Chapitre 02
Merci à tous, toutes pour vos reviews. Je suis contente de voir que ce début vous plaise autant.
Pour répondre à la question sur le nombre de chapitre, j'en ai écrit 16. Bonne lecture.
Felicity
Nous pénétrons dans le bâtiment, je suis toujours aussi anxieuse, je fixe un point dans l'ascenseur, Oliver est près de moi, il me tient la main et fait des petits cercles sur le dessus du bout des doigts. Lorsque les portes s'ouvrent, il passe devant moi et me tire doucement vers lui. Je lui adresse un petit sourire, je ne comprends pas pourquoi je suis si stressée après tout qu'est-ce qui pourrait bien me tomber dessus ? Nous avançons dans le long couloir peint en vert anis, des dessins d'enfants sont accrochés un peu partout donnant un peu de gaieté à cet endroit. Nous nous arrêtons devant la secrétaire, celle ci relève la tête de son ordinateur.
- Mademoiselle Smoak, monsieur le maire. Vous pouvez patienter dans la salle d'attente qui se trouve sur votre droite, je préviens de suite madame Newman de votre arrivée.
Nous nous installons, la salle d'attente est minuscule, peinte d'un blanc qui semble avoir été posé récemment, des revues sont disposées sur la petite table se trouvant au centre de la pièce, une plante verte trône dans un coin sous la seule fenêtre qui laisse entrer de la lumière dans la pièce. Oliver et moi sommes assis côte à côté mais aucun de nous ne parle, il me jette de temps à autre des coups d'œil pour s'assurer que je vais bien mais il respecte mon silence et ne me forcera pas à parler. C'est ce que j'apprécie le plus chez lui, le fait qu'il me connaisse si bien, même parfois mieux que je ne connaît moi même.
Ça fait déjà trente minutes que nous sommes installés dans la salle d'attente et il n'y a eu pour le moment aucun mouvements de vie que ce soit dans la pièce où nous sommes ou dans le couloir, pas une seule porte ne s'est ouverte ou refermée, nous n'entendons que le bruit du clavier de la secrétaire. Je pousse un petit soupir, non seulement c'est long mais en plus je ne connais pas la raison pour laquelle je suis ici et ça m'énerve encore plus. Une porte s'ouvre enfin et une dame d'une quarantaine d'années s'avance vers nous toute souriante, je me lève et saisi la main qu'elle me tend, Oliver en fait de même.
- Si vous voulez bien me suivre.
Nous entrons dans son bureau, il est spacieux, bien plus que la minuscule salle d'attente dans laquelle nous venons de passer une demi heure. Des tas de dossiers de différentes couleur sont posés sur celui ci, j'avoue qu'il est bien rangé, aussi bien que le mien et je souris parce que je me dis que j'ai affaire à quelqu'un qui a le sens du rangement ce qui veut dire que mon rendez-vous ne s'éternisera pas. Elle nous fait signe de nous asseoir avant de prendre place à son tour après avoir refermé la porte derrière elle.
- Bien donc, si je vous ai fait venir ce n'est pas pour rien. Pouvez-vous me dire ce que vous savez de votre père ?
Mon père ? Elle me demande de lui parler de lui ? C'est quoi ces conneries ! Je me tourne vers Oliver qui m'encourage d'un sourire avant de poser sa main sur ma cuisse.
- Je ne sais pas quoi vous dire... La dernière fois que je l'ai vu, je devais avoir sept ans... J'en ai vingt cinq aujourd'hui.
- Très bien, je ne sais pas comment vous apprendre ça...
Elle soupire et joue avec le stylo qu'elle tient dans sa main... Je sens qu'elle va m'annoncer une très mauvaise nouvelle.
- Felicity votre père est décédé la semaine dernière.
Je me fige lorsque je l'entends prononcer ces mots... Mon père est mort et personne ne m'en a informé ! Bon en même temps qui aurai pu le faire ? Mais elle a su me retrouver alors pourquoi ne pas l'avoir fait avant ? J'essaie tant bien que mal d'assimiler ce qu'elle vient de m'annoncer.
Je ne sais pas trop expliquer ce que je ressens, un peu de colère et d'amertume, du désespoir aussi, parce que quelque part au fond de moi je voulais le revoir, je priais pour qu'un jour il revienne dans ma vie, qu'il s'excuse pour m'avoir abandonné, qu'il explique son geste. Je voulais qu'il revienne, je voulais avoir une chance de le connaître mais malheureusement madame Newman vient de briser mon rêve. Oliver serre doucement ma main, je la serre aussi, sa présence me fait du bien.
- Ma chérie est-ce que ça va ?
- Je ne sais pas...
Que lui répondre d'autre ? Je ne sais pas moi-même comment je me sens, je suis incapable de savoir si je suis triste ou indifférente. Je ne suis pas indifférente c'est certain, c'est tout de même de mon père que nous parlons, celui qui a été auprès de moi durant mes sept premières années de vie, celui qui se levait chaque matin pour m'emmener à l'école avant de disparaître pour toujours me laissant seule avec ma mère sans avoir laissé une seule lettre d'adieu.
- Il n'y a pas que ça mademoiselle, je ne vous ai pas fait venir que pour ça.
Elle me sourit, je ne comprends pas ce qu'il se passe et je dois dire que je suis très inquiète ... Elle vient de m'annoncer la pire des nouvelles... Que pourrait-elle faire d'autre ?
- Votre père a eu un autre enfant... Une jeune fille qui a quinze ans aujourd'hui. Apparemment monsieur Cutter a noté sur son testament que vous étiez la personne qui serait responsable de Liberty si un jour il lui arrivait quelque chose avant que celle-ci n'atteigne sa majorité.
C'est quoi ce merdier ? J'ai une sœur qui sort de je ne sais où ! Et en plus on me demande, non on me dit que je suis légalement responsable d'elle ! Je ne veux pas être responsable d'elle ni de qui que ce soit. C'est quoi cette histoire ? Elle n'a pas de mère cette gamine ? Je lève la tête vers madame Newman.
- Et sa mère elle se trouve où ?
- Sa mère est décédée peu de temps après sa naissance... Elle n'a plus que vous, vous êtes la personne qui devra s'occuper d'elle a partir de ce jour.
Je dois ? Elle ne me demande même pas si je le veux, et si je le peux. Bon sang c'est carrément une obligation ! Je me tourne vers Oliver, il n'a pas dit un mot depuis toute à l'heure, il n'a fait qu'écouter.
- Je vais vous laisser un moment le temps que vous digériez l'information. Je reviens d'ici une petite quinzaine de minutes avec Liberty. Vous verrez c'est une jeune fille adorable. Vous ne pourrez que l'aimer et souvenez-vous, c'est votre sœur.
Oliver
J'attends que madame Newman aie complètement refermé la porte avant de prononcer le moindre mot. Depuis toute à l'heure je regarde Felicity et j'attends qu'elle explose sauf qu'elle n'en a rien fait mais je sais qu'à la seconde où j'aurai ouvert la bouche ce sera le cas parce qu'elle est actuellement dans un état de très grand stress qu'elle ne sait pas gérer et je la comprends totalement, on vient de lui annoncer le décès de son père et même si elle ne m'en parle que rarement j'ai pu voir la tristesse passer rapidement sur son visage avant de céder place à la colère lorsque madame Newman lui a dit qu'elle avait une sœur qui a grandit avec lui.
- Felicity, comment tu te sens ?
- Comment veux-tu que je me sente ? On vient de m'annoncer que je vais devoir m'occuper d'une gamine dont je ne connais absolument rien et qui en plus est ma sœur. Ma sœur ! Je ne veux pas de sœur Oliver et encore moins m'en occuper.
Je lui fais un petit sourire triste, j'aimerais la serrer contre moi et lui dire que tout va bien se passer mais je dois la laisser parler.
- Mais je n'ai apparemment pas le choix. Pourquoi Noah m'a fait ça ? Pourquoi m'avoir abandonné pour ensuite faire un enfant avec une autre ? Pourquoi m'abandonne-t-il encore une fois en me laissant ce foutu cadeau empoisonné ?
Elle est énervée, mais elle en a besoin, elle doit extérioriser de suite. Je sais qu'elle est en colère et je la comprends.
- Et puis je n'ai pas le temps de m'occuper d'elle, ma société me prend la plupart de mon temps et ce que nous faisons le soir aussi. Comment je vais caser l'éducation d'une gamine que je ne connais pas dans mes journées qui sont déjà trop courte pour nous ? Nous avons déjà des difficultés pour nous retrouver tout les deux... Avec elle ce ne sera plus possible. Tu vas te lasser et tu vas probablement me quitter... Ce que je comprendrais.
Oh alors là non ! Je ne peux pas la laisser continuer comme ça, avec cette idée débile que quelque chose va changer entre nous et pire encore, que je vais la quitter ! Mais je dois y aller doucement, elle est à fleur de peau et ne sait plus vraiment quoi penser. Elle est totalement perdue.
- Felicity respire... Calme-toi... Je comprends que tu t'en sentes incapable, que tu sois en colère et surtout que tu aies peur parce que c'est une chose que tu n'as jamais fait. Mais, tu n'es pas seule, je suis là et je t'aiderai du mieux que je le peux. Nous n'avons pas à faire à une enfant mais une adolescente qui sera probablement prendre soins d'elle.
Je me penche vers elle et touche délicatement ses lèvres des miennes, elle colle son front contre le mien et serre doucement ma main.
- Et surtout ne t'inquiète pas pour nous deux, nous trouverons toujours un moment pour nous retrouver., mais sache que jamais je ne quitterai, tu m'entends ?
Je la prends dans mes bras et elle me souffle un merci, j'espère avoir su la rassurer et j'espère aussi que sa sœur appréciera Felicity autant que moi j'ai pu l'apprécier avant d'en tomber amoureux.
Nous discutons encore un moment surtout de notre future organisation, cette nouvelle ne va pas chambouler que nos esprits mais nos vies aussi. Lorsque la porte s'ouvre, nous nous tournons tout les deux vers celle ci, madame Newman s'efface et laisse passer Liberty, c'est une jolie jeune fille qui mesure pas loin d'un mètre soixante cinq, elle a de long cheveux brun bouclés et les yeux bleus. Elle ne ressemble pas du tout à Felicity, elle s'avance vers nous intimidée.
- Liberty, je te présente ta sœur Felicity et Monsieur Queen qui est maire de notre ville depuis six mois.
Nous nous levons tout les deux et adressons un sourire rassurant à Liberty mais celle ci nous ignore totalement, elle nous adresse un regard déplaisant avant de se tourner vers madame Newman.
- Pourquoi je ne peux pas rester ici ?
- Parce que tu n'as pas le choix, c'était le souhait de ton père.
Elle nous regarde de nouveau, pousse un soupir avant de se diriger vers la fenêtre sans se préoccuper de nous. J'ai l'étrange sentiment que les futurs mois ne seront pas des plus agréables.
