La clairière baignait dans la douce lumière déclinante de cette fin d'après-midi. La jeune femme ferma les yeux offrant son visage à l'astre divin, se nourrissant de son énergie. Elle respira profondément plusieurs fois.

L'herbe fraiche chatouillait ses pieds nus, la terre était tiède, chauffée par quelques rayons qui avaient réussis à percer. Le sol était irrégulier, composé parfois d'herbe tendre, d'autre fois de terre vivante ou encore de cailloux à la fois doux et rudes, lisses et rugueux, ronds et pointus.

Tout cela ne semblait nullement gêner la jeune femme. Les yeux toujours clos, elle progressa dans la forêt.

Le vent faisait frissonner les arbres. Les animaux bruissaient les feuilles des buissons. Doux feulement des ailes d'oiseaux, les rapaces clamaient leur passion. La forêt chantait.

Un sourire béat se peignit sur le visage de la jeune femme.

Mélange d'odeurs indescriptibles. Une richesse de saveurs l'enveloppa. Les framboises se liaient à l'air frais, pur et aux autres herbes rafraichissantes. Aucun doute, le printemps était bien de retour.

Son sourire se fana.

Une odeur nauséabonde venait titiller son odorat si développer, puis une démarche lourde, manquant de grâce vint troubler l'harmonie de la forêt, et la tranquillité de la jeune femme. Sans ouvrir les yeux elle se dirigea vers cette source de désagrément, et tira. La flèche vola avec une précision mortelle, le sifflement cinglant, elle atteint son but, tout comme les deux autres qui suivirent. La cible s'écroula, morte. Avant même d'entendre le corps s'écrouler, elle sut qu'il était mort. Elle ne ratait jamais sa cible, tout comme le reste de son peuple.

La forêt avait retrouvée sa tranquillité mais l'odeur persistait. Elle ouvrit les yeux afin de se débarrasser du corps. Le raïs était étendu sur le sol, les yeux encore ouverts, la flèche plantée en plein dans son cœur, une autre entre ses deux yeux et la dernière dans sa poitrine. Aucune n'avait manqué son but. Elle entreprit de balancer le corps hors de la forêt, et de le laisser en nourriture pour les rapaces. Sa tâche fut interrompu par un doux sifflement, à la limite de l'audible, sans aucune signification pour celui qui ne sait écouter. Une sérénité profonde marqua ses traits, elle était prête.

Le basculement avait commencé.