Derek n'était pas excité à l'idée d'aller au café ce matin-là, pas du tout. Il ne s'était pas réveillé tôt, ne s'était pas demandé quelles sortes de pâtisseries seront cuisinées et il n'avait certainement pas pensé aux délices que promettait son café pendant qu'il se shampoignait les cheveux. Et comme Derek ne l'avait pas fait, c'était pratiquement improbable que lui – un homme qui planifiait pratiquement à la seconde ses passages aux toilettes - ne se soit montré au coffee-shop une minute entière plus tôt.
Sauf qu'il l'avait fait.
Derek fronça les sourcils à la vue de sa montre. Il devrait la fixer, celle-ci. Il fronça des sourcils à la vue de l'heure sur son téléphone. Ça aussi ça devait être cassée.
« Bonjour, » s'éleva la voix énergique alors qu'il franchissait le seuil de la porte. Derek leva les yeux, Stiles lui sourit joyeusement. « La même chose qu'hier ? » demanda t-il alors que Derek s'approchait des caisses. Derek acquiesça brièvement. « Est-ce que vous voulez que j'appelle Clara ? Vous ne m'avez pas vraiment dit hie- »
« Ce ne sera pas nécessaire. » Il ignora la façon dont le garçon bomba le torse à ces mots.
« Okay, un café chaud, extra large, deux doses de noisettes, un sachet de lait demi-écrémé et pas de dessin de cœur sur la mousse. »
« Et pas de fleurs non plus. » ajouta Derek, un peu étonné qu'il se rappelle de la commande. Cela avait pris Clara à peu près une semaine avant qu'elle ne l'apprenne sans un stylo en main.
Stiles gloussa et hocha la tête. « Très bien. Pas de fleurs. » Il se tourna pour commencer la commande.
« Et, um.. »
« Oui ? » Stiles haussa des sourcils, interrogateur.
Derek n'ajouta rien. Il darda juste son regard sur la vitrine. « Rien. Laisse tomber. » Il ajusta la bandoulière de son sac, s'asseyant sur sa place habituelle, sans prendre la peine d'observer le serveur - si jamais il se trompait sur quelque chose - comme il le faisait normalement, même avec Clara. Il ignora la boule de déception qu'il sentit dans sa gorge au manque de pâtisseries. "Il n'y en a probablement pas de bonnes aujourd'hui de toute façon," essaya t-il de se convaincre.
Il leva la tête quand une tasse fut déposée devant lui. « Enjoy, » sourit doucement Stiles, avant de se retourner et de rejoindre la cuisine.
Derek regarda longuement le café, circonspect. "Ce ne sera pas aussi bon aujourd'hui. Hier était juste étonnamment bon. Aujourd'hui ce sera seulement.. bon." Il attrapa la tasse, railla lorsqu'il le vit. Au lieu d'un coeur ou d'une fleur, il y avait le dessin d'un soleil sur la mousse. Malgré lui, il sentit le coin de ses lèvres se relever. Il ignora ce fait aussi et prit une gorgée de son café.
Il avait encore une fois tort. Ce n'était pas juste bon. C'était comme si ce gamin avait étudié les papilles de Derek par cœur afin de créer le parfait mélange de café/noisette/lait divin. Il dût poser la tasse, se calmer, avant de descendre le breuvage chaud en un coup. De toute façon il avait de la lecture à faire.
Après dix minutes, une autre assiette fut déposée devant lui.
Stiles lui sourit d'un air embarrassé. « J'avais espéré qu'elles finissent avant que vous ne venniez, » dit-il, se frottant l'arrière du crâne. « Et je sais qu'hier, vous aviez dit que vous n'étiez pas trop le type muffin. Alors voici un strudel à la place. C'est à la pomme. »
Derek baissa les yeux vers la pâtisserie, résistant à l'envie de juste le dévorer d'un seul coup. Au lieu de ça, il se retourna simplement vers son ordinateur et feignit de lire.
Du coin de l'œil, il put voir le garçon sautiller d'une jambe à l'autre, gêné. « Du coup.. ok alors. Je vais juste.. ouais. » bégaya Stiles, avant de se replier à la cuisine.
Une fois qu'il fut hors de vue, Derek se redressa, excité, s'emparant de la pâtisserie. Après seulement une bouchée, il ferma les yeux, respirant profondément. C'était comme un orgasme pour sa bouche. C'était cotonneux, et la garniture de pomme était douce mais pas trop. Derek dût poser sa tête sur la table, l'enterrant sous son avant-bras pour éviter le gémissement inévitable. Genre, sérieusement. Qu'est-ce qui se passait avec ces pâtisseries ? Comment pouvaient-elles le faire sentir aussi chaud à l'intérieur rien qu'avec une bouchée ? Se pourléchant les lèvres, il en prit une autre. La savoura. Comment pouvaient-elles le faire se sentir aussi chaud à chaque bouchée ?
Quand Stiles revint avec une fournée de strudel fraîchement cuisinés, Derek se redressa, tendu, jetant sa pâtisserie dans son assiette. Le geste ne passa pas inaperçu, même si Derek prétendit qu'il avait été plongé dans sa lecture pendant tout ce temps. Stiles déposa le plateau sur le comptoir avant de s'approcher.
« Ah, donc vous l'avez essayé, » sourit-il, remarquant les deux morceaux manquants. « C'était comment ? »
Derek haussa les épaules. « C'était pas mal. »
Les yeux de Stiles se plissèrent, analysant l'homme devant lui. « Okay.. » dit-il lentement, se retournant et disparaissant une nouvelle fois dans la cuisine.
Derek l'observa marcher du coin de l'œil. Une fois que la porte se referma derrière lui, il attrapa le strudel, prenant une autre bouchée délicieusement satisfaisante.
« Aha ! » Stiles apparut, le doigt pointé vers le seul client du café. « Vous aimez ! »
Derek parut se figer sur-place, tel un enfant pris en plein délit de vol du pot de cookies. Il tenait toujours le strudel pendant qu'une bouchée gonflait sa joue.
« Admettez-le ! Vous pensez que c'est délicieux, n'est-ce pas ? » dit Stiles, le visage rayonnant de satisfaction.
« J'avais faim. » dit Derek simplement, la bouche pleine.
Le garçon roula des yeux face au mensonge. C'était le même que Derek avait utilisé hier. Derek maudit son manque d'imagination. Il se maudit aussi pour avoir pris une autre bouchée, juste devant le garçon.
Stiles le regarda simplement, amusé par les paradoxes dont faisaient preuve Derek. « Okay alors. Si vous avez toujours faim plus tard, » Il mima les guillemets. « sachez que j'ai des mini-tartes au citron entrain de cuir au four. »
Derek lâcha presque un couinement. Presque. Il adorait le citron.
« Je peux en emballer quelques-uns pour que vous les preniez quand vous partirez. » proposa t-il.
Ne voulant pas paraître trop enthousiaste à l'idée de cette énième offre, Derek haussa juste des épaules, déposant ce qui restait du strudel sur son assiette et se retournant vers son ordinateur. « Ouais, si tu veux, pourquoi pas. »
Il entendit un rire sous cape avant de voir le garçon disparaître. Il s'empara du strudel une nouvelle fois.
« Au fait, » dit Stiles, passant sa tête à l'embrasure de la porte. Il eut un rictus en voyant la pâtisserie dans les mains de Derek. « ça ne vous tuerait pas d'avouer que vous aimez ma cuisine. Ça rendra nos matins ensemble beaucoup plus faciles si vous l'admettiez simplement. » Derek ne répondit pas. Bien sûr que non. Il était trop occupé à manger. Stiles haussa les épaules. « Je dis ça, je dis rien. » Et sur ces paroles, il disparut dans la cuisine.
Derek soupira, noyant le dernier morceau de son strudel dans son café. "Il ne sait pas que.. ça pourrait me tuer. Ça pourrait être des mots magiques qui feront qu'un chien enragé vienne me mordre le cul. Parce que c'est probable." Derek renifla pour lui-même, avant de reporter son attention sur ses études.
Quand il fut temps d'aller en cours, il s'approcha des caisses. Il sortit son portefeuille en zieutant sur les vitrines. Derek fronça des sourcils. Il n'y avait pas de tarte au citron.
« Ah, » sourit Stiles. « Laissez-moi vous débarrasser de ça. » Il prit la tasse et l'assiette des mains de Derek, les mettant de côté pour plus tard. Il appuya sur quelques boutons de la caisse. « Ah oui, voulez-vous ces tartes ou pas ? Elles sont en train de refroidir derrière, mais elles devraient être prêtes maintenant. »
Si Derek les voulait ? Si Derek les voulait ? Putain ouais qu'il les voulait ! Mais il n'allait pas dire ça au gamin. Il haussa une nouvelle fois des épaules. « Peu importe. »
Stiles l'imita. « Okay alors, ça fera cinq euros vingt-cinq. »
Derek le regarda longuement. N'avait-il pas compris le code ? "Peu importe" signifiait "va m'emballer la bonne came et fais vite parce que j'ai cours dans quelques minutes" ! Il fronça des sourcils.
« Autre chose ? » demanda Stiles, un sourire espiègle aux lèvres.
« Non, peu importe. » dit Derek.
« Ok alors. » répéta Stiles lentement. « Cinq euros. Vingt. Cinq. »
Derek grogna presque face à l'irritabilité du garçon. « Très bien, ok. Je prendrai une boîte, okay ? »
Stiles sourit. « De six ou de douze ? »
« .. douze. » Il ne pensait pas que le sourire du garçon pouvait s'élargir encore plus, mais il le fit.
« C'est booon, » dit-il, appuyant sur des boutons de la caisse. « Dix euros vingt-cinq. »
Derek ouvrit son portefeuille. ''Mince, j'ai oublié de m'arrêter au guichet automatique hier soir.'' Il soupira, déposant sa carte de crédit sur le comptoir.
Stiles prit la carte et jeta un coup d'œil au nom. « D.. Hale. Le D est pour quoi ? » demanda t-il, glissant la carte dans la machine avant de tourner celle-ci vers lui.
Derek ne répondit pas. Il rentra juste son code PIN avant de regarder le garçon, l'air d'attendre.
« Est-ce Daniel ? David ? »
Derek expira par le nez. « Si tu permets, j'ai un cours où je dois me rendre. »
« Okay, okay, » Il retourna dans la cuisine, avant de revenir une minute plus tard avec une boîte en mains. « Et voilà.. Dylan ? Desmond ? »
Il haussa un sourcil, prenant la boîte. « Vraiment ? Desmond ? »
« Delilah ? » Stiles rigola simplement face au regard de travers qu'il reçut. « Et bien, je ne sais pas ! »
Derek roula juste des yeux avant de s'approcher de la porte.
« Bonne journée, Damien ! Donald ? Darius ? »
Derek n'y pouvait rien : il gloussa doucement, secouant la tête alors qu'il sortait. Ce gamin était quelque chose.
Et plus tard, quand Derek se retrouva à contempler la barquette qui avait été rempli de tartes, et du nom ''Dennis?'' écrit juste en bas, il sentit un sourire dessiner ses lèvres. Ouais, ce gamin était vraiment quelque chose.
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Note de l'auteur : J'ai beaucoup trop de sentiments pour Sterek. Et puis je réalise : on ne peut pas avoir trop de sentiments pour Sterek. Et puis j'en écris encore.
Note de la traductrice : Ok les gars, y a du nouveau. J'ai trouvé une acolyte. Teufy rejoindra cette aventure et on se partagera le travail à deux. On dit merci Teufyyyy. Je m'occupe de ce chapitre et du suivant, et après ça elle prend la relève. Oh et cette fiction n'est pas un one-shot. Il y a 22 chapitres en tout ! Oui, je sais, autant ! Vous serez comblés.
Raaawwrrr : (je les fais ici, c'est plus simple)
Khaamoon : Elle est làààà ! Oui, j'espère aussi (elle a pas encore répondu et d'après Teufy, elle ne répondra pas, mais comme il y a déjà une traduction en italien je suppose qu'elle n'est pas contre), cette fiction mérite d'être connu par tout le peuple français.
KissMelwen : On veut tous un serveur comme ça ! Cette fic est adorable et ça ne va qu'en s'améliorant. Derrien derrien, c'est mon devoir. Tu as parfaitement bien cerné Derek, quoiqu'avec une pincée de déni en plus. Je trouve que le fait que Derek soit aussi in-character alors qu'on est dans son point de vue ca montre que l'auteur est vraiment douée. C'est pas aussi facile. La plupart tombe dans le cliché du Derek niais enamouré alors que là.. là ! Voilà la suite ! Slow !burn veut dire que le couple progresse très lentement. D'où les vingt-deux chapitres. Merci de ta review !
Nathydemon : ton grand-père est un homme sage.
Lydiamartin33430 : Bien sûr qu'il y a une suiiiite, et vingt-deux chapitres madame ! Derek gémir à cause d'un gâteau, tu m'étoooonnes que tu vas faire des beaux rêves. *bave* Merci pour ta review /w/ !
Kamkam85 : Attends reviens ne pars pas y a une suiiiiiiiiiite.
Juju : Aha, c'est notre Derek ça, on l'aime comme ça. C'est une trad ! Je répète : c'est une trad ! Tu adores la fiction de TheSilence.* (et éventuellement ma traduction gyahahaha)
Guest : Et tu as raison mon ami. Vive le Sterek. Ce couple me rend hystérique. C'est la fin, la FIN ! (non c'est juste le chapitre 2 en fait reviens) Merci de ta revieeeeew.
