Chapitre 2 :
La porte se referma dans un grondement sourd, des pas lourds et pressant se faisaient entendre dans tout le corridor. Ça interpela les gardes, ils furent surpris de voir le chef portant à bout de bras une humaine. Lorsqu'Aro vint à leur niveau, ils exécutèrent une révérence et d'une synchronisation parfaite leur « Bonjour Mon seigneur ! » résonnait comme un seul homme. Le chef Volturri, ne put s'empêcher de grogner, ne supportant pas l'idée même d'être jugé par de simple garde.
« -Ah Aro te voilà enfin ! Interpella un vampire aux cheveux peroxydés. Celui-ci bloqua le passage à Aro, qui grogna derechef.
-Où étais-tu partie, nous te cherchions tous depuis tout à l'heure, nous avons un problème urgent à régler !
-Plus tard ! Gronda le chef Volturri, mais le vampire n'en démordit pas et insista.
-Aro ! Le problème concerne la naissance d'une demi-race ! Il cracha presque ses derniers mots comme s'ils étaient enduits d'un venin mortel, on pouvait lire sur son visage un profond dégoût.
-J'en ai que faire de CE problème Caius ! S'il est pour toi si important, il ne tient qu'à toi de t'en occuper ! »
Le dénommé Caius ragea de l'intérieur, se faire envoyer promener de cette manière lui déplus au plus haut point. Lui qui était le meilleur prédateur de tous ne pouvait pardonner de fait de se faire ainsi rejeter. Il défia le regard de celui qui considéré comme son obstacle pour le pouvoir. Sans suit un duel de qui lâchera le regard avant l'autre. Bien qu'il puisse faire cela pendant des siècles, Aro cessa ce défi qu'il considéré comme puérile.
« -Caius…Commença-t-il d'un ton cette fois plus calme et plus raisonné. J'ai d'abord une chose à régler, le problème attendra un peu.
-Je ne comprends pas Aro, c'est bien toi qui à déterminer la mise à mort de toutes ces abominations ! Qu'est ce qui peut passer avant ça ! ! Et puis depuis quand est-ce que tu vas chercher le diner toi-même ! Dit-il cette fois en portant pour la première fois son attention sur la belle évanouie dans les bras du vampire aux cheveux ébène.
Aro baissa les yeux vers elle, une mèche de ses cheveux était tombé sur ses lèvres, si fines, si roses, si pleine de vie. Cette gamine aussi légère qu'une plume était prise de soubresauts, ses paupières semblaient s'animer au rythme d'un adversaire inconnu. Aro resserra son étreinte et poussa un soupir d'agacement avant redonner son attention à son associé.
« -Cette fille n'est pas le diner, elle va devenir l'une des nôtres. Annonça-t-il d'une nonchalance incroyable. Caius grogna de mécontentement, attendant d'avantage d'explication sur la nouvelle idée de son « chef ».
-Ce soir à la tombée de la nuit, je transformerai cette fille pour qu'elle fasse partie des nôtres. Mais avant ça, va me trouver Jane et dis-lui de m'attendre dans la salle du trône. J'aimerai vérifier quelque chose…Finit-il dans un murmure à lui-même. »
Caius parti exécuter sa mission sans dire un mot, il était hors de lui, mais il prit sur lui, désirant finir au plus vite les délires de cet « homme » pour pouvoir enfin se concentrer sur LE problème. Il marcha d'une allure si rapide que l'œil humain n'aurait pas était capable de voir, il fut donc rapidement en face de Jane. Un vampire figé dans ses 13 ans mais ayant vécu plus de 300 ans. Avec son gabarit de gamine, frêle et fragile comme une poupée de porcelaine qu'on devrait manier avec la plus grande délicatesse. Jane était en réalité un vrai fléau parmi les autres vampires, elle pouvait infliger à son adversaire, humain comme vampire, d'atroces douleurs mentales laissant ainsi son adversaire dans la détresse la plus totale.
Le vampire aux cheveux peroxydés informa la « jeune » vampire de la tâche qui lui fut donner. Il lui retransmit les mots d'Aro, sans rien ajouter de plus. Un dialogue froid et distant. C'était l'habitude chez les Volturri, une relation de partenariat n'y plus, n'y moins. Pourtant Jane avait un attachement spécial pour Aro, c'était lui qui l'avait sauvé 300 ans plus tôt, elle et son frère Alec. Il était à la fois, son sauveur, son modèle et son père spirituel. C'est alors avec hâte qu'elle se rendit à la salle du trône.
Dans cette immense où chaque son était amplifié par cinq, régner une solennité religieuse. Jane n'aimait pas être seule dans cette pièce, c'était comme si une force invisible lui criait, qu'elle n'avait pas sa place dans ce lieu. Prenant son mal en patience, elle fit le tour de la pièce, admira les tableaux accrochés aux murs. L'un d'eux attira son attention : La mort de Marat d'Edvard Munch. C'était Marcus qui avait fait l'acquisition de ce tableau. On connaissait de lui, son côté cynique, ce tableau en était la preuve. Il l'avait acheté dans l'attention de les empêcher d'oublier ce qu'ils étaient. Des monstres, des bêtes. Jane n'aimait pas ce tableau car elle voyait en cette femme figée et dénué de vie, sa propre personne. Une boule se noua dans sa gorge. Elle avait envie de brûler ce tableau, elle maudissait le visage de cette femme, ces cheveux blonds qui lui rappeler les siens, elle aurait voulu lui arracher. Elle aurait voulu que cette femme n'ai pas tué cette homme. Elle aurait voulu que cette femme soit dehors au lieu d'être cette chambre sinistre. Elle aurait voulu qu'elle vive.
La porte s'ouvra dans un fracas tonitruant, sortant Jane de ses pensées. Elle vit son maitre venir vers elle. Elle ne put s'empêcher de penser qu'il ressemblait à un souverain et que quoiqu'il arrive elle le suivrait. Mais lorsqu'elle vit la jeune fille dans les bras d'Aro, la jalousie la prit. Elle se braqua automatiquement.
« -Vous m'avez demandé ? S'exclama telle d'un ton plus dure qu'elle ne l'aurait voulu.
Aro posa délicatement la jeune fille sur le dallage froid de la pièce, elle avait été changée et pansée, elle ne portait plus ses vêtements troués et tachés de sang, mais une longue toge rouge attaché comme les anciennes dames romaines.
- Utilises ton don sur elle, ma chère. » Dit-il simplement. Jane jubila intérieurement, l'occasion était vraiment trop belle, elle pouvait se défouler comme elle l'entendait. De son côté, Aro espéra que son intuition soit juste, non pas pour confirmer son idée, mais pour éviter la souffrance inutile de cette fille.
Après quelques minutes rien ne produisit, Jane était folle de rage, elle ne comprenait pas pourquoi une simple humaine pouvait contrer son don. Elle attrapât la gorge de la belle endormie et la souleva dans les airs, cette dernière se tortilla dans tous les sens, tentant à tout prix de se libérer de l'emprise de la jeune vampiresse. Ses lèvres commencèrent à se bleuir c'est alors qu'Aro, intervenu. Il empoigna l'avant-bras qui tenait fermement le coup de la jeune fille.
« -Voyons, ma chère tu n'as pas à être jalouse de cette fille, tu sais bien que tu es ma préférée. S'exclama-t-il en rigolant gentiment. Peux-tu, je t'en prie déposer cette jeune demoiselle, je t'en serais sincèrement reconnaissant. »
Jane obéissait, et la lâcha brutalement. La jeune humaine reprit son souffle difficilement, crachant, frottant sa gorge meurtrit mais elle ne pleurait toujours pas, ses yeux montraient seulement son désespoir le plus profond. Aro s'agenouilla devant elle, et plongea son regard dans les siens. Il caressa du bout des doigts la marque laissé par Jane. Au contact la peau glaciale du vampire, la jeune fille frissonna, et eu un mouvement répulsif, elle cacha avec ses mains, sa gorge meurtri, comme honteuse de ses blessures.
« -Ne t'en fait pas, bientôt, tu n'auras plus mal, plus jamais. Lui murmura-t-il en lui caressant sa chevelure brune. »
