue. Elle n'avait plus rien de la jeune fille vive et riante qu'il avait connue. Elle n'était plus qu'une loque abandonnée sur le bord d'un trottoir, une figure de marbre sur laquelle toute lueur de vie semblait éteinte.
Que lui était-il arrivé ?
Hermione ouvrit doucement les yeux. Elle se sentait si bien qu'elle crut un instant qu'elle rêvait. Pourtant, il lui fallut se rendre à l'évidence : elle était éveillée et se trouvait dans un endroit totalement inconnu. En observant autour d'elle, elle eut l'étrange impression d'être à la mer : les draps du lit dans lequel elle reposait étaient d'un bleu si pur qu'il semblait infini, les motifs sur le sol imitait à la perfection la douceur du sable chaud, la tapisserie magique se mouvait au rythme d'un ciel d'orage et l'odeur salée la transportait, elle aussi, vers l'océan.
Elle se leva vivement et ressentit alors une douleur intense qui la traversa de toutes parts. Ce n'était décidément pas un rêve !
Elle se rattrapa à la petite table de nuit, qui ressemblait d'ailleurs à une cabine de bain pour elfe, pour ne pas tomber. C'est à ce moment-là qu'elle vit que quelqu'un avait laissé un petit mot pour elle :
« Miss Granger,
Hier, je vous ai trouvé agonisante, sous un lampadaire, en face de chez moi. Les secouristes m'ont demandé de m'occuper de vous puisque votre adresse n'était indiquée nulle part et que personne n'a réussi à joindre votre mère.
Blaise Zabini.»
Un peu sonnée, Hermione eu du mal à se faire à l'idée qu'elle se trouvait actuellement chez un garçon qui ne faisait actuellement pas partie de sa liste d'amis. Toutefois, elle devait bien reconnaitre que Zabini lui avait sauvé la vie et continuait de le faire le plus gentiment du monde. Cette idée suffisant à la rassurer, elle s'étendit de nouveau sur le lit et se rendormit.
La porte claqua.
Hermione se réveilla en sursaut. Elle ouvrit lentement les yeux, gémit à cause de la fièvre et attendit quelques secondes dans la pénombre de pouvoir reconnaitre quelque chose.
Un rire aigu s'éleva dans les airs.
Au prix de quelques souffrances, Hermione poussa les lourds draps et s'assit sur son lit. Elle prit sa tête fiévreuse entre ses mains tremblantes et fixa le mur en face d'elle. Apparemment, elle n'avait pas rêvé, elle était bien chez Blaise Zabini et c'était sûrement lui qui l'avait habillé si chaudement. Rassemblant ses souvenirs, elle chercha à comprendre pourquoi le garçon avait accompli tout cela pour elle mais aucune réponse ne lui vint à l'esprit. Peut-être espérait-il une contribution de sa part pour tant de bonté. Elle nota dans un coin de sa tête: "dire à Zabini que je ne paux pas lui donner d'argent". Cela étant fait, elle se tourna ensuite vers la table de nuit et constata qu'une carafe d'eau y avait été placée avec un verre à pied. Malgré la soif qui échauffait son gosier, Hermione hésita. Etait-ce un piège ? Mais la soif prit le dessus et elle se décida finalement à se verser un verre d'eau. L'eau fraiche la calma presque instantanément.
Un grognement masculin se fit entendre, ainsi que le bruit d'une fermeture éclair.
Intriguée, Hermione se leva et marcha en titubant jusqu'à la porte.
Les grognements s'accéléraient et étaient maintenant accompagnés de cris aigus et empressés.
Hermione hésita mais, tiraillée par une envie pressante, elle ouvrit la porte et contempla le chaos. Allongés, à même le sol, au milieu d'une pile de magazines tombés de la table basse, recouverts d'un minuscule paillasson, une jeune femme blonde plutôt sexy se tapait Drago Malefoy.
Dégoutée, Hermione s'empressa de traverser la pièce, les yeux rivés sur le plancher. Elle avait le vertige, mais elle s'efforça de continuer son périple tant bien que mal. Quand elle eut passé la porte de la salle des horreurs, Hermione se retrouva face à un escalier. Prenant son courage à deux mains, elle agrippa la rampe et monta lentement mais sûrement les marches qui menaient à l'étage. Des tableaux de différentes époques ornaient le mur blanc et on se croyait presque dans un musée. Arrivée à la seizième et dernière marche, la jeune femme se plia en deux et attendit que la nausée disparaisse. Quand elle fut calmée, elle se redressa et regarda autour d'elle. A droite, un couloir blanc, à gauche, un couloir marron et en face, ô miracle, les toilettes tant espérées. Soulagée, Hermione entra dans les cabinets, observa tout autour d'elle et, satisfaite de la propreté, s'assit. Epuisée par tous ses efforts, la convalescente posa sa tête si lourde entre ses mains et attendit. Il est fort probable qu'elle soit restée une demi-heure voire une heure sur le trône, découragée à l'idée même de devoir se lever. Elle aurait pu s'endormir mais quelqu'un toqua à la porte, rompant la quiétude de l'instant.
- Miss Granger ? C'est vous ? demanda timidement la personne.
- Blaise ?
- Oui…
- Où suis-je ?
- Euh… Chez moi… 27 avenue Foch pour être précis…
- Blaise ?
- Oui ?
- Tu veux bien m'appeler par mon prénom ? Et me tutoyer par la même occasion ?
- Euh… Et bien… C'est-à-dire que…
- Tu m'as sauvé la vie après tout, si j'ai bien compris.
- Et bien… D'accord… Hermione. Tu veux bien sortir à présent s'il te plait ? Le médecin t'attend.
Hermione hocha la tête, se leva du mieux qu'elle put et se traina jusqu'à la porte. Quand elle l'ouvrit, elle se trouva nez à nez avec Blaise qui la regardait d'un air gêné. Plutôt beau garçon songea-t-elle. Dommage qu'il est l'air si timide. Penser à la timidité de Blaise lui rappela la scène d'horreur dont elle avait été témoin et elle ne put s'empêcher de se demander comment Drago et Blaise pouvait-il être amis. Ils semblaient si différents… Au moins du point de vue des femmes!
Blaise se demanda s'il devait lui offrir son aide pour redescendre ou si elle trouverait cela offensant. Mais, lorsqu'il vit avec quelle pénibilité elle trainait son misérable corps, il se résolut à la soutenir, quoiqu'elle en pense.
Le diagnostic du médecin fut clair : la patiente devait se reposer, prendre ses médicaments et manger doucement et à petites doses. Elle ne pourrait donc pas retourner chez elle avant un certain temps.
Lorsque le docteur fut parti, le métis entreprit de border la jeune fille déjà à moitié endormie et s'éloigna ensuite du lit sur la pointe des pieds pour éviter de la réveiller. Cependant, alors qu'il allait fermer la porte, la voix d'Hermione le rappela :
- Blaise…
- Hermione ?
- Je n'ai rien…
- …
- Pas de chéquier, pas de gallions, rien
- Aucune importance, murmura t-il tendrement
Et, sans attendre sa réponse, Blaise sortit.
Il était décidé, il allait faire ce qu'il avait toujours voulu faire : il allait sauver un être détruit.
Une petite note de l'auteur : je voudrais vous rappeler qu'être auteur n'est pas facile tous les jours et que vos reviews nous aident vraiment à progresser. Votre avis m'intéresse ! Vous avez le droit de dire que ça ne vous plait pas (ou que ça vous plait), ce que vous aimeriez pour la suite, si quelque chose est incohérent, si vous aimez un personnage,… Tout ce qui vous passe par la tête!
MERCI !
