Et voici le point de vue de Draco qui m'a été inspiré par les commentaires de la moitié de ma bêta et la chanson « Little Lies » de Fleetwood Mac. ( watch?v=e5HkuhSEnPQ )
Bonne lecture à tous !
Little Lies
Dix-neuf ans !
Dix-neuf ans se sont écoulés depuis la Victoire.
Dix-neuf ans depuis la fin du Psychopathe à tête de Serpent.
Dix-neuf ans depuis que le Monde Sorcier vit en paix.
Dix-neuf ans depuis que le mien a commencé à s'écrouler.
Une fois de plus, Harry Potter a été hissé sur un piédestal. Le Garçon-qui-a-survécu est devenu le Vainqueur, la figure de proue du Monde Sorcier. Comme d'habitude, on ne vit plus que lui. Son nom fit la une des journaux. Le Ministère se l'arrachait pour toutes les fêtes, commémorations et hommages divers. Ses amis se pavanaient à ses côtés, profitant sans vergogne de son aura.
Et Harry, juste Harry, fut oublié une fois de plus. Tous ne virent plus en lui que le Sauveur, que Potter. Tous, sauf moi.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Notre histoire a débuté d'une étrange façon. Je t'ai vu la première fois chez Madame Guipure. Tu étais habillé comme un sac, des vêtements bien trop grands, limite en haillons. Et tu semblais si perdu. Je n'ai pas mis longtemps à penser que tu n'étais qu'un vulgaire moldu.
Quelle ne fut pas ma surprise de comprendre que le clochard du Chemin de Traverse était en réalité le Garçon qui a survécu, le vainqueur de Voldemort, le célèbre Harry Potter.
Et pourtant, tu as eu le culot de repousser mon amitié. Et à partir de ce jour, nous nous sommes haïs. Les années ont passé à coup d'injures et de sortilèges. Je ne pouvais passer une seule journée sans avoir pourri la tienne. C'était une véritable addiction. Nous ne pouvions littéralement pas vivre l'un sans l'autre, mais ni toi ni moi n'avions le discernement nécessaire pour regarder la vérité en face.
Après le désastre du Département des Mystères et l'envoi de mon père à Azkaban, ma haine envers toi a décuplé. Tu étais le seul et unique responsable de la tournure tragique que prenait ma vie. Le nom des Malefoy avait été déshonoré et j'étais désormais le seul à pouvoir rectifier la situation. A la fin de l'année scolaire, j'ai retrouvé le Manoir de mes ancêtres envahi par les Mangemorts. La maison de mon enfance était désormais le lieu de résidence du Psychopathe à tête de Serpent. A cause de toi, j'ai été forcé de prendre la Marque des Ténèbres.
Ma mission était très simple. Trouver un moyen pour permettre aux Mangemorts de pénétrer dans Poudlard et tuer Dumbledore. Je me suis alors souvenu de l'incident impliquant Montague et une armoire étrange. Selon ses dires, il pouvait entendre ce qui se passait dans l'école, mais aussi les conversations qui se tenaient dans la boutique de Barjow et Beurk. Il suffisait donc de réparer la liaison entre les deux cabinets et le passage serait alors accessible.
Cela semblait si simple et pourtant, je n'arrivais à rien. Et plus le temps passait, plus je me sentais mal. Jusqu'à ce jour fatidique dans les toilettes. Tu m'y as surpris alors que j'étais sur le point de craquer et toute ma rage s'est focalisée sur toi. J'allais te lancer le sortilège de mort, mais tu as été plus rapide. Comme toujours. Je n'ai eu la vie sauve que grâce à l'intervention de Severus.
Je me morfondais à l'infirmerie, tournant et retournant les évènements dans ma tête, me demandant si je n'avais jamais eu une seule chance d'échapper à ce cauchemar. Je n'avais pas eu le choix, à aucun moment de ma vie. Oh, je sais parfaitement que tout le monde croit que mes parents étaient froids et rigides, mais ce n'était qu'une apparence. Hormis les convictions que les ont menés dans les rangs du Serpent, ils étaient aimants et affectueux. Mais à l'extérieur, un Malefoy suit une ligne de conduite irréprochable. Et les Malefoy sont des sang pur, profondément attachés aux traditions que l'arrivée massive de nés-moldus et sang-mêlé mettaient à mal. Si les préceptes du Serpent étaient fondés, ses actions en ont vite démontré la véritable utilité. Les Sang-pur n'étaient somme toute que de la chair à canon et des pourvoyeurs de fond. Un véritable paradoxe quand on sait que ce monstre n'était lui-même qu'un sang-mêlé.
Soudain, une étrange sensation me fit sortir de ma torpeur. J'avais l'impression que quelqu'un m'observait, mais je ne ressentais pourtant aucune menace. A tout hasard, j'ai murmuré ton nom et le temps s'est suspendu. Pourquoi ai-je pensé à toi sur le moment ? Pourquoi pas Blaise ou Théo, mes amis ? Ou Severus, mon parrain ? Non, ton nom fut le premier à me venir à l'esprit et je l'ai répété, sans le cracher comme j'en avais tellement l'habitude.
Tu as alors fait glisser ta cape d'invisibilité, confirmant mes soupçons sur la manière dont tu arrivais à te faufiler partout sans te faire prendre. Tu m'as observé un moment, indécis, sans faire le moindre geste jusqu'au moment où je me suis rendu compte que des larmes traîtresses glissaient sur mes joues. Toujours en silence, tu t'es approché et m'as pris dans tes bras où je me suis endormi, enfin en paix.
Tu es revenu le soir suivant et je t'ai invité à t'allonger près de moi, en soulevant simplement un pan des draps.
Ce fut le début de notre relation.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Les semaines se sont écoulées rapidement et malgré le fait que je n'étais pas parvenu à réparer l'armoire à disparaître, les Mangemorts ont réussi à pénétrer dans l'école. Trois ans après avoir rejoint le Face de Serpent, Peter Petigrew avait fini par révéler l'existence des passages secrets permettant de s'introduire à Poudlard, détruisant ainsi la dernière parcelle de loyauté qu'il pouvait encore avoir à l'encontre des Maraudeurs. Ils ont voulu me contraindre à remplir la deuxième partie de ma mission, tuer Albus Dumbledore, mais je n'ai pas pu. C'est Severus qui l'a fait. Je n'avais jamais compris pourquoi jusqu'à ce que tu me l'expliques après la fin de cette guerre atroce. Et il m'a emmené loin de toi. Je me suis retrouvé prisonnier de ma maison, aux mains de ce Psychopathe. Heureusement, ou malheureusement pour moi, je lui plaisais beaucoup et il veilla à ne pas m'abîmer en me punissant. Aujourd'hui encore, je remercie Merlin et les Fondateurs que son corps reconstitué ne lui ait pas permis d'assouvir ses envies.
Le temps passait et personne ne savait où tu avais disparu. Cloîtré au Manoir, je voyais cependant l'esprit du Cinglé vaciller de plus en plus. Parfois, je pouvais voir une drôle d'étincelle dans les yeux de Severus, sans en comprendre le sens. Tu me l'as expliqué toi-même. A chaque horcruxe détruit, l'esprit de Face de Serpent se délitait un peu plus.
Et puis, les Rafleurs t'ont amené au Manoir, avec la Belette et le Castor. Mon père est devenu comme fou, en pensant qu'il pourrait te livrer à Voldemort. Il ne voyait qu'une chose, redorer le Blason des Malefoy. Il a fait pression sur moi pour que je t'identifie, mais je n'ai pas pu te livrer. Je crois que quiconque aurait été vraiment attentif aurait pu le comprendre. J'étais désespéré de te voir là. Mon rêve de te voir détruire ce monstre s'effondrait. Et pourtant, j'ai lu la détermination dans tes yeux. Alors j'ai menti. J'ai condamné ma famille. Mais tu nous as tous sauvés.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Le 2 mai 1998, tu as vaincu le Serpent. Et comme toujours, le Monde Sorcier t'a porté aux nues après t'avoir si longtemps traîné dans la boue. Tu me disais que j'étais ton refuge, ton havre de paix, ton roc. Et je suis resté dans l'ombre pour te soutenir.
Tous les matins, nous nous amusions des élucubrations que les journaux imprimaient. Ils te fiançaient sans vergogne à toutes les filles avec lesquelles tu échangeais un mot, un sourire.
Au début, nous en riions. Tu m'avais dit que les Moldus avaient un adage parfait pour cette situation : « Pour vivre heureux, vivons cachés ! ». Personne ne savait que ton cœur m'appartenait, jusqu'à ce jour maudit où celui que tu appelais ton meilleur ami nous as surpris dans une situation plus qu'équivoque.
La Belette, arriviste et jalouse, se révélait être un homophobe convaincu. Tout comme son épouse, Hermione Granger. Alors que je la considérais comme quelqu'un d'éclairé, d'intelligent, elle fit preuve d'une hargne et d'une rancune encore plus tenace que le pus de Bubobulb. J'ignore si tu t'es jamais rendu compte que c'était elle le porte-parole dans cette affaire. Elle était le cerveau derrière ce que Ron déblatérait à Rita Skeeter.
Et une fois de plus, tu fus jeté à terre, éjecté d'un piédestal dont tu n'avais jamais voulu. Et j'ai subi le même régime, peut-être même un peu plus corsé. N'oublions pas que j'étais un Mangemort, fils du Mangemort bras droit du Psychopathe.
On a eu droit à tout : Unes injurieuses, articles calomnieux, photos truquées, Beuglantes, accusations diverses allant de l'utilisation de potions d'amour aux sortilèges de magie noire.
Malheureusement, avec le temps vient aussi la lassitude. Et peu à peu, nous avons commencé à nous disputer. Pas que nous doutions de notre amour, absolument pas. Mais nous étions toujours sous pression, toujours inquiets.
Et les disputes ont pris de l'ampleur. Et les menaces ont fait leur apparition. Jusqu'à ce jour où je les ai mises à exécution.
A plusieurs reprises, j'avais déclaré que la meilleure des solutions était de nous séparer, mais tu ne voulais rien entendre.
Je ne pourrai jamais t'oublier !déclarais-tu avec une profonde conviction.
Il suffit d'extraire les souvenirs, comme pour une Pensine.
Mais on se souvient quand même. On ne fait que dupliquer la mémoire !
Pas si tu les extrais totalement. C'est même plus efficace qu'un Obliviate.
Et c'est ce que j'ai fait. Lassé des attaques constantes de tous ces gens bien-pensants, je suis parti en te laissant un simple mot « Je dois oublier. » et une dizaine de petits flacons brumeux. J'avais également pris soin de laisser un livre de sortilège avec un marque-page indiquant le chapitre de « Nettoyage de Mémoire ». Je t'ai fait croire que j'avais vidé ma mémoire de tout ce qui fut nous.
Une semaine plus tard, je t'ai croisé dans les couloirs du Ministère et j'ai joué mon rôle. Je me suis retranché derrière la cuirasse des Malefoy, froid, flegmatique, méprisant. J'ai fait mine de ne pas te connaître autrement que mon vieil ennemi de Poudlard alors que tout mon être me poussait vers toi.
Et j'ai vu l'étincelle dans tes yeux se ternir et s'éteindre. Je crois que ce jour-là, je t'ai blessé plus profondément qui n'importe qui. Je t'ai vu te briser en milliers d'éclats et pourtant rester debout, plus impassible que moi.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Je me suis lancé à corps perdu dans le travail, reprenant sans vraiment le vouloir les activités de mon père. Le nom des Malefoy avait été partiellement blanchi, surtout grâce à toi qui nous avais défendu, ma mère et moi, durant les procès qui ont suivis la fin de la guerre. Et peu à peu, j'ai pu récupérer l'influence politique qui avait toujours été associée à mon nom.
Deux ans se sont écoulés pendant lesquels tous se sont interrogés sur les raisons de notre rupture d'abord, sur mon inexplicable « perte de mémoire » te concernant ensuite et enfin, sur ta disparition.
J'imagine que tu as appris toutes les horreurs qui avaient été débitées sur le sujet à ton retour. De soi-disant experts se sont penchés sur ton cas, depuis notre relation qualifiée de déviante jusqu'à ta fuite éperdue, preuve s'il en était besoin de ta soudaine prise de conscience.
Tu n'avais pas fait deux pas sur le Chemin de Traverse que tu étais à nouveau assailli de toute part. Tu as été accueilli comme l'enfant prodigue de la Bible moldue. Oui, je sais, un Malefoy ne devrait pas utiliser de telles références, mais elle me semble tellement appropriée. La première fois que je l'ai entendue et en ai compris le sens, j'ai tout de suite pensé à toi et à ton statut si particulier dans le Monde Sorcier. Tu as donc retrouvé ton travail d'Auror, ta famille de cœur représentée par les Belettes et le Castor, ta place parmi les sorciers.
Et tout un chacun s'est clairement réjoui que tu aies enfin retrouvé le bon sens et la droiture propre au Vainqueur de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-Nom. Et tout le monde t'a pardonné, a oublié la relation que nous avions construit un jour.
Et j'ai continué à jouer mon rôle.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Nous nous sommes croisés plusieurs fois dans les couloirs du Ministère, et souvent, j'ai eu l'impression étrange de me retrouver quelques années en arrière, à l'époque de Poudlard. Mais, contrairement à cette période, nous n'échangions plus un seul mot. Nous nous contentions de nous saluer de façon très vague.
Pourtant, chaque fois que je te voyais, je sentais mon cœur faire un bond dans ma poitrine et je devais m'empêcher de me précipiter vers toi. Heureusement, tu n'étais jamais seul. La Belette était presque constamment avec toi, et quand il n'était pas là, le Castor prenait la relève. Ou pire encore, la Belette femelle ! Comme si tu avais été incapable de faire un pas sans eux. Ou alors, ils avaient peur de te perdre ? Je me posais souvent la question en vous observant de loin.
Je pouvais voir dans tes yeux que tu ne les considérais plus vraiment comme tes amis. Tu te laissais simplement porté par les évènements, oubliant de lutter pour toi-même. Tu avais oublié Harry pour reprendre ton rôle de Harry Potter, comme moi j'avais endossé le costume de Draco Malefoy. Oh oui, tu es un vrai Gryffondor ! Toujours loyal et incapable de rancune. Toujours à foncer sans prendre la peine de réfléchir aux conséquences de tes actes. Et tu n'allais pas tarder à me donner la preuve de ce que j'avançais. Et moi, je virais Poufsouffle à me torturer ainsi, ne pouvant me détacher de toi.
Oui, je sais que l'on donne toujours l'impression de dénigrer les Poufsouffle quand on se montre sentimental, mais que voulez-vous, la loyauté est quand même leur « qualité » principale et pour moi, ça a toujours rimé avec sentimentalité ! Et moi, je suis un Serpentard… Oôh, quelle horreur ! Je viens de m'identifier à l'horrible Psychopathe. Ce salaud a vraiment sali notre maison ! Il faudra du temps pour que l'on fasse oublier le parallèle entre le deux. Finalement, je devrais peut-être éviter de faire référence aux Maisons de Poudlard dorénavant.
Les rumeurs de fiançailles fleurissaient dans la presse à intervalle régulier, mais j'étais persuadé que tu ne te laisserais pas prendre dans ses filets. Il était évident qu'elle ne t'aimait pas. Ce qu'elle voulait, c'était juste ton nom, avec la notoriété et surtout la fortune qui y étaient attachées.
Le sol s'est ouvert sous mes pieds quelques semaines plus tard lorsque j'ai vu l'avis de mariage dans la Gazette du Sorcier. Pendant un moment, je n'y ai pas cru. C'était impossible, tu n'avais pas pu faire cela. Mais les faits étaient là, largement commentés par ce cafard de Skeeter. La cérémonie s'était déroulée dans l'intimité, mais un reportage avait été autorisé par la mariée elle-même. Et il y avait cette photo.
Tu étais entouré par une marée rousse, avec un bémol châtain, au sourire éclatant. Et toi, tu te faisais tout petit, tentant de passer inaperçu, alors que la Belette femelle te ramenait toujours sur le devant de la scène.
Ayant perdu tout espoir, j'ai finalement plié devant les supplications de ma mère qui voulait que je perpétue la lignée des Malefoy. J'ai épousé Astoria le jour où ton fils aîné est venu au monde. Et neuf mois plus tard, Scorpius, l'héritier des Malefoy a vu le jour. Il était mon seul véritable bonheur de cette mascarade conjugale derrière laquelle je me cachais.
Nous nous sommes d'ailleurs croisé devant la nursery de Saint-Mangouste. Nos deux enfants étaient placés dans des berceaux côté à côte. Et ils nous ressemblaient tellement. Même s'ils n'étaient que des nouveau-nés, ils étaient nos copies conformes. Scorpius et Albus. En un instant, je me suis demandé s'ils pourraient être amis un jour ou seraient-ils comme nous ?
Ne pouvant supporter de te voir, je t'ai salué avec tout le mépris que j'ai pu rassembler et suis parti. Mais au moment de passer la porte, je me suis retourné. Et là, dans le reflet de la vitre, j'ai vu tes larmes couler. Pas des larmes de joie à la contemplation de ton fils, non, c'étaient des larmes de souffrance et de regrets. Je pouvais le deviner à ta posture défaite.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Aujourd'hui, dix-neuf ans plus tard, je me retrouve sur le Quai 9 ¾ de King's Cross. J'accompagne mon fils de onze ans qui fait sa rentrée à Poudlard. Et j'occupe la place de mon père. Nous sommes là, tous les trois, au milieu de la cohue, ignorant la populace, droits et fiers comme doivent l'être les Malefoy. Autant Scorpius ressemble à l'enfant que j'ai été, autant je ressemble à mon père, la seule dissonance étant Astoria qui arbore cependant la même expression que ma mère à l'époque. Mais la ressemblance s'arrête là. Si mes parents se sont vraiment aimés un jour, mon mariage n'est qu'une union de convenance. La seule raison intéressante à mes yeux à celui-ci était la production d'un héritier et rien d'autre.
Et la similitude semble encore plus tangible lorsqu'une tribu d'enfants roux fait irruption sur le quai, apportant un chaos incommensurable sur son passage. Les Belettes sont là, parents, grands-parents et enfants, ainsi que les pièces rapportées. Et je croise tes yeux verts, tellement emplis de lassitude. Ils ne s'éclairent que quand tu regardes tes enfants et leur parles.
Tu n'as pas beaucoup changé, juste un peu plus mature, un peu plus beau encore, enfin à mes yeux. Tes cheveux sont toujours aussi ébouriffés, mais je me souviens de leur douceur. Tes yeux ont perdu leur chaleur, mais je suis presque sûr qu'il ne faudrait pas grand-chose pour y ramener l'étincelle qui leur manque.
Mais tu es meilleur comédien, même si moi, je ne suis pas dupe. Je vois que tu ne fais que jouer un rôle, celui du Grand Harry Potter. Tu es le mari idéal, le beau-frère et le gendre parfait et l'employé irréprochable. Mais quand tu t'occupes des enfants, que ce soient les tiens ou non, c'est Harry qui refait son apparition. Le jeune garçon jovial et plein de candeur, l'ami loyal et toujours dévoué.
Tandis que la Belette attire ton attention, je me tourne vers mon fils pour lui faire mes adieux. A l'instar de mon père, j'ai l'air froid et sévère et pourtant, Merlin sait que je suis un vrai papa gâteau en privé. Je suis le parcours de Scorpius à travers les fenêtres et je le vois s'arrêter devant ton clone. Ils se tiennent face à face et il lui tend la main. Timide, Scorpius ne réagit pas tout de suite. En mon fort intérieur, je hurle « Vas-y, serre-lui la main ! ». Et avec un grand sourire, Scorpius saisit la main de Albus Severus. Une nouvelle amitié est née, je n'en doute pas. Nos enfants ont été bien plus intelligents que nous.
Aussitôt, une vague de regret me submerge. Comme souvent, j'aimerais remonter le temps et changer ce jour-là dans le train. Ce jour où j'aurais dû accepter ta main tendue.
En tournant la tête pour suivre le convoi qui s'ébranle, je capte ton regard.
Si je pouvais tourner la page à temps, alors je réarrangerai juste un jour ou deux.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Debout sur le quai, je regarde le Poudlard Express disparaître au loin.
Depuis dix-neuf ans, tout est en paix dans le monde Sorcier. Avec un soupir imperceptible, je laisse mon regard dériver sur ta silhouette. Tu passes ta main dans tes cheveux et ton geste trahit toute ta lassitude.
Laissant Astoria se débrouiller, je m'approche doucement de toi.
« Harry ? » demandé-je d'une voix douce, pleine de prière.
Tu t'es retourné très lentement, comme si tu étais sur le point de te briser. Dans tes yeux, j'ai lu tes doutes, tes questions. Puis, peu à peu, ton sourire s'est épanoui et j'ai su que tu avais compris. Oui, tous nos souvenirs étaient là, je ne les avais jamais détruits et moi, je t'avais enfin retrouvé.
O°O°O°O°O°O°O°O°O°O
Little Lies (Petits Mensonges)
If I could turn the page
Si je pouvais tourner la page
In time then I'd rearrange just a day or two
A temps alors je réarrangerai juste un jour ou deux
Close my, close my, close my eyes
Ferme mes, ferme mes, ferme mes yeux
But I couldn't find a way
Mais je n'ai pas trouvé de solution
So I'll settle for one day to belive in you
Donc j'ai aménagé un jour pour croire en toi
Tell me, tell me, tell me lies
Dis-moi, dis-moi, dis-moi des mensonges
Tell me lies
Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
(Tell me lies, tell me, tell me lies)
(Dis-moi des mensonges, dis-moi, dis-moi des mensonges)
Oh, no, no you can't disguise
Oh, non, non tu ne peux pas te déguiser
(You can't disguise, no you can't disguise)
(Tu ne peux pas te déguiser, non tu ne peux pas te déguiser)
Tell me lies Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
Although I'm not making plans
Bien que je ne prépare pas de stratégie
I hope that you understand there's a reason why
J'espère que tu comprends qu'il existe une raison qui
Close your, close your, close your eyes
Ferme tes, ferme tes, ferme tes yeux
No more broken hearts
Plus jamais de cœurs brisés
We're better off apart, let's give it a try
Nous sommes meilleurs non séparés, donnons-nous une chance
Tell me, tell me, tell me lies
Dis-moi, dis-moi, dis-moi des mensonges
Tell me lies Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies Dis-moi de doux petits mensonges
(Tell me lies, tell me, tell me lies)
(Dis-moi des mensonges, dis-moi, dis-moi des mensonges)
Oh, no, no you can't disguise
Oh, non, non tu ne peux pas te déguiser
(You can't disguise, no you can't disguise)
(Tu ne peux pas te déguiser, non tu ne peux pas te déguiser)
Tell me lies
Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
If I could turn the page
Si je pouvais tourner la page
In time then I'd rearrange just a day or two
A temps alors je réarrangerai juste un jour ou deux
Close my, close my, close my eyes
Ferme mes, ferme mes, ferme mes yeux
But I couldn't find a way
Mais je n'ai pas trouvé de solution
So I'll settle for one day to belive in you
Donc j'ai aménagé un jour pour croire en toi
Tell me, tell me, tell me lies
Dis-moi, dis-moi, dis-moi des mensonges
Tell me lies
Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
(Tell me lies, tell me, tell me lies)
(Dis-moi des mensonges, dis-moi, dis-moi des mensonges)
Oh, no, no you can't disguise
Oh, non, non tu ne peux pas te déguiser
(You can't disguise, no you can't disguise)
(Tu ne peux pas te déguiser, non tu ne peux pas te déguiser
Tell me lies
Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
(Tell me lies, tell me, tell me lies)
(Dis-moi des mensonges, dis-moi, dis-moi des mensonges)
Oh, no, no you can't disguise
Oh, non, non tu ne peux pas te déguiser
(You can't disguise, no you can't disguise)
(Tu ne peux pas te déguiser, non tu ne peux pas te déguiser)
Tell me lies
Dis-moi des mensonges
Tell me sweet little lies
Dis-moi de doux petits mensonges
(Tell me, tell me lies)
(Dis-moi, dis-moi des mensonges)
