Note de l'auteur : Comme promis, voici le second chapitre arrivé pile une semaine après le premier !... Bon d'accord, j'avoue je l'avais fini avant mais je voulais respecter les délais :) Donc j'espère que vous l'aimerez encore plus que le précédent...

Enjoy !


Chapitre 2 : Préparation

La dernière chose qu'Hermione ait pu penser avant de s'affaisser mollement sur le sol et de sombrer dans le noir, c'était qu'un coup traîtrement porté sur la nuque, ça faisait vachement mal...

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C'est avec les mains et les pieds liés que la jeune fille se réveilla à demi-couchée sur un canapé qu'elle connaissait assez bien pour être passée devant lui plus d'une trentaine de fois. Autant rationaliser la chose : soit un pervers vicieux l'avait enlevée pour lui faire plein de choses interdites aux moins de 18 ans, ce dont elle doutait fortement, ou soit son imbécile de colocataire l'avait amenée ici pour ne pas que tout Poudlard entende ses cris d'horreur lorsqu'il la torturerait vu que la pièce était insonorisée. Bon, il aurait quand même pu trouver un endroit moins visible que leur appartements de préfet-en-chef. Bonjour l'originalité. Visant sa baguette magique posée sur la table basse devant elle, elle se redressa autant que lui permettait les liens qui immobilisaient son corps et tenta de rapprocher avec ses pieds, le tapis sur lequel était posée la table à même pas deux mètres d'elle. Elle allait enfin toucher au but lorsqu'une voix railleuse lança derrière son dos :

- Ça y est Granger ? Enfin réveillée ?

Hermione se tourna vers Drago et l'insulta de tous les noms possibles et inimaginables qu'elle avait l'indécence de connaître, mais à son grand désarroi, aucun son ne sortit de sa bouche. Le Serpentard alla s'installer confortablement dans le canapé en face, sans oublier de remettre le tapis à distance raisonnable de la jeune fille et finit par lui faire un sourire espiègle.

- Je dois dire que le silencio est assez pratique. Quel bonheur de ne pas avoir à entendre le son de ta voix. C'est... reposant.

Agacée au possible, Hermione lui tira la langue, ce qui, avouons-le, n'est pas très mature mais soulage amplement à défaut de pouvoir étrangler. Drago, lui, avait l'air de beaucoup s'amuser et continua à monologuer.

- Bien, maintenant que tes pulsions puériles sont assouvies, écoute-moi attentivement... puisque tu ne peux rien faire d'autre, termina-t-il avec un autre sourire horriblement irritant. Pour résumer la situation, ce matin tu as commis un crime de lèse-majesté en renversant du chocolat sur ma robe. Et non, ne recommence pas ce débat inutile, dit-il en voyant Hermione vociférer silencieusement qu'une fois de plus c'était de sa faute, je sais parfaitement que je suis l'unique responsable de ça, puisque j'ai fait exprès de te pousser quand tu es passée à côté de moi.

Hermione ne s'attendait certainement pas à un aveu de sa part, et elle en resta doublement muette. Alors là, il fallait rester concentrée parce ça devenait intéressant.

- Tu sais, ce n'est pas réellement ma faute. A chaque fois que je te croise, il faut que je t'emmerde d'une façon ou d'une autre, c'est plus fort que moi. L'habitude sans doute. En fait, je ne te déteste pas vraiment... Sans blague, affirma Drago devant le visage abasourdi de la Gryffondor, je n'ai absolument rien contre toi. Bon, c'est vrai que tu m'agaces prodigieusement avec ces manies de répondre à toutes les questions en cours, ou d'être aussi bonne que moi en Potions, ou encore avec cette niaiserie de SALE, mais comme tout le monde quoi, ni plus ni moins. Et aussi parce que tu est la meilleure amie de Potter. Alors lui, dans le domaine je-suis-celui-qui-doit-sauver-le-monde-d'un-grand-méchant et je-suis-le-héros-qui-porte-la-douleur-du-monde-sur-ses-épaules, il est champion. Le fait qu'il ait refusé de serrer ma main le jour de la rentrée en première année m'a assez froissé, c'est vrai. Alors pour préserver ma fierté, il fallait bien que je lui rende la pareille en lui pourrissant la vie jusqu'à la fin des études. Et comme tu es devenue amie avec lui, tu étais incluse dans le lot. Ce n'est en aucun cas lié à tes origines, parce que je n'ai aucun préjugé contre les nés-moldus.

Apparemment, c'était le coup de grâce pour Hermione qui manqua de s'étouffer avec sa propre salive. Drago soupira d'avance, cette soirée allait être très longue.

- Oui, répéta-t-il, je n'ai rien contre eux. Ils m'indiffèrent totalement et je ne suis pas le seul à le penser. Vois-tu, les sangs-purs ont été élevés avec des principes transmis de siècles en siècles. Les premières générations de sangs-purs étaient partisans d'un génocide intégral des moldus. Que veux-tu, quand on a tout ce qu'on désire et tout le monde sorcier à ses pieds, la vie est ennuyante à souhait ! Il fallait bien qu'ils inventent quelque chose pour se distraire les aînés, et ils ont joué sur l'infériorité des non-sorciers. Une lubie comme une autre. Mais avec le temps, leurs revendications ont pris une ampleur non désirée -quoiqu'ils s'amusaient comme des fous à l'époque en voyant la tournure que prenait leur délire- et maintenant, tout le monde croit dur comme du fer à cette stupidité, et même certains des nôtres ! (Ceux-là on en parle pas, les gènes de la subtilité et de l'intelligence avaient dû se perdre pendant leur création). Mais sincèrement, on en a strictement rien à faire des moldus. Qu'ils vivent tranquillement dans leur coin et ça nous va très bien. Alors évidemment, pour préserver les apparences, les grandes familles de sang-purs ont fait semblant de détester les moldus -avec quelques exceptions notoires comme Drusilla Black qui y croyait dur comme fer... pas très futée la grande-tante- et les abrutis, les suiveurs et les personnes qui veulent se faire bien voir de la haute-société ont suivi tout naturellement. C'est aussi simple que ça. Alors quand un homme à l'hideux visage blafard vient se présenter aux sang-purs comme le futur maître du monde, nous ça nous a bien fait rire pendant un moment. Bon, c'est après que les choses se sont un peu gâtées mais on ne va pas entrer dans les détails, aujourd'hui l'affaire est close.

Hermione, les oreilles et les yeux grands ouverts, tentait de digérer toutes les informations que lui donnait Drago d'un air dégagé et ennuyé. Alors, si elle comprenait bien, la création de Voldemort, des Mangemorts, des tortures, des souffrances, des morts et de la douleur reposait sur un caprice que les premiers sang-purs avaient inventé par ennui ? Par Merlin, mais ils étaient complètement tarés les vieux sangs-purs! Le mot "conséquences" n'appartenait incontestablement pas à leur vocabulaire...

- Bon, pour en revenir à ce matin, il se trouve que renverser du... chocolat sur nos affaires, est censé être puni disons plutôt... cruellement. Les Serpentards attendent très certainement ton absence demain. Mais je n'ai aucunement l'intention de te faire quoi que ce soit pour les raisons citées précédemment. Et donc je t'ai assommée pour t'expliquer tout ça, en sachant pertinemment que tu ne m'aurais pas écouté si je t'avais aimablement demandé de venir t'entretenir avec moi de la situation dans laquelle nous sommes plongés jusqu'au cou.

Hermione fit un geste avec sa tête pour lui signifier qu'il marquait un point.

- Parfait. Maintenant que je t'ai tout expliqué, je veux bien t'enlever le silencio à deux conditions.

La Gryffondor haussa un sourcil du genre mais qu'est-ce qu'il va encore me faire faire ?

- Ne crie pas et ne te jette pas sur moi en hurlant... mon ouïe est particulièrement sensible.

Non mais il la prenait pour une hystérique ou quoi ? Pfft... elle n'appartenait pas au clan de ses groupies, elle.

Hermione consentit à sa requête en hochant la tête d'un mouvement hautain et Drago leva le sort avec sa baguette magique.

- Finite incantatem.

-...

-...

- Malefoy, je sais que tu prends un malin plaisir à voir tes victimes souffrir, mais aurais-tu l'obligeance de me libérer de ces cordes qui m'empêchent de bouger ? lui demanda-t-elle comme si ces mots lui écorchaient la gorge.

- Oh, tu me réclames une faveur ? lui demanda le Serpentard avec un sourire carnassier, confortablement bien installé, à son inverse.

- Je verrai plutôt ça comme un juste retour des choses vu que tu m'as attachée pour ne pas que je puisse m'enfuir.

Le jeune homme se leva de mauvaise grâce et dénoua les cordes qui serraient Hermione.

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? le questionna-t-elle.

- C'est très simple, je ne te fais rien mais tu ne viens pas en cours. Tu fais semblant de rester dans ta chambre toute la journée parce que tu as tellement mal que tu ne peux pas faire un pas hors de ton lit. Et comme les Gryffondor ont leur stupide fierté, tu ne veux pas te faire soigner à l'infirmerie car tu t'es fait humiliée par un Serpentard.

- Tout d'abord, je ne vois pas pourquoi je serai la seule qui n'apparaîtrai pas en cours demain, tu peux très bien avoir eu des séquelles de notre bataille car je me serai forcément défendue. Ensuite, manquer un cours pour préserver ta réputation, je ne vois pas en quoi ça me regarde, et enfin, je ne vois pas en quoi renverser du chocolat chaud par ta faute sur ta robe est aussi criminel que ça.

Hermione croisa les bras en souriant, satisfaite de son argumentation. Sourire qui se refroidit bien vite voyant celui qu'affichait Drago. Le jeune homme prit la baguette magique de son homologue posée sur la table d'un geste vif et avant qu'elle n'ait pu faire un quelconque mouvement, il ferma la porte d'entrée d'un collaporta et l'immobilisa avec un pétrificus totalus doublé d'un autre silencio.
Basique, mais efficace.

- J'ai bien dit que je n'avais pas l'intention de te faire quoi que ce soit, parce que je ne te déteste pas et que je ne suis pas un sadique, mais il pourrait très bien t'arriver quelque chose de regrettable si tu refuses de coopérer, lui annonça-t-il d'une voix veloutée mais d'où Hermione sut percevoir la menace implicite.

Ça commençait à bien faire, elle avait eu sa dose de sorts pour aujourd'hui ! La jeune fille se maudit intérieurement pour ne pas avoir récupérer sa baguette immédiatement après qu'elle ait eu les mains libres. Elle lança un regard noir à son persécuteur qui lui fit en retour son fameux sourire en coin. Aujourd'hui, elle aura eu presque toutes les déclinaisons du sourire de Malefoy, ce dont elle se serait très bien passé... Un Malefoy qui sourit n'annonce jamais rien de bon, tout le monde le sait.

- Alors Granger, décidée à coopérer ? l'interrogea Drago tout sourire.

La seule chose à laquelle Hermione pensait en ce moment était qu'elle voulait lui enlever du visage cette expression satisfaite franchement exaspérante. Elle cligna tout de même des yeux pour lui indiquer son consentement, ce à quoi le Serpentard répondit en levant les sorts. La jeune fille se leva d'un bond du canapé.

- Non mais c'est bientôt fini avec les sorts ? explosa Hermione à deux doigts de lacérer le visage du Serpentard, ce qui froissa les oreilles sensibles de Drago.

- Par pitié, baisse d'un ton Granger !

Elle fit trois pas et arracha sa baguette des mains de son colocataire puis se dirigea rapidement vers la porte d'entrée.

- Je sais parfaitement ce que tu vas faire Granger.

Piquée au vif, Hermione se retourna vers lui.

- Ah oui ? Et quoi donc ?

- Tu va aller rapporter à Potter et Weasley frère et sœur tout ce que je t'ai dis au sujet des sang-purs, ce qui se propagera dans tout Poudlard demain après-midi avec les commérages.

Hermione ouvrit la bouche pour parler mais fut coupée dans son élan par Drago.

- Malheureusement pour toi, personne n'accordera de crédibilité à ce que tu vas dire pour la simple et bonne raison que cela semblera ridicule. C'est d'ailleurs grâce à ça que les sang-purs n'ont jamais eu de représailles. Tout le monde préférait nous croire plutôt qu'un pauvre péquenaud sorti de je-ne-sais-où. Assez comique, n'est-ce pas ?

- Je ne trouve rien d'hilarant à cela, répliqua Hermione vexée. Créer des fous qui veulent détruire le monde et le soumettre par la peur, la violence et dans le sang à cause de trois papy gâteux qui s'emmerdaient un jour d'automne n'appartient pas vraiment à mes critères de bonne blague.

- Relax Granger, la Guerre est finie. Je ne nie pas la part de responsabilité des sangs-purs dans cette malheureuse histoire -enfin, après ça dépend des points de vue...- mais il faut savoir relativiser les choses.

- Et je suppose que ce sont ces mêmes ancêtres débordants d'humour douteux qui ont décrété que renverser du chocolat sur quelqu'un est un crime de lèse-majesté, ajouta Hermione avec un sourire désabusé.

Un silence accueillit ses paroles.

- Non, sérieusement ? demanda la Gryffondor qui commençait malgré elle à s'amuser de la situation. Mais qu'est-ce qu'ils avaient fumé ce jour là les grands-pères ? De la bouse de dragon ou du sang de chauve-souris séché ? En tous cas, c'était pas très frais leur truc...et ça ne leur a pas vraiment réussi.

- Hum, Granger je te signale que tu es en train d'insulter les fondateurs des lignées de sang-purs. Je pourrais te tuer pour moins que ça, lui dit Drago d'un voix légèrement amusée. Mais pour répondre à ta question, c'est eux en effet.

- Mais pourquoi du chocolat ? C'est vrai quoi, ils auraient pu choisir autre chose, un truc plus dégoûtant comme les épinards à l'eau ou la purée de céleri. C'est vachement bon le chocolat, je ne vois pas en quoi ça tuerait quelqu'un d'en recevoir sur lui. A la limite, les épinards et le céleri, je pourrai comprendre. C'est toujours désagréable de se tâcher les vêtements de feuilles d'épinard baignant dans l'eau... en plus ça ne part pas facilement au lavage cette saloperie...

Son ton indiquait clairement que ça sentait le vécu. Drago eut soudainement une idée.

- Faisons un deal Granger. Je t'explique pourquoi nos aïeux ont décidé que le chocolat représentait un danger potentiel pour nous et tu t'abstiens de venir en cours demain. En même temps que moi. Ainsi, nous sommes tous les deux satisfaits et nous avons le temps devant nous pour parler.

Ah ? Malefoy voulait parler ? Et avec elle en plus. J'aurai tout vu aujourd'hui... pensa Hermione.

- Et qu'est-ce qui te dit que je vais accepter ? lui demanda la jeune fille, même si elle avait déjà pris sa décision.

- Je compte sur la légendaire curiosité des filles, et particulièrement la tienne.

Hermione grogna pour la forme et mais accepta tout de même. Drago hocha la tête d'un air entendu.

- Très bien, rendez-vous demain vers 15h dans les cuisines.

Hermione hocha la tête et passa l'encadrement de la porte.

- Eh Granger !

- Oui ? répondit-elle en tournant la tête.

- Il faudrait aussi que tu fasses...

Il termina de reste de sa phrase en se penchant vers son oreille.

La Gryffondor fronça les sourcils mais Drago lui assura que c'était nécessaire pour l'explication.

- A demain Granger, et ne sois pas en retard !

La jeune fille leva les yeux au ciel et sortit d'un pas léger de ses appartements vers ceux des Gryffondor.

- Eh Malefoy !

Le dénommé sortit sa tête de la porte en arrêtant son mouvement pour la fermer.

- Oui ?

- Tu te rends compte que c'est la première fois que nous avons eu une conversation presque civilisée ?

- Et...?

- Rien, c'était juste une remarque... Il faut que je marque ce jour d'une croix...

Drago referma la porte en silence. Et pourtant, elle aurait juré avoir vu ses lèvres esquisser un sourire...


Avant tout, je voudrai remercier toutes les personnes qui m'ont gentiment donné leur avis en postant des REVIEW (très important pour les auteurs). Donc un grand merci à gleekofglee, BrunasseLucile, lollipopxox, Oohfemmeluxieuse, StephAliC, Riya03, JaneScrout, et ma petite Moccha ;)

Dans le prochain chapitre, nous allons entrer dans le vif du sujet : Le Chocolat... Rendez-vous dans les cuisines de Poudlard !

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Mora