Pendant que nos bronzes profitaient de la vie, les Golds n'en menaient pas larges et donnaient du fils à retordre à tout le personnel de l'infirmerie qui, pour l'occasion, fut mobilisé.

Chaque chevalier gisait dans un lit, les traits tirés et la respiration haletante. Aucune blessure n'était à déclarer pourtant des gémissements de douleur s'échappaient des gorges et des larmes coulaient sur les joues. Les aides-soignants restaient perplexes, aucun d'eux n'arrivaient à soulager leurs patients, si bien qu'on demanda l'aide d'Athéna et de son immense cosmos pour pénétrer leurs esprits et ainsi découvrir ce qui torturait les saints.

Cette dernière approuva l'idée et s'assit au milieu de la pièce sur une petite chaise en bois. Un incroyable cosmos rempli de chaleur et de bonté se développa, enveloppant ainsi tout l'espace, pénétrant dans chacun des esprits.

Dans l'esprit de Mu, Aldebaran, Saga, Milo, Aphrodite, Shura, Shaka, DeathMask, Camus, Dokho, Aiolia et Aiolos, les saints revivaient en boucle leur mort devant le Mur des Lamentations, la souffrance endurée à ce moment-là, ils entaient leur corps se plier sous la douleur, leur hurlement déchirant leur gorge et surtout des larmes, des torrents de larmes coulaient sur leurs joues. Ils se sentaient honteux, leur corps étaient habitués à la souffrance et pourtant chaque parcelle de leur peau les brulait, chaque os qui se brisait émoussait leur résistance pour enfin la réduire à néant.

Les chevaliers voyaient leurs corps tomber en morceaux mais le pire n'était pas cette souffrance physique insoutenable, mais la torture moral de voire s'écrouler tous les chevaliers et amis, chaque gold voyait ses compagnons tomber et mourir dans un dernier râle de souffrance, puis le chevalier vivant la scène sentait sa vie le quitter.

A cette vision Athéna frissonna, elle savait maintenant comment les soulager. Son cosmos s'intensifia encore, une douce chaleur enveloppa les chevaliers et s'engouffra dans leurs âmes torturées.

-Mes chevaliers et amis, vous n'avez plus à vous en faire, Hadès a été scellé, la guerre est terminée, rejoignez moi mes amis, je vous attends de l'autre côté.

Après cette douce intrusion dans leurs esprits, les traits des douze chevaliers se détendirent et leurs respirations reprirent un rythme normal, ils dormaient d'un sommeil réparateur.

Pourtant deux personnes gémissaient encore: Shion et Kanon. Ses deux-là n'étaient pas morts avec leurs compères, ils ne pouvaient donc vivre la même scène.

Saori s'approcha d'abord de Shion et s'infiltra dans son esprit, le pauvre homme vivait une scène complétement différente des celles de ses camarades.

Shion se tenait debout devant une ville dévastée, plus rien ne tenait debout, des ruines, juste des ruines à perte de vue. Puis à la droite du chevalier, un mouvement se fit sentir, Saori se vit dans sa robe blanche habituelle avancer vers le chevalier qui fut pris de tremblements. Là il se jeta sur elle et empoigna sa gorge nue pour y serrer les doigts. De grosses larmes coulaient des yeux de l'atlante. A califourchon sur sa déesse, Shion l'étranglait inévitablement, la Saori du rêve de Shion affichait un masque de douleur en essayant d'articuler des mots qui ne passeraient jamais ses lèvres, lèvres qui commençaient à bleuir. Puis, le silence total, Shion venait de tuer sa déesse. Un hurlement s'échappa de sa gorge baigné de larmes, c'était fini, la seule personne qu'il devait et voulait absolument protéger était morte de ses mains. Il voulut mettre fin à ses jours et attrapa la première chose coupante qui lui tomba sous la main pour se la planter dans le torse. Mais, chose incroyable, son arme glissa sur sa peau et ne l'entailla aucunement, il recommença encore une fois, puis une autre et encore une autre, rien ni fit, il ne pouvait pas se suicider, le voilà condamné à vivre, ou tout du moins survivre, avec la mort d'Athéna sur la conscience.

S'en était trop pour la Saori qui regardait la scène, elle lança un message dans l'esprit torturé de Shion:

-Shion, mon ami, mon fidèle ami, je suis vivante, ce que tu vis la n'est qu'un cauchemar, tu n'as jamais essayé de me tuer, ni même de me faire le moindre mal, ne t'inquiète pas et rejoints moi maintenant. Athéna se retira doucement de l'âme de Shion et peu de temps après qu'elle ait repris ses esprits il se redressa d'un bond sur son lit aux draps blancs et regarda autour de lui d'un air hagard, Saori se leva de sa chaise et s'avança vers le chevalier, ce dernier la regarda, ses yeux se mirent à briller et des torrents de larmes coulèrent de long de ses joues, la déesse eu un sourire et prit l'atlante dans ses bras, celui-ci se laissa aller dans les bras de sa protégée pour finir par s'endormir sur l'épaule de la jeune fille qui le reposa doucement sur l'oreiller puis remonta les draps sur le corps musclé de son futur grand pope avec un sourire attendrie.

Elle balaya la pièce d'un regard satisfait, tous ses chevaliers allaient bien et dormaient profondément, tous sauf un, Kanon poussa un hurlement à réveiller un mort et sauta hors de son lit, le regard vide et remplit de larmes amères, il marcha instinctivement vers le lit de son frère qui était à l'autre bout de la pièce en murmurant:

-Saga… Saga, je suis… tellement désolé, pardon, pardon… s'il te plait ne… ne me rejette pas, pardonne moi mon frère.

Il prononçait ces mots avec une telle difficulté qu'on eut dit que son souffle risquait de s'éteindre à tout instant et c'est ce qu'il se passa; Kanon eut un hoquet de douleur, s'entoura les côtes des deux bras et s'écroula sur le carrelage. Saori accouru auprès du jeune homme qui s'était recroquevillé et poussait des gémissements de souffrance, elle s'accroupi à côté de lui et le prit dans ses bras, le berça et lui parla d'une voix douce:

-Ne t'inquiète pas Kanon, ton frère ne t'en veux aucunement, tu n'as rien à craindre, calme toi.

-Dites-vous la vérité Athéna? Demanda Kanon dans un souffle les joues baignées de larmes

-Oui, Kanon et tu pourras le lui demander toi-même pour être sûr quand tu seras remis, ne t'inquiète pas tout se passera bien je t'en fais la promesse.

Le jeune homme aux cheveux bleus regarda sa déesse qui lui souriait et laissa tomber sa tête en arrière: il s'était lui aussi rendormi. Il fut raccompagné à son lit et couché.

Saori sortit de la grande salle et se dirigea à l'extérieur du temple où elle retrouva ses bronzes en train de se lancer des piques, Seiya en prenait pour son grade, elle se joignit à eux, ils étaient vraiment doué tous les 5 pour faire redescendre la pression, pensa elle.