Tadah! Chapitre 2 uploadé! J'espère que vous aimerez toujours cette histoire. ATTENTION! Je ne peux vous promettre qu'il va bien finir... désolée d'avance : S
Merci aux personnes qui me lisent, mais encore plus à celles qui laissent des commentaires, je vous adore.
Bonne lecture !
Chapitre 02
[bref retour sur le chapitre précédent]
De très longues secondes passèrent pendant lesquelles un scientifique regarda Steve en lui tendant une seule chose : un genre de télécommande avec trois boutons et une roulette dont les chiffres allaient de 1 à 20.
- Pour déprogrammer le soldat, monsieur Rogers, vous devrez être seul dans la pièce avec lui, et dire les mots lorsqu'il sera assez affaiblit pour le faire.
[Fin du bref retour sur le chapitre précédent]
- NON!
Steve ne prit pas la télécommande, refusant obstinément de faire ce qu'on lui demandait.
- Monsieur Rogers, si ce n'est pas vous qui le faites, qui-
- Vous pouvez tous le faire ici! Il n'est pas question que je torture mon ami… Coupa le capitaine, complètement offusqué que personne ne lui ait parlé de ça avant.
- Feriez-vous confiance à n'importe lequel d'entre nous pour détenir une telle information, un tel contrôle sur monsieur Barnes? demanda le même homme qui lui tendait la télécommande.
Le capitaine regarda toutes les personnes dans la pièce, comme une bête prise au piège. Comment osaient-ils lui demander de faire ça? Mais en même temps, ils avaient raison… il ne ferait jamais confiance à qui que ce soit pour choisir les mots… Et son cœur chavira dans sa poitrine lorsqu'il réalisa que oui, il n'avait pas le choix de le faire même si ça allait à l'encontre de toutes ses valeurs les plus chères.
Tony le serra dans ses bras, par-derrière, avant de lui murmurer à l'oreille :
- Veux-tu que je le fasse Steve? Je peux te soulager de cette tâche si tu me le demandes…
- Non Tony. Je sais que tu ne veux que mon bien, mais… Steve hésita un petit instant, je sais que même si je t'aime fort, je t'en voudrais toujours de lui avoir fait autant de mal… même si tu ne désirais pas le torturer, même si c'était pour lui faire du bien… Ce serait contre moi, mais je le penserais quand même. Alors je vais le faire, mais je veux parler à Bucky seul à seul avant tout.
Toutes les personnes dans la pièce le regardèrent quelques instants, puis le chef du laboratoire, celui qui détenait la télécommande, hocha la tête et demanda à tout le monde de sortir. Tony embrassa Steve, acceptant la demande du capitaine et il ferma la porte derrière lui.
Steve Rogers et Bucky se retrouvèrent complètement seuls dans la pièce, personne ne se trouvant de l'autre côté des grandes vitres séparant le couloir du laboratoire. Les caméras étant éteintes depuis le début pour éviter que le code soit enregistré par mégarde.
Steve s'approcha de Bucky et, complètement involontairement, saisit la tête de l'homme et l'embrassa franchement, directement sur les lèvres. Bucky gémit contre lui, incapable de faire le moindre mouvement pour enlacer Steve, pour le toucher, pour profiter de cet instant avant que tout ne dérape. Steve approfondit le baiser quelques secondes à peine avant de se reculer brusquement, regardant aux alentours dans l'espoir que personne ne les ait vus.
Son cœur battait la chamade. Il avait osé profiter de Bucky alors que ce dernier était attaché et incapable de le repousser s'il le désirait. Il avait trahi son amitié, sa confiance et-
- Steve…
- Je suis désolé Buck, je ne voulais pas-
- Tu ne voulais vraiment pas ?
Steve le regarda comme s'il lui était poussé une seconde tête. Incapable de répondre à cette question, il regarda d'un côté et de l'autre, hésitant à regarder son ami en face.
- Tony… je suis avec Tony… je n'aurais jamais dû…
- Steve, je ne dirai rien si tu ne le veux pas. Je suis juste content de voir que tu ressens au moins un petit quelque chose pour moi.
Il fit un petit sourire contrit, regrettant déjà cette conversation.
- Buck… tu sais bien que je t'aime-
- Comme un frère ? soupira le sergent, coupant la parole à son ami.
Steve ne répondit rien et pencha la tête.
- Oublions ça veut-tu? Qu'est-ce que tu voulais me dire ? Tu n'as sûrement pas fait sortir tous ces rats de laboratoire seulement pour m'embrasser n'est-ce pas ?
- Non je voulais… je veux m'excuser.
- T'excuser de quoi Steve ? Tu n'as rien fait-
- Encore. Coupa-t-il. Je n'ai rien fait encore mais qui sait pendant combien de temps je devrai te torturer mon ami ? Je ne le veux vraiment pas mais… pour te guérir, il faut changer cette programmation… Il me faut des mots que l'on n'utilisera pas…
- Je ne peux pas t'aider Steve, je te fais confiance pour choisir les mots qui auront le plus d'importance le moment venu.
Steve le regarda un instant puis posa la tête sur l'épaule encore humaine du soldat de l'hiver. Il songea quelques instants à ce qu'il allait faire, puis pleura un moment. Bucky aurait tant aimé l'aider dans cette épreuve, mais étant au centre de cette dernière…
À cause de ces putains d'attache, il ne pouvait même pas le consoler, et ça lui faisait plus mal que n'importe quelle torture. Steve souffrait, et il ne pouvait littéralement rien faire. Il tourna au moins la tête, embrassa le côté de mâchoire du blond, seul bout de peau à sa portée, et appuya son front contre l'épaule du capitaine. Il ne pouvait peut-être pas l'enlacer ni l'embrasser comme un amant, mais il pourrait au moins être présent pour lui, dans la mesure du possible.
- Je ne t'en veux pas Steve. Mais si jamais tu fous le bordel dans ma tête, je te le ferai payer, puis je t'embrasserai moi aussi. Tony ne sera pas le seul à profiter de toi.
Steve recula, lui lança un petit sourire puis fit entrer à nouveau les scientifiques. Ils installèrent les électrodes partout sur le corps de Bucky, mais surtout sur sa tête. Ils lui mirent un casque conçu pour cibler spécifiquement les zones du cerveau utilisées lors de la programmation par Hydra, puis ils lui proposèrent de mordre dans quelque chose, mais l'homme refusa.
Tout le monde sortit, sauf le capitaine, debout devant Bucky. Bourreau face à son condamné.
Bucky tremblait face à la peur d'avoir encore mal.
Capitaine América sentit un froid mordant le happer.
Steve avait mal.
Si mal.
Encore plus lorsqu'il vit que les joues de Bucky étaient mouillées, une fraction de seconde avant qu'il ne tourne la roulette jusqu'à 10 et qu'il appuie sur le bouton qui démarra l'électricité.
Bucky cria.
XXXXX o XXXXX
Lorsque la première séance fut terminée, trois heures plus tard, Steve tomba à genoux, lâcha la télécommande et appuya sa tête sur les genoux de son meilleur ami. Il était incapable de bouger, tout son corps criait à la souffrance mentale qu'il venait de subir, et qu'il affronterait encore le lendemain.
Il avait arrêté de pleurer une heure auparavant, lorsque son corps n'avait plus aucune larme à produire.
Ses doigts étaient glacés, son corps était froid, il n'avait plus aucune envie de vivre, si c'était pour entendre les cris encore et encore, résonner dans sa tête sans fin, en boucle. Steve sentit la main de Bucky caresser du bout des doigts ses cheveux, incapable d'approcher sa main davantage.
Steve ne sut pas ce qui se passa après puisqu'il tomba inconscient sous le choc de cette première séance de torture.
XXXXXX o XXXXXX
Tony fut le premier à ouvrir la porte et il s'arrêta brusquement. Steve était à genou devant Bucky, toujours attaché sur la chaise. Bucky faisait peur à voir, son corps était mollement assis sur la chaise de métal, son visage baignait dans la sueur et les larmes, ses cheveux s'étaient collés à sa peau. Sa peau grisâtre rendait ses cernes plus foncés encore, lui conférant un air fou.
Il tentait du mieux qu'il pouvait de caresser la tête de Steve mais sans succès. Tony alla le détacher, se rendant compte en même temps que son partenaire, Steve, était inconscient contre les genoux de son ami.
Il eut mal à son tour, de voir que le capitaine avait souffert autant sinon plus que le soldat de l'hiver. Steve était tout en Boulle contre les tibias de l'autre homme, recroquevillé comme pour se protéger de quelqu'un, de quelque chose. Des larmes avaient coulé sur ses joues également, et il était pâle et froid.
Très inquiet pour lui, Tony tenta de le soulever sans réussir.
Se sentant faible et inutile pour lui, Tony se renferma sur lui-même. Baigné dans ses sombres pensées, il n'arrivait à rien dans cette pièce où les cris semblaient encore résonner.
Des scientifiques vinrent détacher Bucky, qui s'empressa de tomber à genoux à côté de Steve pour le serrer dans ses bras, caressant ses cheveux de son seul bras. Il l'appuya contre lui, murmurant des paroles réconfortantes contre son oreille. Fatigué, vidé de toute son énergie, Bucky aida de toutes ses maigres forces Tony, afin qu'ils supportent le capitaine dans sa marche jusqu'à la chambre du génie.
Personne ne s'interposa, T'Challa vint les aider aussitôt qu'il arriva devant le laboratoire, aidant le capitaine tandis que Tony supportait Bucky, plus léger.
Ils déposèrent Steve et Bucky dans le grand lit de Tony, puis le roi T'Challa attira Tony à part pour lui parler.
- Je suis désolé que Steve ait à vivre cette dure épreuve, j'espère que vous ne nous en porterez pas rigueur… Mais la meilleure façon de s'assurer du bien-être et de la sécurité de monsieur Barnes demeure entre les mains de son fidèle ami, et notre décision d'en faire le responsable de la nouvelle programmation n'a pas été de tout repos, croyez-moi…
- Pourquoi ne pas lui en avoir parlé avant alors? Steve… je ne l'ai jamais vu aussi abattu et encore, je l'ai retrouvé dans des situations critiques, et il avait toujours l'air d'un homme. Vous en avez fait un mort-vivant, et ce n'est que la première journée de torture. Combien de jours aura besoin Bucky ? Combien de semaines ? Est-ce que je vais devoir ramasser mon petit-ami à la petite cuiller encore et encore jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien ?
Le roi le regarda tristement, n'ayant aucun argument valide à lui répondre.
- Nous croyions que le capitaine serait un peu plus fort-
- Vous lui demandez de torturer –torturer!- son meilleur ami depuis toujours, de faire souffrir la seule personne dans ce monde qui lui apportait un sentiment de confiance, et vous croyiez qu'il allait rester stoïque et fort ? C'EST JUSTE UN HOMME putain!
Tony serra les poings le long de son corps, se battant très fort pour ne pas frapper le roi dans cet endroit où il avait une trop grande influence. Sa rage était infinie, il avait envie de faire un carnage parce que dans leur suite, Steve souffrait. Bucky souffrait, et ayant été victime de la torture, il pouvait très bien comprendre l'assassin, il parvenait presque à ressentir de la compassion pour cet homme qu'il avait détesté depuis toujours.
Le roi sembla remarquer la rage qui provenait de Tony parce qu'il recula légèrement, ne désirant pas être victime de la colère d'Iron Man.
- Je suis désolé qu'on en soit rendu là, monsieur Stark. Après tout, Steve est l'homme le plus bon qu'il m'a été permis de rencontrer, hors du Wakanda.
Tony ne rajouta rien, fatigué de ces mensonges qu'on leur avait cachés toute la semaine. Il fit une petite courbette sarcastique, un bref au revoir et entra dans sa suite en fermant la porte doucement, malgré son envie exponentielle de la claquer de toutes ses forces, jusqu'à la faire sortir de ses gonds.
Dans son lit, Bucky enlaçait du mieux qu'il pouvait Steve de son seul bras valide. L'éclat argenté de l'épaule de métal fit sourciller Tony, qui se promit de réparer le membre manquant, pour Steve. Pour Steve, se dit-il mais au fond, il le faisait un peu pour James.
Il prit place dans un sofa près du bureau de travail, orienté vers l'immense baie vitrée, puis s'endormit doucement, bercé par les respirations des deux hommes sur son lit.
Étrangement, il ne ressentait aucune jalousie.
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Le lendemain, ce fut un Steve déprimé, la mise renfermée, qui s'avança dans le laboratoire. La peau toujours claire, le corps refroidit par le crime qu'il commettait heure après heure, il s'avança devant Bucky et le serra dans ses bras avant qu'on l'attache à nouveau, et qu'on pose tous les appareils nécessaires à la programmation.
Et lorsque les cris de Bucky retentirent à nouveau, entrecoupés de ces mots que le capitaine avait choisis, Steve parvint même à ressentir encore de la tristesse, malgré son visage froid.
La séance se termina de la même façon.
Tony enlaça cette fois le capitaine sur leur lit, lui murmurant de douces paroles à l'oreille, même s'il ne semblait plus les entendre.
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Un soir, Steve était complètement inconscient du monde qui l'entourait. Perdu dans ses sombres pensées, il s'était étendu sur le lit de la chambre qu'il partageait avec Tony, puis n'avait plus rien dit.
Tony, incapable de supporter cette situation, était sorti se promener un peu. Lorsqu'il passa devant la chambre de Bucky, la porte grande ouverte lui permit de voir la pièce sombre dans laquelle il se trouvait. Les rideaux étaient tirés et l'homme était accroupi en boule dans un coin, entre le sofa et le mur, isolé des autres.
Tony regarda aux alentours, puis entra dans la pièce et s'avança vers Bucky le plus doucement possible, pour ne pas faire peur à l'homme. Il y avait maintenant cinq jours que Steve le torturait contre son gré, et c'était la première fois que Tony pensait un peu à James, et à sa souffrance. Steve n'avait pas redormi avec lui depuis la première nuit et donc, James subissait ces moments sombres seuls.
Le génie s'agenouilla devant James, incapable de penser correctement face à la détresse du soldat. Il le regarda longuement, puis posa une main sur son épaule. Bucky sursauta et le regarda dans les yeux, ressemblant à une bête prise au piège.
- Du calme Barnes, Bucky, je ne te veux pas de mal.
Le sergent sembla évaluer la situation puis hocha la tête. Il ne bougea toutefois pas, alerte à tout mouvement brusque de la part de l'autre homme.
Le milliardaire repoussa un peu le divan, puis il prit place à côté de Bucky, entre lui et le sofa. Il passa un bras autour de ses épaules, puis l'appuya contre lui, l'épaule métallique de James appuyée contre son pectoral droit.
- Je suis désolé de ce qui t'arrive Bucky, j'espère que tu sais que Steve ne te ferait jamais du mal, si ce n'était de cette… situation particulière.
- Bien sûr que je le sais, imbécile de Stark.
- Hey, un peu de gentillesse avec l'homme qui te console.
- Je n'ai pas besoin d'être consolé, je ne suis pas un enfant Stark.
Tony le regarda et sourit.
- Bien sûr que non, tu n'es pas un enfant. Tu es un adulte, un homme, qui subit une torture que personne ne pourrait jamais endurer, jour après jour depuis déjà cinq jours. J'ai déjà été dans une situation semblable, tu sais, bien que mille fois moins douloureuse que la tienne. J'avais peur, j'ai souvent pensé que je ne m'en sortirais pas, que je ne reverrais plus jamais mes amis et, à ce moment-là, l'homme que je considérais comme un père : Obadiah Stane. Ma douleur ne s'est toutefois pas arrêtée à cette caverne. Chaque jour, un peu plus de mal m'était fait, des gens me trahissaient et j'ai souvent été victime de tentatives d'assassinats. Encore avec toi et Steve, en Sibérie, j'ai cru y passer…
- À quoi ça rime, ce beau monologue ?
- Ah, tu me blesses Bucky. Je suis en train de te dire que j'ai eu mal moi aussi et tu t'en fiches ? Aussi bien partir, si c'est comme ça.
Il fit mine de se lever mais, à sa grande surprise, Bucky lui agrippa le bras et le maintint au sol, avec lui. Il cacha son visage contre son biceps, rougissant sous le geste de faiblesse qu'il venait de démontrer. Il ne regretta toutefois pas son geste puisque, quelques secondes plus tard, il appuyait sa tête contre l'épaule de Tony, les yeux fermés et la respiration sifflante.
Tony sourit, raffermit sa prise sur le corps de Bucky et appuya sa tête sur le mur derrière lui. La nuit serait longue, réalisa-t-il rapidement.
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Depuis cette nuit-là, Tony avait décidé de rendre visite à Bucky chaque soir, au moins pour lui apporter un peu de réconfort. Des hématomes apparaissaient aux divers endroits où les électrodes étaient installées chaque jour et pourtant, quelques heures suffisaient pour qu'elles disparaissent complètement. Tony était fasciné par ce don, mais n'en parla pas à Bucky, ne désirant pas raviver ses durs souvenirs.
Puis un soir, lorsque Tony s'attendait à trouver Bucky dans le même coin de la chambre, il fut fortement surpris de découvrir le sergent couché sur son lit, qui n'avait pas été défait depuis plusieurs jours. Ne désirant pas déranger, croyant que l'homme était endormi, Stark commença à fermer la porte.
- Stark, reste.
Tony sursauta violemment, ne s'attendant pas du tout à ce que l'autre homme soit réveillé. Il ferma la porte, les enfermant tous les deux dans la chambre, puis pris place sur une chaise tout près, au grand dam de Bucky qui soupira fortement.
- Vient ici Stark.
- Si nous sommes pour partager un lit, rigola-t-il, aussi bien m'appeler par mon prénom.
- Très bien, vient ici Tony.
Tony soupira, un grand dilemme occupant son esprit. Devait-il rejoindre l'assassin et lui prodiguer le réconfort qu'il lui donnait depuis déjà plusieurs jours, ou rester où il était, ce qui serait nettement plus sage considérant sa relation avec l'autre super soldat.
Qui ne risque rien n'a rien, se dit-il en approchant du lit, déterminé à ne pas laisser tomber l'autre homme.
Tout resta bien chaste, mais enlacé dans les deux bras de Tony, Bucky se sentit drastiquement mieux.
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Quand, le dixième jour Bucky finit par assimiler le code de Steve, ce fut avec un grand soulagement que ce dernier s'approcha de lui et le serra dans ses bras aussi fort qu'il le pouvait. Bucky n'était conscient de rien du tout, alors il restait figé, attendant les ordres du capitaine.
- Bucky, je t'ordonne de ne plus jamais obéir à ce foutu code. Si tu l'entends à nouveau, tu restes toi-même, c'est-à-dire James Buchanan Barnes, l'homme sympathique que j'ai toujours connu, et qui connait Steve Rogers et les Avengers. Compris soldat?
- Oui.
Steve répéta le code de programmation, puis regarda Bucky. Il n'arrivait pas à croire qu'après toutes ces journées à souffrir, à endurer les pires tortures mentales et physiques, il ne fallait que quelques mots pour que cette programmation disparaisse, et avec elle toutes les douleurs qu'il avait fait endurer à son meilleur ami. Quelques secondes plus tard, le regard gris du soldat regarda Steve dans les yeux, puis l'embrassa sans attendre.
Bucky se sépara de lui après seulement quelques secondes, puis lui lança un regard chaleureux. Steve lui fit un petit sourire désolé, et allait parler mais l'autre homme prit la parole avant.
- Steve, je suis désolé si je ne réponds pas, mais ces derniers jours, j'ai découvert que Tony était un homme bon, et je ne voudrais surtout pas ruiner cette relation que vous avez. Ne te détrompe pas, je t'aime beaucoup Stevie, mais je ne peux pas faire ça à Tony.
Steve, étonné par les paroles de son ami, s'éloigna un peu et, frottant sa tête de sa main gauche. Il regarda son ami quelques secondes avant de soupirer.
- Tu as raison, évidemment. Mais je suis content que tout ce foutu bordel soit terminé, dit-il.
- Tu jures Stevie !?
- Désolé, mais après avoir passé dix jours à torturer mon meilleur ami de toujours, j'ai le droit de faire ce que je veux. Je suis tellement désolé, je m'en voudrai toute ma vie…
- Arrête Stevie, je ne t'en veux pas du tout, dit Bucky en le serrant de son bras. Et puis grâce à toi, je peux rester moi-même et pour cela, je te serai redevable. Mais arrête de te faire du mal pour rien, tu ne mérites pas cette douleur.
Steve le regarda quelques instants avant de soupirer fortement. L'adrénaline ressentie lorsqu'il avait finalement réussi à programmer Bucky était maintenant complètement disparue. Il ressentit une énorme fatigue et, honnêtement déçu d'avoir été repoussé par l'autre homme, il fit entrer les scientifiques et sortit, laissant James seul aux mains des scientifiques, et de Tony, remarqua-t-il.
- Hey Bucky ! lança Tony en entrant dans la pièce, criant presque pour passer par-dessus les diverses conversations et observations que les scientifiques partageaient. Tu es bien toi-même ? Tu n'es pas un robot aux ordres de notre cher capitaine?
Le soldat sourit, mais Tony remarqua rapidement que ce sourire semblait faux. Il avait l'habitude, à force de côtoyer des politiciens et des gens d'affaires, tous menteurs et capables d'ériger un parfait masque, lorsque nécessaire.
Il se fraya donc un chemin entre les rats en blouse blanche, et parvint jusqu'à l'homme qu'il serra dans ses bras. À l'oreille, il lui murmura :
- Tu es bienvenue à la tour Stark, Bucky. Je te ferai un nouveau bras de métal, tu verras, la technologie Stark est nettement meilleure pour ce genre de prothèse.
Il regarda les scientifiques autour, semblant calculer diverses données.
- Est-ce que monsieur Barnes est libre de partir maintenant ?
- Oui monsieur Stark, nous compilons les données.
- Parfait!
Il agrippa le bras de l'homme libre, et l'attira jusqu'à sa chambre, pour rejoindre Steve.
Dans l'ombre, Steve était étendu sur leur lit, sur le ventre et la tête dans son oreiller, visiblement épuisé. Tony serpenta jusqu'à être couché sur son dos, ses bras passant autour de sa taille et se déposant sur son ventre. Il glissa sa tête contre le creux de son cou et souffla :
- Steve chéri, j'ai ramené Bucky avec moi.
- Ça ne me dérange pas.
- Quoi ? Mais Steve, c'est ton ami, murmura-t-il pour ne pas que le troisième homme les entende.
- Je crois que j'ai besoin de te parler Tony… dit-il le plus sérieusement du monde.
Tony, inquiet de ce que son copain avait à dire, descendit doucement de son dos en prenant garde à mettre au moins une main sur ses fesses fermes pour se relever.
Il sourit en voyant le visage rouge de Steve, puis le suivit à l'extérieur de la chambre, précisant à Bucky qu'il pouvait les attendre, que ce ne serait pas long.
Dans le corridor, Steve les attira dans le bout d'un couloir pour lui parler seul à seul.
- Steve, j'ai invité Bucky à venir vivre dans la tour Stark, dit-il avant que le capitaine ne parle.
- C'est… génial Tony.
- Tu n'as pas l'air si enchanté… je croyais que Bucky était ton meilleur ami…
Steve le regarda dans les yeux, puis il détourna le regard, ce que Tony trouva très étrange.
- Tony, je dois t'avouer quelque chose…
Intrigué, mais également très nerveux et apeuré, Tony regarda le capitaine et attendit patiemment qu'il continue de parler.
- Avant le trait- … Avant et après… j'ai embrassé Buck…
La pointe de tristesse et de souffrance qui passa dans le regard de Tony déchira le cœur du capitaine. Il tenta de s'approcher pour l'enlacer, mais Tony recula vivement, lui jetant un regard de chiot battu.
- Je croyais que tu… Steve tu m'avais dit…
Tony secouait la tête en parlant, semblant complètement perdu dans une spirale de défaite. Steve essaya à nouveau d'approcher le génie, mais ce dernier le repoussa plus brutalement encore, lui jetant cette fois-ci un regard noir.
- Je le savais, murmura-t-il pour lui-même, la tête penchée.
- Tony…
Mais l'homme se retourna brusquement, ignorant les suppliques du soldat, et marcha rapidement vers la sortie de l'établissement, ne songeant à une seule chose en ce moment : Steve ne m'aime plus.
Dans la jungle, légèrement éloigné de la « civilisation », il jura et frappa quelques arbres, souhaitant plus que jamais être de retour à la tour Stark pour se défouler dans sa salle d'entrainement.
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Lorsque Steve revint dans sa chambre, plus déprimé que jamais, il s'avança vers la baie vitrée qu'il ouvrit, puis avança sur le balcon pour prendre de l'air. Il faisait chaud, humide et sombre maintenant, mais il n'arrivait pas à s'en soucier. Tout ce qui le préoccupait c'était le visage abattu de son génie, irradiant de colère et de souffrance. Il n'avait pas osé le suivre, conscient que Tony ne voudrait pas lui parler de sitôt.
- Où est Tony? demanda James, qui était venu s'appuyer à côté de lui sur la balustrade.
- J'ai… j'ai fait une gaffe Buck…
Le sergent le regarda quelques instants, puis au vu du visage de Steve, ses sourcils se froncèrent et il jeta un regard sombre à son ami de toujours.
- Qu'est-ce que tu as dit à Tony, Steve ?
- Je lui ai avoué que je t'avais embrassé deux fois quand… enfin, quand je te torturais…
- TU AS QUOI!? Steve putain! Je t'avais dit de ne pas lui en parler parce que Tony ne méritait pas de souffrir encore ! Merde, je croyais que tu comprendrais…
- Je ne pouvais pas lui cacher-
- Cacher quoi Steve ? Encore de la douleur ? Rendu là c'est un service que tu lui rends… je n'aurais jamais osé croire que tu puisses lui faire ce mal, surtout quand je sais que tu l'aimes si fort, et qu'il t'aime autant…
Steve pencha la tête, se retenant de toutes ses forces pour ne pas pleurer. Il avait tout gâché, encore, et il regrettait amèrement.
Un long silence s'installa, aucun des deux n'osant le briser.
Puis, Steve sembla penser à quelque chose puisque sa tête se releva et il regarda l'autre homme.
- Depuis quand es-tu si sensible à ce que Tony peut bien ressentir ?
Bucky fit un petit sourire gêné, puis triste, avant de finalement secouer la tête et regarder les milliards d'étoiles qu'ils parvenaient à voir depuis le balcon.
- Un soir, après la cinquième journée, j'étais dans ma chambre et… enfin, je te passe les détails, Tony m'a trouvé et est venu me tenir compagnie. Il a passé la soirée avec moi et tous les autres soirs d'après…
- Je vois…
- Nous n'avons rien fait, je te le promets. En fait, la dernière soirée, je lui ai demandé de venir s'étendre dans le lit avec moi mais nous avons seulement dormi, rien de plus… j'avais juste besoin d'avoir quelqu'un avec moi…
Steve le regarda, un peu choqué. Bien sûr que c'était étrange, de voir que son meilleur ami s'entendait finalement très bien avec son copain. Mais de là à passer une nuit dans les bras de l'autre… c'était un peu trop intime comme amitié, non ? Il faisait entièrement confiance aux deux hommes mais… le devait-il vraiment ?
Il se sentait mal de penser à de telles choses alors que lui-même n'avait rien fait pour rassurer Tony. Et puis, son corps était déjà épuisé par la fatigue émotionnelle de ces derniers jours, de cette torture qui allait à l'encontre de ses valeurs les plus précieuses. À l'encontre de lui-même… Et Bucky ne semblait même pas lui en vouloir, malgré le mal causé…
Comment pouvait-il lui pardonner ?
Steve détourna le regard.
- Tu sais Bucky, je te fais confiance sur ma vie, je sais que tu ne feras jamais rien pour me blesser ni pour briser ma vie. Alors, que Tony ait décidé de dormir avec toi cette nuit-là, ça ne me dérange pas. Je t'aime Buck, comme un frère, comme un amour… je ne veux pas perdre cette relation que nous avons…
- Je ne veux pas la perdre non plus Stevie, mais tu as été vraiment imbécile de parler à Tony.
Bucky entra à l'intérieur, puis sortit pour rejoindre ses appartements. Il avait besoin d'un bon bain, ses muscles encore très endoloris de la dernière torture d'aujourd'hui. Au moins sa régénération aidait grandement à ce qu'il se sente mieux.
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Tony ne revint pas cette nuit-là, inquiétant Steve plus que jamais.
Ils reprirent quand même l'avion, deux jours plus tard, en direction de New York où ils s'installèrent dans la tour Stark. Bucky partageait son étage avec Thor, qui était rarement là puisque toujours avec Jane ou bien à Asgard.
Steve… Steve était toujours sur le même étage que Tony mais ce dernier s'était enfermé dans son laboratoire. Il n'en était pas sorti depuis trois jours et STAR refusait fermement de lui dire ce qui se passait avec son copain. Même Bucky semblait un peu en colère contre eux deux, ne pouvant partager la compagnie de l'un sans créer de la jalousie chez l'autre. Alors il restait sur son étage et essayait de se distraire du mieux qu'il pouvait. Heureusement, l'ordinateur de Tony semblait l'apprécier, ce qui aidait à sa recherche d'activité.
À suivre...
Je suis cruelle, désolée... j'espère que vous aimerez quand même le prochain chapitre... Il va s'y passer des choses... des choses bien et des mauvaises choses... des larmes et des sourires, et des moments tendres et des moments durs.
À la semaine prochaine :)
LEM
