Pairing : Drago/Hermione

Disclaimer : L'histoire appartient à J.K. Rowling


Chapitre 1

Dans un quartier désuet…

Survivre. Ce n'est plus que mon seul but dans cette existence, assurer ma subsistance quand tous dédaignent à me tendre la main, quand tous choisissent un autre chemin ou prétexte un arrêt, inutile et imprévu, pour ne pas croiser ma route. Je suis aussi sale qu'eux, aussi repoussant, malgré avoir un temps tenté de paraître digne de mon nom, de me cacher de la vérité. Je les ai tant repoussés, eux et leur sourire carnassier, aux dents pourries et aux yeux où luit le vice. J'étais maintenant des leurs, j'étais maintenant un clochard.

Drago Malefoy n'était plus. Il n'était qu'une ombre pâle de ce qu'il fut jadis. La fin de la guerre avait ravagé sa famille, jetant son père à Azkaban et sa mère aux oubliettes, lui volant sa fortune et réduisant ce qui fut autrefois leur fierté: le Manoir Malefoy. Trainant dans les rues de Londres les plus délabrées, Drago s'évertuait à fuir tous ceux qu'il avait connu. Tous savaient que sa famille avait été déchirée malgré ses essais infructueux à répandre la rumeur comme quoi Drago Malefoy prospérait à l'étranger, car il ne voulait pas de leur pitié. Personne n'y croyait, évidemment. Et ce, sans même que Potter, seul témoin de sa déchéance, ai dit un seul mot,ou ai dévoilé la tragique histoire de son ennemi d'adolescence.

La dernière fois qu'ils s'étaient vu, bien des années auparavant, il lui avait promis qu'il garderait tout dans son esprit, qu'il ne l'enfoncerait pas davantage en le balançant à des vautours avides d'horreur et de rumeurs. Drago s'était d'abord demandé pourquoi, soudainement, Potter s'avérait être aussi gentil avec lui. Où étaient passés les insultes lancées au détour d'un couloir, les coups bas qu'ils se rendaient bien l'un l'autre et les regards glaciales du genre «Pousse toi de mon chemin ou je te ferai dégager»? Comment, d'un coup, sept années de guerre avaient pu s'effacer? Incapable de trouver la faille, le blondinet ne l'avait même pas remercié de son silence. Il lui avait seulement jeté au visage qu'il ne voulait pas de sa pitié ni de celle de quiconque, qu'un Gryffondor, un Potter de surcroît, ne valait rien à ses yeux. D'un signe de tête, Harry était parti lui rappelant qu'il était prêt à l'aider si jamais il voulait s'en sortir. Drago refusait cette aide encore aujourd'hui, plus par fierté que par réelle arrogance, il se laissait plutôt sombrer, rêvant la nuit de ses jours heureux.

Il n'avait pas revu ses amis par la suite même s'il savait pertinemment que Blaise et Théodore seraient prêts à l'aider et à l'accueillir chez eux de nouveau, sans un mot qu'il n'aurait voulu entendre et sans une expression qu'il n'aurait souhaité voir sur leur visage. Mais seulement pour l'aider lui, Drago Malfoy, leur plus proche ami. Parce que quoi qu'il advienne, les Serpentards étaient toujours là pour se soutenir les uns les autres. Quand les rumeurs avaient commencé à circuler comme quoi Drago Malefoy, supposément prospère dans un autre pays était plutôt en piètre état, dans la ville, il avait dû se cacher deux semaines durant au fond des égouts, ses deux amis ayant tout tenté pour le retrouver. Sans succès, ils eurent tôt fait d'abandonner leurs recherches, persuadés qu'il s'agissait encore de fausses rumeurs.

Il était seul, refusant à se mêler aux autres itinérants partageant le quartier désuet avec lui. Pour quérir un peu de chaleur en ces nuits glaciales, il venait de rabattre sur lui sa vieille couverture usée, couverture aux multiples trous et à l'odeur discutable. Couché en bordure d'une ruelle entre deux bâtiments, un mince sourire éclaira la mine triste de l'ancien Serpentard: enfin, il allait connaître les seules minutes de bonheur que lui apportait chaque journée. Il ferma les yeux, se tassa contre le mur et ramena ses jambes contre lui. Ce bonheur ne dura toutefois pas longtemps…

Des voix vinrent troubler sa quiétude. Personne ne venait jamais trainer par là sinon quelques pauvres gens avides de lui voler ses piètres possessions. En cela, Drago n'avait point changé: il demeurait toujours aussi possessif, désirait toujours autant tout posséder. Égoïsme. Il serra donc contre lui son maigre bout de pizza, son ventre criant de famine. Il ne voulait pas se battre ce soir, il voulait simplement dormir pour oublier la faim qui lui torturait les entrailles.

-Tu es sûr que c'est ici? Marmonna une voix féminine. C'est dégoûtant! Jamais il n'aurait osé toucher à quoi que ce soit qui est ici…

-Pourtant, il m'a affirmé que c'était ici, lui en répondit une autre. Je ne crois pas qu'il se soit trompé, il le surveille depuis toutes ces années. Je me demande bien pourquoi d'ailleurs. On dirait qu'il tient à le sauver, comme s'il lui devait quelque chose! Une ordure reste une ordure!

-Oh! Allez, arrête de dire n'importe quoi, il a beau être une ordure, il n'en reste pas moins un être humain. Et puis, il doit bien avoir des raisons pour que…. Ah! Voilà, ça doit être lui!

Le bruit de pas s'était éteint. Drago n'osait même pas relever la tête, se recroquevillant encore plus sur lui-même, préférant jouer les morts. Après toutes ces années, même s'il s'était endurcit à toujours devoir se battre pour une bouchée de nourriture ou pour un coin où passer la nuit, il y avait certains moments où il préférait jouer les trouillards. Surtout lorsqu'il soupçonnait la magie d'être en cause. Sans baguette, il ne pouvait point lutter.

-Drago Malefoy?

Il ne bougea pas, surprit que l'on connaisse son nom. Ce ne pouvait être vrai, il avait dû mal entendre. En cinq ans, il n'avait rencontré personne qui le connaissait. Seulement Harry, et c'était l'unique fois. Et cette voix, elle n'appartenait certainement pas à Potter. Pourquoi maintenant, alors?

-Allez, Malefoy! Réponds-moi! Malefoy…Ne joue pas au prince effarouché avec moi, tu sais très bien que ça ne marchera pas!

Dans les replis de sa couverture, l'ancien Prince des Serpentards fronça les sourcils. «Tu sais très bien que ça ne marchera pas.» Il ne reconnaissait pourtant pas cette voix, qui pouvait donc être aussi familier avec lui? La seule qui aurait pu lui dire ça aurait probablement été Pansy, mais il était certain que ce ne pouvait être elle. Mariée à un richissime homme d'affaire, elle n'entretenait plus que des liens superflus avec Blaise et Théodore. Il avait surprit une conversation un jour qu'il essayait de dissimuler son visage à la vue des autres. Il paraîtrait que son époux lui refuserait de les voir ou d'entretenir une quelconque relation avec des gens sortant de son enfance. Il craignait qu'elle replonge dans les sombres jours qu'avaient connus les Serpentards; c'était mal connaître Pansy! Elle n'avait jamais supporté la partisannerie auprès du Seigneur des Ténèbres. Ce qu'il ne comprenait pas toutefois, c'était comment elle pouvait supporter cette séquestration. Il y avait certainement anguille sous roche ou elle n'était plus la Pansy qu'il avait connu.

-Oh Merlin, non! Il ne manquerait plus qu'il soit mort. Alors là, j'espère que tu accepteras que je dorme sur le canapé de votre salon où sinon mieux vaudrait creuser ma tombe toute de suite. Harry me reprochera d'être arrivée trop tard pour les dix prochaines années! Dit alors la voix féminine.

«Harry? Comme dans Harry Potter, celui qui a par deux fois survécu?" Non. Non. Non. C'était impossible.

Il leva finalement la tête vers les deux nouvelles arrivantes, intrigué comme il ne l'avait pas été depuis longtemps.

Dans un lieu aussi délabré que celui où il se trouvait, leur apparition lui fit un moment penser à des anges. Elles étaient propres, elles lui souriaient -du moins l'une d'elles le faisait- elles illuminaient tout autour d'eux de leur air chaleureux. Il crut qu'il s'agissait réellement d'anges venues le chercher pour le Paradis, et fut prêt à les suivre, persuadé que ce serait mieux qu'ici. Il tomba cependant bien vite de son nuage quand l'horrible vérité lui éclata au visage.

-Weasley fille et Granger! Heureux de ne pas vous avoir vu durant cinq ans et loin de l'être à vous revoir aujourd'hui.

Ginny Weasley leva les yeux au ciel et tapa du pied, les poings sur les hanches. Harry avait beau être le grand chef et son époux, elle ne comprendrait jamais ses impulsions. Que diable lui était-il passé par l'esprit lorsqu'il leur avait demandé, à elle et à Hermione, de retrouver cet enfoiré qu'était Drago Malefoy? Personne ne s'était pourtant plaint de son absence. Pour être franche, à la teneur des lieux, elle savait que le jeune homme ne faisait pas dans le luxe et avait presque envie de l'y laisser pourir. Une envie qui le resterait. Elle était Ginny Weasley, épouse du héros adulé de la communauté sorcière et amie d'Hermione Granger, celle qui voulait sauver tout le monde. Elle ne pouvait décemment pas se permettre cette méchanceté qui lui tenaillait les entrailles envers Malefoy.

-Malefoy, ne dis rien, tu veux? Tu n'es pas en position de nous servir tes vieilles railleries. C'est nous qu'on a envoyé pour te sauver, alors s'il te plaît, coopère si tu ne veux pas moisir dans cette puanteur encore quelques années. Harry ne réitèrera peut-être pas son offre une deuxième fois.

Drago, qui au départ ne comprenait pas très bien où la rouquine voulait en venir, émit un petit rire sarcastique, mine de dire que ce n'était justement pas la première fois qu'il lui faisait ce genre de demande. S'il comprenait bien, Potter avait envoyé les deux filles pour le supplier de sortir de sa misère. Ce qu'il ne comprenait pas, toutefois, c'était pourquoi il cherchait à le sortir de là. Il devrait pourtant être heureux de ne plus l'avoir dans les pattes. Un élan de pitié qui l'avait pris après la guerre et qui ne l'avait jamais quitté?

-Et qu'est-ce qu'il me veut le Saint Potter pour se donner la peine de vous envoyer jusqu'à moi? Parce qu'autant vous le dire toute suite, je préfère encore moisir ici plutôt qu'à Azkaban!

À quelques pas de là, Hermione demeurait silencieuse. Elle avait eu un haut-le-cœur en voyant le Serpentard arrogant de ses souvenirs. Elle se rappelait de lui comme d'un adolescent qui se plaçait sans réfléchir au-dessus de tout le monde. Un adolescent toujours habillé proprement, jamais un faux pli. La beauté grecque de tout Poudlard. Elle ne se souvenait pas d'une telle loque humaine. Crasseux, elle était certaine qu'un seul bain ne suffirait pas à le nettoyer entièrement. Ses cheveux avaient perdus de leur splendeur, ses mèches blondes étant devenues noires de suie. Ses vêtements, eux, étaient troués à plusieurs endroits. Et ses yeux… C'est probablement eux qui frappèrent le plus la Gryffondor. Leur couleur d'acier n'était plus aussi froide ni aussi cruelle. Elle y lisait, à travers le vide qui y avait prit place, ce qu'il tentait de dissimuler: sa peine, sa douleur, son mal de vivre. Il lui apparut alors comme un garçonnet effrayé par la vie qu'elle mourait d'envie de serrer contre elle. Elle l'aurait fait si ce n'avait pas été Malfoy qui se tenait devant elle.

Au lieu de quoi, utilisant l'entraînement d'Auror qu'elle avait reçu, elle s'ordonna de se reprendre et afficha un visage presque impassible, étant incapable d'effacer entièrement le trouble qui l'habitait. Sa voix était toutefois ferme lorsqu'elle se décida à répondre aux interrogations de l'ancien préfet des Serpentards.

-Nous t'amenons avec nous que tu le veuilles ou non. Il n'y aucune discussion possible. Je ne connais pas plus les intentions d'Harry que Ginny, puisqu'il n'a pas jugé bon, pour cette mission, de nous les révéler. Je sais seulement qu'il n'agit jamais pour rien et qu'il doit avoir de bonnes raisons de t'avoir fait rechercher. Pourquoi, tu en sais probablement plus long que nous.

-Ne vas surtout pas t'enfler la tête en clamant qu'Harry Potter t'as sauvé de ta misère par pure bonté d'âme, grommela Ginny pour qu'il n'oublie pas qu'elle était sa place.

-Je n'aurais jamais osé! S'indigna-t-il qu'on pense qu'il ait besoin d'être sauvé. Mais voilà, je n'ai pas envie d'être sauvé, par qui que ce soit…

-Oh non! Je sais que je dois te ramener, et que je vais te ramener quitte à te traîner à la baguette!

Le blondinet plus si blond que ça déglutit s'imaginant traverser la ville suspendu dans les airs par une Ginny Weasley en colère. Alors là, adieu son désir de se fondre dans le décor! Jugeant pour une fois plus prudent d'obéir à la rouquine au bord de la colère, il réunit ses maigres effets personnels dans son sac à dos, s'annonça prêt à partir avec eux.

-Que les choses soient clairs, j'accepte de vous suivre, non pas parce que j'y suis obligé ni même parce que je le veux, mais parce qu'on meurt de froid ici. Je ne me déplacerai que par transplanage.

Les deux filles se concertèrent du regard ayant bien envie de l'abandonner là pour son insolence. Aucune d'elles n'ayant envie de le toucher, Hermione ôta sa chaussure et la lui tendit, lui ordonna d'en saisir le bout pour ne pas rater le départ.


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