Mort sur la conscience

Mort sur la conscience

Ils avaient encore fait un vœu. Ne savaient-ils donc pas faire autre chose que ça ? Et ce vœu était d'autant plus stupide que ça ne les avait que rajeunis. Jeunes éternellement… Il avait du mal à croire que les Terriens puissent être idiot au point de faire ça.

Mais bon, si ça les amusait… Ce qui l'énervait au plus haut point, c'était d'avoir été impliqué là dedans. Une fois de plus, il était la victime de l'idiotie de sa compagne.

Et évidemment, le boulet du groupe avait été présent, lui aussi. Yamcha. Il se souvenait encore de ce regard hautain que l'homme lui avait lancé lorsqu'il avait aussi été rajeuni. Hautain ? Il devrait plutôt s'écraser en voyant à quel point il était faible. Mais non, il préférait le regarder de haut.

Le Prince se savait petit, mais personne ne lui avait jamais jeté un tel regard, pas même Carot, qui pourrait pourtant le faire… Non, tout le monde le respectait. Et ce minus, cette chose qui n'était même plus capable de voler osait le regarder comme s'il était le maître ? C'était le monde à l'envers.

La rage l'avait tout droit conduit à la salle de gravité, où il s'entraînait depuis plusieurs heures. Il pensait encore à cet air si sûr…

Soudain, une inquiétude le prit : Bulma les avait tous invités pour fêter leur rajeunissement, et tous incluait le Terrien… Il sortit en vitesse de sa salle, prit ses vêtements qui étaient restés devant la porte, les enfila et alla faire un tour de l'autre côté de la maison, où se déroulait la fête. Le Terrien était toujours amoureux de sa compagne, tout le monde le savait… Il fallait donc qu'il fasse attention.

Il arriva finalement à l'endroit recherché et chercha Bulma du regard. Elle discutait avec… Yamcha. Il fronça les sourcils et les observa attentivement, prêt à agir en cas de complications.

Yamcha parlait beaucoup avec son ex-petite amie. Doucement, il s'approchait d'elle, il voulait à nouveau sentir le contact de ses lèvres douces contre les siennes. Soudain, il aperçut Vegeta.

Mince, il était déjà sortit de sa fichue salle. Il prit congé de Bulma, prétextant une envie soudaine d'aller aux toilettes.

Bulma fut surprise de ce qui venait de se passer. Elle était malheureusement pour Yamcha trop intelligente pour le croire quand il disait qu'il avait envie d'aller aux toilettes. Elle avait bien vu ses yeux se tourner vers une direction précise, des gouttes de sueur perler son front, son regard devenir anxieux. Tout ça, elle l'avait vu. Qu'est-ce qui lui avait donc fait si peur ?

Elle regarda dans la direction où le Terrien avait regardé lui aussi et aperçut son compagnon. Un grand sourire se forma sur ses lèvres et son regard s'éclaircit. Elle marcha vers lui et l'observa, un grand sourire aux lèvres. Mais avant qu'elle n'ait pu dire un mot, il ferma les yeux et s'en retourna.

Elle avait compris le message, tout comme Yamcha, apparemment. Vegeta ne devait pas s'en faire. C'était lui qu'elle aimait, pas son ex.

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Le soir était arrivé. Pas un bruit ne se faisait entendre dans l'immense demeure des Briefs. Tous dormaient profondément alors qu'une ombre rasait le mur jusqu'à la chambre de la directrice de la Capsule Corporation, où elle grimpa pour atteindre la fenêtre ouverte…

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Il était quatre heures du matin quand Bulma fut réveillée par les gigotements de son compagnon.

- Qu'est-ce que… commença-t-elle avant de remarquer l'état du Saiyan, ce qui la figea d'horreur.

Depuis quand était-il malade ? Qu'avait-il donc ? En tout cas, il souffrait, c'était la seule chose dont elle était sûre. Elle tenta de le réveiller :

- Vegeta… Vegeta ! Vegeta !! Je t'en prie réveille-toi ! hurla-t-elle, pleurant à chaudes larmes.

Elle posa sa main droite sur le matelas, mais la retira tout de suite en sentant un liquide chaud. Elle sortit précipitamment du lit pour allumer la lumière, pourtant, elle le regretta aussitôt : le liquide, c'était du sang que Vegeta venait de cracher, juste avant qu'elle ne se réveille. Il y baignait. Avait-il craché le sang toute la nuit ? Mais que se passait-il ? Pourquoi avait-il contracté une maladie pareille ? Elle s'empara du téléphone et appela les urgences, qui arrivèrent dix minutes plus tard. Les dix plus longues minutes de sa vie toute entière. Elle ne pouvait simplement pas le croire. Les Saiyens étaient dotés d'un système immunitaire extraordinaire… Serait-ce une de ces maladies comme celle de Goku, il y avait de cela dix-huit ans ?

Lorsque les médecins arrivèrent, ils emmenèrent aussitôt le malade, qui venait tout juste de se réveiller. Son visage n'était même plus pâle, il était devenu gris. Son état empirait de minute en minute. Sa femme et leurs deux enfants les suivirent jusqu'à l'hôpital où ils attendirent. Une heure passa, puis deux. Les secondes qui passaient se ressentaient dans leur peau, les frappant jusqu'à l'os, semblant vouloir atteindre le cerveau et le désagréger, pour les faire plus encore que ce n'était déjà le cas.

Les trois personnes qui attendaient étaient partagées entre la tristesse, le désespoir et l'incompréhension. La cadette pleurait, serrant encore sa peluche favorite, qui était celle que son père lui avait offerte pour son troisième anniversaire.

L'aîné refusait de laisser couler ses larmes, de ne pas céder à la tristesse qui l'envahissait tout entier, mais c'était d'une difficulté sans pareil. Sa main gauche restait dans la poche de sa veste, où il serrait un petit papier froissé. Quelques mots du Prince pour lui. Quelques mots de père en fils. Quelques mots insignifiants pour l'enfant châtié par ses parents, mais inoubliables pour l'adulte qu'il était devenu.

La mère avait plongé son nez dans un coussin. Dans le coussin de son compagnon, celui sur lequel il avait tant dormi et qui était tant imprégné de son odeur sauvage et légèrement épicée. Le tissu n'avait pu retenir toute l'humidité de ses joues, de l'eau s'en échappait et tomba telles de petites perles au sol.

Après tout ce temps, un médecin vint les prévenir qu'ils pouvaient aller voir le Saiyan. Ils se levèrent d'un même mouvement et suivirent avec impatience l'homme qui les guida vers une chambre. Ils y entrèrent et y virent Vegeta, qui semblait plus mal encore que quelques heures auparavant.

- Que… Que-ce que vous lui avez fait ? Il… Il semble encore plus malade… souffla Bulma.

- Nous n'avons rien pu faire, le problème est bien là, répondit le médecin. La maladie était bien trop développée. Non, disons plutôt que le poison…

- Le poison ?? le coupa la femme aux cheveux bleus en hurlant. Le poison ??

- Oui… Il s'est trop étendu. C'est déjà un miracle que votre mari ait tenu… Je dirais qu'il ne lui reste plus que quelques jours, trois tout au plus.

- Trois jours… Seulement… murmura Trunks, regardant son père endormi, le teint grisâtre.

Après quelques minutes, ils se dirent qu'il vaudrait mieux pour eux de rentrer, pour ne pas avoir à supporter cette vision de celui qu'ils aimaient tous trois du fond du cœur.

Arrivés chez eux, chacun alla se réfugier dans sa chambre pour y pleurer comme bon il leur semblait.

« Vegeta… Pourquoi ? Mais que s'est-il passé ? Quand as-tu pris ce poison ? Quand, Vegeta ? » songea Bulma, laissant ses larmes couler.

Soudain, elle eut une terrible envie de vomir et courut aux toilettes où elle combla ce besoin. Elle se releva et risqua un œil vers le calendrier qui se trouvait à côté : elle avait… deux semaines de retard sur ses règles ! Non… C'était impensable… C'était exactement le mauvais moment…

Elle retourna se coucher, sans pourtant réussir à s'endormir, malgré sa fatigue.

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Elle faillit s'évanouir en entendant le diagnostic. Elle était enceinte… Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'elle tombe enceinte alors que son mari allait mourir ? Elle remercia cependant le médecin et le paya, la mine abattue. Puis elle sortit, pour aller à l'hôpital, annoncer la nouvelle à celui qu'elle aimait, lui qui allait mourir… Il mourrait peut-être avec une mauvaise conscience, mais au moins serait-il au courant. Au moins ne mourrait-il pas sans savoir que sa femme attendait un enfant, comme cela s'était passé avec Goku, le jour de son sacrifice contre Cell…

Lorsqu'elle arriva à la chambre de Vegeta, un médecin l'informa de la présence du Saiyan Terrien de cœur et de sa famille. Elle entra à son tour dans la pièce où elle retrouva ces derniers. Elle tenta de sourire, sans succès. Après tout, qui pouvait sourire en voyant son amour allongé sur son lit de mort ?

Elle les observa : ils avaient tous un air grave, sauf Chichi, qui semblait désolée pour elle et qui lui souriait d'un air réconciliant.

Vegeta la regardait, lui aussi. Son teint grisâtre la rendit nauséeuse, mais elle tint le coup. Elle plongea ses yeux bleus dans ceux du Saiyan, qui n'avaient plus cette beauté éclatante, non, ils étaient devenus ternes. Toujours aussi noirs, mais ternes.

Elle ne pu s'empêcher de fermer les yeux et de respirer un grand coup avant de se tourner vers les San :

- Je… Je dois parler à Vegeta… Est-ce que vous pouvez sortir un instant ? les pria-t-elle.

Ils firent ce qu'elle leur avait demandé et attendirent ensuite derrière la porte.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Vegeta d'une voix faible.

- Je… Je crois savoir quel sera ton sentiment après, mais… Je préfère que tu sois au courant de ce que tu laisses derrière toi… murmura Bulma. Je… Je suis enceinte, ajouta-t-elle devant le regard interrogateur de son compagnon.

Cela fut un choc pour Vegeta. Sa femme était enceinte et lui, il allait mourir… Pourquoi ça ? Il ferma les yeux à son tour et les rouvrit, fixant la Terrienne. Il réussi à sourire.

- Ça fait mal de le savoir, mais… Je serais heureux, là haut… Heureux de n'être pas mort dans l'ignorance, chuchota-t-il de sa voix devenue tremblante.

- Contente de voir que tu le prends bien…

- Pourquoi le prendrais-je mal ?

Elle réussi enfin à sourire et laissa un baiser sur les lèvres bouillantes du Saiyan, avant de le laisser pour repartir chez elle…

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Le soir venu, Vegeta avait un sommeil agité, comme toutes les nuits depuis que le poison agissait. Soudain, il se réveilla en sursaut et regarda autour de lui. Il vit quelqu'un à côté de lui. Ses yeux noirs d'ébène et ses longs cheveux lui rappelaient quelqu'un… Un sourire cruel s'étendit sur les lèvres de l'inconnu.

- Commences-tu à comprendre pourquoi je t'ai souri ainsi, le jour de notre rajeunissement, Vegeta ? demanda la personne, insistant bien sur le prénom du malade.

- T… toi… souffla ce dernier avant de fermer les yeux pour un sommeil éternel…

Le poison avait fini son travail en tuant le Prince des Saiyens, celui que tous respectaient, hormis un…