N/A :
Le Subutex est un cachet de 8mg de Buprénorphine, il est utilisé dans les sevrages comme un traitement substitutif aux opiacés aux Etat-Unis.
J'ai essayé de rendre le sevrage le plus crédible possible, ai fait des recherches, ect…Mais dans la mesure où je n'ai pas d'expérience (thx god) dans ce domaine, il est possible qu'il y ait des incohérences ou comportements inadaptés.
Hydrocodone est la dénomination pharmaceutique de la Vicodin, au même titre que Lortab et Vicoprofen. (Ba quoi ça fait pas de mal de se culturer !)
Truc drôle : Quand on tape « sevrage Hydrocodone » sur Wikipédia, il n'y a qu'une réponse qui s'affiche : « Dr House » !
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Assis à son bureau, les poings serrés sur les accoudoirs de son fauteuil, House tentait désespérément de se concentrer sur le compte rendu de l'état de son patient. Il grogna quand une nouvelle crampe le lança et Foreman fit une pause dans son discours. Les trois paires d'yeux de ses employés le jaugèrent avec inquiétude avant que le neurologue ne reprenne la parole. Seul le regard soucieux de Cameron resta résolument fixé sur lui.
Il n'avait pas pris de Vicodin depuis deux jours. Si la première journée, la douleur avait été supportable, ce n'était aujourd'hui plus le cas. Il avait été incapable de dormir la nuit dernière, la souffrance de sa cuisse s'accompagnant des premiers effets du manque. Il avait avalé une pilule de Subutex quand un cas était arrivé entre ses mains, espérant que ça suffirait à le faire tenir le temps de sauver la vie du patient, mais le Subutex n'était pas aussi puissant que la Vicodin et s'il soulageait un peu la douleur, le manque était toujours là.
Il ordonna à son équipe d'aller faire les tests nécessaires et les deux hommes échangèrent un regard inquiet avant de disparaître. Evidemment, Cameron ne lâchait pas prise aussi facilement.
« Vous ne prenez plus de Vicodin ».
C'était une remarque plus qu'une question et il lui jeta un regard agacé en priant pour que ça suffise à la faire partir. Elle chercha une réponse sur son visage, mais il ne laissa rien paraître. Nier aurait été absurde et il n'allait certainement pas se justifier auprès de sa subordonnée. Elle parut surprise qu'il ne l'insulte ou ne la chasse pas. Comme voulu, elle devint mal à l'aise devant son manque de réaction.
« Wilson a de nouveau arrêter de vous en prescrire ou… »
Elle se tut subitement et il lut sur son visage qu'elle n'arrivait même pas envisager qu'il ait pu arrêter de son plein gré. Bizarrement, cela renforça sa volonté d'arrêter. Si Cameron-je-crois-à–la-bonté-dans-chaque-être-humain ne croyait plus en lui…Comment en était-il arrivé là ?
Plongé dans ses pensées, il ne la vit même pas partir et fut étonné en remarquant qu'elle avait disparu. A quel moment avait-elle cessé de s'inquiéter pour lui ? A quel moment avait-elle abandonné l'idée de lui venir en aide ?
Il repoussa ses questions au fin fond de son esprit, il avait des problèmes bien plus importants en ce moment, comme le fait qu'il faisait beaucoup trop froid dans cette pièce. Il se leva et alla augmenter le thermostat au maximum. Il n'eut pas la force de retourner derrière son bureau et se laissa tomber sur le canapé, attrapant sa veste au passage pour s'en recouvrir. Ses vêtements étaient trempés de sueur et il s'allongea pour attendre que les tremblements incontrôlables qui le prenaient cessent.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Il était miraculeusement parvenu à s'endormir quand il sentit une main sur son poignet, puis sur son front. Il lutta pour ouvrir ses paupières qui lui parurent peser des tonnes. Il croisa deux épais sourcils froncés au dessus de la mine inquiète de son meilleur ami.
« A quoi tu joues ? »
« Saute-mouton », articula House, la bouche sèche.
Il reposa ses yeux quelques secondes, incapable de les tenir ouvert et entendit Wilson se déplacer dans la pièce. Il ne résista pas quand une bouteille fut portée à sa bouche et avala quelques gorgées. Il n'aimait pas être materné, mais il n'était pas sûr d'avoir la force de soulever ses bras. Il sentait son sang bouillonner dans ses veines et en même temps, il était glacé. Il rouvrit les paupières. Wilson le fixait toujours, tentant de trouver une explication sur le visage de son ami, l'attendant.
« Tu as besoin d'une prescription ? », demanda-t-il après un moment.
« Subutex, Débridat, Rorformil et…tout ce que tu as qui ne contiennent pas d'opiacés », énonça-t-il lentement.
L'oncologiste parut sonné.
« Tu…arrêtes la Vicodin ? »
House ferma les yeux sous une vague de douleur et hocha simplement la tête.
« Si c'est juste un pari ou… »
« Plus que ça », marmonna le diagnosticien.
Il sentit le regard de son ami le sonder et planta ses yeux déterminés dans les siens. Les lèvres de Wilson s'ouvrir en un léger « Waouh » et il se laissa tomber en arrière dans sa chaise.
« Pourquoi ? », s'enquit-il.
House grogna. Tout le monde passait son temps à essayer de le convaincre d'arrêter l'hydrocodone et quand il se décidait, il fallait qu'il se justifie ? Comprenant qu'il n'aurait pas de réponse, Wilson laissa tomber. Il sortit son carnet d'ordonnance de sa poche et y inscrit plusieurs choses.
« Tu veux que je te conduise au quatrième étage ? »
Il vit House se tendre à ces mots et ne sut pas si c'était de douleur ou de répulsion. Le docteur détestait les cures de désintoxication. Il secoua la tête et Wilson décida de ne pas insister. La décision de House relevait déjà du miracle, des discussions de groupe et autres types de thérapies qu'il révulsait risqueraient de l'amener à changer d'avis plutôt qu'à l'aider.
« OK », conclut l'oncologiste. « Mais je te ramène chez toi. »
Il ne contesta pas et se redressa avec difficulté, chaque geste semblait être une torture pour ses muscles raidis par le manque.
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Il avait insisté auprès de Wilson pour rester seul, mais ne fut pas surpris quand on frappa à sa porte, quelques heures plus tard. Il n'avait pas eu de crise depuis presque une heure, mais il ne se sentit pas capable de se lever, il n'était pas sûr que ses jambes pourraient le supporter.
« Ouvert ! », cria-t-il à l'intention de Wilson.
Son cri provoqua une remontée de bile et il se força à la ravaler en serrant les dents. Il n'avait pas encore vomi, mais savait qu'il ne pourrait pas y couper, les nausées s'amplifiant déjà.
Des sons de pas distinctifs s'approchèrent et il ferma les yeux une seconde. Il ne s'attendait pas à elle…ou peut-être que si. Quand il rouvrit les paupières, elle était figée à quelques mètres du canapé, les yeux écarquillés dans sa direction.
« Qu'est ce que vous faites ? »
Son ton cassant le surprit. Il ne répondit pas, n'étant pas sûr de ce qui sortirait de sa bouche s'il l'ouvrait. Les yeux bleus de la jeune femme glissèrent sur les siens qui devaient être injectés de sang et plus creusés que jamais. Il déglutit douloureusement en comprenant que c'était son tour de parler.
« Pas pour vous », parvint-il à articuler d'une voix rocailleuse.
Elle le jaugea un moment, comme pour déceler un mensonge, mais dans l'état où il était, seule la souffrance se lisait sur son visage. Elle avança jusqu'au fauteuil placé en face du canapé et s'assit. Coude sur les genoux, tête dans les mains, elle ferma les yeux une minute, ne sachant pas ce qu'elle était censée faire, dire…
« Vous avez mangé ? », demanda-t-elle subitement.
Il voulu lui répondre qu'il préférait garder son estomac vide pour éviter d'en rejeter le contenu sur sa moquette, mais il sentit qu'elle avait besoin de ça. Elle avait besoin de se sentir utile, de l'aider d'une quelconque façon, alors il secoua la tête et elle disparut dans la cuisine.
Quand elle revint quelques minutes plus tard, il s'était redressé et enroulé dans une couverture. Elle lui tendit un bol fumant et il haussa un sourcil en y trouvant une soupe qu'elle n'avait certainement pas trouver dans sa cuisine.
« Je suis une obsédée de l'ordre et je prévois tout, vous vous souvenez ? », répondit-elle en souriant légèrement.
Il sourit en réponse et elle vint s'asseoir à côté de lui. Il la sentit hésiter et lui laissa le temps qu'il lui fallait, profitant du réconfort que lui apportait sa soupe.
« House…Je…Je ne sais pas pourquoi vous faites ça. Je ne veux pas vraiment le savoir », rajouta-t-elle. « Je veux juste…Je ne veux pas que vous espériez que… »
Elle tordait nerveusement ses doigts sur ses genoux et se perdit dans ses pensées une minute avant de reprendre.
« Je sais que j'ai dit que je ne voulais pas….Que vous étiez un drogué, mais…ne croyez pas que….que ça va changer après ça. »
Il grimaça, se demandant si son cerveau lui jouait des tours ou si cette phrase ne voulait réellement rien dire. Elle attendait nerveusement une réponse qu'il ne pouvait décemment pas apporter, alors il se contenta de répéter ses mots précédents.
« Je ne le fais pas pour vous. »
La soupe l'avait réchauffé et libéré sa gorge. Il inspira profondément, juste parce qu'il le pouvait. Ses muscles se détendirent doucement et un frisson le parcourut, agréable cette fois.
« Bien ».
Il se tourna vers elle. Savourant son apaisement, il en avait presque oublié sa présence.
« Je…Je peux faire autre chose ? »
Il secoua la tête, mais elle ne le vit pas, se levant déjà pour ramener le bol vide à la cuisine. Elle revint quelques minutes plus tard et commença à ranger la pièce. Il jeta un regard autour de lui et se dit qu'il devrait renvoyer Consuela, cette pièce était un véritable capharnaüm. Il haussa un sourcil en se souvenant qu'il avait, en effet, viré Consuela deux semaines auparavant.
« J'ai un uniforme de bonne qui devrait vous aller à ravir. »
Elle lui jeta un coup d'œil entre amusement et réprobation alors qu'elle récupérait tous les magazines qui trainaient pour les mettre en une pile. En moins d'un quart d'heure, la pièce était rangée et il fut soulagé quand elle s'assit sans lui demander où était la serpillière. Elle plaça le tas de magazines devant elle et entreprit des les classer par genre. Il comprit alors qu'elle essayait de gagner du temps.
Elle retira sa veste, révélant un haut qui, penchée comme elle l'était vers l'avant, offrait une vue plus que plaisante au diagnosticien. Il sourit et alluma la télévision. Cuddy était une compagnie plus…appréciable que Wilson sur certains points et il se doutait que, même s'il le lui avait demandé, elle ne serait pas partie sans résistance.
Ils étaient en train de regarder un talk-show, House le commentant régulièrement pour la faire sourire, autant que pour se concentrer sur autre chose que sur le tiroir sous la télé, où il savait qu'il trouverait de la Vicodin. Il serra les dents en sentant une chaleur significative monter en lui, une crise n'allait pas tarder. Il éteint la télévision et la jeune femme qui était sur le point de s'endormir sursauta.
« Il se fait tard, vous devriez rentrer chez vous », proposa-t-il en essayant de dissimuler la douleur qui s'accroissait.
Elle ouvrit la bouche pour protester, mais il la coupa.
« Je vais bien, Cuddy. Je vais aller me coucher et je n'ai pas besoin d'une nounou pour me border », répliqua-t-il plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.
Elle hésita une seconde avant de hocher la tête et de se lever. Elle se détourna pour attraper sa veste. Elle fit volte-face juste à temps pour le voir blanchir dangereusement alors qu'il commençait à frissonner. Elle avança vers lui, mais il l'arrêta.
« Fichez le camp ! »
Ses frissons se transformèrent en tremblements alors qu'une fine couche de sueur recouvrait son visage. Elle resta plantée là à l'observer souffrir le martyr, convulsant si violement qu'elle crut qu'il allait tomber du canapé. Son regard était meurtrier, presque haineux alors qu'il lui intimait de partir. Ce n'était pas la première fois que House était en manque, elle savait qu'il pouvait se montrer odieux dans ce genre de situation. Sa méchanceté n'avait plus aucune retenue quand il avait besoin de Vicodin, mais elle ne parvint pas à s'intimer de partir. Elle rejeta son manteau sur le fauteuil et disparut dans la cuisine alors qu'il lâchait diverses injures sous la douleur. Elle revint avec une bassine, trouvée dieu sait où, dans une main et un verre d'eau dans l'autre. Elle posa la bassine à côté du canapé et le verre d'eau sur la table basse, accompagné de plusieurs pilules. Elle devina à ses poings serrés et à son regard rageur que si elle lui avait tendu le verre, il le lui aurait probablement jeté à la tête. Elle alla chercher une nouvelle couverture dans la chambre et la déposa précautionneusement au dessus de lui. Il lui intima de le laisser tranquille, mais, têtue, elle s'assit sur le fauteuil à deux mètres de lui et attendit que la crise passe.
Les larmes aux yeux, elle le regarda souffrir en silence. Ne rien pouvoir faire la rendait malade et elle se surprit à trembler presque autant que lui.
Il se redressa soudain et essaya de se lever. Il vacilla sur ses jambes flageolantes. Quand il eut trouver l'équilibre, il fit un pas en avant, mais sa jambe droite sembla incapable de le soutenir, lâchant sous son poids. Aux aguets, elle bondit vers lui pour le rattraper avant qu'il ne tombe. Un bras autour de la taille de l'homme, l'autre au niveau de son épaule, elle parvint à le stabiliser. Ils restèrent un instant immobiles. Il se reposa sur elle, le souffle court. Elle le soutenu comme elle put, il pesait presque deux fois son poids, mais elle lutta pour ne pas lâcher prise. Elle l'amena à reculer vers le canapé, mais d'un geste de bras qu'elle ne vit pas venir, il la repoussa férocement. Surprise, elle lâcha prise et bascula en arrière. Elle sentit son bras cogner violemment le coin de la table alors qu'elle atterrissait sur le sol, sa tête frappant bruyamment le sol. Sonnée, elle mit quelques secondes avant de réaliser ce qu'il venait de se passer. Elle releva son regard choqué vers lui et croisa ses yeux sans avoir le temps d'y lire le moindre remords avant qu'il ne s'éloigne difficilement vers la chambre. Elle entendit la porte claquer derrière lui.
TBC….
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